L'HISTOIRE:Ellie Arroway, jeune scientifique
idéaliste, passe son temps à sonder l'univers à
la recherche d'un éventuel message sonore.
Elle capte enfin un signal révélant les plans
d'une machine spatio-temporelle...
La vie extraterrestre est-elle de saison? Toujours est-il qu'après un été marqué par les escapades de la Nasa sur Mars et le méga-succès remporté en salles par Men in Black, la sortie de Contact ne dépareillera pas.
Adapté d'un best-seller de Carl Sagan (grande figure américaine de la vulgarisation scientifique, décédé pendant le tournage), Contact affirme d'emblée son ambition. Ici, pas plus de délire paranoïaque façon Independence Day que de dérision impertinente façon Mars Attacks!, mais rien que du sérieux. Doté d'un budget impressionnant, réalisé par un faiseur réputé infaillible. Robert Zemeckis (Forrest Gump), et avec l'une des stars les plus sensibles de sa génération, Jodie Foster, la Warner se croyait à l'abri de tout faux pas et se voyait déjà lancé sur les traces de 2001: l'odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick. C'était, hélas, compter sans les lourdeurs d'un scénario plombé de sentimentalisme. Entre l'inévitable histoire d'amour et les flash-back appuyés sur les traumatismes enfantins de son héroïne, le film aurait pu gagner en nervosité (il dure deux heures et demi).
Néanmoins, pour qui saura faire abstraction de cette mauvaise graisse. Contact atteint aussi des moments intenses. D'abord parce que Zemeckis ne recule devant aucun effet (y compris la mise en avant de Bill Clinton en personne, qui semble ici jouer un véritable rôle) pour donner à Contact un réalisme très probant. Ensuite parce que l'histoire originale imaginée par Carl Sagan est à ce point exaltante que certaines scènes touchent au merveilleux. Notamment toutes celles où la jeune scientificque qu'incarne Jodie Foster s'embarque à bord d'un somptueux vaisseau susceptible de la transporter dans une autre galaxie. Ce seul passage vous met dans un état de fascination rare. Par ce désir d'ailleurs, par cette volonté obsessionnelle de communiquer avec un autre monde, le film de Robert Zemeckis emmené par une Jodie Foster omniprésente et très inspirée, laisse ainsi transpirer un parfum poétique, voire même existentiel (le film s'enivre au passage de quelques interrogations sur l'existence de Dieu) qui mérite qu'on s'y arrête. Le contact a bel et bien lieu même s'il n'est, hélas, qu'intermittent.