Chronologie de l’histoire du Québec
15 octobre 1993 27 janvier 1997


SourcesCourrierPage précédenteIndexChronologieMultifenêtrage Géo

L’impasse constitutionnelle


 25 octobre 1993
Élection du parti libéral du Canada (avec Jean Chrétien à sa tête) et de 54 députés bloquistes; le Bloc québécois forme l’Opposition officielle. — Débâcle totale pour le Parti conservateur (qui fait élire deux députés, Jean Charest [circonscription de Sherbrooke (Qc)] et Elsie Wayne [circonscription de Saint-Jean (NB)]). Le parti perd même son statut de parti officiel (et fait face à une dette incroyable).
 
 4 novembre 1993
Signature de l’ALENA [Accord de libre-échange nord-américain].
 
 12 janvier 1994
Daniel Johnson (fils) prête serment comme premier ministre.

 12 septembre 1994
Élection du parti Québécois (44,75 %), avec 77 députés sur 125, sous la gouverne de Jacques Parizeau ; le Parti libéral récolte 47 sièges (44,40 %), l’Action démocratique en récolte un (seul le chef du parti, Mario Dumont, se fait élire), (6,46 %). Jacques Parizeau indique d’entrée de jeu son intention de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté dans les mois qui suivent afin de permettre au Québec de prendre en main sa propre destinée en rapatriant tous les pouvoirs requis à son plein développement.

 6 décembre 1994
Dépôt de l’avant-projet de loi sur l’avenir du Québec et création des commissions régionales ; le gouvernement péquiste invite toute la population à contribuer par leurs idées à la nouvelle société québécoise (50 000 Québécoise et Québécois répondent à l’appel); le Bloc québécois, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec acceptent eux aussi de participer aux commissions régionales, seul le Parti libéral du Québec refuse de s’associer aux commissions.

 19 avril 1995
Publication du rapport de la Commission nationale sur l’avenir du Québec.

 12 juin 1995
Comprenant que la souveraineté sans une association avec le reste du Canada et sans projet de société (qui échapperait au présumé vent de droite qui travers l’Amérique du Nord) menait à l’échec, Lucien Bouchard amène Jacques Parizeau à faire prendre au Parti Québécois un virage qui débouche sur la signature d’une entente entre les chefs Jacques Parizeau du Parti québécois, Lucien Bouchard du Bloc québécois et Mario Dumont de l’Action démocratique. La teneur de cette « entente du 12 juin » est de proposer aux Québécois par voie d’un référendum la souveraineté du Québec associée à un partenariat politique et économique avec le reste du Canada.

 7 septembre 1995
Dépôt à l’Assemblée nationale du Québec de la question référendaire et du projet de loi numéro 1 sur l’avenir du Québec. Un des arguments principaux du camp du OUI veut que la déclaration de souveraineté soit précédée d’une année de négociation sur une offre de partenariat avec le reste du Canada.

 1er octobre 1995
Adoption du décret référendaire déclenchant la campagne référendaire et fixant la date du scrutin au 30 octobre 1995.

 27 octobre 1995
Entre 40 000 et 100 000 Anglo-canadiens viennent manifester à Montréal pour inciter les Québécois à voter NON au référendum. Ils bénéficient de 90 % de rabais sur leur transport en avion ou en train.

 30 octobre 1995
Référendum sur la souveraineté du Québec : (La question référendaire) : Résultat : OUI : 49,4 %; NON : 50,6 %. Taux de participation : 93,2 % [plus haut taux de participation de toute l’histoire du Québec]. 80 circonscriptions sont majoritairement en faveur du OUI; 45 circonscriptions en faveur du NON. Environ 60 % des francophones votent OUI, environ 90 % des anglophones et allophones votent NON. Ces résultats des plus serrés démontrent que le projet souverainiste est plus vivant que jamais et que le problème canadien, lui, reste entier.

Lors de son discours le soir du référendum, Jacques Parizeau pointe du doigt l’argent et certains votes ethniques comme responsables de la défaite du OUI : tollé de protestation de la part des fervents de rectitude politique. « C’est vrai qu’on a été battu, mais au fond, par quoi? Par l’argent et des votes ethniques! » (Jacques Parizeau s’explique, un an plus tard, au sujet des votes anglophones et allophones qui frisent les 100 %.)

 31 octobre 1995
Jacques Parizeau remet sa démission en tant que premier ministre, chef du Parti québécois et député de la circonscription de L’Assomption. Spéculation sur l’éventuelle candidature de Lucien Bouchard à la tête du Parti québécois et du gouvernement du Québec.

La stratégie du plan « B 
[Le plan B au quotidien.]

 29 janvier 1996
Lucien Bouchard est assermenté comme premier ministre du Québec. C’est Michel Gauthier qui lui succédera à la tête du Bloc québécois (jusqu’à ce qu’il sente son leadership trop contesté et qu’il remette sa démission le 2 décembre 1996).

 15 février 1996
Jean Chrétien, venu célébrer à Hull le trentième anniversaire de l’adoption de l’unifolié canadien, est accueilli par des manifestants venus dénoncer la réforme de l’assurance-chômage; coupant court à son discours ponctué de huées, il se fraie un chemin à travers la foule et agrippe par le cou un manifestant sur son passage, Bill Clennett, qu’il jette dans les bras d’un agent de la Gendarmerie Royale du Canada. Celui-ci le projette au sol et lui casse une dent. M. Clennett exige des excuses du premier ministre en personne — il ne les a jamais reçues.)

avril 1996
Proposition de remplacer le concept de « Société distincte » par celui de « foyer principal de la langue et de la culture française en Amérique ».

 12 septembre 1996
Le sénateur-comédien Jean-Louis Roux est assermenté au poste de lieutenant-gouverneur du Québec (sa nomination soulève l’ire de nombreux Québécois, dont le gouvernement du Québec, pour avoir accusé les souverainistes de fascistes. Il démissionne le 5 novembre 1996, quelques heures après que la revue L’Actualité eut révélé son adhésion à l’antisémitisme alors qu’il étudiait la médecine à l’Université de Montréal.)
 
 30 septembre 1996
Le gouvernement de Jean Chrétien demande à la Cour suprême de se prononcer sur la légalité d’une déclaration unilatérale d’indépendance du Québec.
 
 2 octobre 1996
Décès de Robert Bourassa (cancer).

 20 novembre 1996
Le gouvernement de Lucien Bouchard adopte un décret réduisant les dépenses consacrées au poste de lieutenant-gouverneur ; il annonce la mise en vente de la résidence qui lui était fournie gratuitement (au 1010, chemin Saint-Louis à Québec). Le gouvernement québécois demande qu’Ottawa nomme la personne que les députés auront élue à l’Assemblée nationale (ce qui donnerait plus de légitimité à une fonction purement symbolique). L’opposition libérale vote contre la motion.
 
 7 décembre 1996
Dépôt du rapport du Comité Montigny « Reconnaissance et Interdépendance » sur l’évolution du fédéralisme canadien (présenté au Parti libéral du Québec).
 
 12 décembre 1996
Jean Chrétien nomme Lise Thibault comme lieutenant-gouverneur; elle devient la première femme et la première personne handicapée à occuper ce poste. Bien qu’il déplore de ne pas avoir été consulté, le gouvernement Bouchard se dit satisfait de cette nomination. [Assermentée le 30 janvier 1997.]
 
1997
Selon ce que stipule la Constitution de 1982, c’est en 1997 (quinze ans après son adoption) que tous les premiers ministres provinciaux, avec le fédéral, auraient dû rouvrir le débat constitutionnel et voter des amendements : le gouvernement fédéral n’entâmera pas de négociation tant qu’un parti souverainiste sera au pouvoir.
 
 21 janvier 1997
Le Québec demande à Ottawa une rencontre afin de modifier l’article 93 de la Constitution (qui garantit des droits confessionnels aux protestants et aux catholiques dans les territoires scolaires de Montréal et de Québec).
 


SourcesCourrierPage suivanteIndexChronologieMultifenêtrage Géo

Dernière mise à jour : 11 octobre 2000, 15h00