QUATRIÈME GÉNÉRATION

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Plaque commémorative, Saint-Benoît, Mirabel (2004).

1799-1999

...Rendons hommage aux pionniers, bâtisseurs, défricheurs ainsi qu'à tous les résidents passés et présents de Saint-Benoît.

Paul Richer dit Louveteau est un des pionniers de Saint-Benoît.

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À la fin de notre dernier chapître, nous avions mentionné que Paul et Cécile Brisebois avait eu cinq fils, tous établis dans la région de Saint-Eustache, aujourd'hui partie de la région des Basses-Laurentides. Nous continuons notre voyage dans le temps en présentant cette fois-ci l'itinéraire de l'un d'eux, Paul notre ancêtre et de son épouse Marie Carrière.

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PAUL RICHER DIT LOUVETEAU (1760-1836)

et MARIE JAMMES DIT CARRIÈRE ( ? )

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PAUL,

- né le 18 juillet 1760 à Sainte-Geneviève (Montréal), décédé le 10 avril 1836 et inhumé le 12 à Saint-Benoît « ... dans le nef de cette église ... âgé de soixante seize ans ... et ce en présence ... d'un grand concours de parens & d'amis... »;

- fils de Paul et de Cécile Brisebois;

marié le 19 mai 1783 à Pointe-Claire avec :

MARIE JAMMES DIT CARRIÈRE,

fille de Michel et de Dorothée Brisebois.

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LES ENFANTS

1- Paul, né « de parens inconnus » le 4 mars 1783 à Pointe-Claire, légitimé par le mariage de ses parents le 19 mai suivant, décédé le 14 février 1784 à l'âge de « six mois » et inhumé le lendemain à Saint-Eustache.

2- Jean-Baptiste, né le 6 novembre 1784 le lendemain à Saint-Eustache, marié le 21 février 1803 à Saint-Benoît avec Angélique Brazeau; parents du Patriote Jean-Baptiste Richer.

3- Marie Angélique, née le 26 juillet 1786 à Saint-Eustache.

4- Paul, né le 13 juillet 1788 à Saint-Eustache, marié le 25 janvier 1813 à Saint-Eustache avec Marie Madeleine Barbari.

5- Marie Josephte, mariée le 24 juin 1811 à Saint-Benoît avec François Augustin Ménard.

6- François, né le 26 août 1790 à Saint-Eustache, décédé avant 1796.

7- Joseph, né le 6 octobre 1792 à Saint-Eustache, marié le 23 octobre 1820 à Notre-Dame (Montréal), avec Josette Labelle.

8- Thomas, né le 16 novembre 1794 et baptisé le lendemain à la mission du lac des Deux-Montagnes (Annonciation-de-la-Vierge-Marie), tanneur, marié en premières noces le 30 juin 1818 à Saint-Benoît avec Marguerite Braseau; en secondes noces le 19 avril 1830 à Saint-Benoît avec Sophie Proulx; en troisièmes noces le 11 janvier 1842 à Saint-Benoît avec Catherine Proulx.

9- Félix, né en 1794, marié le 12 juin 1820 à Sainte-Geneviève avec Marie Suzanne Monarque, établi à Côteau-du-Lac (Soulanges) puis à Sainte-Marthe (Vaudreuil); décédé le 8 octobre 1873 et inhumé le surlendemain à ce dernier endroit.

10- François, [né en 1796], marié le 22 janvier 1821 à Notre-Dame (Montréal) avec Marguerite Duperre, aubergiste à Saint-Benoît en 1822, décédé le 6 octobre 1826 et inhumé le surlendemain à Saint-Benoît.

11- Michel, né le 7 novembre 1798 et baptisé le lendemain à la mission du lac des Deux-Montagnes, marié en premières noces le 5 mars 1821 à Saint-Eustache avec Marie Louise Blondin (Avons); marié en secondes noces le 24 février 1840 à Saint-Benoît avec Madeleine Dault.

12- André, né le 30 octobre 1800 à Saint- Benoît, marié le 11 octobre 1830 à Saint-Benoît avec Anastasie Boileau, établi à Côteau-du-Lac puis à Saint-Eugène, Ontario (aujourd'hui Sainte-Anne-de-Prescott); décédé le 14 décembre 1865 et inhumé à Saint-Eugène.

13- Marie Magdeleine, née le 24 décembre 1802 à Saint-Benoît.

14- Marguerite, mariée le 16 septembre 1822 à Saint-Benoît avec Joseph Parent.

15- Bernard, né en 1804 à Saint-Benoît, marié en premières noces le 30 janvier 1826 à Saint-Benoît avec Adelaïde Proulx; marié en secondes noces le 6 août 1834 à Saint-Benoît avec Geneviève Jolicoeur.

16- Eustache, né le 1er octobre 1807 à Saint-Benoît, marié le 14 avril 1834 à Saint-Benoît avec Olive Dupras, établi à Saint-Eugène (aujourd'hui Sainte-Anne-de-Prescott); décédé le 12 mars 1886 et inhumé à Sainte-Justine de Newton (Vaudreuil).

17- Benjamin, né le 30 mai 1811 à Saint- Benoît, décédé le 22 juin 1811 et inhumé le lendemain à Saint-Benoît.

18- Olivier, né le 10 octobre 1813 à Saint- Benoît, marié le 10 octobre 1838 à Saint-Eustache avec Emilie Proulx, établi à Saint-Augustin (Mirabel).

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COMMENTAIRES

Comme son père, Paul Richer fils débute sa vie de colon très jeune, soit dès l'âge de 15 ans.  En 1775, son père lui obtient une nouvelle concession dans le rang situé au sud de la rivière du Chêne, à l'endroit appelé la Grande Fresnière. Lui-même habite ce rang de la paroisse de Saint-Eustache depuis 1767. Il s'agit d'une terre en bois debout mesurant 3 arpents sur 20.

Paul fils garde cette concession sept ans. Avec l'aide de son père et de ses frères qui habitaient les environs, il en avait défriché une partie et avait construit des bâtiments.  Il vend sa terre avec profit à Jacques Proulx, en décembre 1782. Il avait réussi à tirer profit d'une nouvelle concession, ce qui n'est pas sans nous rappeler l'expérience de son père.

Jeune et entreprenant, Paul prend possession le printemps suivant, soit en 1783, l'année de son mariage, de deux nouvelles terres situées dans la seigneurie voisine du Lac-des-Deux-Montagnes, au lieu appelé le Grand Brûlé, aujourd'hui Saint-Benoît.

Cette seigneurie avait été concédée par le roi de France aux Sulpiciens de Montréal en 1717.  Par la suite, son territoire fut augmenté à deux reprises, en 1733 et en 1735.  En retour, les Sulpiciens, qui possédaient déjà la seigneurie de l'île de Montréal, devaient y transporter la mission indienne du Sault-au-Récollet.

Cette mission fut aménagée sur les bords du Lac-des-Deux-Montagnes à Oka, dès les années 1720.  À la fin du siècle, elle comprenait trois villages, iroquois, népissing et algonkin, de même qu'une ferme de 12 000 arpents appartenant aux Sulpiciens.

Ce n'est qu'à partir des années 1780 que la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes fut ouverte au peuplement qui débuta aux confins des petites rivières du Prince et du Chêne.

C'est justement à ce dernier endroit que Paul Richer fils s'établit en 1783.  Son père avait été un des premiers colons de Saint-Eustache, lui a été un des premiers habitants de la paroisse de Saint-Benoît.

Paul possède donc deux terres, l'une sur la rivière du Prince et l'autre dans le rang Saint-Jean, soit la suite du rang La Fresnière. De nos jours, une partied des terres de la rivière du Prince forment la partie sud du village de Saint-Benoît.

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Croix de chemin situé dans le rang La Fresnière (2004).

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Paul et Marie Carrière, qu'il a épousée en 1783, habitent ce dernier endroit.  Cette terre mesure seulement 3 arpents sur 17. Paul s'empresse de la défricher en vue de la cultiver et d'y construire une maison et des bâtiments de ferme.

Sa deuxième terre, située en face, dans le rang Saint-Jean, mesure un arpent et demi sur 33.  Paul la cultive en partie, la balance lui servant de réserve à bois de chauffage et de construction. Il n'y construit aucun bâtiment.

Fait intéressant, bien que Paul est en possession de ces deux terres depuis 1783, ce n'est que onze ans plus tard qu'il passe le contrat d'achat devant notaire.  Ces concessions appartenaient auparavant à Michel Taillon.

En 1796, les habitants des environs du Grand Brûlé songent à former une nouvelle paroisse, l'église de Saint-Eustache étant trop éloignée.  Paul Richer et ses trois voisins vendent chacun un morceau de leurs terres de la rivière du Prince pour l'érection de l'église, du presbytère et du cimetière.

Dès l'année suivante, les autorités épiscopales fixent l'emplacement du presbytère, qui servira pour le moment d'église, sur le terrain vendu par François Meloche.  Les registres paroissiaux de Saint-Benoît sont ouverts deux ans plus tard en 1799.

Il faudra attendre l'année 1822 pour la construction d'une première église. Elle est construite sur le terrain vendu par Paul Richer.  Cet édifice sera détruit lors des troubles de 1837 puis remplacé, en 1859, par l'église actuelle érigée sur le même site.

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Vue partielle de l'église de Saint-Benoît construite sur la terre de Paul Richer dit Louveteau. Plaque en hommage de l'oeuvre des soeurs de la Charité de Montréal située sur l'emplacement de leur ancien couvent. Celui-ci était construit près de l'église et érigé également sur la terre de Paul Richer dit Louveteau (2004).

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En 1801, Paul achète la terre située immédiatement à l'ouest de la sienne, à la rivière du Prince. Cette terre mesure 3 arpents sur 18.  Elle comprend une grange de 45 pieds sur 24 couverte en paille.

L'année suivante, Paul se départit de sa terre du rang Saint-Jean. Fait intéressant, la vente à François Aubin dit Saint-Louis comprend une rente annuelle viagère de douze minots de blé.  Paul se réserve également le droit d'y prendre son bois de chauffage sa vie durante.

En 1821, Paul et son épouse décident de donner leurs biens à leur fils Michel, en retour d'une pension viagère. Il est âgé de 61 ans, ce qui est vieux à l'époque. Mariés depuis 38 ans, ils ont toujours habité le rang de la rivière du Prince.

Leur maison, construite en « pièce sur pièce », a un étage et demi. Elle mesure 24 sur 20, la toiture est recouverte en bardeaux et les planchers sont en madriers. Elle a quatre fenêtres et une seule porte d'entrée. On retrouve, à proximité, un puits, un four à pain, un jardin et une vieille grange recouverte en paille.

Aujourd'hui, l'emplacement de la maison et des dépendances serait au sud de la rue Dumouchel, en face de l'église de Saint-Benoît. Tous ces bâtiments disparurent lors de l'incendie du village en décembre 1837.

Paul possède également un cheval, deux paires de boeuf, un jeune taureau, deux vaches, sept moutonnes, une douzaine de poules et un coq, deux porcelets, deux veaux et un bélier.

Dans la grange, il y a aussi quelques instruments de ferm fer, un vent, trois pioches, deux haches, deux faux et des poches vides.  À cela s'ajoute un fanal, une charrette avec roues fermées et un traîneau avec sa robe de boeuf.

Le mobilier de maison comprend deux lits avec couchettes, paillasses et couvertures, une armoire à deux vantaux, une huche à pain, un dressoir (vaisselier) sur lequel reposent deux sceaux à eau, une table, une douzaine de chaises, un rouet, un poêle en fer avec son tuyau.

Dans l'armoire, on retrouve les ustensiles de cuisine suivants : une douzaine d'assiettes en faïence; une douzaine de cuillères; six fourchettes; une douzaine de terrines en terre cuite; une poêle à frire; deux marmites; un chaudron et du fil de laiton.  À proximité de la huche à pain, il y a quelques sceaux, deux cuves et un moule à chandelles.

En décembre 1822, d'un commun accord, les époux Richer et leur fils Michel annulent la donation de l'année précédente. La raison de ce changement reste inconnue.

Le même jour, Paul et Marie vendent leurs biens au curé de la paroisse de Saint-Benoît, Maurice-Joseph Félix. Cette vente comprend les deux terres de la rivière du Prince avec les bâtiments, les animaux, les meubles, les instruments de ferme et le droit de coupe de bois sur leur ancienne terre du rang Saint-Jean.

Les époux se gardent, leur vie durant, le droit d'habiter la maison, de jouir des dépendances dont le jardin, le four à pain et le puits et d'utiliser les meubles et certains objets essentiels.

En retour, le curé Félix doit leur verser à une rente annuelle viagère. Celle-ci comprend principalement de la nourriture, du bois de chauffage, des vêtements et des chandelles.

Bref, le curé doit entretenir Paul et Marie le reste de leurs jours tant en santé qu'en maladie et les faire inhumer convenablement, suite à leur décès.  Enfin, le curé Félix doit remettre à Bernard, Eustache et Olivier, enfants mineurs des vendeurs, une brebis à leur majorité.

En 1825, le couple Richer habite toujours la rivière du Prince avec un de leurs enfants.  Six ans plus tard, Paul et Marie sont seuls, un des deux est atteint de sénilité.  En 1836, Paul décède à l'âge de 76 ans. Il est inhumé sous de la nef de l'église paroissiale, en présence d'une foule nombreuse.

Un des pionniers de Saint-Benoît et chef de « ... l'une des plus honnête & plus respectable famille de l'endroit ... », Paul recevait l'ultime hommage réservé aux notables de l'époque. Il faut dire aussi que Paul avait été capitaine de milice. Cette fonction lui avait donné une certaine autorité vis-à-vis les autres habitants et lui avait conféré des bénéfices honorifiques.

Les dates de naissance et de décès de son épouse Marie n'ont pas été trouvées.

De 1783 à 1813, Paul et Marie eurent 18 enfants, tous nés à la rivière du Prince, sauf le plus vieux décédé en bas âge. Trente ans séparent les première et dernière maternités de Marie!

Elle devait donc avoir environ 15 ans à la naissance de son premier fils, deux mois avant son mariage. Elle habitait alors chez sa mère à Pointe-Claire.  Marie aurait eu environ 45 ans à l'arrivée de son dernier enfant. Onze des treize enfants qui vécurent jusqu'à l'âge du mariage étaient des garçons. Ils se sont tous mariés et eurent des descendants.

Avant de clore ce chapître, il importe de jeter un coup d'oeil sur la scène politique du Bas-Canada dans les années 1830. Les événements qui s'ensuivront auront des répercussions importantes sur la région habitée par Paul et sa famille. 

En effet, les troubles de 1837 occasionna l'arrestation de plusieurs habitants, dont un des petits-fils de Paul, Jean-Baptiste Richer, et l'incendie des villages de Saint-Eustache et de Saint-Benoît. Afin de mieux comprendre les raisons de cette insurrection, il y a lieu de faire un retour en arrière.

En 1763, la Nouvelle-France passe aux mains de l'Angleterre. Suite au départ des autorités coloniales françaises et de plusieurs membres des classes dirigeantes, la population, établi principalement le long du fleuve Saint-Laurent, reste à elle-même. On chiffre sa présence à environ 65 000 habitants.

Trop démunis pour rentrer en France, d'ailleurs plusieurs sont ici depuis quelques générations et se sentent avant tout canadien, ils préfèrent demeurer sur place. Aidés par les événements, mais aussi peuple fier de son passé français, les Canadiens résistent aux tentatives d'assimilation.

Ainsi, après trois quart de siècle d'un nouveau régime politique, les Canadiens parlent toujours une langue différente, professent toujours une religion différente et obéissent toujours à des lois différentes, au grand dam des autorités britanniques.

Lord Durham, leur envoyé spécial, le lendemain des troubles de 1837, concrétise bien cette frustation lorsqu'il écrit que les Canadiens forment un peuple « ... ignare, apathique et rétrogade ... » et prône leur assimilation.

En plus de résister, les Canadiens ont appris, depuis 1791, à maîtriser une arme puissante, l'Assemblée législative. Les autorités anglaises avaient mises en place cette assemblée élue dans l'espoir de convaincre leurs nouveaux sujets de la supériorité des institutions britanniques et par conséquent, de les assimiler plus facilement. Le contraire s'est produit.

Très tôt, les Canadiens détournent à leur avantage cette vénérable institution britannique. Leurs représentants forment un parti politique, le Parti canadien, qui s'affronte régulièrement avec la haute administration coloniale.

Celle-ci est composée du Gouverneur général et des Conseil législatif et exécutif. Les membres sont tous nommés par le roi d'Angleterre et sont, bien sûr, à majorité britannique. Les Canadiens les appelle « la clique du château » en référence au château Saint-Louis, résidence du gouverneur général à Québec et représentant du roi.

Aussi, en s'inspirant du vieux principe anglais du « no taxation without representation », le Parti canadien, devenu le Parti patriote sous la gouverne de Louis-Joseph Papineau, contrôle l'Assemblée législative et bloque le vote des subsides (aujourd'hui on dirait le budget).

Sans argent, le gouverneur du temps, le général Gosford ne peut pas faire fonctionner l'administration de la colonie.  Au printemps de 1837, il reçoit l'autorisation de Londres de dépenser sans passer par l'Assemblée. Ce geste fait monter le ton d'un cran.

Durant tout l'été, diverses assemblées de Patriotes ont lieu dans la région de Montréal.  On vient écouter Louis-Joseph Papineau et affirmer la souveraineté du peuple sur le gouvernement non élu de la colonie.

Bien que Gosford s'engage à ne pas donner suite à l'autorisation de Londres, l'Assemblée législative refuse toujours de voter les subsides. On exige en plus la démocratisation du pouvoir politique. Devant l'agitation qui va en augmentant, des bagarres éclatent à Montréal, le Gouverneur interdit les assemblées et donne la chasse aux chefs des Patriotes.

Ceux-ci s'organisent tant bien que mal et réussissent à mettre les troupes en échec le 23 novembre à Saint-Denis, situé sur la rivière Richelieu. Deux jours plus tard, à Saint-Charles, un village voisin, les soldats britanniques infligent une défaite aux Canadiens.

Le 14 décembre, du côté nord de Montréal, les militaires, dirigés par John Colborne, dénommé très vite le « vieux brûlot », écrase les patriotes réfugiés dans l'église de Saint-Eustache et brûle le village.

Le lendemain, les soldats, accompagnés de nombreux volontaires ultra-loyalistes se rendent à Saint-Benoît. Ils pillent le village et le livre aux flammes. Un des torts de cette paroisse est d'avoir un curé patriote, l'abbé Étienne Chartier.

Paul Richer n'a pas eu connaissance de la destruction de son village et de son ancienne maison, étant décédé l'année précédente. On peut supposer que sa femme Marie était toujours vivante. De plus, plusieurs Richer, dont de ses descendants, habitaient Saint-Benoît et la région et ont été témoins des événements, sans compter son petit-fils qui fut emprisonné.

À l'approche des troupes, le chef patriote, le notaire Jean-Joseph Girouard, envoit cacher ses documents chez un dénommé Richer, un sympathisant probable. Suite à l'incendie de l'église paroissiale, les offices religieux ont lieu dans la demeure d'Olivier Richer. Enfin, d'autres Richer subissent des pertes lors du pillage de Saint-Eustache et de Saint-Benoît.

Au moins quatre fils de Paul; André, Félix, Eustache et Olivier marcheront sur les traces de leur père et de leur grand-père : ils iront s'établir dans de nouveaux pays de colonisation. Dans le prochain chapître, nous suivrons l'un d'eux.

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DOCUMENTS

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QUATRIÈME GÉNÉRATION

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NAISSANCE

PAUL RICHER

FILS DE PAUL RICHER ET DE CÉCILE BRISEBOIS,

MONTRÉAL, LE 18 JUILLET 1760

(Paroisse Sainte-Geneviève de Pierrefonds).

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Lan mil sept cent soixante le dix huit juillet, jay baptisé Paul né de ce jour, fils légitime de Paul Louveteau et de Cécile Brisebois sa femme, habitant de l'isle Bizard. A été parrain Jean-Baptiste Danis et la marraine Marie Joseph Normand qui ont déclaré ne sçavoir signer.

Robert, prêtre.

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NAISSANCE

PAUL

PARENTS INCONNUS,

MONTRÉAL, LE 4 MARS 1783

(Paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire).

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Le six mars mil sept cens quatre vingt trois par moi prêtre soussigné, a été baptisé Paul né d'avant hier de parens inconnus. Le parrain a été Joachim Larivière et la marraine Monique Pilon qui avec Larivière n'ont sçu signer.

Conefroy, prêtre.

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Commentaire : À l'époque, un enfant né hors les liens du mariage était réputé ne pas avoir de parents. Selon son acte de naissance, il était né de «parents inconnus» et, par conséquent n'avait pas de nom de famille. Seul le mariage de ses parents lui donnait une existence légale, ce qui arrivera en tenant compte du document suivant. Ce n'est que dans les années 1920 que le Québec se donne une loi permettant l'adoption légale. L'Église catholique s'était fortement opposée à cette loi. Elle disait craindre une augmentation des naissances illégitimes; elle perdait plutôt une de ses prérogatives, la légitimation des enfants naturels.

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MARIAGE

PAUL RICHER ET MARIE CARRIÈRE,

et RECONNAISSANCE D'UN FILS NÉ LE 4 MARS PRÉCÉDENT,

MONTRÉAL, LE 19 MAI 1783

(Paroisse Saint-Joachim de la Pointe-Claire).

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Le dix neuf may mil sept cent quatre vingt trois par moi, après la publication de trois bans de mariage faite par trois dimanches consécutifs aux messes de cette paroisse et semblable publication à la paroisse de St-Eustache, ne s'étant trouvé aucun empechement que celui de troisième degré de parenté dont les parties ont obtenues dispense de M. Montgolfier grand vicaire du diocèse, je soussigné ai reçu le mutuel consentement et ai marié Paul Louveteau fils de Paul Riché dit Louveteau et de Cécile Brisebois, et Marie Jammes fille de feu Michel Jammes dit Carriere et de Dorothée Brisebois de cette paroisse. Et les parties contractantes ont reconnus qu'un enfant baptisé le six mars sous le nom de Paul était leur propre fait et en cette qualité a été légitimé suivant l'usage de l'Eglise. Ont été présens du côté de l'époux Paul Richer dit Louveteau qui n'a sçu signer ainsi que l'époux, du côté de l'épouse Jean-Baptiste Carrière son frère, Pierre Carrière son frère qui n'ont sçu signer.

Conefroy, prêtre.

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Commentaire : À peine trois mois après sa naissance, Paul était donc légitimé par le mariage de ses père et mère. L'enfant devait décédé quelques mois plus tard. Un de ses frères portera son prénom.

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VENTE PAR JOSEPH CHEVAL, LOUIS AMABLE THIBAULT, FRANÇOIS MELOCHE ET PAUL RICHER DE TERRAINS EN VUE DE LA CONSTRUCTION D'UNE ÉGLISE, D'UN PRESBYTÈRE ET D'UN CIMETIÈRE À SAINT-BENOÎT,

SAINT-EUSTACHE, LE 12 OCTOBRE 1796

(J. R. Gagnier, notaire).

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Commentaire : L'église actuelle de Saint-Benoît est construite sur le terrain vendu par Paul Richer en 1796. Il s'agit du trécarré de sa terre dont la façade donnait sur le rang Saint-Jean. Le presbytère est érigé sur le terrain cédé par son voisin François Meloche tandis que le cimetière, situé au nord de la Rivière-du-Prince, occupe les terrains ayant appartenu à Joseph Cheval et à Louis-Amable Thibaut. 

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Le 12 8he 1796 Vente par Jh Cheval, Ls Amable Thibaut Frs Meloche et Paul Richer aux tenanciers de la seigneurie du lac des Deux Montagnes

Pardevant le notaire du district de Montréal dans la province du Bas Canada résidant au bourg Saint Eustache paroisse du même nom dans le comté d'York soussigné et témoins en fin nommés furent present les sieurs Joseph Cheval négotiant du bourg St Eustache Louis Amable Thibault forgeron residant au grand Brulé seigneurie du lac des Deux Montagnes, François Meloche et Paul Richer habitants du dit Grand Brûlé, comté d'York.

Lesquels ont dits que dans les vues d'établire une paroisse au dit lieu du Grand Brulé pour le bien et avantage des tenanciers de la seigneurie susditte nottamment des côtes Saint Jean, Saint Etienne, Saint Vincent, Saint Joachim, Saint Joseph, de la riviere au prince et des éboulis etablies en laditte seigneurie, ont volontairement vendus et vendent par ces présentes et promettent chacun en droit garantir de tous troubles, dons doüaires, dettes, hypothèques, évictions substitutions, aliénations et tous empêchements généralement quelsconques, aux habitants propriétaires des terres des côtes susnommées, à ce présens et acceptants acquéreurs pour les dits propriétaires les sieurs Hyacinthe Séguin dit Ladéroute Capitaine de Milice, Jean Baptiste Leblanc Maître Charpentier et Simon Brazeau cultivateur tous du dit lieu du Grand Brûlé se portant fort pour les habitants des côtes susdittes,

sçavoir le dit sieur Joseph Cheval un morceau de terre situé au nord de la riviere au prince en la susditte seigneurie de la contenance de trois quarts darpent de front sur la profondeur se [trouve] depuis le bord de la riviere jusqu'au chemin de roy qui sera legalement fixé a lavenir tenant d'un coté au nord-est au terrein du dit vendeur, de lautre côté à celui du susdit Louis Amable Thibault sans batimens ni clotures,

item le dit Louis Amable Thibault aussi trois quarts d'arpent de terre depuis le bord de la susditte riviere au prince jusqu au chemin du roy tel quil sera legalement fixé a lavenir, tenant dun côté au terrein cy dessus vendu par le dit sieur Joseph Cheval dautre côté audit sieur vendeur sans batimens ny clotures,

item le dit Francois Meloche un morceau de terre dun arpent et demi de front situé au sud de la ditte riviere au prince sur la profondeur qui se trouvera depuis le bord de la ditte riviere jusqu'au chemin du roy actuellement pratiqué, tenant d'un côté au nord-est au dit sieur vendeur et de lautre au dit sieur Paul Richer sans bâtiments ni clotures

item le dit sieur Paul Richer un morceau de terre dun arpent de front aussi situé au sud de la ditte riviere du prince sur la profondeur qui se trouvera depuis la ditte riviere jusquau chemin de roy actuellement pratiqué, tenant d'un côté au nord-est au terrein cy dessus vendu par le dit sieur François Meloche dautre coté audit sieur vendeur aussi sans batimens ni clotures,

ainsi que les dits terreins se poursuivent et comportent, circonstances et dépendances que les acquéreurs au dit nom ont dits bien sçavoir et connoitre pour avoir le tout vu et visité et dont ils sont contents et satisfaits

sans réserve par les vendeurs que les sieurs Joseph Cheval et Louis Amable Thibaut qui se réservent pour eux leurs hoirs et ayant cause alavenir de pratiquer un chemin de charette sur le bord du coteau des terreins par eux vendus pour communiquer de leurs maisons au chemin de descente qui sera fixé pour communiquer a l'église au presbytère qui seront construits sur les terreins cy vendus

en s'obligeant neanmoins d'entretenir des barrières pour leur commodité sur le dit chemin de descente appartenants les dits terreins aux vendeurs par bons titres dont ils promettent aider les acquéreurs au besoin à peine de tous depens, domages et intérets.

Mouvant les dits terreins en la censive de la seigneurie du lac des Deux-Montagnes et envers le domaine dicelle chargés de tels cens et rentes qu'ils peuvent devoir suivant titres de concession quitte néanmoins des dits cens et rentes du passé jusquà ce jour,

pour les dits terreins jouire, et user par les habitants des cotes susdittes pour construire sur iceux église, prèsbytere, cimetiere et aussi pour l'usage du curé qui desservira la paroisse qui sera établie au dit lieu; à commencer la jouissance des dits terreins de ce jour.

Cete vente ainsi faite a la charge des droits seigneuriaux alavenir seulement et en outre pour et moyennant le prix et somme de soixante livres la livre de vingt coppres pour chacun des terreins vendus par les sieurs Joseph Cheval, Louis Amable Thibault et François Meloche et celle de cinq cent livres pour celui vendu par le dit sieur Paul Richer

lesquelles sommes les acquéreurs audit nom promettent et s'obligent solidairement l'un pour lautre un deux seul pour le tout sans division, payer et bailler aux dits vendeurs en un seul payement à chacun deux trois semaines après qu'il y aura eu des syndics legalement nommés pour construire un prèsbytere sur lun ou lautre des terreins cy vendus termes prefixes sans intérêts

pour sûreté desquelles somme les acquéreurs audit nom ont obligés affecté et hypothéqués tous leurs biens généralement quellconques présent et avenir une obligation ne dérogeant à l'autre la dite vente aussi faite sous la condition que les terreins cy vendus seront

clot et entretenus de clotures aux frais de la fabrique qui sera établie au dit lieu.

De convention expresse a été accordé entre les parties que si les terreins cy vendus ne sont agréés par Monseigneur lévesque de Québec pour les fins pour lesquel ils sont vendus la présente vente sera nulle caduque et comme non faite et chacun des vendeurs restera dans la propriété des terrains par lui vendus.

Au moyen de ce que dessus les sieurs vendeurs transportent aux habitants des côtes susdittes tous droits de propriété fonds, très fonds, noms, raisons, actions, saisine, possession et tous droits généralement quelconques qu'ils pourraient prétendre sur les morceaux de terre cy vendus, dont ils se sont demis et dessaisis en leurs faveurs voulant qu'il en soient saisies et mis en possession par et ainsi quil appartiendra, constituant à cette fin leur procureur le porteur auquel ils donnent pouvoir de ce faire; car ainsi ont été accordées les présentes qui autrement neussent été consenties.

Fait et passé au dit lieu du grand brûlé en la maison du sieur François Meloche lan mil sept cent quatre vingt seize le douzième jour d'octobre après midi en présence des sieurs Jean Baptiste Gastongué négotiant du lac des Deux Montagnes et Joseph Pressau dit Julien maître charpentier du dit lieu du grand brulé Signés les dits sieurs Joseph Cheval, Louis Amable Thibaut avec le dit sieur Jean Baptiste Gastongué avec nous notaire.

Les autres parties avec le dit Joseph Pressau ont dits ne sçavoir signer...

Joseph Cheval L.A. Thibaut

J. Bte Gastonguay Hyacinthe Séguin

François + Meloche Paul + Richer

sa marque sa marque

Jn Bte + Leblanc Simon + Braseau

sa marque Sa marque

Simon + Braseau Jh + Presseau temoin

sa marque sa marque

J Bte Gastonguay P.R. Gagnier not.

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VENTE PAR PAUL RICHER ET SA FEMME MARIE CARRIÈRE

DE LEURS BIENS

À MAURICE-JOSEPH FÉLIX, CURÉ DE SAINT-BENOÎT,

SAINT-EUSTACHE, LE 16 DÉCEMBRE 1822

(J.J. Girouard, notaire).

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Commentaire : Après avoir annulé une donation de leurs biens en faveur de leur fils Michel, Paul Richer et son épouse vendent leur avoir au curé de Saint-Benoît. En retour, ce dernier doit les entretenir tant en santé qu'en maladie durant le reste de leurs jours. Il doit également les faire inhumer dans le cimetière paroissial, leur faire célébrer chacun un service lors de leur décès, un autre au bout d'un an ainsi que 13 messes basses.

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Vente Le 16 decb 1822

Pardevant les notaires publics pour la Province du Bas Canada, résidans dans le comté d'York du district de Montréal, soussignés furent présens Paul Richer dt Louveteau, père cultivateur,demeurant en la paroisse St Benoît de ce comté, et Marie James dit Carrières, son epouse qu'il autorise pour ce qui suit;

Lesquels ont, par ces presentes, vendu, cédé, quitté et transporté avec promesse solidaire, un d'eux seul pour le tout sans division, description, ni fidé de renoncant aux dits bénéfices, de garantir de tous troubles, dons, douaires, dettes, hypotèques, évictions, substitutions,aliénations etautres empèchemens généralement quelconque et messire Maurice Joseph Félix, prêtre, curé de la ditte paroisse St Benoît présent et acceptant, acquéreur pour lui, ses héritiers et ayant droits les biens ci-après désignés, savoir:

1 Deux concessions contigus situées au sud de la côte St Etienne en la dite paroisse St Benoît formant ensemble une terre de six arpens de front sur dix-sept à dix-huit arpens de profondeur, sans garanti de mesure pour cette profondeur tenant pardevant à la Rivière au Prince, par derrière à un bras de la petite Rivière du Chêne, lesquelles Rivières la bornent à chaque bout tenant d'un côté à la terre de Joseph Brazeau et de l'autre coté aux terrains de l'oeuvre et fabrique de St Benoît et à ceux d'Ignace Raizenne et de Jean Baptiste Dumouchel, ecuiers, avec une maison et une grange en bois, ses terres labourables et prairies. A retrancher néanmoins sur cette terre comme non compris en la présente vente trois pièces de terre que les vendeurs en ont distraites, la première vendue à la dite Fabrique, prenant depuis la Rivière au Prince et allant jusqu'au chemin du Roi sur un arpent de largeur, la seconde vendu au sieur Raizenne de dix-huit pieds de largeur sur la longueur de son emplacement à la charge par l'acquéreur des servitudes passi ves portées dans le contrat de la vente faite par les vendeurs au dit sieur Raizenne de la dte piece de terre, sauf au dt acquéreur à faire va loir à son profit les servitudes actives au pro fit des vendeurs dans le dit contrat, et la troisieme et derniere appartenant au même contenant un arpent et demi de front sur la profondeur qu'elle peut avoir du dit chemin du Roi à aller à la dte Rivière au Prince, située au sud ouest de la ligne séparant les dtes deux concessions.

2 Tous les animaux & meubles compris dans la première partie de l'état qui en a été dressé à la réquisition des parties, lequel est demeuré annexé à ces présentes, après avoir été approuvé des dtes parties et signé ne varietur par les dts notaires lesquels meubles et animaux les vendeurs promettent livrer à l'acquereur a sa requisition.

3 Tous les objets mobiliers décrits et désignés dans la seconde partie du dt état.

4 Le droit que les vendeurs se seraient réservé de prendre du bois de chaufage et généralement tous les droits, réserves et prétentions qu'ils peuvent avoir sur une terre qu'ils auraient ven due à Antoine Lalande dit Latreille par contrat passé devant mtre Brunelle, notaire, aux jour et an y contenus, laquelle terre est actuellement en la possession d'Ignace Raizenne, ecuier, située la dite terre au sud de la Grande Fresniere en la cote St Jean en la dte paroisse St Benoît, de la contenance d'un arpent et demi de front sur environ trente trois arpens de profondeur tenant pardevant au chemin de Roi de la dte côte par derriere au domaine de la seigneurie du Lac des deux Montagnes, entre les terrains du dt sieur Raizenne.

Les droits et prétentions transportés au présent article sont vendus sous la simple garantie des faits et promesses des vendeurs, les parties derogeant pour cet effet seulement à la clause de garantie qui précède.

Ainsi que le tout se poursuit et comporte avec les circonstances et dépendances, sans autres réserves ni exceptions que celles qui seront ci-après exprimées, l'acquéreur déclarant le tout bien savoir et connaitre pour l'avoir vu et visité et en est content et satisfait.

Les vendeurs se reservent pour pendant leur vie et pour eux personnellement l'usage et jouissance de la dte maison et dépendances comme du four et du puits, ainsi que du jardin qui se trouve au près de la dte maison, tel qu'il se trouve enclos.

Il est néanmoins convenu que cette réserve n'aura plus lieu et que le dt acquéreur pourra quand il voudra prendre possession de la dte maison et dépendances ainsi que du dt jardin, en par le dit acquéreur construisant bien et dûment pour l'usage des dits vendeurs personnellement pendant leur vie dans la partie de la dte terre qui joint le dt Joseph Brazeau, entre le chemin de Roi et la dte Riviere au Prince, une maison de pieces sur pieces de quinze pieds quarrés, couverte en bardeaux, avec plancher haut et bas, une cheminée, porte et ouvertures convenables, et en un mot la dte maison bien et dûment logeable et livrée la clef à la main, avec un four et un puits au près de la dte maison et en outre un jardin enclos de la même grandeur que celui dont il a été ci-dessus parlé, lequel jardin sera à proximité de la dte maison.

Les vendeurs se réservent en outre pour eux personnellement pendant leur vie l'usage et la jouissance des meubles et objets compris dans la seconde partie de l'état ci-annexé, en apportant pour la conservation des dts objets tous les soins et ménagemens convenables. L'acquéreur sera lui meme tenu de se conformer aux reserves exprimés en l'acte de retrocession cy apres mentionné consenti par Michel Richer fils du vendeur de ce jourd'huy par devant nous dits notaires.

La terre présentement vendue appartient aux vendeurs au moyen de la remise et retrocession que leur en a faite Michel Richer dit Louveteau leurs fils, par acte passé devant J.A. Berthelot l'un des notaires soussignés, qui en a gardé minute, et son confrère, en date de ce jour, duquel acte ainsi que de tous les autres titres concernant la propriété de la dite terre les vendeurs s'obligent livrer et remettre des expéditions dûment quittance et en à l'acquéreur, à première requisition a peine de tous dépens et dommages.

Mouvant la dte terre en la censive de la seigneurie du Lac des deux Montagnes envers le domaine de laquelle elle est chargée de cens et rentes et autres droits seigneuriaux que les parties n'ont pu déclarer au juste, de ce interpellés par l'un des notaires soussignés.

Pour tout et sans aucune autre charge, dettes, redevances ni hypotèques quelconques,ainsi que les vendeurs l'ont dit et affirmée, franche et quitte la dite terre des arrerages des dts cens et rentes du passé jusqu'à ce jour.

A la charge néanmoins par le dt acquéreur des paiements a faire pour les dépenses de la bâtisse et construction de l'église de St Benoît suivant que la terre présentement vendu se trouve [inclu] dans l'acte de dépense et répartition pour l'édification de la dte eglise, dûment homologué.

Cette vente est faite en outre pour et moyennant le prix et somme de sept mile neuf cent quarante cinq livres - la livre de vingt coppres, dont six mille sept cent quatre vingt huit livres dix sols pour le prix de la dte terre, deux cent livres pour le prix de la coupe de bois ci-dessus mentionnée, et neuf cent cinquante six livres dix sols pour le prix des animaux et meubles ci-vendus.

Pour et en consideration de ce prix total le dt acquéreur s'oblige a peine de tous dépens, dommages et intérêts, envers les dts vendeurs qui l'acceptent:

1 D'acquitter les vendeurs envers Michel Richer dt Louveteau leur fils d'une somme de douze cents livres, la livre de coppres, dont six cent livres sont exigibles dans le cours du mois de mars de l'année prochaine et le reste à la St Michel de la même année, ainsi que convenu entre les vendeurs et leur dt fils dans l'acte de retrocession ci-dessus relaté.

A se faire était présent le dt Michel Richer dt Louveteau fils, cultivateur, demeurant en la dte paroisse St Benoît, lequel a declaré avoir la délégation ci-dessus faite à son profit pour agreable et a, par ces présentes, accepté le dt acquéreur pour son débiteur de la sudte somme de douze cents livres sans aucun recours contre les vendeurs qu'il quitte et décharge entièrement.

2 De bailler et payer aux vendeurs pendant leur vie, en leur demeure sur la dte terre, une rente & pension annuelle et viagère consistant dans les objets suivans; savoir trente minots de bled froment, sec, net, loyal et marchand, converti en farine, dont dix minots seront livrés dans le cours du mois de septembre, dix minots dans le cours du mois de décembre et les dix autres dans le cours du mois de mars. Trois cents livres de lard à prendre par un ou deux cochons qui ne pèseront pas moins de cent cinquante livres chacun avec les pieds, têtes & pannes comme on les porte au marché livré vers les fêtes de Noël, cinquante livres de boeuf, vingt quatre livres de tabac à fumer du pays, douze livres de savon, douze livres de chandelles, vingt quatre cordes de bois de chauffage, franc, buché du printemps dont douze cordes seront de la longueur du poële dont les vendeurs feront usage et les douze autres cordes de trois pieds de longueur d'une pointe à l'autre, quatre veltes de rum, cent cinquante livres, la livre de vingt coppres en deniers comptans, un minot de sel, un minot de pois cuisans pour la soupe, une demi-livre de poivre, le tout livré dans le cours du mois de décembre, vingt-quatre livres de sucre du pays livré dans le cours du mois de mai.

Cette vente sera ainsi payée chaque année aux termes ci-dessus, tous les dts objets de bonne qualité, jusqu'au décès de l'un des vendeurs, époque à laquelle la sudte rente diminuera de moitié à l'exemption du bois de chauffage et de la chandelle qui continueront d'être fournis en entier, avec la moitié de tous les autres articles de la dte rente, au survivant des vendeurs jusqu'à son décès. A commencer à entrer en paiement de la sudte rente dans le cours du mois de septembre prochain. La St Michel de chaque année étant considérée par les parties comme le terme où toute la dte rente sera et commencera à être due, sauf les termescy dessus convenus pour son exigibilité; de sorte que si les dits vendeurs décédaient avant la susdt terme leurs héritiers n'auront droit à aucune proportion quelconque de la dte rente.

Il est convenu aussi que lorsque les vendeurs ne pourront plus cultiver leur jardin ci-dessus réservé par eux mêmes l'acquéreur en pourra prendre possession, et il sera tenu leur bailler et fournir chaque année dans le cours de l'automne cent belles pommes de choux, quatre tresses d'oignons & une tresse d'ail & huit minots de patates, lesquels articles diminueront de moitié lors du décès de l'un des vendeurs.

3 De fournir aux vendeurs pendant leur vie, à commencer l'année prochaine, à compter du premier jour du mois de mai jusqu'à la Toussaint de chaque année les laitages d'une bonne vache, laquelle sera pacagée sur la terre ci-vendue, et sera aux soins et pour le profit des vendeurs depuis le dit terme du premier de mai jusqu'à la Toussaint de chaque année.

4 De fumer le jardin des donateurs en temps convenables et d'entretenir la maison qu'ils occuperont sur la dte terre et ses dépendances de toutes réparations locatives.

5 De nourrir convenablement, à commencer à la St-Michel prochaine, et pendant la vie des vendeurs, leur cheval si mieux n'aime le dt acquéreur fournir aux vendeurs pour la nourriture du dt trente minots d'avoine et deux cent cinquante bottes de foin par année. Mais il est convenu que lorsque les vendeurs n'auront plus de cheval, l'acquéreur, au lieu et place de la charge ci-dessus, sera tenu de leur fournir à leur requisition un cheval tout attelé sur une voiture convenable aux saisons pour aller où ils auront affaire, mais non pour travailler pour eux même ou pour d'autres.

6 D'avoir bien et dûment soin des vendeurs dans leurs maladies et infirmités leur fournir toutes les douceurs et choses nécessaires et convenables en pareil cas, même leur procurer à ses frais les soins d'un medecin ou d'un chirurgien si les circonstances l'exigent, et leur salarier une fille pour les servir en cas de besoin.

7 De faire inhumer les vendeurs convenablement après leur décès, avec chacun un service le jour de leur enterrement ou le plus prochain et chacun un autre service au bout de l'an, et de faire célébrer pour le repos de l'âme de chacun d'eux dans l'an du décès, treize messes basses de requiem.

8 De fournir et livrer à Bernard, Eustache et Olivier Richer dit Louveteau, enfans mineur des vendeurs lors de leur majorité chacun une brebis en bon état.

A la garantie de l'execution de toutes emprunts charges et conditions l'acquéreur oblige et hypotêque tous ses biens présens et futurs outre le privilège par hypotêque spécial acquis aux vendeurs sur les biens présentement vendus.

Et pour plus de sureté à ces présentes est intervenu et fut présent Jean Baptiste Dumouchel, ecuier, marchand, demeurant en la dite paroisse St Benoît, lequel s'est volontairement porté et constitué caution et répondant de l'acquéreur envers les vendeurs, qui l'acceptent, pour raison de l'exécution des charges et conditions de la présente vente, et pour sureté de ce cautionnement le dt sieur Dumouchel oblige et hypotêque tous ses biens présens et futurs.

L'acquéreur pourra sauf les réserves ci- dessus convenu, jouir, faire et disposer des biens présentement vendus comme de chose lui appartenant en toute propriété à compter de ce jour, à l'effet de quoi & au moyen de tout ce que dessus les vendeurs transportent au dt acquéreur tous les droits de propriété fonds trèsfonds, noms, raisons, actions, saisines, possessions & autres choses généralemens quelconques qu'ils pourraient avoir, prétendre ou demander en avoir sur les biens ci-dessus concentant que le dt acquéreur en soit saisi et mis en possession par et ainsi qu'il appartiendra; constituant à cette fin leur procureur de porteur des présentes lui en donnant tout pouvoir, car ainsi &.

Et pour l'exécution des présentes et de leurs dépendances les parties ont élu leur domicile en leurs demeures susdites.  Auxquels lieux, & Nonobstant, & Promettant, & Obligeant, & Renoncant, &.

Fait et passé en la dte paroisse St Benoît, en l'étude de M.J.J. Girouard, notaire, l'an mil huit cent vingt deux, le seize de décembre, apres midi.Les vendeurs et le dt Michel Richer ont déclaré ne savoir signer, de ce enquis, l'acquéreur et sa caution ont signé avec les dts notaires. lecture faite.  Quatre vingt dix septs mots et douze lignes entieres de mots rayes nuls Deux renvoys en marges approuvés et six mots avancés à quatre signés bons.

M J. Félix Ptre

Jan Ba Dumouchel

J.J. Girouard J.A. Berthelot

n.p. not p

16 xbre 1822

Etat descriptif et estimatif des meubles et animaux vendus à messire Maurice Joseph Félix, prêtre, par Paul Richer, suivant le contrat auquel le présent est annexé

1ere partie, contenant les animaux et meubles,

livrés à l'acquéreur

-une paire de boeufs évalués et estimés deux cent livres, la livre de vingt coppres

-deux vaches, ensemble, cent cinquante livre

-quatre moutonnes et un bélier, cinquante livres

-deux cochons de l'année, trente livres

-deux veaux, vingt quatre livres

-six poules ensemble, six livres

-une herse à dents de fer, quatorze livres

2e partie, contenant les objets dont les vendeurs se reservent la jouissance pendant leur vie

-un lit de plume, la couchette, et sa couverture ensemble cent livres

-une armoire à deux venteaux de cinq pieds de hauteur cinquante livres

-une huche, six livres

-un dressoir, dix livres

-une table, neuf livres

-deux marmites, une de trois sceaux et

l'autre d'un, ensemble dix huit livres

-un sac de fil de léton, quatre livres

-un chaudron d'un demi sceau six livres

-un poële de fer avec son tuyau cent vingt livres

-un sceau ferré, trois livres

-une douzaine d'assiette de faillance quatre livres

-une douzaine de cuillères, six livres

-une demi douzaine de fourchettes une livre

-une douzaine de terrines de terre deux livres

-deux cuves ferrées, une grande et une petite, ensemble, quatorze livres

-douze chaises empaillées, neuves, ensemble dix livres

-une poële à frire, une livre

-un moule à chandelle de fer blanc, deux livres

-un fanal, une livre

-deux pioches, cinq livres

-une hache, trois livres

-une faulx, une livre dix sols

-un rouet à pieds, six livres

-un demi minot, douze livres

-un vent, quatre livres

-une charrette avec ses roues ferrées, soixante livres

-une traine neuve ferrée, douze livres

-sept poches ensemble, quinze livres

-une robe de boeuf, vingt quatre livres

-un fer à flasques, deux livres

-un coin de fer, une livre

-Total neuf cent cinquante six livres dix sols ancien cours

Signé et paraphé de Messire Félix prêtre, et de nous notaires, ne varietur, le dit Paul Riché vendeur declarant ne savoir signer Et après lecture faite aux parties

M.J. Félix Ptre

J.A. Berthelot J.J. Girouard

not p .not p.

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LETTRE DU CURÉ AIMARD

AU SUJET DE LA FAMILLE RICHER

DE SAINT-BENOÎT, LE 18 MARS 1838.

(Rapport de l'Archiviste du Québec, 1925-1926).

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Commentaire : Jean-Baptiste Richer fut arrêté et emprisonné suite à sa participation aux troubles de 1837. Cette lettre du curé Aimard et les remarques des curés Paquin et Desêves, attestent du caractère paisible de ce citoyen de Saint-Benoît. Il est à noter qu'on ne fait pas allusion aux troubles survenus au mois de décembre précédent ni du rôle de Jean-Baptiste dans ces événements. Les curés s'en tiennent plutôt à des généralités. Enfin, notons que le curé en poste à Saint-Benoît lors des troubles de 1837, Étienne Chartier, se rangea du côté des patriotes et prêcha la révolte. Il s'enfuit aux États-Unis avant de revenir quelques années plus tard au Canada.

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St-Benoît 18 mars 1838

Je prêtre soussigné curé de St Benoît certifie que Jean Baptiste Richer marchand de la cote St Vincent de la dite paroisse de St Benoît, a toujours été connu pour un homme extremement paisible & jouissant de la meilleure réputation parmi ses concitoyens. Je puis d'autant plus le certifier que je l'ai connu particulierement, étant vicaire dans la susdite paroisse de St Benoît, & qu'il appartient à l'une des plus honnête & des plus respectable famille de l'endroit.

Aimard ptre

Ayant desservi quelques mois St Benoît,

nous pouvons dire que le Sr Richer fils

du Capt Richer cult. de St Benoît, jouit

d'une bonne réputation

St. Eustache le 19 mars 1838

L. Paquin Ptre

F. X Desêves ptre

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DÉCÈS

PAUL RICHER

ÉPOUX DE MARIE CARRIÈRE,

SAINT-BENOÎT, LE 10 AVRIL 1836

(Paroisse Saint-Benoît).

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Aujourd'hui douze avril mil huit cent trente-six par nous prêtre soussigné curé de cette parroisse, a été inhumé dans la nef de cette église le corps de Paul Richer, ancien cultivateur de cette paroisse, époux de Marie James dite Carrière, décédé avant hier, âgé de soixante-seize ans; Et ce en présence de Prisque Charbonneau et de Félix Lahaie qui ont signés et d'un grand concours de parents et d'amis.

Prisque Charbonneau, Félix Lahaie, Chartier prêtre.

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Commentaire : Paul, un des fondateurs de la paroisse Saint-Benoît, recevait l'hommage ultime de ses concitoyens; il était inhumé sous la nef de l'église paroissiale.

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