QUESTIONS DU 3 AU 12 FÉVRIER
1. La Cour Suprême du Canada vient de rendre une décision très importante encadrant le droit d'exercer un châtiment corporel sur un enfant et permettant, dans certaines conditions, le recours à la fessée par les parents ou à une utilisation modérée de la contrainte physique par les enseignants. S'agit-il, selon vous, d'une bonne décision au plan de l'éthique ?
OU (au choix)
2. Les travailleurs de l'Alcan qui continuaient la production dans les usines à procédé Söderberg à Arvida ont été déclarés dans l'illégalité par la Commission des normes du travail. Par contre, les travailleurs ont défié (jusqu'ici) l'ordonnance de cette Cour en disant que la décision de l'Alcan était immorale (ou illégitime) considérant ses conséquences sociales néfastes pour la région. Croyez-vous que dans cette situation, la légalité devrait peser plus que la légitimité dans les décisions des travailleurs ?
Réponses reçues :
1. SUR LA DÉCISION DE LA COUR SUPRÊME
| 4 février 2004 Tout d'abord, je dois préciser que l'idée que les gens soient inaptes à juger par eux-mêmes si la punition avec violence physique peut aider à l'éducation de leur enfant, et de quelle manière ils doivent l'appliquer, avec combien de force et à quel endroit, m'effraie énormément. Pour ma part, je ne crois pas à la nécessité de la fessée qui selon moi ne fait que créer un climat de peur chez l'enfant qui le laissera confus. Confus, car il ne comprendra pas nécessairement pourquoi ce qu'il a fait est mal. Il se contentera seulement, à la manière dont l'on éduque les animaux, d'agir en ayant le moins de punitions possibles (réprimandes physiques) sans même réellement comprendre pourquoi il ne doit pas le faire. De plus, cette décision me semble assez contradictoire avec le mouvement social actuel visant à réduire la violence. Elle semble sournoisement permettre une forme de violence physique, si minime soit-elle. À l'heure où les médias alarmants nous montrent plusieurs cas de femmes violentées et parfois même tuées par leur maris, la Cour, elle, juge bon de permettre cet acte violent et inutile auprès des enfants. Allons-nous maintenant réglementer les rapports hommes-femmes en permettant une petite tape aux fesses (fessée), pas sur la tête et etc... ? Est-ce une véritable solution pour diminuer les actes de punition trop grands? Définitivement, non. Je ne connais encore personne qui soit capable, dans un grand élan de colère (assez pour frapper son enfant dans le but de le punir), de s'arrêter et de se dire : "Ok, pas sur la tête... pas avec un objet... pas trop fort! Je dois le faire comme ils l'ont dit à la télévision... ". Il me surprend également de voir que la société s'intéresse encore principalement à une seule forme de violence alors qu'on lui connaît plusieurs autres formes, soit la violence psychologique ou encore verbale. On sait que la violence physique demeure la plus "frappante" par rapport au fait que les preuves sont plus faciles à observer visuellement. Pensez-vous qu'un jour nous aurons une loi interdisant de bouder son enfant pour le faire sentir coupable (violence psychologique) si on établit la preuve que cela peut le traumatiser? Bref, c'est pour moi une décision qui demeure inutile, je me demande encore pourquoi la société a ressenti le besoin d'une telle loi. J'admets quand même mon manque d'informations sur le sujet et me suis donc basée sur mon expérience personnelle. De plus, cette loi m'apparaît menaçante car elle permet la violence alors que nous tentons de l'enlever de notre société. Je comprends aussi que cette loi puisse éviter des malentendus comme dans le cas où un professeur frappe par accident un enfant et se fait ensuite poursuivre en cours. Je crois qu'il aurait été préférable de ne pas se prononcer de décision et je ne pense pas que l'adage selon lequel "qui ne dit mot, consent" s'applique ici. Il est seulement question de laisser les parents juger par eux-mêmes tout en maintenant les lois interdisant les actes jugés trop violents pour conserver la sécurité de l'enfant. Caroline Leblond, groupe 3415 |
4 février 2004 D'après moi, la Cour Suprême du Canada a pris la bonne décision en gardant la loi 43 sur le droit des parents et des instituteurs à employer la force pour corriger les enfants. En rendant criminel le châtiment corporel des enfants, ça risquerait de briser des familles. Perdre sa famille cause beaucoup plus de tort à un enfant qu'une petite fessée. De plus, un enseignant pourrait se voir jeter en prison parce qu'il a utilisé la force pour replacer un enfant. C'est détruire des vies pour rien, car les adultes se doivent d’être raisonnables envers les enfants. Par exemple, il est interdit de recourir au châtiment corporel chez les enfants de moins de deux ans, chez ceux qui souffrent de déficience intellectuelle et chez les adolescents. Sont aussi à proscrire les coups et les gestes qui pourraient causer des lésions corporelles. Lorsque le parent donne la fessée à son enfant, le geste doit être réfléchi et d'une force légère. La correction doit pouvoir avoir un effet bénéfique sur l'enfant. En respectant ces limites, l’enfant sera beaucoup plus heureux d’être discipliné par ses parents plutôt que d’aller les visiter en prison. C'est la valeur de la famille qui prône dans cette situation. Andrée-Anne Boily, groupe 3415 |
| 5 février 2004 Tout d'abord, je suis totalement d'accord avec ce que le gouvernement a fait, car il y a des limites à donner la fessée à nos jeunes. Premièrement, de mon point de vue, une correction minime n'est jamais mal placée, il faut savoir quand et comment la donner, pour que le message passe bien. Après tout, qui n'a jamais reçu la fessée étant jeune? Ça nous remet à notre place, et on sait que l'on ne fera plus jamais ça, car peu importe l'enfant, c'est dans l'orgueil que ça frappe. Ce n'est pas parce que ça fait mal à notre postérieur, mais c'est plutôt par blessure au niveau sentimental. Lorsque l'on parle du recours à la force physique pour les enfants, c'est sûr qu'il ne faut pas exagérer. Il faut suivre au moins les règles et ne pas y aller trop fort. Un enfant, après tout, doit apprendre de ses erreurs, et s'il n'en fait pas, il ne saura pas quoi il fait. Mais il faut aussi qu'il apprenne ce qui est bien et ce qui est mal. Nous savons tous que le contact physique entre un jeune et une personne adulte est mal vu, mais malheureusement, il faut bien voir comment se présente la situation acceptée par le tribunal. Il faut avancer dans le milieu psychologique et voir l'apprentissage des enfants grâce autant à l'éducation parentale que celle scolaire. Les jeunes se forment dès la petite enfance et il faut les éduquer avec doigté. D'après moi, le tribunal a bien fait de garder la loi 43. Pour une fois, le tribunal a réalisé une action qui a du bon sens, de mon point de vue. Emilie Bouchard, groupe 3413 |
6 février 2004 Pour ma part, je ne suis pas en accord avec cette nouvelle loi. La force ne me paraît pas une méthode efficace pour corriger et contrôler les mauvaises conduites des enfants. Il est probable qu'une petite fessée portée à un enfant le calme pour un certain temps, mais il n'en reste pas moins que cela ne peut être efficace qu'à court terme. La force exercée sur une personne à plusieurs reprises entraîne en quelque part un sentiment de frustration, de rancune au fond d'elle. Il y a un risque de rendre les enfants plus agressifs en posant ce geste envers eux. Ils auront comme mentalité de régler leurs problèmes par la force plus tard, de réagir promptement vis-à-vis certains obstacles à confronter. Il est aussi évident que les abus seront beaucoup plus propices à se produire et à être acceptés, car même avant que la loi ne soit instaurée, certains parents ont été acquittés après avoir battu violemment leurs enfants d'après un article paru dans le Progrès-Dimanche du 1er février. Puis, qu'est-ce qui en reste de l'importance accordée à la communication? Il me paraît beaucoup plus rentable de raisonner un enfant et de lui faire comprendre les règles établies que de le fesser. La discussion est un outil indispensable pour l'humain, quelque soit son âge. Elle permet à chacun de s'exprimer, de s'expliquer et conduit souvent à des compromis. L'obstruer par la force serait une grave erreur. Elle respecte la liberté de tous et n'empêche d'aucune manière à réprimander une mauvaise action des jeunes par divers autres moyens tels la réflexion dans leur chambre ou un coin, la privation et le saisissement des choses qui leur sont chers. Le souvenir de cela sera plus déplaisant pour eux et les invitera davantage à respecter les règles discutées précédemment. Claudia Tremblay, groupe 3415 |
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9 février 2004 |
9 février 2004 «La fessée - définie comme une série de coups donnés sur les fesses - est une manière de frapper, et donc une violence physique. Cela devrait suffire à rendre inacceptable la fessée administrée aux enfants, en fonction des même règles qui protègent les adultes, pourtant moins vulnérables. »* Je crois également que la fessée ne devrait en aucun cas être tolérée dans une société comme la notre et ce, pour plusieurs raisons. La fessée, en plus d'être inefficace serait, selon plusieurs sociologues et ethnologues, à l’origine de la violence dans notre société. Il m'apparaît également très difficile de définir la limite de la force juste à employer. Premièrement, je ne crois pas que la fessée soit efficace pour faire comprendre à un enfant que ce qu’il vient de faire est mal. Les châtiments corporels, comme la fessée, peuvent permettre de faire obéir un enfant dans l’instant présent, mais ne peuvent, à long terme, que générer peur, angoisse et violence. Il n’est donc d’aucun secours pour les parents d’user de leur force pour faire comprendre quoi que ce soit à un enfant. Je crois que la fessée ne fait que soulager ou défouler le parent qui la donne. Un enfant comprendra beaucoup mieux si, au lieu de couper la communication par une fessée, le parent adopte une attitude ferme en haussant le ton de la voix et en changeant son regard. Plusieurs spécialistes dans le domaine, comme l'ethnologue Ashley Montagu, ont remarqué lors de leurs recherches, que toutes les sociétés où la violence était absente avaient un point en commun : jamais les enfants qui faisaient partie de ces collectivités ne recevaient de châtiment corporel. Plusieurs pensent également qu’un enfant qui aura été battu dans son jeune âge, rendu à l’âge adulte, aura comme réflexe d’utiliser la violence pour régler les problèmes qui se présentent à lui. On estime que 80% des enfants reçoivent la fessée et que dans 30% des cas, la fessée est administrée avec une réelle violence. La question que je me pose est : comment fait-on pour juger si la force employée dans le cas d’une fessée sans témoin était « raisonnable »? Selon moi, pour éviter cette question qui pose un réel problème, nous devrions tout simplement l’interdire. À la lumière de ces arguments, je ne vois pas pourquoi, contrairement à plusieurs pays comme la Suède ou la Norvège, nous permettrions aux parents d’user de leur force pour corriger leurs enfants. Nous devrions commencer dès maintenant à changer cette ancienne mentalité qui considère les coups portés à des enfants comme formateurs, justes, normaux et tout à fait acceptables. * Les dangers sexuels de la fessée , par TOM JOHNSON Jo-Annie St-Gelais dit Lapointe, groupe 3411 |
| 9 février 2004 Tout d'abord, je trouve que la fessée pour la correction d’un enfant n'est pas la solution. On n'a pas tellement évolué... On est mieux de priver l'enfant d'une sortie, d'un programme ou bien pour l'enseignant, de faire une retenue. De plus, le parent qui donne une fessée à l'enfant lui fait voir qu'on peut obtenir tout ce qu'on veut avec la violence, ce qui n'est pas le cas. La base n'est vraiment pas bonne en partant. Pourquoi se défouler sur nos enfants ? L'enfant qui reçoit la fessée répètera probablement à son tour ce que lui a vécu . Donc, il fessera ses enfants, c'est un cercle vicieux. Il ne faut pas élever l'enfant dans la violence. Car il aura appris dès son jeune âge qu'il est en situation de contrôle lorsque la violence est utilisée. Il peut obtenir presque tout ce qu'il veut en agissant ainsi. Donc, tout cela fait une société violente. C'est à ne rien comprendre qu'une loi comme celle-ci soit maintenue. Le dialogue est toujours de mise dans toutes les situations. Il faut prendre le temps avec l'enfant, et aller à la source du problème : pourquoi le parent prend-t-il les nerfs ? (problèmes financiers, familiaux…) Parfois, ce n'est même pas à cause de l'enfant. Pour conclure, je crois que l’enfant peut très bien comprendre si on lui explique les choses calmement et fermement. L’utilisation de la violence n’est pas très enrichissant pour l’enfant. Bref, l'enfant veut de l'amour et non des claques... Anick Simard, groupe 3411 |
9 février 2004 Tout le monde souhaite qu'un jour la paix règne sur la terre. Peu importe la haine que l'on porte à l'autre, on doit lui pardonner et ainsi de suite. Je dis cela pour en venir à la question de la fessée. Dans chaque loi, il y a des milliers de personnes qui exagèrent en appliquant une loi. Quel serait notre avenir si on autorise la fessée ou l'utilisation "modérée" de la contrainte physique par les enseignants? Je ne sais pas si je peux me permettre cet exemple, mais je vais le donner quand même puisqu'il peut s'appliquer à l'être humain en même temps. Lorsque l'on dompte un chien, peu importe le dompteur, ils précisent bien de ne jamais donner la fessée, puisqu'un jour le chien pourrait se retourner contre l'être humain. C'est-à-dire qu'il pourrait devenir très agressif. Il peut aussi arriver que le chien ait une énorme peur de son maître. J'en arrive à la conclusion qu'un enfant ou un élève qui reçoit la fessée de ses parents peut, lui aussi, devenir très agressif ou tout le contraire, c'est-à-dire perdre énormément de confiance en lui. On doit donner le bon exemple, autant à l'école qu'à la maison. Il y a pleins d'autres moyens de raisonner un enfant, pourquoi utiliser celui-ci, qui est, à mon avis, une solution beaucoup trop facile! Karen Hamelin, groupe 3411 |
| 10février 2004 À mon avis, la Cour suprême a pris une bonne décision pour ce qui est de la fessée. Je crois qu’elle a clairement limité les droits des parents et des enseignants en ce qui a trait à la correction physique, ce qui, je le souhaite, empêchera le plus possible l’abus. Cette décision permet un certain contrôle au niveau des droits de l’enfant, mais laisse aussi une certaine liberté aux parents. Bien évidemment, cette loi ne veut pas dire que les adultes doivent battre violemment leurs progénitures. D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il y a de nombreuses restrictions sur les actes que les parents peuvent poser : ils ne peuvent donner la fessée ni à un bébé de deux ans et moins, ni à un adolescent. Cela est purement logique car un bébé n’a aucune idée de ce que signifie une fessée et ne comprend pas pourquoi il en mérite (ou pas) une. L’adolescent, lui, est souvent soit très orgueilleux et/ou il vit un moment difficile de changement et de questionnement dans sa vie. Alors, ce n’est pas une période appropriée dans la vie de celui-ci pour utiliser la fessée en tant que punition, réprimande. De plus, il est interdit d’utiliser un objet quelconque pour donner la fessée. Cette limite démontre que la punition que l’adulte peut infliger n’est pas d’une extrême violence. Une tape sur les fesses de l’enfant ne le traumatisera pas comme s’il avait reçu des coups de « strappe ». Souvent, c’est la signification du geste, bien plus que la douleur, qui montre à l’enfant que ce qu’il a fait est mal. Bien entendu, l’utilisation de la fessée dépend des valeurs personnelles qui dépendent à leur tour, souvent, de la manière dont une personne a elle-même été éduquée. Et, je crois que, même avec cette loi, il est bien difficile de savoir ce qui se passe dans toutes les familles. Isabel
Fortin gr.3411 |
10février 2004 Selon moi, les enfants apprennent de leurs aînés, tout dépendant l'importance qu'ils ont face à ceux-ci. Si le parent se donnent le droit de réprimander l'enfant par des gestes violents, celui-ci pourrait le répéter envers plusieurs autres personnes sans savoir pour quelles raisons il l'a fait. Tout d'abord, même si je ne crois pas que c'est la meilleure solution à adopter, la personne responsable de ses gestes devrait éduquer l'enfant pour qu'il ne fasse pas la même chose. Il doit savoir pourquoi il a reçu cette fessée pour ne pas qu'il le répète. Par contre, tolérer ces châtiments n'est pas une bonne décision au niveau de l'éthique. On
n'élève pas quelqu'un en le battant, il ne comprendra pas mieux son geste fautif car tout ce qu'il apprendra c'est que s'il le refait, il aura mal physiquement. Il ne saura pas pourquoi c'est mal et c'est justement là où il faudrait
axer le problème. De plus, si tout le monde exerce ce droit, il y aura sûrement des gens qui n'auront pas assez de jugement pour le faire correctement et tout ce que cela apportera ce sera des problèmes qui pourraient être graves. |
| 20 février 2004 Tout d'abord, je dois dire qu'ayant moi-même reçu quelques fessées au cours de mon enfance, je suis pour le droit au châtiment corporel par les enseignants et les parents. En effet, cette expérience ne m'a en rien traumatisée et m'a rendue plus raisonnable. Je crois que tout est une question de jugement et de bon sens. Les professeurs ne doivent pas abuser de leurs droits et un parent qui bat son enfant de façon cruelle n'a pas à être excusé en fonction de cette nouvelle décision. La cruauté demeure condamnable même si le châtiment corporel est de vigueur. Je crois sincèrement que ce dernier peut aider l'enfant à mieux comprendre qu'il a mal agi car il voit ce qui lui arrive lorsqu'il fait du mal. Cet acte n'en est pas un de méchanceté s'il est fait uniquement dans le but de mieux éduquer l'enfant. Les personnes qui prétendent que l'éducation doit toujours se faire en douceur ne se rendent pas compte dans quel monde nous vivons. L'enfant n'ayant jamais eu aucune rigueur ne sera pas préparé adéquatement à affronter notre société qui est plutôt violente et dure. De plus, parfois, il n'y a que le châtiment corporel qui est efficace pour ramener à l'ordre un enfant très turbulent. Comme je le disais plus haut, tout est une question de bon sens. Il est évident qu'un enfant battu au sang ne mérite pas cette sanction et que la personne en autorité est allée trop loin. Ce sont les parents et les enseignants qui ont à utiliser leur jugement pour ne pas dépasser les limites de l'acceptable. La loi ne peut régir la façon dont les familles canadiennes élèvent leurs enfants et il serait ridicule qu'une mère se fasse poursuivre pour avoir donné une fessée à sa progéniture. La décision de pouvoir exercer le châtiment corporel est donc d'après moi une bonne décision. Il faut seulement faire attention pour que cette nouvelle norme ne devienne pas un moyen pour les personnes violentes et les batteurs d'enfants de pouvoir se sortir du pétrin trop facilement. Laurance Ouellet Tremblay, groupe 34130 |
2. SUR LA LÉGITIMITÉ DE L'ACTION DES TRAVAILLEURS DE L'ALCAN
| 10 février 2004 La situation d’Alcan est très délicate. Pour prendre position, il faut bien considérer les points de vue des deux camps. Tout d’abord, il faut comprendre le point de vue de la compagnie. Il ne faut pas s’en cacher, les procédés des cuves Söderberg sont moins productifs et plus polluants. Il est plus difficile de contrôler et de capter les émissions de ces cuves. Le Québec s’opposait vivement à la construction d’une centrale au gaz à Suroît, mais il faut aussi penser que certaines usines polluent elles aussi beaucoup trop. Également, les cuves Söderberg sont donc moins rentables, d’autant plus que le dollar canadien ne favorise plus autant l’exportation. Il ne faut pas oublier que le but premier d’une usine est de faire de l’argent. Il est donc plutôt normal qu’on tente de fermer ces cuves au détriment d’autres usines. De plus, l'Alcan a fait tout de même un bon geste en gardant tous les employés de l’usine. Pour ce qui est du syndicat et des employés, la raison de leur moyen de pression est aussi très bonne : la région. Les employés ont beau garder leur emploi, ceux-ci ne seront plus de la région une fois qu’ils iront à la retraite. Même que certains n’existeront plus du tout. Ces emplois sont essentiels pour notre région. Ils sont la source de plusieurs autres emplois dans la région qui ne peut se permettre de perdre ces emplois avec les récentes nouvelles dans notre économie régionale, comme la fermeture de Port-Alfred. Les travailleurs et la population se doivent d’être solidaires pour contrer ces fiascos économiques. Sinon ce sera nous, les jeunes, qui serons victimes de ces fermetures et nous serons malheureusement obligés de quitter la région. De plus, l'Alcan a pris les employés par surprise en annonçant la fermeture. Ils auraient dû l’annoncer avant. D’autant plus qu’ils avaient fait une entente à long terme avec le syndicat. Alors le syndicat a toutes les raisons du monde d’être choqué et de se sentir trahi. Finalement, je crois que les moyens de pressions du syndicat sont justifiés. Leur cause est très noble. Les syndiqués ne pensent pas à eux mais à leurs enfants et leur avenir dans la région. À mon avis, même si maintenant ils sont dans l’illégalité, leurs moyens de pressions restent logiques et légitimes. S’il n'y avait que des discussions et des manifestations, il ne se produirait pratiquement rien, comme dans le cas de Port-Alfred. Je crois qu’on doit supporter les syndicats qui tiennent tête à une immense compagnie pour le bien de la population. Même si les salles de cuves étaient plus polluantes, tout le monde sait que c’est pour des raisons de profits que les dirigeants ferment les cuves. Non pas parce qu’elles ne sont pas rentables, mais seulement parce qu’elles sont moins rentables. D’ailleurs, c’est entre autres pour cette raison que le syndicat demande une usine de remplacement et non pas de maintenir les salles de cuves en opération. Les syndiqués savent que les salles de cuves Söderberg sont d’une technologie moins efficace. De plus, les moyens de pression qui sont faits présentement sont pacifiques et très originaux. Ils mettent l'Alcan un peu dans l’embarras puisqu’il est impossible de fermer les cuves sans une certaine collaboration des travailleurs (car on ne peut laisser le métal en fusion dans les cuves). Aussi, selon moi (et aussi le syndicat), ce n’est pas correct d’utiliser l’électricité de la région pour d’autre régions. On ne peut pas laisser faire cela. Finalement, je crois que les employés ont bien fait de refuser l’entente de principe, puisqu’elle ne proposait même pas le minimum de ce que les employés demandaient : que les emplois perdus dans la région soient recréés (la construction d’une usine serait la meilleure solution). En résumé, je crois que la légitimité prime sur la légalité dans cette situation. Nicolas Tremblay, groupe 3415 |