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Villeneuve en série
CART... une histoire nébuleuse
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2002.08.29
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Jacques Villeneuve en
série CART, c'est vraiment une histoire complexe, sinon
nébuleuse... Jusqu'à présent, on avait seulement entendu les
commentaires de Gerry Forsythe et des représentants de Player's,
tandis que Jacques Villeneuve avait réagi à toute cette affaire
seulement par voie de communiqué de presse, mercredi.
Notre correspondant sur les Grands Prix
de Formule Un, Christian Tortora, a rencontré le principal
intéressé aujourd'hui, pour faire le tour de la question.
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Jacques
durant les essais du vendredi à Spa.
Photo: BAT/LAT Photo. |
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Christian Tortora
: Alors, on fait le point. As-tu reçu une offre de 50 millions $
pour aller une année en Indy et revenir deux ans en Formule 1?
Jacques Villeneuve
: Ça fait six mois que je le dis. J'ai un contrat pour l'année
prochaine et je n'ai jamais reçu de proposition de quoi que ce
soit. On a dit beaucoup de mots. Faîtes une proposition et on verra
ce que ça donne, mais il n'y a jamais eu de propositions. Cet
engouement me fait un peu rire. C'est devenu une si grosse histoire.
Je n'ai aucune idée d'où ça vient.
Christian Tortora
: Ça t'a mis un peu dans l'embarras. Les gens pensaient que tu as
ignoré 50 millions $. C'est beaucoup 50 millions.
Jacques Villeneuve
: C'est énorme. C'est sûr que de recevoir une proposition comme
ça, tu y réfléchis. Il n'y a pas eu de propositions de toute
façon.
Christian Tortora
: S'il y en avait une? Craig nous a dit qu'il regarderait, ce serait
également ton cas?
Jacques Villeneuve
: On ne peut cracher sur une proposition comme ça. Ça n'arrive pas
à tout le monde. Il faut les regarder, mais il n'y en a pas eu de
toute façon. Je n'ai pas le droit de discuter avec d'autres
écuries, il n'y a que BAR, et eux peuvent m'en parler par la suite.
Il n'y a eu aucune proposition de faîtes, je ne me sens pas
coupable de quoi que ce soit. Ça me fait rire qu'il y ait tout cet
énervement.
Christian Tortora
: Oublions l'argent, il n'y aurait pas un danger que tu retournes en
série CART?
Jacques Villeneuve
: Il y a un danger et en plus, j'ai regardé la course de Montréal
et il n'y avait pas plus de dépassements qu'en F1. Il n'y a pas
plus d'intérêt. On dit aussi que la série ne se porte pas très
bien. On dit ça aussi de la F1. On dit que ça coûte trop cher et
qu'il n'y a pas assez de commanditaires. Si les gens en ont vraiment
envie, ils vont faire continuer la série. S'ils s'en foutent un peu
elle va couler.
Christian Tortora
: Partir de la F1 et revenir après une année, tu penses que c'est
réalisable?
Jacques Villeneuve
: Seulement s'il y a un contrat fixe au retour en F1. Partir sans
aucune sécurité de retour en F1, c'est trop risqué.
Christian Tortora
: On dit aussi qu'une raison de ces rumeurs est que David Richards
ne trouve pas la voiture assez bonne pour toi et il t'a même offert
une année sabbatique.
Jacques Villeneuve
: Tous ces bruits sont partis de là. C'est dommage, il n'y avait
aucune raison d'avoir ces bruits. Ça a créé un esprit négatif au
sein de l'écurie. Maintenant il y a un pas en arrière de fait mais
j'espère que ce n'est pas trop tard.
Christian Tortora
: Il n'y a pas que l'argent, tu l'as souvent dit non?
Jacques Villeneuve
: L'argent c'est intéressant. Quand on fait un métier, on veut
être payé le plus possible. C'est normal. Si on ne gagne pas de
courses, on n'aura plus de métier donc plus de salaire. Si on
regarde juste l'argent, on ne regarde pas plus loin que le bout de
son nez. Tout le monde pense que je suis resté ici pour l'argent,
mais ils ne savent pas que j'ai eu la même offre d'une autre
écurie. Je suis resté ici, car je croyais qu'on allait commencer
à gagner. Ça n'a pas été le cas et maintenant il faut vivre
avec.
Christian Tortora
: Je pense que c'est clair pour tout le monde. Tu n'y étais pour
rien et si, des fois, il y a d'autres propositions, tu les
étudieras.
Jacques Villeneuve
: Dès qu'il y a une proposition, il faut la regarder, mais il n'y a
eu aucune proposition. Ce qui me dérange le plus, c'est qu'on a cru
que j'avais refusé, car je voulais plus d'argent. Là, ça devient
vraiment ridicule.
Donc, c'est clair, pas
d'offre de contrat concrète.
Par contre, Craig
Pollock avoue qu'il y a eu une approche de la part de Player's, il y
a quelques mois.
"C'était autour du
Grand-Prix de Montréal où Bob Bexon le CO de Player's m'a demandé
si Jacques serait intéressé à faire une dernière année en CART
pour Player's. J'ai dit qu'il fallait discuter tout de suite avec
B.A.T. et B.A.R. parce qu'il est sous contrat avec eux", de
déclarer Pollock.
Donc, d'après Pollock,
toute discussion sur ce projet devait se dérouler au niveau de
Player's et de sa compagnie mère, avant d'être éventuellement
proposée à Villeneuve.
Cette situation a été
confirmée par le fait que ce soit David Richards, le patron de BAR,
et non Craig Pollock, qui a appelé Player's lundi dernier, pour
signifier que le projet n'allait pas fonctionner.
Dans toute cette
histoire, il ne faut pas oublier que David Richards était en faveur
de ce projet. En était-il aussi l'instigateur ?
Et si David Richards
avait tenté d'obtenir l'aide de British American Tobacco, pour
trouver des clauses de contrat pouvant forcer Villeneuve à accepter
cette offre, tout en dorant la pilule avec un montant que Villeneuve
a lui-même qualifié d'intéressant?
Et si British American
Tobacco avait tenté de transférer le contrat de Villeneuve, de
B.A.R. à Player's ?
Ceci expliquerait à la
fois que le projet était vraiment concret, et que le clan
Villeneuve ait été tenu à l'écart de toute discussion.
Disons qu'il manque
encore plusieurs pièces à ce casse-tête
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