NDLR À la suite de la plénière, présentée dans le cadre du congrès et
portant sur la confiance (ou plutôt la méfiance) du public envers le
système judiciaire, notre journaliste, François Brodeur, est allé cueillir
quelques commentaires, demandant au passage s'il y avait quelque chose
que l'on pouvait faire.
« Réduire les délais prévus au Code de procédure civile. Si certains avocats
n'utilisaient pas à outrance le Code, les coûts de la justice diminueraient et
celle-ci jouirait d'une meilleure image. » - Me Julie Letellier
« Si les gens n'ont pas accès à la justice, ils ne pourront jamais avoir confiance
en elle. On ne peut demander à un exclu de prêter foi au système qui l'exclut.
Et ce n'est pas en changeant de petites choses à l'intérieur du système qu'on
va régler ce problème d'accès. » - Me Marcus Spivock
« Bien des choses sont à faire. Évidemment, la réforme de la procédure est un
élément important, mais je crois que cette réforme ne suffira pas. Il va falloir
aussi faire en sorte que les gens puissent se présenter devant le tribunal avec
l'assurance que ça ne leur coûtera pas trop cher. Le justiciable est aux prises
avec un blocage ; il se dit qu'il y a une justice seulement pour ceux qui ont
accès à l'aide juridique et ceux qui ont beaucoup d'argent. Enfin, les futurs
avocats devront être préparés pour une nouvelle forme de pratique puisque le
système contradictoire est difficilement applicable à tous les dossiers. » - Me Hubert Reid
« Peut-être en faisant ce que le ministre Ménard suggère aujourd'hui : instaurer
un tarif fixe pour les avocats qui interviendraient dans les dossiers de « petites
créances » dont la valeur serait entre 3 000 $ et 5 000 $. On éviterait ainsi
que le justiciable qui entre dans un bureau d'avocat ait l'impression que sa
cravate s'est prise dans la déchiqueteuse. » - Me Jean-Guy Lacasse
« Il faut modifier l'image des avocats auprès du public. La publicité faite par le
Barreau contribue probablement déjà à ce changement de perception. Il ne
faut pas avoir peur de dire que l'avocat peut fournir sa compétence à un coût
raisonnable. Personnellement, je prends soin d'expliquer mon tarif à mon client
et de le tenir au courant de mes démarches. Il n'y a alors pas de problèmes ;
le client sait à quoi s'en tenir. » - Me Christine Vachon
« Il va falloir changer la vision que les gens ont des avocats. Il y a beaucoup
de choses à racheter pour ça. Le ministre prône une meilleure accessibilité en
suggérant de recourir aux tarifs fixes et aux forfaits. Cela pourrait faire rentrer
les clients dans nos bureaux et les convaincre qu'ils ne sont pas réservés aux
hommes d'affaires. »
« Il faudrait éduquer les gens à se prévaloir des conseils d'un avocat avant
qu'un procès ne les y contraigne. L'avocat n'est pas qu'un spécialiste qu'on
doit appeler lorsque le feu est pris. C'est aussi la personne qu'on doit consulter
pour éviter que le feu prenne. Ce rôle préventif est en plein développement au
sein de la profession mais demeure méconnu au sein de la population. C'était
un peu la place qu'occupait jadis seul le notaire. » - Me Guy Gosselin
« Sûrement. Ce qui est inaccessible pour la majorité des gens, ce sont les
coûts. Je travaille pour un organisme public et il faut avoir un dossier assez
important pour justifier d'avoir recours aux services d'un cabinet privé. Les
honoraires paraissent excessifs et il vaut souvent mieux laisser porter. » - Me Estelle Alain
« Nous devons travailler sur notre image, sur le système, sur la machine de la
justice et peut-être un peu sur les individus impliqués. Le défi est grand parce
que le taux d'insatisfaction l'est aussi. Cette insatisfaction n'est cependant pas
justifiée. Un sondage récent démontre que ceux qui ont eu effectivement
affaire au système de justice lui font beaucoup plus confiance que ceux qui
s'en tiennent loin. » - Me Jean H. Lemieux
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Association canadienne d'enquêteurs d'incendies,
Section Québec.