CINQUIÈME GÉNÉRATION
*
Nous avons terminé le dernier chapître en notant que quatre des fils de Paul
Richer et de Marie Carrière allèrent s'établir en pays de colonisation.
Deux d'entre eux, André et Félix s'installent d'abord vers 1830 sur des terres
en partie défrichées à Côteau-du-Lac, à l'ouest de Montréal. Puis, quelques
vingt ans plus tard, André se joint à d'autres habitants de la péninsule
Vaudreuil-Soulanges pour aller ouvrir de nouvelles terres dans le canton
d'Hawkesbury-Est, de l'autre côté de la frontière Québec-Ontario. À l'époque,
ce coin de nouveau pays faisait partie de Saint-Eugène, aujourd'hui
Sainte-Anne-de-Prescott.
Quant à Félix, il s'établit bientôt sur une nouvelle terre, pas tellement loin, à
Sainte-Marthe, près de Rigaud.
Un troisième frère, Eustache rejoint André du côté ontarien. Quant à leur
quatrième frère Olivier, il demeure du côté des Basses-Laurentides, préférant
s'installer dans la nouvelle paroisse de Saint-Augustin.
Nous suivrons de plus près André, notre ancêtre, et son épouse Anastasie
Boileau.
*
ANDRÉ RICHER DIT LOUVETEAU ET ANASTASIE BOILEAU
1800-1865 1812- c.1870
*
ANDRÉ,
- né le 30 octobre 1800 à Saint-Benoît (Mirabel), décédé le 14 décembre 1865
et inhumé à Saint-Eugène (Ontario);
fils de Paul et de Marie Jammes dit Carrière;
marié le 11 octobre 1830 à Saint-Benoît avec :
ANASTASIE BOILEAU,
- née le 30 mai 1812 à Sainte-Geneviève-de-Pierrefonds, décédée entre 1868 et
1875;
fille de Jacques et Charlotte Joly.
*
LES ENFANTS
André, né le 28 mars 1831 à Côteau-du-Lac, décédé le 27 juin suivant et
inhumé aux Cèdres.
Marcelline, née en 1832 à Côteau-du-Lac, mariée le 24 février 1857 à
Côteau-du-Lac avec Joachim Cuillerier, veuf de Domithilde Séguin, décédée le
14 avril 1890 à Vankleek Hill, Ontario. Ils eurent au moins quatre filles :
Domithilde, mariée à Joseph Cadieux, le 14 janvier 1878 à Fournier (Ontario);
Georgianna, mariée à Jean-Baptiste Masse, le 12 septembre 1892 à
Côteau-du-Lac; Rosina, mariée à William Lalonde, le 3 septembre 1894 à
Vankleek Hill et Cécilia mariée à Ludger Duhamel, le 24 septembre 1895 à
Vankleek Hill également.
3- Joseph, né le 9 octobre 1833 à Côteau-du-Lac. En 1851, il vit toujours avec
ses parents.
4- Anastasie, née le 1er septembre 1835 à Côteau-du-Lac, décédée le 17 août
1836 et inhumée à Côteau-du-Lac.
5- Catherine, née le 29 mai 1837 à Côteau-du-Lac, mariée le 29 juin 1857 à
Saint-Eugène avec Hyacinthe Denis dit Verronneau. Ils eurent au moins deux
fils et une fille : Joseph, né le 24 décembre 1858 et baptisé le premier janvier
suivant à Alexandria (Ontario); Hyacinthe, marié à Alina Campeau, le 23
janvier 1888 à Lancaster (Ontario) et Exima, mariée à Michel Dulin (Duplin)
le 5 février 1883 à St-Philippe d'Argenteuil. Ce dernier participa à la ruée
vers l'or au Klondike, en 1898. Par la suite, ils habitèrent la région d'Ausable
Chasm, New York.
6- Angèle, née le 22 novembre 1838 à Côteau-du-Lac, mariée le 7 janvier 1862
à Saint-Eugène avec Evariste Dufresne, décédée le 9 mai 1893 à Ottawa. Ils
eurent au moins une fille Vitaline, célibataire.
7- Onésime, né en 1841 à Côteau-du-Lac, marié le 7 janvier 1868 à
Saint-Eugène avec Christine Duplantie, décédé le 27 mars 1913 et inhumé à
Côteau-Station (Soulanges).
8- André, né le 5 mai 1843 à Côteau-du-Lac, témoin au mariage de son frère
Éphrem en 1875, marié le 16 novembre 1874 à St-Philippe d'Argenteuil avec
Olivine Ouellette. Ils s'établirent en Illinois vers 1880. André décédé le 6
février 1925 à Hayward (Californie) et son épouse en 1929 en Illinois.
9- Éphrem, né le 12 juin 1845 à Côteau-du-Lac, marié le 27 décembre 1875 à
Montebello avec Lisa (Élisabeth) Proulx alors qu'il est cultivateur à
Saint-Philippe d'Argenteuil. Ils eurent au moins six enfants dont quatre
décédés en bas âge puis un fils, Ovide, né le 14 avril 1886 à Grenville et décédé
célibataire le 6 octobre 1909 à Ottawa de la maladie de Bright; une fille, Olida,
née le 10 avril 1884 à Grenville, mariée en premières noces le 23 février 1903 à
Huberdeau avec Alfred Papineau, puis en secondes noces le 8 novembre 1923
à Monréal avec Jean-Baptiste Blondin. Olida est décédée le 15 décembre 1963
à Saint-Jérôme et inhumée à Sainte-Adèle. Selon la tradition familiale,
d'autres garçons dont Joseph ou Joséphat, seraient nés du mariage
Richer-Proulx et auraient émigrés aux États-Unis. Olida eut deux filles de son
premier mariage, décédées en bas âge et un fils de son deuxième mariage.
10-Avélina, née le 5 août 1847 à Côteau-du-Lac, décédée le 30 septembre 1849
et inhumée à Côteau-du-Lac.
11- Jean, né le 7 juin 1849 à Côteau-du-Lac, décédé le 16 juin 1849 et inhumé
à Côteau-du-Lac.
*
COMMENTAIRES
En 1819, André apprend le métier de forgeron auprès de Joseph Laviolette,
maître forgeron à Saint-Eustache. Il est âgé de 19 ans. Étant mineur, le
contrat d'engagement est signé par son père Paul, cultivateur de Saint-Benoît.
Avant d'en analyser le contenu, il serait intéressant de regarder la situation
des métiers à l'époque, en particulier celui de forgeron.
Avant l'apparition des syndicats, vers la fin du X1Xe siècle, les ouvriers étaient
regroupées en corps de métier. Chaque groupe comprenait trois catégories :
apprenti, compagnon et maître. L'apprentissage d'un métier se faisait auprès
d'un maître et la durée était d'environ un an et demi.
Par la suite, l'apprenti pouvait devenir compagnon en travaillant toujours
avec un maître, pour une période d'environ deux ans. Il était en quelque sorte
son adjoint. Lorsque le compagnon jouissait d'une certaine renommée, due à
la qualité de son travail, il pouvait partir à son compte et ouvrir sa propre
boutique.
Jusqu'au siècle dernier, la plupart des produits de consommation était
fabriqué manuellement. Que l'on pense seulement au domaine du
vêtement. Chaque maison avait son rouet à filer, son métier à tisser.
Dans d'autres domaines, la production était assurée par des artisans groupés
en corps de métier. Par exemple, dans le secteur du fer, on comptait
notamment des fondeurs, des mouleurs, des armuriers, des cloutiers, des
charrons, des serruriers, des chaudronniers et des couteliers.
L'art et les techniques de chaque métier étaient conservés jalousement par les
maîtres. Ceux-ci transmettaient leur savoir à un apprenti, bien souvent un de
leurs fils. Cependant, il arrivait que l'apprenti fut le fils d'un voisin ou d'une
connaissance qui montrait des aptitudes pour apprendre le métier en question.
C'est probablement le cas d'André, lorsque son père le met en apprentissage
chez le forgeron Laviolette, en 1819.
Parmi les différents métiers, celui de forgeron était un des plus honorables et
des plus respectés. D'abord, le forgeron jouit d'une force peu ordinaire. En
plus, il est très habile et fait preuve de dextérité dans le maniement d'un métal
peu malléable. Son travail frappait beaucoup l'imagination des gens.
Bien souvent, on croyait le forgeron posséder d'un pouvoir magique, même
diabolique, à cause de son association constante avec le feu de la forge. De
tout temps, le feu a été associé à la magie, à la sorcellerie, au diable.
D'ailleurs, plusieurs croyaient à un pacte entre le forgeron et le démon.
À partir des années 1800, le forgeron affirme sa supériorité vis-à-vis les autres
artisans du fer. À sa tâche traditionnelle de maréchal-ferrant, il ajoute celles
de charron, cloutier, serrurier, taillandier, et chaudronnier.
Aussi, un bon forgeron connaît bien les maladies des chevaux. Il est donc
vétérinaire. À l'aide de remèdes fabriqués à partir d'herbes et de formules
magiques, il guérit les animaux malades.
Enfin, le forgeron est météorologue. Dépendant de la couleur du feu de sa
forge, il peut prévoir la pluie ou le beau temps, parfois plutôt au gré de ses
humeurs
La boutique de forge, l'église, le magasin général et les maisons du médecin et
du notaire, forment le noyau du village traditionnel.
On se rencontre chez le forgeron pour prendre les dernières nouvelles, pour
discuter de politique, pour parler des récoltes, pour raconter des histoires et
pour jouer aux dames, tout en fumant une bonne pipe.
Les métiers artisanaux disparurent graduellement à partir du siècle dernier.
L'industrialisation en est la cause principale. La production mécanisée, soit la
machine, remplace la production artisanale, soit les mains et les bras des
artisans.
Le cordonnier, qui produit quotidiennement deux paires de chaussures en
1780, en confectionne 300, un siècle plus tard, grâce à l'intervention de la
machinerie. La production en série est née. L'artisan de l'ancienne boutique
devient l'ouvrier de la nouvelle usine.
Le forgeron fut probablement l'artisan qui résista le plus longtemps à la
révolution industrielle. Ce n'est que dans le deuxième quart XXe siècle que la
boutique de forge disparaît du paysage villageois.
La substitution du cheval par l'automobile et le tracteur sonna le glas du
forgeron. Celui-ci prit sa retraite ou transforma sa boutique de forge en
garage.
Si nous revenons au contrat d'apprentissage d'André, on retrouve les
conditions qui liaient maître et apprenti.
Laviolette s'engage à lui enseigner son métier de forgeron, à le nourrir, le
loger, le blanchir et lui fournir le savon pour se laver et le fil pour
raccommoder ses vêtements. Il doit le traiter avec douceur, de façon humaine
et lui verser un salaire symbolique.
En retour, André doit obéir au maître forgeron et contribuer à son profit par
son travail. Il doit également aider aux foins, à l'entretien de la boutique et
bûcher le bois de chauffage. Il ne peut s'absenter sans autorisation, ni
travailler ailleurs pendant la durée du contrat, soit jusqu'à sa majorité.
Si André devait s'enfuir, son père Paul s'oblige à le ramener auprès de
Laviolette et dédommager ce dernier pour les jours de travail perdus. En cas
de maladie, André devra rentrer à la maison paternelle ou payer pension au
maître forgeron.
André a-t-il pratiqué le métier de forgeron ou a-t-il même terminé son
apprentissage? Aucun indice permet d'affirmer qu'il a exercé ce métier par la
suite. Dans les documents consultés, il n'est jamais indiqué autre chose que
cultivateur comme occupation, sauf une fois, lorsqu'il est dit qu'André exerce
le métier de tanneur.
De toute façon, André aura la possibilité de mettre ses connaissances de
forgeron à l'épreuve, entre autres, lorsqu'il travaillera au Grand Chantier,
dans le canton d'Hawkesbury-Est. Nous y reviendrons plus tard.
En 1830, année de son mariage avec Anastasie Boileau, André est établi à
Côteau-du-Lac, plus précisément dans le rang Saint-Emmanuel. Il partage,
avec son frère Félix, une terre d'environ 60 arpents située à l'angle sud-ouest
de la montée Chénier.
La partie appartenant à André mesure un arpent et demi de front, moins la
largeur de la montée, sur environ 21 arpents de profondeur. Elle est bornée en
façade par le rang Saint-Emmanuel, en profondeur par les terres de la
Rivière-Rouge, du côté nord par la montée Chénier et du côté sud, en 1857,
par la terre de Joseph Sauvé.
Avant d'aller plus loin, nous allons regarder les origines et le développement
des seigneuries de Soulanges et de la Nouvelle-Longueuil. On ne saurait parler
d'une sans mentionner l'autre.
Le passé de ces deux seigneuries est intimement lié à cause de leur situation
géographique contiguë et aussi parce qu'elles ont toutes deux appartenu aux
mêmes propriétaires; les seigneurs Lemoyne de Longueuil, puis les Saveuse de
Beaujeu.
La seigneurie de Soulanges avait été concédée par le roi de France, le 12
octobre 1702, à Pierre-Jacques de Joybert, capitaine d'une compagnie de
soldats en Nouvelle-France. Vers 1730, la seigneurie passe aux mains de la
famille Lemoyne de Longueuil puis, en 1806, aux Saveuse de Beaujeu.
La seigneurie de Soulanges allait de la Pointe-des-Cascades jusqu'à l'extrémité
ouest de Côteau-du-Lac. De nos jours, elle engloberait le territoire des
municipalités de Saint-Joseph-de-Soulanges, de Pointe-des-Cascades, de
Côteau-du-Lac et de Saint-Clet.
Les premiers colons s'établissent vers 1719 le long du fleuve Saint-Laurent, à
partir des Cascades en allant vers l'ouest. La première chapelle de la
seigneurie, indice d'une occupation plus stable, est érigée vers 1728 dans la
région des Cascades. Elle est desservi par le curé de
Sainte-Anne-du-Bout-de-l'Ile (Sainte-Anne-de-Bellevue).
Ce n'est qu'en 1752 qu'est fondée la première paroisse de la seigneurie,
Saint-Joseph-de-Soulanges (Les Cèdres). Au siècle suivant, l'érection de
nouvelles paroisses vient confirmer la progression de la colonisation.
En 1833, Saint-Ignace-de-Côteau-du-Lac est détachée de la paroisse mère de
Saint-Joseph-de-Soulanges. Puis, en 1851, Saint-Clet, située à l'intérieur des
terres, est formée à même le territoire de la paroisse de Côteau..
La décision d'ériger de nouvelles paroisses relevait de l'évêque. Ce dernier
donne son autorisation seulement après avoir reçu une pétition des habitants
intéressés. Ceux-ci invoquent habituellement l'éloignement de l'église pour
demander la création d'une nouvelle cellule paroissiale.
L'évêque agit quand même avec prudence envoyant un enquêteur sur place. Il
doit s'assurer que les habitants peuvent supporter la construction d'une église,
d'un presbytère et l'entretien d'un curé.
Lors de la construction de la première église de Saint-Polycarpe, le curé écrit à
son évêque qu'il devra payer lui-même la bâtiment, seulement le quart des
paroissiens ayant payé leurs dîmes.
L'emplacement de l'église était souvent la source de chicanes, du moins de
mécontentement. Les habitants de Pont-Château (Côteau-du-Lac) font de
nombreuses démarches auprès de l'évêque afin que le futur temple de
Saint-Ignace soit construit chez eux et non près du fleuve.
Leurs doléances se poursuivront pendant plusieurs années après l'érection de
cette dernière paroisse, ce qui amènera, quelques années plus tard, la création
de la paroisse de Saint-Clet. L'esprit de clocher était fort à l'époque.
Passons maintenant à la seigneurie de la Nouvelle-Longueuil. Celle-ci fut
octroyée à Joseph Lemoyne, chevalier de Longueuil, en 1734. Ce dernier, on se
rappelle, était déjà propriétaire de la seigneurie de Soulanges. En 1806, les
deux fiefs passent à la famille Saveuse de Beaujeu qui les gardent jusqu'à
l'abolition du régime seigneurial en 1854.
Le territoire de la Nouvelle-Longueuil, situé sur la rive nord du lac
Saint-François, partait de la limite ouest de la seigneurie de Soulanges, à
l'entrée est actuelle des Côteaux (Côteau-Landing), pour aller jusqu'à
l'extrémité ouest de la pointe à Beaudet (Rivière-Beaudette).
Cette seigneurie correspond de nos jours aux territoires des municipalités des
Côteaux, Saint-Polycarpe, Saint-Zotique, Saint-Télesphore et
Rivière-Beaudette.
Les débuts de l'occupation de la Nouvelle-Longueuil remontent au dernier
quart du XVIIIe siècle. En 1781, la seigneurie compte 24 maisons.
Les premiers colons se sont établis, d'une part dans la partie sud-est,
aujourd'hui Les Côteaux, et le long de la rivière Delisle - du nom du premier
arpenteur des terres - et, d'autre part dans la partie nord-ouest de la
seigneurie.
Les origines de ces deux mouvements migratoires sont différentes. La partie
sud-est accueille les fils des habitants établis dans la seigneurie voisine de
Soulanges, celle-ci n'ayant plus de terres disponibles. Cette population était
essentiellement francophone.
Les colons du coin nord-ouest de la seigneurie viennent du Haut-Canada,
aujourd'hui l'Ontario. Il s'agit d'immigrants écossais dont le noyau principal
est dans la région de Glengarry. Ils sont à l'origine de la colonisation des côtes
Saint-Georges et Saint-André, aujourd'hui partie de Saint-Télesphore.
Ces Écossais étaient en grande partie de religion presbytérienne. Longtemps
tournés vers le Haut-Canada, ils firent quelques vaines tentatives en vue
d'annexer leur territoire à cette dernière province, devenue l'Ontario en 1867.
Plusieurs de ces fils d'Écossais devinrent éventuellement catholiques puis
francophones à la suite de mariages avec des filles d'habitants des rangs
voisins.
Le défrichement des terres de la Nouvelle-Longueuil s'accentua à partir de
1804. Suite à une demande accrue de bois de l'Angleterre, pour la
construction de navires, on intensifie le déboisement du Haut-Saint-Laurent et
de la vallée de l'Outaouais. La Nouvelle-Longueuil se transforme donc en un
immense chantier envahi par des bûcherons.
Le bois équarri, puis scié, est acheminée vers le port de Québec par le fleuve
Saint-Laurent. Il y a deux points de départ, un à la pointe à Beaudet où il y a
un moulin à scie et l'autre au quai Biron, le quai actuel de Saint-Zotique.
Quelques moulins sont également établis le long de la rivière Delisle, dont celui
appartenant à Antoine Lantier.
Les de Beaujeu, propriétaires de la seigneurie, retardent la concession de
nouvelles terres aux habitants. Ils veulent garder les lots à bois afin de les faire
déboiser et en vendre le bois par la suite. Cette dernière situation rendra le
seigneur impopulaire et contribuera au mécontentement de la population
vis-à-vis le système seigneurial.
Encore une fois, l'érection des paroisses vient confirmer la progression du
peuplement. Dès 1811, une pétition, comprenant les noms de 114 habitants,
demande à l'évêque l'érection d'une paroisse à la « Rivière-à-Delisle »
(Saint-Polycarpe) en vue de desservir les citoyens de la seigneurie de la
Nouvelle-Longueuil.
Jusqu'à maintenant, ces citoyens relèvent de la paroisse
Saint-Joseph-de-Soulanges. Une chapelle accueille depuis quelques années un
missionnaire qui vient occasionnellement administrer les sacrements.
En 1817, un presbytère servant également d'église est construit. Deux ans plus
tard, l'ouverture des registres de l'état civil - baptêmes, mariages et sépultures
- marque le début officiel de la première paroisse de la seigneurie de la
Nouvelle-Longueuil : Saint-Polycarpe est née.
Il faudra attendre quelques années avant l'ouverture de nouvelles paroisses.
La cause n'est pas un manque de population mais plutôt son caractère
instable. Celle-ci ne semble pas trop empresser à souhaiter la présence
régulière d'un curé.
Durant la première moitié du XIXe siècle, la plupart des hommes de la
Nouvelle-Longueuil travaillent comme voyageurs dans l'Ouest pour la traite
des fourrures ou comme bûcherons dans l'Outaouais. Ces durs métiers
exigeaient des qualités qui ne coïncidaient pas toujours avec les vertus
religieuses du temps.
Aussi, ce n'est qu'en 1853 et en 1876 que les paroisses de Saint-Zotique et de
Saint-Télesphore sont détachées de Saint-Polycarpe.
Ceci dit, il est temps de revenir à André Richer que nous avons quitté sur sa
terre du rang Saint-Emmanuel, à Côteau-du-Lac.
En 1831, il a quatre arpents de terre en culture et déclare avoir récolté quinze
minots de pommes de terre l'année précédente. Il possède deux bêtes à cornes,
un cheval et un cochon. En plus d'être cultivateur, André dit exercer le métier
de tanneur.
Vingt ans plus tard, en 1851, la famille Richer est composée du père, André,
de la mère, Anastasie et de sept enfants âgés de 7 à 19 ans. Ils habitent
toujours au même endroit, dans le rang Saint-Emmanuel, dans une maison en
bois à un étage, construite en pièce sur pièce.
Le 23 février 1857, André et son épouse vendent leur terre de Côteau-du-Lac
à Hyacinthe Charlebois. Ils demeuraient déjà dans la paroisse de
Saint-Eugène, située dans le canton d'Hawkesbury-Est, à quelques milles de
Rigaud.
Lorsqu'ils passent le contrat de vente avec Charlebois, ils sont à Côteau pour
assister au mariage de leur fille aînée Marcelline. Celle-ci épouse Joachim
Cuillerier, cultivateur de l'endroit.
En 1985, l'ancienne terre d'André faisait partie d'une plus grande exploitation
agricole appartenant à Michel Delattre. Les bâtiments construits par André
sont disparus depuis longtemps.
André et son épouse Anastasie avaient habité cette terre de Côteau-du-Lac
depuis leur mariage en 1830. Entre 1831 et 1849, ils y avaient eu onze enfants,
dont sept vécurent jusqu'à l'âge adulte.
Attiré par de meilleures perspectives économiques, André et sa famille,
certains de ses enfants sont en âge de travailler, se joignent à plusieurs
habitants pour aller tenter leur chance dans l'Est ontarien.
André et son frère Félix avaient été obligés de quitter leur paroisse natale de
Saint-Benoît, faute de terres disponibles. Ils avaient dû se contenter de
partager une terre à Côteau.
Il faut ajouter que dans la première moitié du XIXe siècle, on a assisté à une
subdivision à outrance de la superficie des terres cultivables. Tout l'espace
fertile situé dans la vallée du Saint-Laurent était déjà occupé. Le
mécontentement de la population, créé en partie par la rareté de bonnes
terres, avait été une des causes des troubles de 1837 et 1838.
La vallée du Saint-Laurent ne pouvant plus nourrir ses enfants, ceux-ci sont
obligés d'aller gagner leur vie ailleurs. La plupart va s'établir aux États-Unis,
dans les états de la Nouvelle- Angleterre, alors que d'autres, comme André,
lorgnent du côté de l'Ontario.
L'Est ontarien qui s'étend depuis la frontière du Québec jusqu'à Ottawa, le
long de la rivière des Outaouais, accueille, dès les années 1840 et 1850, le trop
plein de population du Bas-Canada, entre autres, de la région
Vaudreuil-Soulanges.
Ce territoire, qui faisait partie du Haut-Canada, avait échappé en grande
partie à l'établissement des Loyalistes établis plus au sud, sur les plus belles
terres, le long du Saint-Laurent.
Les Loyalistes étaient ces colons anglais établis dans les colonies américaines,
dont le New York, qui voulurent demeurer fidèles à la Couronne britannique,
suite à l'indépendance des États-Unis en 1783. Leur arrivée massive dans le
Haut-Saint-Laurent est à l'origine de la création du Haut-Canada en 1791.
L'Est ontarien devait donc accueillir plusieurs fils d'habitants du Bas-Canada
en quête de nouvelles terres. Par exemple, plusieurs familles pionnières de
Saint-Eugène, la première paroisse de cette région, fondée en 1854, venaient
de Saint-Benoît. La propagande pour de nouvelles terres disponibles se faisait
beaucoup de bouche à oreille au sein des mêmes familles, des mêmes villages.
Vers 1850, la région actuelle de Sainte-Anne-de-Prescott, détachée de la
paroisse-mère de Saint-Eugène en 1885, était connue sous le nom de Grand
Chantier. En effet, toute cette région était en train d'être déboisé par les
nouveaux colons.
Le 31 mars 1857, un mois après la vente de leur propriété de Côteau-du-Lac,
André et son épouse se portent acquéreur d'une terre en bois debout dans la
paroisse Saint-Eugène. Cette terre, d'une superficie de 66 acres, forme la
partie sud-ouest du lot dix, de la concession sept du canton d'Hawkesbury-Est.
Les Richer ont deux ans pour payer leur terre à Alexander McDonald, ce
qu'ils ne font pas. Aussi, dès 1861, la totalité du lot dix est vendue à un
dénommé Hilaire Binette.
Quelques années plus tard, on retrouvera sur ce lot une concentration de
commerces dont un hôtel, un magasin général, une boutique de cordonnier et
une forge. Cette agglomération était connue du nom de Beaver Creek. Une
plaque soulignant l'existence de ce petit village disparu a été apposée par les
citoyens de Sainte-Anne-de-Prescott en 1985.
André est quand même demeuré jusqu'à son décès, en 1865, sur le lot qu'il
avait acheté huit ans plus tôt. Située à environ un kilomètre à l'ouest du
village actuel de Sainte-Anne-de-Prescott, cette terre, du moins en partie,
appartenait toujours, il y a quelques années, à une descendante de la famille
Binette.
En 1861, André demeurait avec sa femme Anastasie, sa fille Angèle et ses fils
Onésime, André et Éphrem dans une maison à un étage construite en pièce sur
pièce. André et ses fils ont travaillé pour ce dernier en tant que défricheurs
ou « faiseurs de terre neuve ». André a dû alors profiter de sa formation de
forgeron.
On se rappelle qu'André et Anastasie avaient eu onze enfants, tous nés à
Côteau-du-Lac. Quatre étaient morts en bas âge et inhumés, un aux Cèdres en
1831, le cimetière de Côteau n'étant pas encore aménagé, et les trois autres à
ce dernier endroit.
Des sept autres qui ont vécu jusqu'à l'âge adulte, il y avait trois filles et quatre
garçons. Les filles se sont toutes mariées, Marcelline à Côteau-du-Lac en 1857,
Catherine et Angèle à Saint-Eugène en 1857 et en 1862.
Trois des quatre garçons, Onésime, André et Éphrem ont convolé : le premier
à Saint-Eugène en 1868, le deuxième à Saint-Philippe d'Argenteuil en 1874
puis le dernier à Montebello en 1875, alors qu'il est cultivateur à
Saint-Philippe d'Argenteuil. L'autre fils, Joseph, ne s'est pas marié.
André décède le 14 décembre 1865 à l'âge de 66 ans. Il est inhumé à
Saint-Eugène. Quant à son épouse, Anastasie Boileau, elle meurt entre 1868 et
1875. La date de son décès et le lieu de sa sépulture n'ont pas été trouvés.
De nos jours, les descendants d'André et d'Anastasie aux États-Unis et en
Ontario portent le nom de Ritchie. Il s'agit de la descendance de leur fils
André et en partie de leur autre fils Onésime. Ephrem n'aura pas de
descendant portant le nom Richer. Pour en savoir plus sur la famille d'André
fils établie en Illinois, il faut retourner au début de ce chapître et cliquez sur
son nom qui est en sur brillance. Quant à la famille d'Onésime, mon
arrière-grand-père, nous la rencontrerons dans le prochain chapître.
Enfin, André avait été suivi en Ontario par un de ses jeunes frères, Eustache.
Lui et son épouse Olive Dupras, eurent douze enfants. De nos jours plusieurs
familles Richer de l'Est et du Nord de l'Ontario, descendent du couple
Richer-Dupras. Aussi, les Richer établis au Saguenay et au Lac-Saint-Jean
descendent également d'Eustache et d'Olive Dupras.
Enfin, notons que Félix, l'autre frère qui avait aussi quitté Saint-Benoît pour
les rejoindre du côté nord de la rivière des Outaouais et qui s'était finalement
établi à Sainte-Marthe, eut trois filles mais pas de fils.
*
DOCUMENTS
*
CINQUIÈME GÉNÉRATION
*
NAISSANCE
ANDRÉ RICHER
FILS DE PAUL ET DE MARIE CARRIÈRE,
SAINT-BENOÎT, LE 30 OCTOBRE 1800
(Paroisse Saint-Benoît).
* Le trente octobre mil huit cent par moi, prêtre soussigné, a été baptisé André né
en ce jour du légitime mariage de Paul Richer dit Louveteau laboureur
demeurant en cette paroisse et de Marie James ditte Carière son épouse. Le
parrain a été André Barbari dit Grand maison et la marraine Josephte Richer
ditte Louveteau qui, ainsi que le pere, n'ont scu signer, de ce enquis.
Th. Letang, prêtre.
*
NAISSANCE
ANASTASIE BOILEAU
ÉPOUSE D'ANDRÉ RICHER,
MONTRÉAL, LE 30 MAI 1812
(Paroisse Sainte-Geneviève de Pierrefonds).
*
L'an mil huit cent douze le trente mai, je soussigné ai baptisé Marie Anastasie
Boileau née de ce jour fille légitime de Jacque Boileau habitant de cette paroisse
et de Charlotte Joly. Furent parrain et marraine Jacques Boileau grand-père et
Marie Nadon lesquels, comme le père, n'ont sçu signer.
Dumouchel, prêtre.
*
MARIAGE
ANDRÉ RICHER ET ANASTASIE BOILEAU,
SAINT-BENOÎT, LE 11 OCTOBRE 1830
(Paroisse Saint-Benoît).
* L'onze octobre mil huit cent trente après la publication de trois bans de mariage
au prône de nos messes paroissiales entre André Richer dit Louveteau fils
majeur de Paul Richer dit Louvetau cultivateur et de Marie Gemme dite Carrière
de cette paroisse d'une part et Anastasie Boileau fille mineure de Jacques
Boileau cultivateur et de défunte Charlotte Joly aussi de cette paroisse d'autre
part, sans découvrir aucun empechement ni opposition quelconque à leur futur
mariage nous soussigné prêtre vicaire de cette paroisse de l'agrément des parens
avons recu leur mutuel consentement et leur avons donné la bénédiction
nuptiale en présence de Jean Baptiste Richer et Joseph Richer, frères de l'époux
et de Jacques Boileau père et Arsène Boileau frère de l'épouse qui avec l'époux
n'ont scu signer.
F. Durocher, prêtre vicaire.
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CONTRAT D'APPRENTISSAGE
D'ANDRÉ RICHER AUPRÈS DE JOSEPH LAVIOLETTE
MAÎTRE FORGERON,
SAINT-EUSTACHE, LE 8 JUIN 1819
(J.A. Berthelot, notaire).
*
Commentaire : Avant la mise sur pied d'écoles d'arts et métiers, on devait
s'engager comme apprenti auprès d'un maître artisan afin d'apprendre les
rudiments d'un métier. Les conditions d'engagement étaient stipulées danx un
contrat notarié. Le jeune appprenti avait entre 16 et 20 ans. Son stage durait
environ un an et demi. Par la suite, il pouvait devenir compagnon puis,
lorsque sa réputation était faite, maître en son métier. Il pouvait alors tenir sa
propre boutique.
*
Le 8 juin 1819
Par devant les notaires publics pour la Province du Bas Canada, résidans dans le comté
d'York district de Montreal soussignés fut présent
Paul Richer cultivateur de cette paroisse, lequel pour le profit et avantage d'Andre Richer son
fils agée d'environ dix neuf ans qu'il certifie fidel,
a reconnu l'avoir mis des les dixième jour du mois de mai dernier jusqu'au Jour de sa
majorité en apprentissage avec Joseph Laviolette maitre Forgeron de cette Paroisse, a ce
présent qui a pris et retenu le dit andre Richer pour son apprentit,
Et auquel il promet et s oblige de montrer son dit metier de forgeron
Et tout ce dont il se mele en icelui,
le nourrir loger coucher Blanchir et raccommoder de linge et hardes, sans par le dit
Bourgeois fournir autre chose que le savon pour le blanchissage et le fil pour le
raccommodage
Et le traiter doucement et humainement comme il appartient.
Et le dit apprentit de sa part sera tenu d'apprendre de son mieux tout ce que lui sera montré et
enseigné par son dit maître
lui obeir en tout ce qu'il lui commandera de licite et honêt,
le servir fidelement et déligemment,
faire son profit, eviter son dommage, l'en avertir sil vient à sa connoissance,
et se comporter en toute chose comme le faire un honet homme et bon apprentit
et en outre des obligations qu'aura le dit apprentit de faire le train de la maison de son dit
maitre
l'aider a faire ses foins sur un morceau de prairie appartenant audit Joseph Laviolette et le
suivre
et aider dans les buchages du bois de la maison,
sans s'absenter ni aller travailler ailleurs pendant le cours du présent engagement
auquel cas d'absence le dit Paul Richer promet de chercher ou faire chercher le dit apprentit
dans cette paroisse pour sil peut etre trouvé le ramener chez son dit maitre pour achever le
temps du présent engagement et remettre le temps qu'il aura perdu par sa faute, avec
convention que sil perd du temps par maladie il remettra aussi le dit temps en autant que
durant sa maladie il aura demeuré et été nourri chez son dit bourgeois.
Ce present engagement ainsi pour et moyennant six livres de vingt coppres pour chaque mois
du présent engagement dont le dit Joseph Laviolette promet tenir compte et s'oblige payer au
dit apprentit a fur et mesure qu'il l'aura gagné par chaque mois a peine de tous dépens et
domages.
Car ainsi sont convenu les parties lesquelles pour l'exécution des présentes ont élu leurs
domiciles en leurs demeures susdites auxquels lieux & Promettant & obligeant &.
Fait et passé au Bourg et Paroisse Saint Eustache dit comté d'York en l'étude de Joseph
Amable Berthelot l'un des notaires soussignés l'an mil huit cent dix neuf le huitieme jour de
juin apres midi
et ont déclaré les dites parties ne savoir signer de ce enquis et nous avons signé après lecture à
elles faite, neuf mots rayés sont nuls trois renvoys en marge sont approuvés.
J.A. Berthelot not. p.
F.L. Bellefeuillle not. p.
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VENTE PAR ANDRÉ RICHER ET SON ÉPOUSE ANASTASIE
BOILEAU
DE LEUR TERRE DE CÔTEAU-DU-LAC,
CÔTEAU-LANDING, LE 23 FÉVRIER 1857
(L.J. David, notaire)
*
Commentaire : De 1830 jusque vers 1857, André Richer et sa famille habitent
le rang Saint-Emmanuel, sur la terre faisant le coin sud-ouest de la montée
Chénier. André et son épouse ont réussi à subvenir aux besoins d'une famille
de sept enfants sur cette terre d'une superficie de seulement 31 arpents. En
1985, celle-ci faisait partie d'une plus grande exploitation agricole
appartenant à Michel Delattre. Il est probable qu'André retirait un revenu
d'appoint en pratiquant le métier de tanneur ou encore en travaillant pour les
voisins pour « faire de la terre neuve ». Attirée par de meilleures perspectives
économiques qu'offrait l'Est ontarien, la famille Richer quitte définitivement
Côteau- du-Lac en 1857.
*
Le 23 février 1857
Pardevant nous Pre Jos. David, ecuyer, notaire pour cette partie de la Province du Canada qui
constituait le cidevant Province du Bas Canada ... Ont comparu Mr André Richer cultivateur
d[Hawkesbury] momentanément en la Paroisse St Ignace du Côteau du Lac & Dame
Anastasie Boileau, son épouse qu'il autorise à l'effet des présentes, lesquels ont
volontairement reconnu avoir vendu quitte & nette à Mr Hyacinthe Charlebois, cultivateur de
la dite Paroisse du Côteau du Lac, à ce présent et acceptant... savoir un arpent et demi de terre
de front, moins le chemin appelé Chemin Chénier sur vingt un arpents de profondeur plus ou
moins tenant par devant au chemin de roi, par derrière aux terres de la Rivière Rouge, d'un
côté au dit Chemin Chénier & de l'autre côté à sieur Joseph Sauvé, avec les bâtisses dessus
construites. Aux vendeurs la dite demi-terre appartenant par bons titres qu'ils promettent
remettre à l'acquéreur à demande... Mouvant la dite demi-terre... en la Seigneurie de
Soulanges envers le domaine d'icelle est chargée de tels cens et rentes ... quitte néanmoins de
tous arrérages de ces droits jusqu'au onze de novembre dernier. Cette vente est ainsi faite à la
charge des dits cens & rentes & autres droits seigneuriaux pour l'avenir seulement & en outre
pour & en considération de la somme de deux mille cinq cents livres, ancien cours, que les
vendeurs reconnaissent avoir reçu du dit sieur acquéreur auquel ils en donnent quittance
général & finale... Fait & Passé... au Côteau du Lac, le vingt-trois de février de l'an mil huit
cent cinquante-sept. Les parties ont déclaré ne savoir signer de ce enquis... P. H. Thisdale,
N.P., Pre Jos David, .P.
*
ACHAT PAR ANDRÉ RICHER ET SON ÉPOUSE
ANASTASIE BOILEAU
D'UNE TERRE DANS LE CANTON D'HAWKESBURY-EST,
L'ORIGNAL, ONTARIO, LE 31 MARS 1857
(L. M. Cashman, notaire).
*
Commentaire : C'est vers 1857 que la famille d'André Richer s'établit dans la
région actuelle de Sainte-Anne-de-Prescott, à quelques milles de Rigaud. Ce
Grand Chantier attire les habitants du Bas-Canada, en particulier des
seigneuries de Rigaud, de la Nouvelle-Longueuil et de Soulanges, en quête de
terres nouvelles. Par le biais d'une vente à réméré, soit un contrat comprenant
une clause qui permettait d'annuler la transaction, André Richer et son
épouse se portent acquéreurs d'une terre en bois debout dans le canton
d'Hawkesbury-Est. André ne deviendra jamais propriétaire de la terre,
n'ayant pas payer l'hypothèque.
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March 31st 1857
A Memorial of an Indenture of Bargain and Sale by way of Mortgage... made between Andrew
Riche of the Township of East Hawkesbury in the County of Prescott one of the united
Counties of Prescott and Russell in the province of Canada yeoman of the first past, Christy
Riche wife... and Alexander Mc Donald of... East Hawkesbury... gentleman of the third part,
whereby the Said party of the first Part for... the Sum of thirty one pounds five shillings lawful
money of the province of Canada to him in hand paid by the said party of the third part the
receipt... did grant bargain sell alien release transfer convey, assure and Confirm unto the said
party of the third part his heirs and assigns, all that certain parcel or tract of land and
premises, situate lying and being in the township of East Hawkesbury...; Containing... Sixty
Six acres and half and an acre of land be the same more or less, being composed of the west
third of Lot number ten in the Seventh Concession of the Said Township of East Hawkesbury.
... And the Said party of the second part, in Consideration of five shillings to her in hand paid,
by the Said party of the third part, hath remised released and for ever relinquished her
Dower...
Upon payment of the sum of thirty one pounds five shillings lawful money of Canada On the
twenty Eighth day of March year of Our Lords one thousand Eight Hundred and fifty nine.
Which Said Indenture is witnessed by John M. Marston of L'Orignal...
J.M. Marston L.M. Cushman Andrew Riche
his + mark
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DÉCÈS
ANDRÉ RICHER
ÉPOUX D'ANASTASIE BOILEAU,
HAWKESBURY-EST, ONTARIO, LE 11 DÉCEMBRE 1865
(Paroisse Saint-Eugène).
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Le onze décembre mil huit cent soixante cinq nous soussigné curé de cette paroisse avons
inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de André Richer époux de Ana...
(document incomplet).
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Éphrem Richer (1845-après 1927) et sa fille Olida (1884-1963)
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