
10 février 1763
28 août 1807








10
février 1763 
- La Conquête par le Traité
de Paris.
-
18
avril 1763
- Marie Josephte Corriveau [alias
la Corriveau] est condamnée
à la pendaison après avoir été reconnue coupable
du meurtre de son mari, Louis Dodier ;
la cour ordonne également que sa dépouille soit enfermée
dans une cage suspendue à la vue des passants à Pointe-Lévy.
Cest cette fin atroce, à des lieues des coutumes des Français,
qui crée dans limaginaire collectif des Québécois
une place fort importante. [Quand en 1851
on découvre la cage de la Corriveau,
les foules accourent. Cette légende inspirera de nombreux écrivains,
notamment : Philippe Aubert de Gaspé
(père) (Les anciens Canadiens, 1863)
et Louis Fréchette.].
-
27
avril 1763
- Insatisfait des nouvelles règles de commerce instaurés
par les conquérants et pour contenir lexpansion européenne,
le chef des Outaouais, Pontiac, tente
de « galvaniser les Outaouais, les Sauteux et les Renards »
contre les Anglais. Pendant ce temps, le gouverneur Murray
cherche à former une armée de volontaires canadiens français
pour se battre contre Pontiac. Les
tribus amérindiennes organisent en mai
1763 une série de raids sanglants contre les comptoirs
de lintérieur. Le clergé catholique se voit forcé
de convaincre les Canadiens français de se porter volontaires. LAmérindien
est presque totalement écrasé à Détroit. « Selon
lhistorien Michel Brunet, la guerre de Pontiac
inaugura une nouvelle forme de collaboration entre les conquérants
anglais et les administrateurs ecclésiastiques. Ceux-ci devinrent
obligés de défendre auprès de la population les expéditions
militaires des Britanniques et de jouer, en quelque sorte, le rôle
de véritables agents recruteurs à leur service. »
[Lacoursière, 1:1995, p. 363]
-
7
octobre 1763
- « Une proclamation royale établit le cadre administratif
du nouveau territoire britannique. La province de Québec est déclarée
colonie et ses frontières englobent, grosso modo, la péninsule
de Gaspé et le bassin hydrographique du Saint-Laurent, depuis lîle
dAnticosti jusquà lOutaouais » [Brown,
Craig. p. 228.].
-
21
novembre 1763
- James Murray (général
dorigine écossaise qui avait été chargé de
loccupation de Québec après la victoire des Anglais sur
les Plaines dAbraham) devient le premier
gouverneur de la province de Québec (fonction quil occupera
jusquen 1768).
-
13
août 1764
- Nomination des conseillers au gouvernement civil. Les francophones
sont exclus doffice car ils doivent prêter le serment
dabjuration et du Test. « La politique de la Grande-Bretagne,
qui exclut doffice des fonctions administratives tous les catholiques,
contraint le gouverneur Murray, lors
de létablissement du gouvernement civil
en 1764, à faire appel à
des hommes quil considère comme incompétents »
[Hare, p. 123.].
-
21
juin 1764
- William Brown et Thomas
Gilmore publient la première édition de la Quebec
Gazette / Gazette de Québec, un journal bilingue.
-
17
septembre 1764
- Le gouverneur James Murray nomme
les dix premiers juges de paix de la provinces de Québec qui devront
tous obligatoirement être de religion protestante. (Il faudra attendre
lActe de Québec pour que des
francophones puissent participer à la vie publique de la province
mais même là, ils demeureront en minorité.) « Dans
tous les procès instruits devant cette cour, précise
lordonnance, tous les sujets de Sa Majesté
dans la colonie devront être appelés sans distinction à
remplir la charge de jurés. Cette décision soulève
bien des problèmes, car certains anglophones nacceptent pas de
partager ce devoir avec les conquis. » [Lacoursière,
1:1995, p. 353] Établissement de la cour
du Banc du Roi et de la cours de plaids communs.
-
- mi-octobre 1764
- La majorité anglaise demande « létablissement
dune assemblée législative choisie parmi les seuls sujets
protestants de la colonie » [Hare, p. 123.].
-
29
octobre 1764
- « Quatre-vingt-quatorze des principaux commerçants
canadiens se réunissaient afin dadresser une pétition
au gouvernement britannique accusant certains Britanniques de vouloir leur
imposer un système de gouvernement inacceptable » [Hare,
p. 123.].
-
22
mars 1765
- Le Stamp Act [loi
du timbre], votée par Londres prévoit une taxe sur
journaux, documents officiels, polices dassurances, almanachs, cartes
à jouer, jeux de dés, etc., dans le but de payer la défense
des colonies. Dénoncé en Nouvelle-Angleterre (notamment par
Benjamin Franklin), tous les agents
du timbre de la Nouvelle-Angleterre donnent leur démission le jour
de lentrée en vigueur (
1er
novembre 1765). « Dans la province de Québec,
le seul journal, la Gazette de Québec, publié chaque
semaine en édition bilingue, cesse de paraître. Devant la
réaction américaine, le gouvernement britannique décide
de faire marche arrière et, le
1er
mai 1766, la loi cesse dêtre en vigueur. Le 29
du même mois, la Gazette de Québec reprend sa parution »
[Lacoursière, 1:1995, p. 379].
-
21
janvier 1766
- Le pape Clément XIII
signe la bulle nommant Jean-Olivier Briand
évêque de Québec. Il sera consacré à
Paris le
16
mars 1766.
-
1er
juillet 1766
- Une ordonnance de Paulus Æmilius Irving,
agissant comme président du Conseil de Sa Majesté, ordonne
que les causes ou actions civiles entre sujets nés britanniques
prévoient un jury exclusivement composé de sujets nés
britanniques ; que celles entre sujets Canadiens français se
déroulent devant un jury exclusivement composé de Canadiens
français ; et que celles réunissant un Britannique et
un Canadien français obtiennent un jury composé moitié-moitié
de sujets britanniques et canadiens français. [Lacoursière,
1:1995, p. 357-358]
-
- 1767
- Disparition du collège des Jésuites. Lenseignement secondaire
sera assuré par le Séminaire de Québec.
-
26
octobre 1768
- Assermentation de Guy Carleton, baron Dorchester
comme gouverneur général de la province de Québec.
-
- 1771
- Reconnaissance officielle du régime
seigneurial.
-
16
décembre 1773
- Le Boston Tea Party (342 caisses de thé jetées
à la mer) illustre lindignation croissante des colons américains
vis-à-vis de la métropole et prépare la Nouvelle-Angleterre
à la guerre dIndépendance. La Grande-Bretagne vote une série
de cinq lois qualifiées dintolérables.
-
13
juin 1774
- Adoption, par le parlement britannique, de lActe
de Québec. Celui-ci visait à sassurer la loyauté
des Canadiens français catholiques (quon appelle alors, et le plus
sérieusement du monde, Canayens)
face à léminence dune insurrection des colons américains.
Le roi George III
sanctionne lacte le
22
juin 1774 et ledit acte entre en vigueur le
1er
mai 1775. « LActe de Québec,
fait remarquer avec justesse lhistorien Duncan McArthur, fut rédigé
lil fixé, non sur Québec mais sur Boston. »
Lhistorien Stanley B. Ryerson tire une conclusion exacte lorsquil affirme
que « la clé de lacte de Québec se trouve dans
la révolution américaine ». [Lacoursière,
1:1995, p. 391] LActe de Québec courrouce au plus haut
point les Britanniques du Canada et de la Nouvelle-Angleterre qui protestent,
en vain, auprès du roi.
-
22
mai 1775
- Après que les Américains eurent pris le fort Ticonderoga
(autrefois Carillon) le
9
mai 1775, le fort de Crown Point (autrefois Pointe-à-la-Chevelure)
le
11
mai 1775 et le fort Saint-Jean le
18
mai 1775, et devant limminence dune invasion américaine,
lévêque Jean-Olivier Briand
accepte daider le gouverneur Carleton
à inciter les « Canayens » à senrôler
dans la milice pour défendre leur patrie et leur roi.
-
6
septembre 1775
- Prise du fort Saint-Jean : début de linvasion
de la Province de Québec par les Américains
(bostonnais) avec le commandant Richard Montgomery
à leur tête. Reddition de Trois-Rivières
(sans avoir été contrainte de le faire) le
9
novembre 1775. Capitulation de Montréal
le
13
novembre 1775 ; le Château Ramezay à Montréal
[aujourdhui un musée] leur servira de quartier
général. Dans une tentative dinvasion (ratée) de
Québec le
31
décembre 1775, Richard Montgomery
y laisse sa vie.
-
29
avril 1776
- Espérant convaincre les « Canayens » récalcitrants
contre une union avec eux contre la Grande-Bretagne, une délégation
déminents Américains, dont Benjamin
Franklin, arrive à Montréal. Très vite
convaincus que leur cause est désespérée, ils sont
forcés de constater : « Il
en coûterait sans doute moins cher aux États-Unis dacheter
le Canada que de le conquérir ! » [Lacoursière,
1:1995, p. 427] À larrivée de trois navires
anglais, le
6
mai 1776, les Américains lèvent le camp.
-
1er
juin 1776
- Arrivée des premiers mercenaires allemands (de
Brunswick et de Hanau) venus mater les Américains au Canada.
Il en viendra 4 300 en tout.
-
- 1776
- Frederick Haldimand est nommé
gouverneur de la province de Québec. On commence à parler
de lAmérique du Nord britannique
(nom qui restera jusquen 1867).
-
Arrivée de nouveaux colons britanniques et de loyalistes
avec la déclaration dindépendance américaine (
4
juillet 1776). On installe les loyalistes sur des terres confisquées
aux « Canayens » ; les loyalistes créeront
en 1784 le Nouveau-Brunswick.
-
17
octobre 1777
- Une expédition de miliciens du Québec partie battre les
Américains rebelles est défaite à Saratoga par les
troupes américaines du général Horatio
Gates.
-
20
mars 1778
- Reconnaissance par la France de lindépendance des Treize Colonies
américaines.
-
14
juillet 1778
- Déclaration dindépendance des
États-Unis rédigée par John
Adams, Thomas Jefferson et Benjamin
Franklin. [La date choisie officiellement par
les Américains comme celle de la Déclaration dindépendance
est le
4
juillet 1777, date de la signature partielle du document.]
-
28
octobre 1778
- Publication dun manifeste par lamiral français Charles-Henri,
comte dEstaing, dans lequel il propose aux « Français
dAmérique » se sallier aux États-Unis. Distribué
clandestinement et affiché à la porte de quelques églises,
le manifeste provoque lire du nouveau gouverneur Haldimand.
-
3
septembre 1783
- Signature du traité de Versailles :
reconnaissance par la Grande-Bretagne de lindépendance des États-Unis.
[Cest à partir de lindépendance des États-Unis
que débute vraiment limmigration des Loyalistes. Avec larrivée
des loyalistes qui seront désignés comme des Canadiens
, les francophones perdent leur gentilé ; ces derniers seront
désormais qualifiés de Canadiens français.]
-
- 1784
Population
francophone du Bas-Canada : 113 000.
-
21
avril 1785
- « Le lieutenant-gouverneur Henry
Hamilton donne son accord à une ordonnance du Conseil
législatif établissant les procès par jury dans les
affaires de commerce et dinjures personnelles. La nouvelle loi répondait
à des demandes formulées par les sujets anglais de la colonie.
Elle modifie une partie des lois civiles françaises remises en vigueur
par lActe de Québec. Dans le cas de procès opposant des
sujets nés en Grande-Bretagne, en Irlande et dans les colonies et
provinces dAmérique, les jurés seront choisis exclusivement
parmi les anciens sujets ; dans les procès entre Canadiens,
tous les jurés seront Canadiens ; dans les procès mixtes,
les jurés seront composés dun nombre égal
de chacun, sil en est ainsi requis par lune des parties »
[Lacoursière, 1:1995, p. 459]. (Voir
1er juillet 1766)
-
26
octobre 1787
- Insatisfaits de lActe de Québec, les loyalistes obtiennent
de la Grande-Bretagne quelle accorde au gouverneur et au Conseil législatif
le droit « de [leur] concéder ses terres en franc et
commun soccage et non grevées daucune redevance à la Couronne »
[Lacoursière, 1:1995, p. 461].
-
14
juillet 1789
- Prise de la Bastille : début
de la Révolution française.
Craignant que la population francophone nappuie trop volontiers la révolution
française, le « gouvernement pourchasse sans merci toute
personne soupçonnée de sédition » [Hare,
p. 164.].

10
juin 1791 
- Sanction royale de lActe constitutionnel
qui partage le pays, par la rivière Outaouais, en deux provinces :
le Haut-Canada et le Bas-Canada
(en vigueur le
26
décembre 1791).
-
11
juin 1792
27
juin 1792
Premières
élections de lhistoire des Québécois. La première
séance du parlement souvre le
17
décembre 1792, après avoir été reportée
quatre fois. Le
18
décembre 1792, Jean Antoine Panet
est élu président de la Chambre dassemblée du Bas-Canada
à 28 voix contre 18. Quand on le nomme juge de la Cour des Plaidoyers
communs le
28
janvier 1794, Michel-Eustache-Gaspard-Alain
Chartier de Lotbinière lui succède.
-
27
janvier 1793
- Jean Basset présente à
la Convention nationale de Paris un mémoire en faveur dune reconquête
du Canada. Des rumeurs au Canada veulent quune attaque soit imminente.
Le
23
septembre 1793, le gouverneur Dorchester
demande à la Chambre dassemblée de sévir contre les
étrangers menaçant le gouvernement britannique au Canada
et contre tout citoyen séditieux. Le
26
novembre 1793, lAssemblée adopte une loi suspendant
lHabeas Corpus et enrôle de facto tous les hommes
de 18 à 60 ans du Bas-Canada dans la milice (sauf
quelques exceptions).
-
- 1793
- Nomination de lévêque anglican Jacob
Mountain. Conformément à ses recommandations et
suite à « lincendie du couvent des Récollets
le gouvernement décide dy bâtir la nouvelle cathédrale
anglicane » [Hare, p. 168.] (qui
sera élevée de 1799 à
1804).
-
- juin 1794
- Formation de lAssociation pour le maintien des lois, de la constitution
et du gouvernement de la province du Bas-Canada « dont lobjet
est de dépister des foyers révolutionnaires »
[Hare, p. 164].
-
7
mai 1796
- Adoption par la Chambre dassemblée de la loi
sur les ponts et les chemins. (Cette loi stipule
que les chemins royaux auront trente pieds 9,15 m de largeur et seront
sous le contrôle du grand voyer. Les habitants doivent nettoyer les
fossés et entretenir les chemins. Ils sont également soumis
à 12 jours de corvées, et peuvent en être dispensés
à raison dun chelin et trois deniers par jour.) Cette loi
est très mal reçue par le peuple en général.
Le
9
octobre 1796, « les habitants
du faubourg Saint-Roch sont convoqués à une assemblée
pour élire les inspecteurs de chemins. La réunion tourne
à lémeute. Un magistrat est insulté et sa vie menacée.
Quatre personnes sont accusées et trois dentre elles sont condamnées
à diverses peines. Quant à la quatrième, elle
sest soustraite aux recherches » [Lacoursière,
2:1995, p. 52].
-
- Élections à
partir du
17
juin 1796
Jean
Antoine Panet est réélu le
26
janvier 1797 président de la Chambre dassemblée
du Bas-Canada.
-
27
avril 1797
- Robert Prescott devient gouverneur
général.
-
1er
août 1798
- Le contre-amiral Horatio Nelson
anéantit la flotte du vice-amiral français François
Paul Brueys DAigaïlliers à Aboukir. À la
demande du gouverneur Prescott, on
chante dans toutes les églises du Bas-Canada un Te Deum le
10
janvier 1799 pour souligner la victoire des Anglais sur les
Français. Dans les mois qui suivent, la Chambre dassemblée
du Bas-Canada vote la somme de 20 000 £ pour aider lAngleterre
dans sa guerre contre la France.
-
3
juin 1799
- Sanction royale dune loi de la Chambre dassemblée pour lérection
des palais de Justice de Québec et Montréal.
-
29
juillet 1799
- Le gouverneur Prescott quitte la
colonie ; en son absence, cest son second, le lieutenant-gouverneur
Robert Shore Milnes, qui lui succède.
-
- XIXe siècle
- Entre 1805 et 1817,
certaines banques [comme la Molson Bank, la Banque
dHochelaga et la Merchants Bank of Canada] commencent
à imprimer leurs propres billets de banque. On retrouvent sur ces
billets le nom de la banque émettrice. Tout au long du XIXe
siècle, un grand nombre de marchands en feront tout autant ;
les billets de ces derniers seront remboursables en monnaie métallique.
-
4
juin 1800
Dissolution
de la Chambre et début de la campagne électorale (élection
de 35 députés francophones et 15 députés anglophones).
Jean Antoine Panet est réélu
le
8
janvier 1801 président de la Chambre dassemblée
du Bas-Canada.
-
7
février 1801
- Présentation par le juge député De
Bonne dun projet de loi créant lInstitution
royale (établissement décoles gratuites,
prise en charge des écoles, établissement de nouvelles écoles
et taxation des citoyens pour en financer le fonctionnement). Sous
la présidence de lévêque anglican de Québec,
Jacob Mountain, le but recherché
était dangliciser les francophones pour quAnglais et Français
ne forment plus quun peuple. Le
24
mars 1801, le projet de loi est accepté par les députés,
le
7
avril 1802, le Conseil privé de Sa Majesté se
prononce favorablement sur la loi. « Le
clergé sera lent à réagir à cette tentative
daccaparement du secteur de linstruction par le gouvernement. Par ailleurs,
les Canadiens montreront peu denthousiasme à défrayer le
coût de construction des écoles. Ce qui explique le peu de
succès de lInstitution royale de 1801. »
[Lacoursière, 2:1995, p. 66-67].
-
8
avril 1801
- Sanction royale de la loi concernant lorganisation dun aqueduc de
Montréal.
-
7
avril 1802
- Sanction royale de la loi concernant la démolition des vieux
murs de Montréal.
-
2
juillet 1804
16
juillet 1804
(Élection
de 34 députés francophones et 16 députés anglophones).
Jean Antoine Panet est réélu
le
9
janvier 1805 président de la Chambre dassemblée
du Bas-Canada.
-
- janvier 1804 juillet 1805
- Lévêque anglican Mountain
estime que seul lévêque anglican devrait avoir le droit de
porter publiquement le titre dévêque. « Si
on ne réprime pas cet abus, il y aura lévêque du Pape
au-dessus de lévêque du Roi » [Lacoursière,
1973, p. 271]. Les autorités civiles cherchent alors
à retrouver un certain « équilibre religieux ».
Herman-Witsius Ryland, [secrétaire
du lieutenant-gouverneur Milnes]
croit que la Couronne doit donner une subvention annuelle au surintendant
et à lassistant du surintendant de lÉglise romaine en autant
quils détiennent des lettres patentes du roi dAngleterre (et non
du pape), ce qui assoierait lautorité du roi et abolirait celle
du pape. Le litige porte aussi sur le droit de lévêque catholique
doctroyer des cures [nomination des curés],
droit réservé au roi dans léglise anglicane. Joseph-Octave
Plessis, évêque de Québec [officiellement
assistant du surintendant de lÉglise romaine], hésite
à accepter ce marché. Mgr Plessis
propose de laisser le droit à lévêque de faire les
nominations aux cures avec laccord du gouverneur. Lévêque
Pierre Denault [officiellement
surintendant de lÉglise romaine] prépare deux
requêtes, une destinée au lieutenant-gouverneur Milnes,
une autre au roi dAngleterre. Londres tranchera finalement à la
fin de 1813 et reconnaîtra le
titre dévêque catholique avec droits de nomination aux cures.
[Lacoursière, 2:1995, p. 79-82].
-
5
janvier 1805 (publication du premier numéro)
- Les « Britanniques opposés aux concessions accordées
aux Canadiens fondent The Quebec Mercury, journal qui ridiculise
les Canadiens et les idées politiques de leurs chefs parlementaires »
[Hare, p. 165].
-
8
février 1805
- « Querelle des prisons » :
En comité plénier, il est décidé, vu « létat
lamentable des prisons », de construire deux prisons, lune
à Québec, lautre à Montréal. Les Canadiens
français veulent taxer le commerce, les marchands anglais suggèrent
de taxer la propriété terrienne. Le vote favorise les Canadiens
français, mais déjà les Anglais songent à « remédier
aux défectuosités du système parlementaire »
[Lacoursière, p. 261]. La loi est sanctionnée
le
25
mars 1805. Le
7
mars 1806, le débat reprend en Chambre après que
la Gazette de Montréal et (trois jours plus tard) le Quebec
Mercury eurent publié des articles dénonçant la
loi des prisons. Londres ninterviendra pas et la loi ne sera pas désavouée.
Cet épisode marque « le commencement de lingérence
des journaux dans la politique » [Desrosiers,
p. 297] mais surtout une opposition à jamais marquée
entre francophones et anglophones.
-
1er
mars 1805
- Douze habitants de Saint-Constant signent une pétition destinée
à Napoléon 1er
(Bonaparte) pour linviter à
reconquérir le Canada.
-
31
juillet 1805
- À quelques jours de son départ pour la Grande-Bretagne,
le gouverneur Milnes nomme Thomas
Dunn administrateur de la province.
-
30
décembre 1805
- Les Montréalais apprennent la nouvelle de la victoire de Trafalgar
et le décès de lamiral Nelson
survenus le
21
octobre 1805. Consternés, les marchands établissent
« une souscription pour ériger un monument en lhonneur
du héros anglais » [Lacoursière,
2:1995, p. 86] (colonne de la Place Jacques-Cartier
à Montréal, présentement en rénovation).
-
22
novembre 1806 (publication
du premier numéro)
- Les citoyens du Bas-Canada, sous la direction du Parti
canadien, « fondent [à Québec]
leur propre journal, Le Canadien
(« à tendance libérale et nationaliste »
[Laporte]), afin de répondre aux attaques du
Mercury » [Hare, p. 165.].
Sa devise : Fiat Justitia ruat cælus [Justice
soit faite, Dieu descende vers nous].
-
11
avril 1807
- Ezekiel Hart, un riche marchand
juif de Trois-Rivières, est élu lors dune élection
complémentaire. Dès le
18
avril 1807, le Canadien publie la lettre dun lecteur
accusant le commerçant davoir ruiné certains citoyens. Le
1er
février 1808, la Chambre critique lassermentation du
député parce quil a prêté serment sur la Bible
et « que ce dernier ne [pouvait] prêter serment selon
les exigences de la loi » [Lacoursière,
2:1995, p. 99]. Le
20
février 1808, il est expulsé.







Dernière
mise à jour : 30 décembre 1999, 0h34