TROISIÈME GÉNÉRATION


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À la fin de notre dernier chapître portant sur la deuxième génération, on s'était quitté sur les enfants de François et de Marie-Anne Brunet, la branche de la famille Richer dit Louveteau qui est allée s'installer en pays de colonisation, la région de Saint-Eustache. Leurs fils Paul et Jean-Baptiste quittent donc l'un l'île Bizard, l'autre l'île de Montréal, pour s'établir sur des terres nouvellement ouvertes à la colonisation. Dans ce nouveau chapître, nous nous proposons de suivre l'itinéraire de Paul, notre ancêtre, et de son épouse Cécile Brisebois.

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PAUL HERICHER (1735-1821)

et CÉCILE BRIZEBOIS (1738-1819)

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PAUL,

- né le 14 août 1735 à Pointe-Claire, décédé le 27 janvier 1821 et inhumé le 29 à Saint-Eustache « ... âgé de 85 ans ... muni des sacrements ... »;

- fils de François Hericher dit Louveteau et de Marie Anne Letan (Brunet);

- marié le 22 mai 1758 à Saint-Laurent avec :

CÉCILE BRIZEBOIS,

-née le 22 août 1738 à Saint-Laurent, décédée le 5 octobre 1819 et inhumée le 7 à Saint-Eustache;

-fille de Louis et de Marie-Angelique Groux.

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Les enfants

1- Louis, né le 8 mars 1759 à Sainte-Geneviève, décédé et inhumé le 27 octobre 1759 à Sainte-Geneviève.

2- Paul, né le 18 juillet 1760 à Sainte-Geneviève, marié le 19 mai 1783 à Pointe-Claire avec Marie Jammes dit Carrière, décédé le 12 avril 1836 et inhumé à Saint-Benoît.

3- Joseph, né, décédé et inhumé le 10 août 1761 à Sainte-Geneviève.

4- François, né le 22 juin 1762 à Sainte-Geneviève, décédé avant 1781.

5- Marie-Louise, née le 31 août 1763 à Sainte-Geneviève, mariée le 9 février 1787 à Saint-Eustache avec Amable Lebuis, décédée le 6 décembre 1800 et inhumée à Saint-Eustache.

6- Catherine, née le 3 février 1765 à Sainte-Geneviève, décédée avant 1798.

7- Jean-Baptiste, né le 7 avril 1766 à Sainte-Geneviève, marié le 26 janvier 1790 à Saint-Eustache avec Josette Lantier.

8- Joseph, né le 2 septembre 1767 à Sainte-Geneviève, décédé le 12 mars 1769 à Saint-Eustache.

9- Marie-Rose, née le 9 février 1770 à Saint-Eustache, décédée le 18 février 1770 et inhumée le lendemain à Saint-Eustache.

10- Eustache, né le 21 avril 1771 à Saint-Eustache, décédé le 14 avril 1772 à Saint-Eustache.

11- Nicolas, né le 31 mars 1773 à Saint-Eustache.

12- Josephte-Amable, née le 8 mars 1776 à Saint-Eustache.

13- Anonyme, né, décédé et inhumé le 24 juin 1776 à Saint-Eustache.

14- Joseph, né le 5 mai 1778 à Saint-Eustache, marié le 23 juillet 1798 à Saint-Eustache avec Marie Suzanne Paiement.

15- François, né en 1781, marié le 21 septembre 1801 à Saint-Eustache avec Marie Louise Breyer, décédé le 14 septembre 1802 et inhumé le lendemain à Saint-Benoît.

16- Michel, né le 2 octobre 1782 à Saint-Eustache, marié le 11 janvier 1808 à Saint-Benoît avec Marie Amable Franchepagne dit Laframboise, décédé le 29 août 1832 à Saint-Eustache.

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Paul défriche des terres à profit

Dès l'âge de 19 ans, Paul travaille à « faire de la terre neuve » : il est défricheur.  En 1754, il achète de son frère Jean-Baptiste une terre de 60 arpents dont seulement 3 sont défrichés et 3 autres en abattis. Cette terre, sans bâtiment, forme la pointe est de l'île Bizard (Notaire G. Hodiesne, le 6 décembre 1754). Il la garde quelques années seulement, en poursuit le défrichement, puis la revend avec profit à Jean-Baptiste (Notaire L.J. Soupras, le 10 février 1766).

En 1764, Paul se fait concéder une terre en « bois debout » de 3 arpents sur 20, par les seigneurs de l'île de Montréal, les Sulpiciens (Notaire P. Panet, le 10 août 1764). Cette concession est située dans la côte Sainte-Geneviève. Paul habite cette terre seulement trois ans, le temps d'en défricher une partie, d'y construire des bâtiments et de la revendre avec profit.

Paul se marie

Entre-temps, Paul avait épousé Cécile Brisebois à Saint-Laurent, le 22 avril 1758. Dès les premières années de leur mariage, ils renoncent aux droits de Cécile dans la succession de ses parents en retour de sommes d'argent (Notaire G. Hodiesne, les 9 octobre 1759 et 19 septembre 1761). Ainsi, ils n'ont plus aucune obligation envers ces derniers.

À cette époque une femme mariée a le statut d'un mineur. Elle ne peut pas faire de transactions légales sans l'autorisation de son mari. Dans les actes notariés que nous venons d'invoquer, il est écrit « ... furent presens les sr Paul Louveteau et Cécile Brisebois sa femme qu'il autorise a leffet des presentes... » !

Paul et sa famille quittent l'île de Montréal

En 1767, Paul et sa famille quittent définitivement la paroisse de Sainte-Geneviève. Ils vont s'installer en plein pays de colonisation dans la seigneurie du Chêne, appelée également Dumont, sur une terre acquise l'année précédente.

Le peuplement de cette seigneurie, située au nord de Montréal, avait débuté en 1753. Elle est à l'origine de la paroisse de Saint-Eustache fondée en 1769. La plupart des premiers colons de cette seigneurie venaient des paroisses de l'Ouest de l'île de Montréal, dont Saint-Laurent, Sainte-Geneviève et Pointe-Claire. Paul est parmi ces premiers défricheurs.

Dès 1768, il est au nombre des 46 habitants de la seigneurie qui font une pétition en faveur de l'érection d'une chapelle. Onze ans plus tard, on retrouve encore une fois son nom sur une deuxième pétition pour la construction de la première église de Saint-Eustache (Notaire L. J. Soupras, le 14 mars 1779).

En 1766, il s'était donc porté acquéreur d'une terre sur la rivière du Chêne, achetée de Louis Boileau (Notaire L. J. Soupras, le 12 décembre 1766). Cette terre, située du côté sud de la rivière, mesure 3 arpents sur 20 plus ses « continuations », soit 3 arpents sur 10, pour une superficie totale de 90 arpents. Seulement quatre arpents sont défrichés, cinq sont en abattis et tout le reste est en forêt.

La terre comprend une maison en construction qui mesure 16 pieds sur 18, que le vendeur promet terminer le printemps suivant. Ce dernier s'engage également à fournir un homme afin d'aider Paul à équarrir le bois nécessaire pour construire une grange de 35 pieds de long. Enfin, un dénommé Jean Barbary pourra faucher la moitié des prairies, pour les deux prochaines années.

Paul ne garde pas cette terre très longtemps. Cinq ans plus tard, il vend les « continuations » à un voisin, Joseph Denis (Notaire L. P. Soupras, le 4 octobre 1771).  Puis, en 1773, il échange le reste de sa terre pour celle d'Antoine Lahaye, située dans le même rang, toujours le long de la rivière du Chêne (Notaire L. P. Soupras, le 20 octobre 1773).

Les deux terres échangées ont la même superficie, 60 arpents, sauf que celle de Lahaye est en bois debout et n'a aucun bâtiment. La terre de Paul est partiellement défrichée et comprend des bâtiments. Lahaye doit donc payer un surplus, payables en deux ans.

Bien que Paul n'habitait plus l'île Bizard depuis 1764, il y gardait encore des intérêts.  Aussi, en 1783, il vend un arpent de terre qu'il avait obtenu auparavant de son frère Jean-Baptiste en autant qu'il gardât leur soeur Marguerite (Notaire L. J. Soupras, le 10 novembre 1783).

La même année Paul se fait concéder par le seigneur Jean-Eustache Dumont, la concession des « continuations » ou trécarré de sa terre de la rivière du Chêne (Notaire L. J. Soupras, le 24 janvier 1783). Seuls les habitants les plus industrieux obtenaient de telles concessions.

Parmi les conditions du contrat, Paul s'engage à se joindre aux habitants de la seigneurie afin de planter le « mai », sous peine d'amende.

La plantation du mai

La plantation du mai qui avait lieu le premier mai, était une vieille tradition venue de France qui consistait à planter un mât - un sapin ébranché dont on avait conservé la cime - devant le manoir seigneurial. Ce rituel printanier, accentué de nombreuses décharges de fusil, avait pour but, du moins à l'origine, de souligner l'arrivée du beau temps.

C'était, pour le moins qu'on puisse dire, une façon bruyante de célébrer le réveil de la nature.  Cet événement annuel donnait lieu à une fête champêtre au cours de laquelle le seigneur offrait le couvert aux habitants de sa seigneurie. Il va sans dire que la bonne chère était arrosée copieusement de rhum.

La donation en faveur du fils Joseph

En 1798, Paul et Cécile, âgés respectivement de 63 ans et de 60 ans, décident de prendre les mesures nécessaires afin d'assurer leur vieillesse. Ils font une donation en faveur de leur fils Joseph (Notaire P. R. Gagnier, le 14 juillet 1798).

Mariés depuis 40 ans, ils avaient eu seize enfants, la majorité née à Saint-Eustache. Cinq garçons et une fille se marièrent et s'établirent dans cette paroisse ou dans celle de Saint-Benoît fondée en 1799, à même le territoire de la première.

Durant toute sa vie, Paul avait acquis, soit par achat ou par concession, des terres en bois debout qu'il défrichait avant de les revendre avec profit; d'abord à l'île Bizard, ensuite à Sainte-Geneviève, puis à Saint-Eustache.

La vie avait été difficile. Pensons à l'arrivée de Paul à la rivière du Chêne, en 1767, avec sa femme, au moins cinq enfants et sa soeur malade. Ils venaient s'établir sur une terre en défrichement et habiter une maison en construction mesurant 18 pieds sur 16!

Quoi qu'il en soit, en analysant la donation en faveur de leur fils Joseph, Paul et son épouse avaient accumulé des biens qui les plaçaient au dessus de la moyenne de leurs concitoyens. Paul avait mieux réussi que son père François et son grand-père Jacques.

Le bien paternel

D'abord, Paul et Cécile laissent à Joseph leur terre de la rivière du Chêne qu'ils habitent depuis 1773, soit depuis 25 ans. Elle a une superficie de 120 arpents, ce qui est nettement supérieure à la moyenne de l'époque. Soixante arpents sont en terre cultivable et le reste en forêt.

La ferme comprend une maison; une grange de 57 pieds sur 24, avec la toiture en paille; deux écuries dont une de 14 pieds et l'autre de 11 pieds, recouvertes également en paille.

La maison à deux versants mesure 21 pieds sur 16. Elle a un étage et demi; un rez-de-chaussée et un grenier servant de rangement. Le rez-de-chaussée comprend une grande salle commune faisant fonction aussi de cuisine et de salle à manger et, la nuit, de chambre à coucher pour les enfants.

Les meubles pliants sont très utilisés, pensons au « banc du quêteux ».  En plus, on y retrouve, dans un coin dissimulé par un rideau, le lit « cabane » des parents. Un poêle et son tuyau chauffent la maison.

Ce ne sera que plus tard au X1Xe siècle que les maisons seront plus grandes et les pignons plus élevés, ce qui permettra d'aménager les combles en chambre à coucher pour les enfants.

 

La maison de Paul n'a pas de fondation mais est érigée sur de grosses lambourdes (pièces de bois équarries seulement sur un côté) assises sur le sol. Elle est construite en pièce sur pièce assemblée en queue d'aronde.  Les joints sont remplis de boue et de glaise pour garantir la maison du froid et de la pluie.

L'extérieur de la maison est lambrissé en planches de pin posées à la verticale et enduit à la chaux. La toiture de planches est recouverte en bardeaux de cèdre ainsi que les deux pignons aux extrémités de la maison. La cheminée est en terre battue.

À l'intérieur de la maison, les murs sont recouverts en planches de sapin et chaulés. Les planchers sont en madriers. La maison n'a qu'une seule porte d'entrée et deux fenêtres en façade. Deux autres fenêtres, dont une plus petite dans le pignon, sont sur un même côté de la maison.

Les fenêtres sont vitrées et munies de volets tandis que la porte est pleine. Il n'y a pas de galerie. Celle-ci, empruntée de l'architecture américaine, fera son apparition au Québec plus tard.

Pour compléter cette description d'une maison d'habitant de la fin du XV111e siècle, citons un voyageur européen, Isaac Weld, en passage au Bas-Canada à la même époque :

Les maisons sont presque toutes construites avec des troncs d'arbres équarris et posés les uns sur les autres; mais elles sont bâties plus solidement et avec plus de soin que dans les Etats-Unis. Les troncs d'arbres sont mieux façonnés et mieux joints ensemble. Au lieu d'être bruts et raboteux de toutes parts, comme chez les Américains, ils sont parfaitement unis et couverts d'une couche de blanc en dehors; et en dedans ils sont communément doublés de planches de sapin.

Ceci dit, revenons à la donation de 1798.  Paul donne aussi les animaux suivants : trois paires de boeuf, quatre vaches, trois taures, un cheval, dix moutons, cinq petits cochons et deux veaux. Le nombre de bouvillons est élevé pour l'époque.

Les boeufs étant utilisés surtout pour défricher, il est probable que Paul s'engageait auprès de ses voisins pour « faire de la nouvelle terre », ce qui expliquerait la présence de six bestiaux.

Aussi, le nombre de vaches et de taures est haut, si on considère qu'à l'époque les cultivateurs produisaient seulement le lait nécessaire à la consommation familiale.  L'industrie laitière à des fins commerciales au Québec se développera plus tard, soit à la fin du X1Xe siècle.

La donation comprend également des instruments agricoles tels une charrue, une charrette, une traîne et un harnais ainsi que les articles de ménage qui se trouvent dans la maison.

En retour, Joseph s'engage à garder, entretenir et faire enterrer ses père et mère. Ainsi, en plus de la récolte de l'année 1798, Paul et Cécile gardent le droit de vivre dans la maison durant toute leur vie, à moins que Joseph leur construise une rallonge de 14 pieds sur 14.  Ils pourront utiliser les meubles qu'ils auront besoin et avoir leur propre potager.

Joseph doit leur remettre, à chaque année, les produits alimentaires suivants : 38 minots de blé converti en farine et livré dans leur grenier; 300 livres de lard, soit deux cochons avec la panne; 25 livres de boeuf gras; environ quatre litres de rhum; un minot de sel pour saler le lard; une livre de poivre; un minot et demi de pois à cuire et 24 livres de sucre d'érable.

À cela s'ajoutaient les produits de consommation divers suivants : six livres de chandelles pour s'éclairer; six livres de savon; six livres de tabac pour priser et 18 pour fumer, les hommes et les femmes fumaient la pipe et prisaient; vingt cordes de bois franc ou 25 cordes moitié mou, moitié franc.

Lorsque les donateurs ne pourront plus cultiver leur potager, Joseph devra leur fournir chaque année des herbes pour assaisonner leur potage, 50 pommes de choux, quatre tresses d'oignons et deux poches de patates. En plus, il fournira à ses parents, durant leur vie, une vache à lait qu'il entretiendra et remplacera si nécessaire.

Cette énumération de produits donne un bon aperçu du régime alimentaire de l'époque.  Les gens se nourrissaient principalement de pain de blé et de lard; de produits laitiers, dont du lait frais et caillé, de la crème et du beurre; de soupes aux choux et aux pois; d'oignons et, comme dessert, de sucre d'érable.

À cette diète s'ajoutaient les oeufs, les poules et les légumes suivants : laitue, carottes, concombres, haricots, betteraves et radis. Les citrouilles et les melons étaient également cultivés. Comme épices, on pouvait compter sur le sel, le poivre, le thym et la marjolaine.

Durant l'été, les habitants récoltaient des petits fruits: fraises, framboises, bleuets et groseilles.  Ils possédaient habituellement un verger de pommiers, cerisiers, pruniers et parfois de poiriers.

Il est intéressant de remarquer que la culture de la pomme de terre s'est popularisée au Bas-Canada vers la fin du XVIIIe siècle. Mais ce n'est qu'au cours du siècle suivant, qu'elle a prise une place importante dans le menu quotidien. Ainsi, la donation de Paul à son fils ne mentionne que deux poches de patates.

En plus de divers produits alimentaires, Joseph doit fournir à ses parents un habillement de tous les jours à tous les deux ans, des vêtements pour les fêtes et dimanches tous les ans et des chaussures au besoin.

En cas de maladie, Paul et son épouse pourront recevoir, aux frais de leur fils, les soins médicaux appropriés ainsi que l'aide d'une engagée. Joseph devra également les voiturer selon leurs besoins, notamment à l'église.

Lors du décès de ses père et mère, Joseph les fera inhumer suite à un service « ... à l'usage de [la] campagne... », leur fera chanter un service anniversaire au bout d'un an et 25 messes de requiem.

Après le décès de l'un des donateurs, les obligations annuelles de Joseph diminueront du tiers sauf la chandelle, le bois et la fourniture de la vache.  Aux décès de ses père et mère, il entrera en pleine possession des biens cités dans la donation qui demeurent, entre temps, hypothéqués en faveur de ceux-ci.

La donation précise que Joseph s'engage de la même façon envers sa tante Marguerite, la soeur de son père qui est en démence et qui demeure avec eux (à l'époque ce sont les familles et non l'État qui s'occupaient des personnes nécessiteuses). Il doit également garder, pour les deux prochaines années, ses frères François et Michel encore à la maison.

De plus, il leur remettra à leur mariage, une vache, une brebis, deux cochons, une carriole et un harnais. Ses autres frères déjà mariés, Paul et Jean-Baptiste, ont déjà reçus l'équivalent. À sa soeur Marie-Louise, mariée à Antoine Lebuis, Joseph doit payer en argent sa part dans la succession de ses père et mère.

Enfin, dans l'année suivant le décès de ses parents, Joseph remettra à chacun de ses quatre frères et à sa soeur « le légitime ». Il s'agit d'une somme d'argent plutôt symbolique qui sert à éteindre leurs droits dans la succession de leurs parents.

Fort de cette donation du bien paternel, Joseph se marie quelques jours plus tard. Sa nouvelle épouse, Suzanne Paiement, est donc accueillie par ses beaux-parents, la tante de son mari, Marguerite qui est en démence, et ses deux jeunes beaux-frères, François et Michel. Tout ce monde habite dans une maison mesurant 21 pieds sur 16 à un étage et demi!

Joseph a gardé la terre de ses parents pendant plus de vingt ans. En 1819, il l'échangeait avec Jean-Baptiste Spénard pour une autre située dans le même rang (Notaire J. A. Berthelot, le 12 juin 1819). De nos jours, on peut toujours admirer la superbe maison construite par ce dernier en 1833 sur l'ancienne terre de Paul. Cette demeure ancestrale est toujours la propriété de la famille Spénard, propriétaire des Vergers Spénard.

Revenons à Paul, il a vécu encore quelques années, décédant en janvier 1821 à l'âge de 85 ans. Quant à sa femme Cécile, elle était décédée quelques mois plus tôt, en octobre 1819. Ils ont été tous les deux inhumés à Saint-Eustache.

Établissement des enfants

Les cinq fils de Paul et de Cécile se sont établis dans la région immédiate de Saint-Eustache, tout comme leur fille. Il s'agit de Paul, Jean-Baptiste, Joseph, François, Michel et Marie-Louise. Ils ont tous eu des enfants et la plupart compte des descendants encore de nos jours. Dans le prochain chapître, nous rencontrerons l'un d'eux.

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DOCUMENTS

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TROISIÈME GÉNÉRATION

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NAISSANCE

PAUL RICHER

FILS DE FRANÇOIS ET DE MARIE-ANNE BRUNET,

MONTRÉAL, LE 14 AOÛT 1735

(Paroisse Saint-Joachim de la Pointe-Claire).

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L'an mil sept cent trente cinq le quatorzième aoust, je prêtre missionnaire soussigné ai supplée les cérémonies de baptême à un enfant nommé Paul, ondoyé par Marie-Rose Cadieu femme de Paul Brazeau en présence du père de l'enfant, fils légitime de François Richer dit Plouffe et de Marianne Brunet, ses père et mère mariés ensemble, le parrain a été Paul Brazeau et la marraine Maire-Rose Cadieu lesquels et le père ici présent ont déclaré ne savoir signer de ce enquis.

J. Hadel, prêtre.

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NAISSANCE

CÉCILE BRISEBOIS

ÉPOUSE DE PAUL RICHER,

MONTRÉAL, LE 23 AOÛT 1738

(Paroisse Saint-Laurent).

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Le vingt quatrième jour du mois d'aoust mil sept cent trente huit a été baptisée par nous prêtre soussigné, Marie Cécile née le jour précédent, fille de Louis Brisebois et d'Angélique Grou ses père et mère mariés ensemble de la côte de Notre-Dame-des-Vertus de cette paroisse, le parrain Jean Grou, la marraine Cécile Larivière, le père présent, qui ont déclaré ne sçavoir signé, de ce enquis suivant l'ordonnance.

J. Matis, prêtre.

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MARIAGE

PAUL RICHER ET CÉCILE BRISEBOIS,

MONTRÉAL, LE 22 MAI 1758

(Paroisse Saint-Laurent).

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Le vingt deux may mil sept cent cinquante huit après la publication de trois bans faites la première le dimanche de la Pentecôte, la seconde le jour de la troisième fête, la troisième hier au prône de la messe paroissiale, entre Paul Hericher, fils de Francois Hericher dit Louveteau et défunte Marianne Letan ses père et mère, de la paroisse de Ste-Geneviève d'une part et de Cécile Brisebois, fille de Louis Brisebois et de défunte Marie Angélique Groux ses pere et mère de cette paroisse d'autre part, et semblable publication ayant été faite dans la paroisse de Ste-Geneviève comme il m'est apparu par le certificat de Mr Besson curé missionnaire de la paroisse resté entre mes mains. Sans avoir découvert aucun empêchement ny opposition, je soussigné après avoir reçu leur mutuel consentement de mariage leur ay donné la bénédiction nuptiale en présence du dit François Hericher père, Jean Baptiste Hericher frère de l'époux, du dit Louis Brisebois père de l'épouse et de Pierre Plouff oncle de l'épouse, Lesquels tous ont déclaré ne sçavoir signer de ce enquis.

Sartelou, prêtre.

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ACHAT PAR PAUL RICHER D'UNE TERRE À LA RIVIÈRE DU CHÊNE (SAINT-EUSTACHE),

MONTRÉAL, LE 12 DÉCEMBRE 1766

(L. J. Soupras, notaire).

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Commentaire: La seigneurie de la Rivière du Chêne a été occupée principalement après 1753. La colonisation débuta le long de la rivière du même nom où fut établie, par la suite, la paroisse de Saint-Eustache. Paul Richer fut parmi les premiers colons.

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Pardevant le notaire du gouvernement de Montréal en la province de Québec résident à la Pointe-Claire soussigné et témoins en fin nommés fut présent Louis Boileau habitant de la seigneurie des Milles-Iles, y demeurant en la maison de Joseph Proulx habitant du dit lieu, de présent a la ditte Pointe-Claire, lequel a volontairement confessé avoir vendu et par ces présentes vend, cède, quitte, transporte et délaisse du tout dès maintenant et à toujours... à Paul Richer dit Louphteau habitant de la côte et paroisse Sainte-Geneviève y demeurant en sa maison sise sur sa terre du dit lieu, de présent aussy à la ditte Pointe-Claire à ce présens et acceptant acquéreur pour luy, ses hoirs et ayans cause, une terre sise en la seigneurie des Milles-Iles de trois arpents de front sur vingt arpents de profondeur, tenant d'un bout sur le devant à la petite rivière Duchesne avec leurs continuations aussy de trois arpents de front sur toutte leur profondeur qui aboutit au milieu de la presqu'île, joignant d'un costé à Michel Lamaire et d'autre costé à Joseph Danis avec environ quatre arpents en superficie de terre défrichée, cinq arpents d'abbaty et le reste en bois debout, et le quarré d'une maison de seize pieds par dix-huit sur laquelle le dit Louis Boileau promet de mettre le comble à la fin du mois de juin prochain au plus tard...

... que le dit acquéreur a dit bien connaître, l'avoir visité et dont il déclare être content et satisfait. 

Sans en rien réserver par le dit vendeur que le droit par Jean Barbary de faucher pendant deux années consécutives à compter de ce jourd'huy la moitié des prairies qui sont sur les dittes continuations. 

Audit vendeur la ditte terre appartenant pour l'avoir acquis de Jean-Baptiste Turpin... 

Au dit Jean-Baptiste Turpin appartenant pour l'avoir acquis de Bazile Turpin son fils par acte d'échange passé devant le notaire soussigné le vingt-neuf décembre mil sept ans soixante deux le surplus

au dit Bazile Turpin appartenant par acte de concession passé devant me Coron notaire en l'isle Jésus les jour et an y contenues et les continuations

au dit Louis Boileau appartenant par acte de concession passé devant feu Me Hodiesne notaire à Montréal le vingt-trois janvier mil sept cents soixante et quatre lesquels titres de propriété concernant la ditte terre le dit vendeur promet de remettre en mains du dit acquereur à sa volonté à la première demande que luy en sera faitte. 

Mouvant en la censive de la seigneurie des Milles Isles et envers le domaine d'icelle chargée des cens et autres droits seigneuriaux mentionnés aux contrats de concession de la ditte terre et continuations cy dessus vendues quitte néanmoins d'iceux droits seigneuriaux de tout le passé jusqu'au onze novembre mil sept cents soixante et quatre pour de la terre cy dessus vendüe

en user, jouïr, faire et disposer par le dit acquéreur, ses dits hoirs et ayant cause en toute propriété et comme de choses a luy appartenant de loyal acquet au moyen des présentes à commencer la ditte jouissance dès maintenant et à toujours

promet aussy le dit Louis Boileau de fournir au dit Paul Richer un homme suffisémment bon pour luy aider l'automne prochain à égarir une grange de trente cinq pieds. 

Cette présente vente et ainsy faitte à la charge des cens et autres droits seigneuriaux cy devant mentionnés..., debtes ou hypothèques quelconques et en outre le prix et somme de cinq cents livres que le dit Louïs Boileau vendeur déclare avoir eu et reçu dès avant...

a en outre transporté au dit acquéreur tous les droits de propriété... qu'il avait sur la ditte terre et continuations de terres...

et pour... l'exécution... en présence des sieurs Louïs Lécuyer tailleur d'habits et Jean-Baptiste Petit menuisier, tous deux demeurant au bourg de la ditte Pointe Claire.

Louis Lecuyer L. Soupras, notaire royal

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DONATION DE PAUL RICHER ET DE SA FEMME CÉCILE BRISEBOIS

À LEUR FILS JOSEPH,

SAINT-EUSTACHE, LE 14 JUILLET 1798

(P. R. Gagnier, notaire).

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Commentaire : Avant l'implantation de mesures sociales telles les pensions de vieillesse, les personnes âgées assuraient leurs vieux jours en se « donnant », habituellement à un de leur fils.  Ce dernier devenait par conséquent leur « bâton de vieillesse ». Ainsi, Paul et son épouse Cécile Brisebois « se donnent » à leur fils Joseph qui, en retour, doit pourvoir à leurs besoins pour le reste de leurs jours, et même après la mort puisque Joseph devra s'occuper de l'enterrement de ses parents. De plus, l'acte de donation stipule que Joseph devra garder sa tante malade Marguerite et s'acquitter de certaines obligations envers ses frères et sa soeur qui n'ont pas encore reçu leur part dans les biens de leurs parents. Ayant rempli ces dernières obligations, Joseph reçoit devant notaire quittance de sa soeur Marie-Louise le 25 janvier 1800, de ses frères François le 8 mars 1802 et Michel le 8 octobre 1803. La terre donnée à Joseph correspond de nos jours au 837, chemin Fresnière, Saint-Eustache.

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Pardevant le notaire du district de Montréal dans la province du Bas-Canada résidant au bourg et paroisse de St-Eustache dans le comté d'York soussigné et témoins enfin nommés furent présens Paul Richer dit Louveteau habitant de la rivière Duchesne en cette paroisse et Cécile Brisbois son epouse quil autorise à leffet des présentes, lesquell ont volontairement fait donation entre vifs en la meilleure forme que donation peut valoir et pour plus grande sureté ont promis et promettent solidairement l'un pour l'autre un deux seul pour le tout sans division, discussion, ni fidéunion renonçant aux dits bénéfices garantis de tous troubles, dons, douaires, dettes, hypotheques, évictions, substitutions, aliénations et tous empêchements généralement quelsconques à Joseph Richer dit Louveteau leur fils residant avec eux à ce present Amable Lebuis habitant aussi de cette paroisse leur gendre et acceptant donataire pour le dit Joseph Richer son beau-frère ses hoirs et ayans cause à lavenir pour lequel il se porte fort à l'effet des présentes jusqu'à ce quil ait atteint lâge de majorité, une terre sise au sud de la rivière Duchêne susditte de la contenance de trois arpents de front sur quarante arpent de profondeur, environ sans garantie de mesure precise pour la ditte profondeur, tenant pardevant a la ditte riviere Duchesne par derriere a la ligne seigneurialle du lac des Deux Montagnes, d'un côté à l'est à la terre de Jean-Baptiste Lalande et de l'autre à celle de François Langevin dit Lacroix sur laquelle il y a une maison en bois de vingt un pieds sur seize couverte en planches et bardeaux garnie de ses planchers haut et bas de bois de sciages, chassis vitrés portes et contrevents, item une grange en poteaux enterrés de cinquante sept pieds sur vingt quatre couverte en paille deux écuries dont une de quatorze pieds quarrés et l'autre de onze pieds quarrés aussi couverte en paille, environ soixante ar pens de terre nette le reste en bois debout, donnent en outre trois pairs de boeuf dont une paire de cinq ans, une de quatre ans et l'autre de trois, quatre vaches dont une de huit ans deux de six ans et une de deux ans, trois taures, dont une de deux ans, les deux autres d'un an, un cheval de sept ans sain, dix moutons mâ les et femelles, cinq petits cochons du printemps, deux veaux mâles aussi du printemps, une charrue, complettement garnie, une petitte charette avec ses roults demi usées, une traine ferée vielle avec travall ditto, un harnois demi usé; et genéralement tous les articles de ménage et ustencilles d'agriculture qui se trouvent ap- partenir de ce jour et qui appartiendront aux donateurs au jour et heure de leur décès ainsi que le tout se poursuit, comporte et étend de touttes parts, circonstances et dépendances que le donataire au dit nom a dit bien sçavoir et connaître pour avoir le tout vû et visité et dont il est content et satisfait avec condition néanmoins que les animaux cy donnés ne restent plus aux risques des donateurs déclarant les avoir reçu: appartenant la terre cy donnée aux donateurs pour l'avoir eu par bons titres qu'ils promettent et s'obligent remettre au donataire à première réquisition à peine de tous dépens, domages et intérêts.

Mouvant la ditte terre en la censive de la seigneurie des Milles-Iles et envers le domaine di celle chargée de tels cens et rentes qu'elle peut devoir, suivant titre de concession, quitte néanmoins des dits cens et rentes du passé, jusqu'à ce jour, pour la ditte terre et dépendances jouïre, user faire et disposer par le donataire ses hoirs et ayans cause à l'avenir comme de chose à eux appartenante en toutte propriété au moyen des présentes à commencer la jouïssance de ce jour, réservant néanmoins les donateurs la levée de cette année et le droit de jouïre des bâtiments jusqu'au quinze de mars prochain, item, le droit de jouïre de leur maison leur vie durante ou jusqu'à ce que le donataire leur aye bâtit une allonge a la ditte maison de quatorze pieds sur la largeure dicelle, reservent encore le droit de jouïre des meubles de ménage dont ils auront besoin sur ceux cy donnés, leur vie durante et de leur jardin tel quil est clos ce jourdhuy.

Cette donation ainsi faitte a la charge des droits seigneuriaux a l'avenir seulement et en outre pour et moyennant une rente et pension viagère que le dit Joseph Richer sera tenu payer et bailler aux donateurs leur vie durante comme suit, sçavoir trente huit minots de bled froment loyal et marchand combles convertis en farine et rendus dans leur grenier, trois cent livres de lard par un ou deux cochons gras pesant s'il y en deux chacun cent cinquante livres avec les pannes, vingt cinq livres de boeuf gras, deux veltes de rhum, vingt cordes de bois franc sec ou vingt cinq cordes moitié mou et moitié franc aussi sec, un minot de sel, une livre de poivre, six livres de chandelles, six livres de savon, six livres de tabac en poudre, dix huit livres de bon tabac à fumer quand le donataire ne pourra en faire lui-même, un minot et demi de pois cuisants, vingt quatre livres de sucre du pays et quand les donateurs ne pourront plus jardiner le donataire entrera en possession du jardin et alors sera tenu leur fournire annuellement des herbes pour leur potage plus cinquante pommes de choux, quatre tresses d'oignon, deux poches de patattes sera encore tenu leur fournire pour entretient un habillement complet tous les deux ans pour jours ouvriers suivant leur condition et état tels qu'ils ont coutumes d'être; en outre cinquante livres tous les ans pour leur fournire vêtements pour fêtes et dimanches encore les fournire de souliers au besoin lesquels articles de ventes et pensions viagère seront livrés comme suit, sçavoir le bled en farine en deux termes, dix neuf minots au premier de janvier, et les dix neuf minots restants au quinze de mars suivant à commencer la premiere livrai son au premier de janvier de l'année qui sera comptée mile huit cent, le lard au vingt de décembre, à commencer au vingt de décembre de l'année prochaine avec le boeuf gras, le sel, le poivre, la chandelle, les pois, le tabac en poudre; le sucre et le savon en mai à commencer en mai de l'année mile huit cent, les choux, oignons et patattes en novembre, sera encore tenu le dit Joseph Richer fournire aux donateurs leur vie durante, une vache à lait tous les printemps au premier de mai laquelle sera paturée aux frais du donataire et par lui reprise à la Toussaint pour lhyverner à ses frais et laquelle il remplacera en cas de mort; fournira encore aux dits donateurs secours de chirurgien ou medecin en maladies et douceurs convenables en pareils cas, avec une fille pour les servire même en caducité, une voiture à leur besoin aussi de loger nourrire entretenir de vêtements comme ils ont coutume d'être François et Michel Richer ses frères deux ans à compter du vingt neuf de septembre de l'année prochaine en avant même leur fournira des vivres pour aller travailler sur leurs terres pourvu toutefois que ce soit dans les saisons de récoltes guérêts et semences, donnant cependant leurs premiers soins à leurs travaux de ces espèces, en outre leur fournire à leur âge de majorité ou quand ils se pourvoieront par mariage à chacun une vache de trois à quatre ans, une brebis de deux ans, deux cochons maigres dont un d'un an et l'autre du printemps, encore à chacun une carriolle commune blanche et férée avec travails ditto et chaines un harnois avec collier et ferures à la charge de par le donataire ses hoirs et ayans cause à l'avenir acquitter les donateurs de touttes charges, servitudes envers Marie Richer sa tantte tant pour soins, entretient en santé qu'en maladie même en cas de mort de la faire inhumer suivant la condition; plus de payer et bailler à Marie-Louise Richer sa soeur de ce jour à trois ans la somme de cent cinquante livres, la livre de vingt coppres pour lui fournire autant que les donateurs ont donnés à ses autres frères et sours en avancement d'hoirie de leurs successions.

Arrivant le décès de l'un des donateurs la ditte rente et pention viagère diminuera du tiers excepté le bois, la vache et la chandelle que con tinueront d'être donnés en entier, et au décès du survivant la ditte rente et pention viagère sera totalement éteintte amortie et consolidée au fond et propriété des choses cy données. Et à leurs décès le dit donataire sera tenu les faire inhumer avec un service sur le corps de chacun d'eux honnet et commun à l'usage de campagne et de leur faire chanter un pareil service au bout de l'an du décès aussi de leur faire dire à chacun vingt quatre messes basses de requiem pour le repos de leurs ames, et dans l'an du décès payera à chacun des héritiers des donateurs la somme de six livres, la livre de vingt coppres après pour leur tenir lieu de légitime, à ce faire presens Paul et Jean Baptiste Richer, Amable Lebuis et Marie Louise Richer son épouse qu'il autorise à l'effet des présentes enfants et gendre des donateurs lesquels ont dits qu'ils ont pour agréable le présent acte de donation et qu'ils se désistent en raison dicelui de tous droits qu'ils pourraient prétendre en ou sur la terre et autres choses cy données, que de plus ils reconnaissent avoir reçu tant pour ce qui est promis en ces présentes que par ce qui leur a été donné avant chacun égale valeur des donateurs leurs père et mère.

Pour sureté desquelles charges outre le privilege primitif acquis aux donateurs sur la terre cy donné le donataire a obligé, affecté et hypothéqué tous ses biens généralement quelconque présens et avenir une obligation ne dérogeant à l'autre.

Au moyen de ce que dessus les donateurs transportent au donataire tous droits de propriété, fonds, très fonds, noms, raisons, actions, saisine, possession et tous droits généralement quelconques qu'ils pourroient prétendre en ou sur la terre et autres choses cy données dont ils se sont demis et dessaisis à son profit et de ses hoirs et ayans cause voulant qu'il en soit saisis et mis en possession par et ainsi qu'il appartiendra constituant à cette fin leur procureur le porteur auquel ils donnent pouvoir de ce faire car ainsi...

Pour l'exécution des présentes les dittes parties ont élues leurs domiciles en leurs demeures susdittes sur la terre cy donnée auquel lieu & nonobstant & obligeant & transportant & dessaisissant.

Fait et passé au bourg St-Eustache en l'étude l'an mile sept cent quatre vingt dix huit le quatorzième jour de juillet apres midi en presence des sieurs Joseph Lamy Hubert negotiant et Paul Ethier cultivateur témoins residans en ce bourg qui ont signés avec nous notaire les parties ont dittes ne sçavoir signer. De ce enquis lecture faitte et ont faits leurs marques...

sa sa

Paul + Richer père Cécile + Brisbois

marque marque

sa sa

Amable + Lebuis Paul + Richer fils

marque marque

sa sa

Jn Bte + Richer Marie-Louise + Richer

marque marque

Paul Ethier Jos Lemay Hubert

P.R. Gagnier not

Avenant le vingt cinquieme jour de janvier de l'année mil huit cent sont comparus devant nous notaire et témoins soussignés residants au bourg et paroisse St-Eustache comté d'York, Amable Lebuis dit Lavergne et Marie-Louise Richer son épouse de lui autorisée à l'effet des présentes gendre et fille des donateurs nommés en l'acte de donation cy contre et des autres parts écrit lesquelles ont dit et confessés avoir reçu ce jourd'huy de Joseph Richer leur frère et beau-frère donataire au dit acte la somme de cent cinquante livres, la livre de vingt coppres qu'il étoit tenu payer a la ditte Marie-Louise Richer en trois ans ainsi qu'il est dit au dit acte de donation de laquelle somme de cent cinquante livres les dits comparants ont dits qu'ils acquittent le dit Joseph Richer et tous autres à ce faire était présent le dit Joseph lequel a dit qu'attendu qu'il est parvenu à l'âge de majorité depuis la passation du dit acte il accepte par ces présentes la donation à lui faitte en icelui promettant en replire toutes les charges à peine de tous dépens, domage et intérêts. Passé au bourg St-Eustache en l'étude ce jour et an susdits en présence des sieurs Pierre François Caseau négotiant et Toussaient Damour dit Potvin chantre témoins residans en cette paroisse qui ont signés avec nous notaire les parties ont dittes ne sçavoir...

sa sa

Amable + Lebuis Marie-Louise + Richer

marque marque

Joseph + Richer P.F. Caseau

sa marque témoin

Toussaint Damour fils P.R. Gagnier

témoin n.p.

Avenant le huitième jour de mars de l'année mile huit cent deux est comparu devant nous notaires publics du district de Montréal, résidant au bourg et paroisse de St-Eustache, comté d'York, François Richer dit Louveteau fils de Paul Richer et de Cécile Brisebois donateurs nommés en l'acte de donation cy contre et des autrs parts écrit, cultivateur résidant en cette paroisse lequel après que lecture lui a été faite par nous notaires du dit acte de donation cy contre et des autres parts qu'il a dit bien entendre a aussi dit qu'il l'a pour agréable et qu'il l'approuve en tout son contenu consentant qu'il porte son plein et entier effet que de plus il renonce à tous droits qu'il pourrait avoir et prétendre en ou sur la terre et autres choses y données, qu'en outre il a reçu de Joseph Richer, son frère donataire aussi nommé au dit acte tout ce qu'il était tenu lui fournire en vertu du dit acte de donation excepté la légitime y stipulée. Dont quittance.  Passé au bourg St-Eustache en l'étude de Pierre Remy Gagnier l'un des notaires soussignés le jour et an susdits, le comparant a dit ne sçavoir signer de ce enquis lecture faitte et avons signés.

P.R. Gagnier L. Bellefeuille

not. not. pub.

Avenant le huitième jour d'octobre de l'année mile huit cent trois est comparu devant nous notaires publics du district de Montreal dans la province du Bas-Canada residans au bourg et paroisse St-Eustache comté d'York soussignés Michel Richer dit Loufeteau cultivateur de cette paroisse fils de Paul Richer et de Cécile Brisebois donateurs nommés en l'acte de donation cy contre et des autres parts ecrit lequel étant majeur depuis le trois du courant suivant la déclaration après que lecture lui a été faitte du dit acte cy contre qui l'a dit bien entendre a aussi dit qu'il l'a pour agréable et quil consent quil sorte son plein et entier effet suivant la forme et teneur que de plus il a reçu de Joseph Richer son frère donataire aussi nommé au dit acte tout ce quil était tenu lui fournire au désir dicelui, logement nourriture vêtements, vivres une vache, une brebis deux cochons, une cariolle tel que le tout est designé au dit acte dont quittance donné au bourg St-Eustache en létude les jour et an susdits, a dit le comparant ne sçavoir signer de ce enquis et nous avons signés lecture faite sept mots rayés nules.

F.L. Bellefeuille P.R. Gagnier

not. p. N.p.

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DÉCÈS

CÉCILE BRISEBOIS

ÉPOUSE DE PAUL RICHER,

SAINT-EUSTACHE, LE 5 OCTOBRE 1819

(Paroisse Saint-Eustache).

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Le sept octobre mil huit cent dix neuf par nous prêtre soussigné, a été inhumée dans le cimetière de cette paroisse le corps de Cécile Brisebois, femme de Paul Richer dit Louvetau, décédée avant hier âgée de quatre vingt deux ans, munie des sacrements. La dite inhumation faite en présence d'André Étier et autres qui ont déclaré ne savoir signer.

J. B. Gatien prêtre.

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DÉCÈS

PAUL RICHER

ÉPOUX DE CÉCILE BRISEBOIS,

SAINT-EUSTACHE, LE 26 JANVIER 1821

(Paroisse Saint-Eustache).

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Le vingt huit janvier mil huit cent vingt et un par nous prêtre soussigné, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Paul Richer, ancien cultivateur décédé avant hier agé de quatre vingt cinq ans, muni des sacrements donnés sous condition. Fait en présence de François Daoust qui a déclaré ne savoir signer.

J. B. Gatien, prêtre.

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