Traquenard de novembre 1981

ené Lévesque tombe dans le traquenard d’un Trudeau plus machiavélique que jamais, en appuyant l’idée d’un référendum pan-canadien. Alors proche collaborateur de René Lévesque, Michel Carpentier, raconte : “ J’ai immédiatement reçu des dizaines d’appels à Québec. Je téléphone à M. Lévesque : ‘ Ici, on a l’impression que vous êtes carrément en train de vous faire avoir par Trudeau. – Vous n’êtes pas ici. C’est une excellente affaire ! ’ répond Lévesque, impatient. Quelques heures plus tard, il appelait pour s’excuser: ‘ Michel, vous aviez raison ’… ”

Trudeau exploita immédiatement son avantage en annonçant qu’Ottawa et Québec s’étaient mis d’accord sur un point, raconte un Jean Chrétien admiratif. Presque aussitôt, la colère a gagné les rangs du PQ. Pendant ce temps, le gang des huit donnait une raclée à René Lévesque. ”

Ce “ gang des huit ” regroupe sept provinces anglophones et le Québec qui s’étaient mis d’accord pour contrer le rapatriement unilatéral imposé par Trudeau. Le Québec y obtenait le droit de retrait avec compensation financière. En échange, il perdait son droit de veto. “ Trudeau était ravi que Québec ait mordu à l’hameçon, parce qu’il divisait ainsi le ‘ gang des huit ’, ce qui faisait évidemment partie de notre stratégie ”, commente Chrétien. René Lévesque venait de perdre une manche cruciale » [Thellier p. 72.]]


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Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 12h09