Chronologie de l’histoire du Québec
29 août 1807 28 février 1837


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 29 août 1807
James Henry Craig devient gouverneur du Haut- et du Bas-Canada (il le restera jusqu’en 1811). On qualifie parfois son administration, dans les livres d’histoire, de « règne de la terreur ». Son secrétaire Herman-Witsius Ryland, « un fanatique de la pire espèce » [Desrosiers, p. 298], y serait pour quelque chose.
 
 27 avril 1808 (dissolution de la Chambre)
(Élection de 36 députés francophones et 14 députés anglophones, dont le juge De Bonne). En mai, le gouverneur Craig déclare : « Il y a lieu d’appréhender que le temps approche rapidement où la Chambre d’assemblée du Bas-Canada deviendra un foyer de sédition et le rendez-vous des plus hardis démagogues de la province » [Lacoursière, 2:1995, p. 101]. Il lui paraît important d’augmenter la proportion de députés anglophones pour éviter que la majorité francophone exclue des membres anglophones indésirables et continue d’imposer ainsi ses vues. Le  10 avril 1809, 42 députés sont assermentés (34 députés francophones et 8 députés anglophones, deux Canadiens et cinq Anglais sont absents et un siège est vacant). Jean Antoine Panet est réélu orateur de la Chambre d’assemblée.
 
 14 juin 1808
Le gouverneur Craig exclut Joseph Planté de ses fonctions d’inspecteur du Domaine du Roi et greffier au papier terrier et Jean-Antoine Panet, Pierre-Stanislas Bédard, Joseph-Louis Borgia, François Blanchet et Jean-Thomas Taschereau de leur fonction de cadres des officiers de milice parce qu’il ne peut avoir confiance en des gens propriétaires du journal séditieux, Le Canadien, propre à « exciter au mécontentement la population, et créer un esprit de discorde et d’animosité entre les deux éléments qui la composent » [Lacoursière, 2:1995, p. 102]. (Après audience avec le gouverneur, Joseph Planté est réinstitué dans ses fonctions.)
 
 5 mai 1809
La Chambre vote l’expulsion d’Ezekiel Hart. Le gouverneur et le Conseil législatif ne s’opposent pas à la loi qui interdit aux juges de siéger. « Londres avait donné raison au parti Canadien à la fois sur la question des juges et sur celle des Juifs ( 7 septembre 1809), invitant sèchement le gouverneur “ à ne censurer aucun acte particulier de l’assemblée provinciale qui ne soit clairement inconstitutionnel et illégal ” » [Lacoursière, 1973, pp. 268-269]. Le Conseil exécutif dépose un rapport le  10 mai 1809 dans lequel il indique que la « dissolution du Parlement constitue pour un membre légalement lésé la seule protection possible » [Lacoursière, 2:1995, p. 106].
 
 18 avril 1809
La Chambre vote une résolution rendant les juges inéligibles.
 
 15 mai 1809
Le gouverneur Craig dissout la Chambre. (La raison se trouve au 5 mai 1809.)
 
vers le  24 novembre 1809
(Élection de 38 francophones et de 12 anglophones). Jean Antoine Panet est réélu orateur de la Chambre d’assemblée le  29 janvier 1810. Dans son discours inaugural du  2 février 1810, le gouverneur Craig affirme : « Ayant reçu la volonté de Sa Majesté là-dessus, je me sentirais autorisé à […] rendre, à l’avenir, les juges des Cours du Banc du Roi inéligibles dans la Chambre d’assemblée » [Lacoursière, 2:1995, p. 114].
 
 13 février 1810
Question des subsides (vote du budget) — La Chambre vote trois adresses : une destinée au roi, une à la Chambre des lords et une autre à la Chambre des communes (d’Angleterre) et dans lesquelles la Chambre d’assemblée du Bas-Canada revendique le privilège de contrôler la liste civile [liste détaillant les sommes versées par le gouvernement à titre de pensions ou de salaires aux fonctionnaires de l’État]. Craig estime ces adresses prématurées (elles n’ont pas été votées par le Conseil législatif), mais il accepte d’en informer le roi.
 
 23 février 1810
La Chambre vote l’exclusion du juge député Amable De Bonne. Le gouverneur Craig dissout le Parlement trois jours plus tard, le  26 février 1810.
 
 10 mars 1810
Jonathan Sewell et Amable De Bonne fondent le journal Le Vrai Canadien, proche du parti tory [parti conservateur associé à l’Église anglicane] et épousant les vues du gouvernement.
 
 17 mars 1810
Saisie des presses du journal Le Canadien et arrestation de l’imprimeur, Charles Lefrançois, qui s’y trouve. S’ensuit l’arrestation de toute personne associée au journal. — En entretien avec Mgr Plessis, le gouverneur Craig y va de menaces à peine voilée à l’encontre du clergé.
 
mars – avril
(Élection de 41 francophones et de 9 anglophones). Tous les députés emprisonnés sont élus. « D’une certaine façon, le haut clergé et le gouverneur subissent la défaite » [Lacoursière, 2:1995, p. 125]. Jean Antoine Panet est réélu orateur de la Chambre d’assemblée le  12 décembre 1810.
 
 17 avril 1810
L’avocat de Pierre-Stanislas Bédard demande l’habeas corpus pour son client (emprisonné depuis le 14 juin 1808) et élu député de la basse ville de Québec et député de la Chambre d’assemblée le  27 mars 1810. La demande sera rejetée. (Explications) — Les prisonniers, parce qu’il sont considérés comme des traîtres, demeureront en prison plus d’un an sans jamais subir de procès.
 
 1er mai 1810
Le gouverneur Craig recommande au roi de retirer aux Canadiens français le Parlement et d’unir le Haut- et le Bas-Canada.
 
 25 octobre 1810
Mgr Plessis demande aux fidèles de prier pour Pie VII arrêté par Napoléon et emprisonné à Savonne. Craig, qui songeait à des poursuites au criminel, proteste auprès de Londres qui ne semble pas enclin à réagir.
 
 19 décembre 1810
La Chambre vote l’interdiction aux juges d’être élus députés. Cette fois, le Conseil législatif approuvera la loi.
 
 24 décembre 1810
La Chambre adopte une résolution permettant à Pierre-Stanislas Bédard de siéger malgré son incarcération. Craig, refuse d’élargir le détenu : « je sens que le moment est venu où la sécurité, comme la dignité du gouvernement du roi, requiert impérieusement que le peuple comprenne quels sont vraiment les droits respectifs des diverses branches du gouvernement et qu’il n’appartient pas à la Chambre d’assemblée de gouverner le pays » [Lacoursière, 2:1995, p. 136-137]. Le gouverneur Craig libérera Bédard le  4 avril 1811 après 2 ans, 9 mois et 21 jours de détention et sans n’avoir jamais subi de procès.
 
 31 mai 1811
George Prevost devient gouverneur (il le restera jusqu’en 1815).
 
 18 juin 1812
Les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne [cause : durant les guerres de Napoléon, les Anglais saisissent les bateaux américains qui font le commerce avec la France]. Au cours de la même année, ils attaquent le Haut-Canada.
 
1813
L’armée américaine prend York [Toronto] ; alors qu’elle se rend à Montréal, elle est arrêtée à Chateauguay par Charles de Salaberry.
 
 21 janvier 1815
Louis-Joseph Papineau est élu président de l’Assemblée législative.
 
1817
Fondation de la Banque de Montréal. Elle devient la plus puissante institution financière du pays au XIXe siècle.
 
1818
Entente fixant la frontière entre l’Amérique britannique et l’Amérique républicaine au 49e parallèle depuis le lac des Bois jusqu’aux Rocheuses.
 
vers 1820
Projet d’union entre le Haut et le Bas-Canada. D’après le projet, l’anglais serait la seule langue officielle ; tout membre de l’Assemblée devrait avoir une propriété foncière d’au moins 500 livres sterling. Louis-Joseph Papineau et son second, John Neilson, partent pour Londres avec une pétition de 60 000 signatures.
1820    Population blanche du Bas-Canada :
Population blanche du Haut-Canada :
Population blanche des Maritimes :
Population blanche des États-Unis :
420 000.
125 000.
200 000.
9 637 000.

1822

Mobilisation contre le projet d’union du Haut et du Bas-Canada.
 
 10 mai 1823
Louis-Joseph Papineau et John Neilson présentent à Londres un mémoire contre le projet d’Union du Haut et du Bas-Canada. L’Angleterre donnera raison aux Canadiens français.
 
1826
Le parti Réformiste de Louis-Joseph Papineau devient le parti Patriote. (Commentaire sur les Canadiens-français de l’époque.)
 
1829
Fondation de l’Université McGill.
 
1833
La Corporation de la cité de Montréal voit le jour, et son premier maire est Jacques Viger (*1787-†1858).
 
1834
Louis-Joseph Papineau obtient une écrasante victoire électorale.
 
 21 février 1834
Dépôt de 92 résolutions qui recommandent, entre autres, que les membres du Conseil législatif et exécutif soit élus et que les ministres soient choisis parmi leurs pairs et soient responsables devant l’Assemblée législative. Ces résolutions constituent un véritable programme politique du Parti patriote. On demande que le budget soit contrôlé par l’Assemblée, laquelle doit obtenir tous les pouvoirs, privilèges et immunités qu’a le parlement britannique. En dépit des votes contre, les résolutions sont adoptés à la majorité [Bergeron, p. 88].
 
 24 juin 1834
Fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste (par Ludger Duvernay).
 
octobre 1834
Élections au Bas-Canada ; les candidats favorables aux 92 résolutions remportent presque tous les sièges à l’Assemblée législative.


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Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 0h34