CYBERCAFÉ PHILOSOPHIQUE

QUESTION DU 6 AU 13 DÉCEMBRE

Le gouvernement libéral du Québec a fait adopter ou se préparer à le faire par l'Assemblée nationale un bloc de lois favorisant la sous-traitance, l'augmentation des frais de garderies, la fusion forcée des établissements de santé,  etc. Les négociations avec les travailleurs du secteur public s'annoncent très dures. Des manifestations importantes ont eu lieu, d'autres encore plus massives se préparent et certains craignent que le climat social du Québec ne soit en train de se détériorer gravement. Mais M. Charest dit qu'il a eu un mandat pour réorganiser l'État, devenu trop gros, et en diminuer les coûts. Selon vous, a-t-il raison ?

 

Réponses reçues :

11 décembre 2003 
" Dans cinq ans, les Québécois ne seront plus les citoyens les plus taxés du continent. Le Québec aura une croissance durable qui s’appuiera sur ses forces réelles et non sur un interventionnisme d’une autre époque. Notre économie sera pleinement concurrentielle. (…)
Nous convions aujourd’hui les Québécois à un grand renouveau de notre société. Dans cinq ans, notre système de santé sera redevenu un des meilleurs au monde; nous aurons gagné des batailles contre le décrochage scolaire. Nos jeunes, mieux appuyés, se sentiront capables de décrocher leurs rêves. Notre économie connaîtra une croissance durable. Elle reposera sur les forces intrinsèques du Québec, et non plus sur des artifices coûteux. (…) "1
- Jean Charest


Détrompez-vous, ceci n’est pas un extrait des nouveaux épisodes de Star-Trek mais bien un aperçu du Québec de demain selon le gouvernement libéral. J’en ai presque les larmes aux yeux en imaginant une multitude de Québécois heureux gambadant dans de vastes champs de tournesols main dans la main.

Redescendons sur terre. Il est vrai que notre belle province n’a plus la forme. Il est grand temps de réduire la taille de l’État. En effet, je crois que ce dernier est beaucoup trop impliqué dans le quotidien québécois et qu’il en est énormément trop dispendieux. Or, seules des mesures radicales doivent être prises pour qu’il y ait un résultat. Malheureusement, la société québécoise est en quelque sorte un bébé gâté. Aide sociale à volonté, assurance chômage à profusion, soins de santé gratuits, etc. Pour retirer une sucette de la bouche d’un bébé, il faut faire preuve de doigté, de tact. Il est évident que notre premier ministre va à l’encontre de cette règle. Résultat : le bébé pleure. Aussi est-il ironique de constater que monsieur Charest fut le premier à critiquer les actes de Lucien Bouchard lors de la fusion forcée de quelques villes québécoises.

Pour conclure, le projet de lois de Jean Charest favorisant entre autres la sous-traitance et la désyndicalisation entrera sans doute en vigueur dans peu de temps, malgré les cris et pleurs du bébé. Il est temps d’agir afin de mettre fin à la détérioration du climat social du Québec. Je crois fermement que plusieurs personnes n’auraient pas bravé la pluie ou même bloqué des routes pour crier à l’injustice si notre premier ministre avait pris le temps d’expliquer les avantages des mesures qui seront entreprises. Malheureusement, nous devrons attendre encore fort longtemps avant de gambader gaiement à travers les tournesols…

Simon Potvin Goulet, groupe 3429

1 CHAREST Jean, LES BELLES PROMESSES DE JEAN CHAREST, [http://www.quebecoislibre.org/030607-12.htm], (2003-12-10)

13 décembre 2003 
La chose qui m’inquiète le plus quand j’entends parler le Premier ministre Jean Charest, c’est l’empressement qu’il a quand il parle de faire adopter ses projets de lois.  Cette rapidité à vouloir les faire adopter, sans même accepter de les débattre en Chambre, commence à me faire douter de leur bien-fondé.  Pourquoi, s'il est sûr de leur valeur, irait-il jusqu’à imposer le bâillon à l’Assemblée nationale?   

Je trouve cette méthode tout à fait anti-démocratique pour un gouvernement qui se dit justement en faveur de la démocratie en permettant un référendum sur les fusions forcées.  En effet, les projets de lois comme celui sur l’augmentation des frais de garderie aura un effet relativement très important pour la plupart des familles québécoises, mais il n’y aura pas de référendum pour cette loi.

Il est tout à fait normal que la population soit préoccupée.  On dirait que le gouvernement Charest est dans un rêve.  Il pense que tout ce qu'il fait est bon et que les Québécois n’ont pas à s’inquiéter de ses actes.  Par contre, ses actions méritent d’être débattues et les Québécois doivent se questionner sur des choses qui changeront sans aucun doute leur quotidien.

 Pour conclure, il me paraît évident que le partiLibéral du Québec n’a sûrement pas reçu un mandat aussi clair qu’il le prétend.  On n'a qu’à regarder la une des médias de la dernière semaine et on se rend bien vite compte que la population n’entend pas se faire passer des lois sans en connaître davantage sur leurs véritables buts. 

Jean-Sébastien Tremblay-Roy, groupe 3429

 
13 décembre 2003 
Personnellement je pense que M. Charest dépasse les bornes en agissant de façon aussi extrême. Il semble vouloir tout régler, le plus rapidement, sans débattre des problèmes qui pourraient retomber de ses projets de lois. Je crois qu’être gouverné par M Charest ne peut que paraître alarmant pour la population actuelle et future du Québec. C’est à se demander où est la démocratie dans tout cela car il a été élu pour représenter le Québec mais on croirait qu’il veut agir seul et comme bon lui semble. 

La population qui dénonce ce manque de jugement assuré doit tenir son bout car sinon vers quoi se dirige-t-on ? Après tout les manifestants ne demandent rien de plus que ce qu’ils ont déjà, seulement de rester au point où ils sont. On se doit de comprendre ces hommes et ces femmes qui luttent pour conserver leurs salaires ou leurs garderies a 5$. Car en luttant pour leur cause ils luttent également pour la nôtre puisqu’on aura un jour notre mot à dire donc il faut espérer qu’il ne soit pas trop tard lorsque les adultes nous remettront le Québec.

Keven Beaumont, groupe3403
13 décembre 2003 
Je crois que le plan de ré-ingénierie de l’État du PLQ et de M.Charest est bien beau sur papier, mais en réalité les gens ne sont pas prêts à perdre de la qualité des services pour une baisse d’impôt minable. Notre cher premier ministre essayait de nous faire croire, pendant sa campagne électorale, qu’il voulait abaisser la dette de notre État en baissant les impôts et sans toucher là a qualité de nos services ( de la poudre aux yeux de notre cher peuple naïf ).

Depuis son arrivée au pouvoir, le chef du parti libéral n’a rien fait qui vaille, et de toute façon, c’est impossible avec un plan d’action comme le sien. La population ne peut accepter de retourner au temps pré-Chartrand. Pourtant, avec la sous-traitance nous retournons directement en arrière, en perdant tous les droits syndicaux que nous avons durement gagnés.

Le peuple devra commencer à se battre sinon, nous allons sombrer dans la misère. Charest trouve que l’État est devenu trop gros, ce n’était pas le communisme quand même, et à l’entendre, il croit que le capitalisme est la meilleure solution. Mon opinion personnelle est qu’il n’y a pas de meilleurs régimes mais un mixte des bons points de chaque régime existant est le mieux à faire ( c’est environ ce que le PQ était entrain de faire ). Pour couronner le tout, je demanderais à la population québécoise de réagir pendant qu’il en est temps, ne laissons pas notre pays être détruit par des anti-syndicalistes qui prônent le patronat.
François Rossignol, groupe 3403
13 décembre 2003 
Pour ma part, je crois que M. Charest a raison. Il n'a pas seulement le droit mais l'obligation morale d'établir de nouvelles règles régissant le code du travail. Voici mes arguments à l'appui de mon opinion.  

Premièrement, la sous-traitance introduit l'aspect compétitif pour les organisations syndiquées et ainsi elle amène une diminution des coûts de main-d'oeuvre pour l'employeur, de manière à soit favoriser les entreprises ayant une plus faible rentabilité ou soit diminuer les coûts d'opération des organismes gouvernementaux. Le modèle québécois se heurte à une réalité nord-américaine où l'État est moins présent dans la vie économique des contribuables. Le taux d'imposition élevé du Québec est un frein à l'essor économique, qui favorise l'évasion fiscale et ce, au détriment de l'État québécois. Tout comme le libre-échange a amené son lot de contestations, la ou les réformes Charest suscitent un lot de contestations. Cela est tout à fait normal, l'être humain a une propension à résister aux changements. Nos voisins Ontariens ont depuis plusieurs années déjà pris un virage à droite sous le gouvernement Harris afin de diminuer le déficit annuel et le passif  de cette province. Au Québec, la dette s'élève à environ 100 milliards de dollars. Ne rien faire et prendre pour acquis la succession de déficits annuels, nous amènerai déjà dans une situation où les générations futures seront endettées et devront payer les dettes encourues au cours des quarante dernières années. Tout comme un médecin ayant diagnostiqué un mal insidieux doit quelquefois prescrire un traitement sévère, M. Charest doit proposer un remède afin de remettre en forme l'économie québécoise. 

Cette décision bénéficiera la collectivité mais pourrait désavantager certains groupes de travailleurs qui le font vivement savoir. Alors, pour le bien de la grande majorité de la population, je crois que M.Charest a raison de proposer ces réformes. On ne peut jamais satisfaire tout le monde. 
Marie-Eve Tremblay, groupe 3429
 

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