texte soumis par Emmanuelle Martienne


Le petit homme, de Jodie Foster

Il faut le voir ce petit bout d'homme (introducing Adam Hann-Byrd pour la première fois à l'écran, sensass dans le rôle de Fred Tate): de la graine d'Isaac Newton pas plus haut que trois pommes, trognon comme pas deux. À croquer, vraiment, avec sa gravité prématurée. Le héros, c'est lui, le titre du film (Little man Tate en v.o.). Savais lire à 1 an, écrivait des poèmes à 4, et maintenant qu'il en a 7, peint des fresques murales, pianote comme Mozart et calcules comme Einstein. Bref, Fred émarge chez surdoué, ce qui ne va pas sans poser problèmes relationnels - notamment à l'école où, question camarades de jeu, c'est zéro pointé. Se sent salement seul, le petit homme Tate. 'Reusement qu'il y a sa mère (sur l'air de Elle a fait un enfant toute seule): Dede Tate (Jodie Foster, qui mieux qu'elle?) est serveuse dans un bar. De son génie de fiston, elle a plein la bouche: plus que l'homme de sa vie, c'est sa vie. Mais pas mère poule pour autant, plutôt maman cool, copine et tout ça. À prendre soin l'un de l'autre, forment un couple épatant, les deux. Mais ça fait quand même pas des copains à la récré. La solution, Fred ne la trouvera pas plus à l'institut des surdoués où, entouré de petits monstres de son accabit et ne désirant rien de plus que jouer au ballon, il refusera de faire l'animal de foire. Ce qui sous-tend, n'est-ce pas, tout le poids et la mesure de la différence mise en situation de ghetto. Sur le papier, tout le machin pourraît paraître passablement niaiseux, si Le petit homme n'était enlevé par la réalisation surdouée de Jodie Foster, qui signe ici son premier essai derrière la caméra. Le film alterne les moments forts d'émotion et un humour qu'on qualifiera de bon enfant pour être dans le ton.