Jean Talon

ntendant de la Nouvelle-France (baptisé à Châlons-sur-Marne, France, 8 janvier 1625 — France, 24 novembre 1694).

Comme « intendant de la justice, de la police et des finances du… Canada, de l’Acadie et de Terre-Neuve » (1665-1668 et 1669-1672), Talon a été le serviteur déterminé, énergique et imaginatif du roi et de son ministre, Jean-Baptiste Colbert. Ce premier intendant de la Nouvelle-France allait transformer un petit avant-poste faible dominé par les compagnies et voué au commerce des fourrures et aux missions religieuses en une province royale rentable, populeuse et capable de se défendre elle-même.

Pour diversifier l’économie, Talon évalue les ressources en minerai et en bois de construction, encourage l’agriculture commerciale, les métiers artisanaux, la construction navale et la pêche, établit une brasserie et stimule le commerce avec les Antilles françaises. Près de 2 000 colons et soldats démobilisés se sont installés en Nouvelle-France durant son mandat. Si l’on présumait que la population augmenterait par les mariages avec des Amérindiens éduqués selon la religion et le mode de vie des Français, peu d’autochtones abandonnent en fait leur culture. Pour accroître la population, Talon compte sur l’imposition de punitions aux célibataires et l’attribution de récompenses pour les mariages précoces entre Français et pour les familles nombreuses. Lorsque son rêve de créer un empire colonial se heurte au désir exprimé par Colbert d’avoir une colonie densément peuplée et défendable, Talon encourage docilement la poursuite de la colonisation dans la vallée du Saint-Laurent et fonde trois villages. Il a accepté le poste d’intendant au Canada parce qu’il y voyait une voie d’avancement. En 1671, il demande donc au roi la permission de retourner en France étant donné « mon obéissance à quitter l’Europe pour l’Amérique, exposant ainsi ma vie aux divers périls de la mer et de la maladie… et mon œuvre dans un pays aussi inhospitalier qu’à ses débuts ». En 1672, il retourne en France où il est nommé secrétaire du roi, membre de la maison royale et comte d’Orsainville.

En Nouvelle-France, les industries, l’agriculture commerciale et le commerce avec les Antilles qu’a encouragés Talon sont un échec ; pendant trois ans, il n’y a aucun intendant et la Couronne n’investit plus de grosses sommes dans le développement colonial. On se souvient de Talon comme entrepreneur industriel et comme initiateur des allocations familiales. Son legs le plus durable est toutefois la structure juridique, administrative et centralisée qu’il a mise sur pied.



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Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 11h54