Chronologie de l’histoire du Québec
1er septembre 1939 21 juin 1960


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La Seconde Guerre mondiale


 1er septembre 1939
L’armée allemande (sous les ordres d’Adolf Hitler) envahit la Pologne : début de la Seconde Guerre mondiale.

 3 septembre 1939
La Grande-Bretagne entre en guerre contre l’Allemagne.

 10 septembre 1939
Le Canada entre en guerre aux côtés de la Grande-Bretagne. Le premier ministre Mackenzie King promet d’éviter la conscription.

 25 octobre 1939
Adélard Godbout (libéral) défait l’Union nationale de Maurice Duplessis (assermenté le 8 novembre 1939).
 
 9 décembre 1939
Adoption des nouvelles armoiries du Québec et de la devise « Je me souviens ».

 26 février 1940
Arrivée en Angleterre du premier corps d’aviateurs canadiens (429 hommes) [Lacoursière, p. 519].

 26 mars 1940
William Lyon Mackenzie King (libéral) est reporté au pouvoir.

 24 juin 1940
Le premier ministre Mackenzie King déclare : « Le Gouvernement que je dirige ne présentera pas de mesure de conscription des Canadiens pour le service outre-mer » [Lacoursière, p. 521].

 17 août 1940
Le Canada et les États-Unis signent un pacte défensif : l’Accord d’Ogdensburg.

 25 avril 1940
Grâce au courageux combat de Thérèse Casgrain, les femmes obtiennent le droit de voter : depuis 1922, des groupes de femmes (les « suffragettes ») organisaient régulièrement des rencontres de pression auprès du premier ministre pour réclamer le droit de vote. Le premier ministre libéral Adélard Godbout réussit à éteindre l’opposition des évêques en menaçant de démissionner (et d’être ainsi remplacé par l’anticlérical Télésphore-Damien Bouchard). — Le droit de vote au fédéral était reconnu aux femmes depuis 1918 .

1940
« Camilien Houde, maire et député de Montréal, est arrêté pour s’être opposé publiquement à la conscription. Houde est interné sans procès pendant quatre ans » [Beauchemin, p. 16].

janvier 1941
Les effectifs de l’armée canadienne comptent déjà 125 000 hommes, dont 50 000 Québécois.

 30 juin 1941
La loi 80 [« bill 80 »] sanctionne la promesse de Mackenzie King de ne pas avoir recours à la conscription. Cette loi sera votée le 23 juillet 1942 par un vote de 141 pour, 45 contre.

février 1942
Richard B. Hanson, chef du parti conservateur, réclame la conscription immédiate. Lié par ses engagements, Mackenzie King annonce la tenue d’un plébiscite afin de s’en libérer, si telle est la volonté populaire.[Lacoursière, p. 521]
Fondation de la Ligue pour la défense du Canada par Georges Pelletier (directeur du Devoir), Maxime Raymond, André Laurendeau, Gérard Filion, Jean Drapeau, Michel Chartrand et Paul Gouin. Ils parcourent le Québec pour inciter la population à répondre NON au plébiscite qui doit venir. [Provencher, p. 164]

 27 avril 1942
Plébiscite sur la conscription : « les Canadiens doivent répondre par OUI ou NON à la question suivante : “ Consentez-vous à libérer le gouvernement de toute obligation résultant d’engagements antérieurs restreignant les méthodes de mobilisation pour le service militaire ? ” Le Québec répond NON dans une proportion de 71,2 %. Les 8 autres provinces donnent une majorité de OUI. Résultat global : OUI, 63,7 %; NON, 36,3 % » [Lacoursière, pp. 521-522].

 18 août 1942
6 100 soldats (dont 4 963 Canadiens – les quatre cinquièmes) s’embarquent pour Dieppe pour faire un raid majeur. L’une des raisons les plus souvent évoquées veut que les Alliés aient voulu ainsi tester la défense des troupes allemandes le long des côtes. [Lire commentaire.] Vers 3 h 47, ils tombent nez à nez sur un convoi allemand : de part et d’autre, c’est la surprise générale. Vers 9 heures du matin, on prend conscience de l’échec de l’opération. Des 4 963 Canadiens, 2 753 tombent, 2 210 rentrent en Angleterre (dont 617 sont blessés).

septembre 1942
« Maxime Raymond (député de Beauharnois) fonde le Bloc populaire canadien, le parti des opposants québécois à la conscription à Ottawa, et André Laurendeau en devient le secrétaire » [Provencher, p. 164].

 8 –  9 novembre 1942
Un sous-marin allemand est intercepté près de New Carlisle.

1943
Adoption de la Loi de l’instruction obligatoire. Le Québec demande par décret la restitution du Labrador.

 10 juillet 1943
Les soldats canadiens prennent d’assaut le sud de la Sicile avec une flotte d’une envergure impressionnante. (Le 17 août 1943, l’île tout entière est soumise – les Canadiens perdent 2 434 camarades.) L’Italie se rend le 8 septembre 1943.

 14 août 1943
Conférence de Québec entre Winston Churchill et Franklin Roosevelt (à laquelle participe Mackenzie King). « Abordant la guerre contre l’Allemagne et le Japon, les deux principaux chefs alliés considèrent comme prioritaire le grand débarquement en Normandie, appelé Opération Overlord, et se mettent d’accord pour en accélérer la préparation. Pour diminuer la pression allemande du côté de l’Union soviétique, ils décident aussi d’un débarquement sur la péninsule italienne, l’objectif étant la capitulation sans condition de l’Italie » [Provencher, p. 165]. Au moment de la rencontre, Mackenzie King a en mains un plan secret.
 
1944
Les banques perdent le droit d’émettre de la monnaie, un privilège réservé dorénavant à la Banque du Canada.
 
 8 août 1944
Élection du gouvernement de Maurice Duplessis (Union nationale), (assermenté le 30 août 1944).
Création du Ministère de la Santé nationale et du Bien-Être social. « Adoption du programme fédéral des allocations familiales; vive opposition chez les traditionalistes du Québec qui y voient une atteinte à l’autonomie provinciale et à la conception chrétienne de la famille » [Provencher, p. 166].

 8 février 1945
Conférence de Yalta (entre Roosevelt, Churchill et Staline). On décide du sort du Japon, de l’Italie et de l’Allemagne de l’après-guerre (occupation, division en quatre zones dont une donnée à la France sur l’insistance de Churchill, procès contre les criminels de guerre).

 14 avril 1945
Les soldats canadiens occupent Arnhem : libération des Pays-Bas.

 2 mai 1945
Capitulation de Berlin.

 7 mai 1945
« Jour de la victoire » : l’armistice est signé dans une école de Reims.

 11 juin 1945
William Lyon Mackenzie King (libéral) est réélu.

 6 août 1945
Les Américains lancent la première bombe atomique de l’histoire sur Hiroshima (75 000 personnes périssent).

 9 août 1945
Les Américains lancent une autre bombe atomique, cette fois sur Nagasaki.

 2 septembre 1945
Capitulation du Japon.

1947
Abolition des appels au Conseil privé de Londres (Privy Council) en matière civile.

 21 janvier 1948
Adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec (par Maurice Duplessis).

 22 juillet 1948
Second référendum tenu par Terre-Neuve (en moins de deux mois) donne une très courte majorité au camp du OUI : Terre-Neuve [capitale : St. John’s] devient la dixième province canadienne [officiellement le  1er avril 1949].

 28 juillet 1948
Maurice Duplessis est réélu.

 9 août 1948
Le peintre Paul-Émile Borduas et ses amis publient le Refus global, qui dénonce le conformisme artistique et moral au Québec. Ce manifeste « dénon[ce] surtout l’étroitesse de vue de la société québécoise tout entière sous l’emprise du clergé tout puissant. Contrairement à une idée répandue, le manifeste, contresignée par 15 personnalités, n’a pas eu à sa sortie l’effet d’une bombe. Il vaudra pourtant à Borduas d’être expulsé de l’École du meuble, où il enseignait. Il s’exilera en France où il mourra en 1960. Pour beaucoup d’observateurs, ce manifeste annonçait un courant de pensée qui débouchera sur la Révolution tranquille » [Le Téléjournal, SRC, 9 août 1998].

 15 novembre 1948
Mackenzie King démissionne, Louis Stephen Saint-Laurent (libéral) lui succède.

1949
Ottawa persuade le parlement britannique de changer toute section de la Constitution (l’Acte de l’Amérique du Nord britannique) qu’elle désire. La Cour suprême du Canada devient, par une loi du parlement fédéral, la Cour d’appel de dernière instance en matière constitutionnelle. Il n’est donc plus possible d’en appeler des décisions de la Cour suprême du Canada auprès du Conseil privé britannique (Privy Council).

 13 février 1949
Début de la grève de l’amiante dont l’issu aura un impact important d’abord sur les conditions de travail dans l’industrie minière, puis pour l’ensemble des Québécois. Cette grève se terminera le  30 juin 1949, soit 138 jours plus tard.
 
 27 juin 1949
Louis Stephen Saint-Laurent (libéral) remporte les élections.

1951
Adoption de la première Loi sur la protection de la jeunesse.

 16 juillet 1952
Maurice Duplessis est réélu.

 25 juillet 1952
Début de la télévision de Radio-Canada. (Lire article sur la première diffusion, pour mettre à l’essai la technologie télévisuelle). La programmation régulière est prévue pour septembre 1952.

 10 août 1953
Louis Stephen Saint-Laurent (libéral) est réélu.
 
 17 mars 1955
Émeute au Forum de Montréal : Maurice Richard est exclu des séries éliminatoires.
 
 20 juin 1956
Maurice Duplessis est réélu.
 
 10 juin 1957
Élection de John George Diefenbaker (conservateur).

 31 mars 1958
« Sentant qu’il [John George Diefenbaker (conservateur)] a conquis la faveur populaire et afin d’obtenir une majorité à la Chambre, il déclenche une nouvelle élection » [Lacoursière, 1973, p. 538]. Il est réélu avec une forte majorité.

 29 décembre 1958
Début de la grève des réalisateurs de Radio-Canada, donnant un avant goût de la Révolution tranquille, annonçant l’avènement du French Power et l’affrontement de ce qu’il est convenu d’appeler les deux solitudes.
 
 7 septembre 1959
Maurice Duplessis décède à Schefferville ; Paul Sauvé héritera du pouvoir, un pouvoir qu’il gardera une centaine de jours (jusqu’à son décès le  2 janvier 1960). Antonio Barrette lui succédera jusqu’aux prochaines élections.

1959
La reine Élisabeth II inaugure la voie maritime du Saint-Laurent (le port de Montréal en souffrira beaucoup). Abolition des tramways à Montréal.


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Dernière mise à jour : 16 septembre 2000, 16h35