Mise à jour :  6 juin 2016

  Jacques Bergeron  ( Montréal — QUÉBEC )







 
   
     
   
     
 






    
    


Dans l'édition du 7 novembre 1997, numéro 432, « Nouvelles-CSN » publie, en page 3, un article intitulé :

Un pont d'or bleu, mais pour qui ?
( texte extrait du numéro 432 de « Nouvelles-CSN » )
un article de Luc Latraverse


[ ... ] Pourquoi Nouvelles CSN soulève-t-il maintenant la question de l'eau ? Parce que cette question intéresse les membres de la CSN; d'abord comme citoyennes et citoyens, et ensuite comme travailleuses et travailleurs syndiqués. D'une part, malgré les démentis ministériels et le repli apparent du maire de Montréal, Pierre Bourque, la question de l'eau, plus particulièrement de la privatisation et de la commercialisation de son exploitation, continue de cheminer dans les nappes souterraines des officines, des lobbies et des bureaux d'ingénieurs et de firmes multinationales qui convoitent les retombées lucratives que sa raréfaction fait de plus en plus miroiter. D'autre part, parce qu'en annonçant un moratoire sur les grandes réformes qui ont agité ses deux premières années d'exercice du pouvoir, le premier ministre Bouchard, à la veille des élections, compte éviter le débat public sur cette question majeure en tenant un Symposium sur l'eau, en décembre, organisé par l'Institut national de la recherche scientifique (INRS-EAU). La CSN, sur la recommandation du Collectif sur l'environnement, a mis sur pied un comité de l'eau et a décidé de joindre la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau, EAU-SECOURS, puis de réclamer la tenue d'un véritable débat public. [ ... ]

Le site de la Confédération des Syndicats Nationaux ( CSN ) :  http://www.csn.qc.ca/web/csn/menu_accueil

Le site de « EAU-SECOURS » :  http://www.eausecours.org

Dans l'édition de novembre 1997,  « Le Monde Diplomatique »  publie, en page 24, un article intitulé :

Un être humain sur trois manque d'eau potable :  Bataille planétaire pour l' « or bleu »




Dans l'édition du samedi, 27 décembre 1997, du journal québécois « Les Affaires », page 20 :

[ ... ] Sainte-Foy :  Alex Coulombe embouteillera de l'eau pour Pepsi  

Alex Coulombe, de SainteFoy, franchisée de Pepsi et de 7-Up pour une partie de l'est du Québec, a signé un contrat pour puiser, embouteiller et distribuer partout au Québec l'eau Aquafin, marque de commerce de Pepsi.

Cette eau sera puisée dans ce que l'on nomme le secteur Mont-des-Neiges, à Lac-Saint-Charles. ( DF )
[ ... ]





Dans l'édition du vendredi, 13 février 1998, du journal québécois « Le Devoir » :

[ ... ]MEXICO S'AFFAISE :
La ponction d'eau peut mener à des chambardements de l'infrastructure  

Agence France-Presse
Mexico - En un an, la ville de Mexico s'affaisse de 8 à 45 centimètres, rappelle la Commission nationale de l'eau, qui souligne dans un rapport paru hier que durant le siècle qui s'achève, le niveau de la vallée de Mexico a baissé de dix mètres !

L'étude indique que les perspectives ne sont pas réjouissantes. Si « l'on poursuit au rythme actuel l'exploitation [ de la nappe phréatique ], non seulement on altérera la qualité et la quantité de l'eau souterraine, mais l'on créera des problèmes sociaux et économiques » affectant la population.

La ponction incessante d'eau a déjà affecté le sous-sol dans plusieurs zones, ce qui peut mener à des chambardements de l'infrastructure urbaine tels l'aqueduc et les égouts, selon les spécialistes de la commission.

Avant l'arrivée des Espagnols, Mexico fut la capitale de l'empire aztèque, une ville (  Tenochtitlan  ) habilement constituée de canaux quadrillant le lac Texcoco qui, depuis, s'est asséché presque complètement.

Quelque 3780 puits profonds procurent à Mexico et à sa ceinture environ 70% de l'eau que consomme une agglomération où vivent environ 20 millions d'habitants. L'autre 30% provient de réservoirs plus lointains. Il n'est pas rare de croiser dans la sierra des camions-citernes « montant » vers la capitale avec leur précieuse eau potable.

De cette conurbation géante proviennent chaque année 1,4 million de mètres cubes d'eaux résiduelles - elles viennent d'industries ou de résidences. Les usines de traitement ne peuvent se charger que de six mètres cubes à la seconde.

Le cas le plus patent pour illustrer l'affaissement continu de Mexico est celui de la cathédrale, sur la grande place centrale, le Zocalo. Cette église, considérée comme le monument le plus important de l'époque coloniale, a pu bénéficier d'un traitement correctif qui l'a redressée de quelque 94 centimètres - elle devenait peu à peu une émule de la tour de Pise. De 1993 à 1997, en effet, on a empêché l'affaissement du monument en creusant 32 puits de trois mètres de diamètre et de 25 mètres de profondeur pour consolider de nouvelles assises. Mexico n'aura pas comme attraction touristique une cathédrale engloutie ! [ ... ]






Dans l'édition du vendredi, 24 juillet 1998, page A-2, du journal québécois « Le Devoir » :
[ ... ]Lucien Bouchard à la réunion des gouverneurs des États des Grands Lacs

Les immenses réserves d'eau du Québec font des envieux  

PRESSE CANADIENNE
Québec  -  Avant de participer, aujourd'hui, à la réunion des gouverneurs des États des Grands Lacs, le premier ministre Lucien Bouchard a pris le temps de faire circuler la politique du gouvernement québécois touchant la préservation de nos réserves d'eau.

Car il sait très bien qu'il devra en rappeler les grandes lignes à ses hôtes réunis à Chicago pour justement discuter de cette question.

Adhérent à la Charte des Grands Lacs depuis 1985, le Québec a toujours refusé de permettre « les dérivations et les consommations en eau du bassin Grands Lacs-Saint-Laurent en raison des impacts négatifs qu'elles peuvent provoquer à long terme sur la production hydroélectrique, navigation commerciale, le tourisme et les activités récréatives ainsi qu'aux caractéristiques environnementales et fauniques des écosystèmes du fleuve Saint-Laurent » .

Cela n'a jamais empêché, cependant, les gouverneurs américains de sans cesse revenir à la charge. À la réunion d'aujourd'hui, on mentionnera sans doute que le conseil examine toujours des propositions visant à établir « une nouvelle procédure de décision et des directives concernant l'information nécessaire lors de demandes de prélèvement et de dérivation » .

L'unanimité des gouverneurs des États de l'Illinois, de l'Indiana, du Michigan, du Minnesota, de New York, de l'Ohio, de la Pennsylvanie et du Wisconsin peut bien tre requise pour qu'un projet de dérivation se concrétise, mais l'éventualité d'une telle entente n'a jamais été définitivement écartée. S'il ne fait pas partie intégrante du processus décisionnel, le Québec a quand même le droit de faire connaître son opinion et de tenter d'influencer les gouverneurs.

Aujourd'hui, au déjeuner officiel, l'orateur invité est l'ancien sénateur démocrate Paul Simon. Le sujet de son allocution, qui deviendra un ouvrage de référence plus complet sous peu, est « La crise mondiale de l'approvisionnement en eau et ce que nous pouvons faire pour l'éviter » .

Les porte-parole de la réunion ont rapidement tenté de rassurer tout le monde en indiquant que cette question de l'approvisionnement ou du commerce de l'eau n'était pas vraiment inscrite à l'ordre du jour. Rien n'empêche que M. Simon risque d'être très écouté et interrogé, d'autant plus qu'on vient tout juste d'annoncer que cette conférence sur le commerce de l'eau, qui devait se tenir en présence des représentants des médias, sera finalement prononcée en leur absence. [ ... ]






Dans l'édition du samedi-dimanche, 13 décembre 1998,
page A-2, du journal québécois « Le Devoir » :

[ ... ]Moratoire réclamé sur les exportations d'eau  

Pendant que les groupes environnementaux québécois se préparent pour l'enquête générique du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) dans le dossier de l'eau, une bataille encore plus rude oppose au Canada anglais promoteurs et gouvernements en raison du chapitre 11 de l'ALENA et, depuis peu, les groupes au gouvernement fédéral.
LOUIS-GILLES FRANCŒUR,

LE DEVOIR

    Au-delà des différences culturelles et des points de vue constitutionnels, une convergence importante se dessine entre les positions des groupes environnementaux et sociaux québécois et ceux du reste du Canada, qui demandent avec une rare unanimité aux gouvernements, fédéral et provinciaux, de décréter un oratoire immédiat sur l'exportation d'eau douce en vrac vers les États-Unis.

    Et cela, ne serait-ce, plaident-ils, que pour placer les gouvernements à l'abri des spéculateurs susceptibles de leur refiler des factures de plusieurs centaines de millions de dollars, comme cela vient d'arriver au gouvernement de la Colombie-Britannique.

    Cette semaine, une première coalition canadienne dans le domaine de l'eau, formée du Conseil des Canadiens, de la Canadian Environmental Law Association (CELA) et du Syndicat canadien de la fonction publique fédérale, réclamait du gouvernement fédéral un moratoire législatif immédiat sur les exportations d'eau en vrac. Comme Eau-Secours la grande coalition québécoise, le demande à Québec depuis des mois. Et maintenant, aussi, au gouvernement fédéral.

    Une compagnie américaine, la Sun Belt Water Inc., de Santa Barbara, en Californie, poursuit le gouvernement de la Colombie-Britannique pour plus de 450 millions en dédommagement pour le refus de lui accorder le permis d'exportation d'eau en vrac qu'elle avait demandé à la fin des années 80.

    Sun Belt allègue que la loi adoptée en 1991 par cette province pour imposer un moratoire sur les exportations d'eau douce en vrac contrevient aux principes de l'ALENA. Elle a donc déposé cette semaine un avis officiel en vertu du chapitre 11 de l'ALENA pour discrimination envers une société étrangère. Sa réclamation totale pourrait dépasser les 500 millions.

    En 1988-89, la Californie connaissait pour la sixième année consécutive la pire sécheresse de son histoire. Plusieurs villes ne savaient plus où s'approvisionner en eau potable. Elles se sont tournés vers les navires-citernes qui leur promettaient les « fresh waters » de la province canadienne.

    Sun Belt accuse Victoria d'avoir notamment conclu un pacte secret avec une société canadienne, la Western Canada Water (WCW), dont les actions ont grimpé en flèche en raison de l'appui du gouvernement provincial avant de s'effondrer en entraînant dans sa chute des milliers de petits épargnants américains.

    En 1990, Sun Belt et une autre compagnie canadienne, Snowcap Waters, s'alliaient pour obtenir, comme WCW, un permis d'exportation. Santa Barbara, qui avait misé sur WCW, n'était plus dans la course. Mais les deux nouveaux partenaires décrochaient l'approvisionnement par navire-citerne du district de Goletta, en Californie.

    L'imposition d'un moratoire législatif sur l'exportation en vrac par la Colombie-Britannique en mars 1991 allait paralyser cet autre projet. Victoria a accepté de verser une compensation de plusieurs millions à Snow Cap mais a refusé de verser un sou à Sun Belt qui évoque la discrimination devant le tribunal de l'ALENA.

Génuflexion d'Ottawa
    Pour plusieurs grands groupes canadiens, cette affaire ressemble fort à la génuflexion du gouvernement fédéral devant Ethyl Corp., dédommagée par Ottawa qui a voulu interdire par une loi l'usage dans l'essence automobile d'un antidétonant, le MMT. S'appuyant sur le chapitre 11 de l'ALENA sur la liberté de commerce, Ethyl Corp. a obtenu plus de 30 millions en dédommagement... pour un projet de loi jamais mis en vigueur!

    Pressé par la nouvelle coalition canadienne d'imposer un moratoire sur les exportations d'eau en vrac et de présenter aux Communes, comme promis au printemps, un projet de loi interdisant ce commerce, Ottawa a commencé à reculer cette semaine tout en donnant l'impression de maintenir ses positions. Mais point de projet de loi, promis par la ministre canadienne de l'Environnement Christine Stewart.

    Celle-ci laissait entendre aux Communes qu'elle allait demander à la Commission mixte internationale (CMI) « d'étudier»  la question des exportations en vrac, par bateau, camion ou train-citerne ou par pipeline, voire par détournement de cours d'eau.

    « Le problème n'est pas facile mais nous nous y attaquons », déclarait-elle aux Communes en ajoutant, nouveau pas en arrière, que son gouvernement était opposé à l'exportation « libre » d'eau en vrac, ce qui laisse entendre qu'il serait acceptable de le faire de façon contrôlée. Elle confirmait aussitôt le repli fédéral en précisant qu'Ottawa consultait d'ailleurs les provinces « dans le but de trouver des moyens de limiter et d'interdire l'exportation d'eau douce en grosses quantités », ce qui dédouanerait les petites... dont le volume n'a pas été précisé!

    Aux Communes, le député néo-démocrate Nelson Riis, de Kamloops en Colombie-Britannique, traduisait l'indignation d'une partie importante de la population et des groupes environnementaux en déclarant: « Je croyais que le Canada était un État souverain et que nous n'avions pas besoin de demander la permission aux États-Unis avant de légiférer. »

    Sara Miller, de la Canadian Environmental Law Association, rappelle que l'Ontario a accordé l'été dernier un permis d'exportation en vrac au Nova Group, un permis retiré après d'âpres pourparlers. À Terre-Neuve, le McCurdy Group, une société canadienne, a déposé une demande formelle pour exporter en Asie de l'eau en vrac qu'elle puiserait dans le lac Gisbourne. Le projet en est à l'analyse des impacts environnementaux.

    Pour Louise Vandelac, la porte-parole d'Eau-Secours, la grande coalition québécoise du domaine de l'eau, Québec « et » Ottawa doivent chacun dans leur sphère de compétence utiliser tous les recours législatifs disponibles pour imposer rapidement un moratoire sur les exportations d'eau en vrac. Ottawa, en vertu de ses pouvoirs constitutionnels sur le commerce international. Et Québec, en tant que propriétaire et gestionnaire de la ressource.

    Par la loi 450, Québec a institué cette année un moratoire sur l'émission des permis de captage d'eaux souterraines. « C'est ce moratoire qu'il faut prolonger au delà du 30 décembre qui vient car rien n'a changé qui justifie son arrêt. Et il faut aussi l'étendre aux exportations d'eau douce en vrac et aux projets d'exploitation des forces hydrauliques si on ne veut pas vider de son sens le débat public que Québec vient de confier au BAPE », ajoute Louise Vandelac.

    Pour Eau-Secours, Québec devrait regarder de près ce qui arrive à la Colombie-Britannique. Faute de moratoire, dit-elle, des promoteurs pourraient arnaquer la province en déposant des permis d'exportation pour se les faire refuser et réclamer des dizaines de millions. [ ... ]





Lundi, le 8 février 1999.
Genève (AFP)


[ ... ]Pénurie d'eau à l'horizon  

    Une grave pénurie d'eau menace une grande partie du monde à l'horizon 2025, allant du Moyen-Orient à la côte ouest des États-Unis, selon une conférence des Nations unies ouverte hier à Genève. L'UNESCO et l'Organisation météorologique mondiale (OMM), qui tiennent jusqu'à vendredi leur cinquième conférence sur les moyens de lutter contre la raréfaction de l'eau dans le monde, craignent que la situation ne devienne très grave dans les 25 prochaines années si rien n'est fait. Selon les projections des Nations unies, 34 pays risquent de manquer d'eau d'ici 2025 contre 29 souffrant aujourd'hui d'une pénurie de modérée à grave. Le nombre de personnes vivant dans des pays où les ressources en eau sont peu abondantes devraient augmenter de 132 millions en 1990, à 653 millions en cas de croissance démographique basse et jusqu'à 904 millions en cas de forte croissance démographique. D'ici 2050, la population de pays aux ressources en eau peu abondantes devrait atteindre entre 1,06 et 2,43 milliards d'êtres humains, soit 13 à 20 % de la population mondiale selon les mêmes projections. [ ... ]






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Là où il est question d'EAUrigine
(  Un jour, je cherchais les mots
« Bérose ou Berose » et « Oannès ou Oannes ».
Ne les ayant trouvés, j'ai décidé de les y encrypter
sur le Web. — 5 février 1999 )