CYBERCAFÉ PHILOSOPHIQUE

QUESTION DU  16 AU 23 FÉVRIER

Quelles leçons au plan de l'éthique et de la politique devraient, selon vous, être tirées du scandale des commandites ?

Réponses reçues :

17 février 2004
Il y a quelques conclusions que l’on peut tirer de ce scandale. Tout d’abord, le parti libéral est peut-être au pouvoir depuis trop longtemps. Quand un nouveau gouvernement entre au pouvoir, celui-ci fait multiples changements en arrêtant des projets de l’ancien gouvernement et en en mettant d’autres sur pied. Il tente de changer les choses selon la mentalité du parti et de ses représentants. Ainsi, quand le même parti est au pouvoir depuis longtemps, cette mission  finit par s’accomplir. Les contacts des députés se font également plus nombreux et, étant bien implanté, sont plus tenté de faire des petites (ou grosses) magouilles. Comme on dit si bien : « Là ou il y a de l’humain, il y a de l’hommerie ».

Également, le parti qui dirige a également un trop grand pouvoir. Il peut tout gérer sans que quiconque puisse réellement savoir ce qui se passe. Il devrait faire preuve de plus de transparence. Il est normal que le gouvernement cache certaines choses à la population mais plusieurs autres devraient être dévoilées aux gens. Plus de transparence pourrait prévenir certaines fraudes que des députés seraient tentés de faire. Selon moi, une solution envisageable pourrait être que les députés de l’opposition puissent surveiller l’utilisation de l’argent du parti élu puisque le meilleur intérêt du parti de l’opposition est de dévoiler les pratiques douteuses de son rival et puisqu’il souhaite se faire élire aux élections suivantes. Contrairement aux autres qui pourraient être plus intéressés par l’argent.

Finalement, cette situation met en évidence que des politiciens tentent de cacher la vérité pour pouvoir être élus de nouveau. En effet, Paul Martin a dû quelques fois changer sa version des faits quand à savoir s’il savait ce qui se passait dans le programme de commandite et quand il l’a appris. Devant les élections qui s’en viennent, on voit que Martin tente de cacher la vérité pour garder la confiance des électeurs. Ce qui en vient à la dernière conclusion déjà fort connue de tous : on doit toujours écouter les politiciens avec réserve…

Nicolas Tremblay, groupe 3415

20 février 2004
Le scandale des commandite est une nouvelle qui alimente beaucoup les discussions, principalement parce qu’on connaît à peine les coupables. Nous sommes actuellement dans une situation où il faut faire attention car il est très facile d’accuser tout le monde. Nous n’avons toujours pas la preuve que Paul Martin était impliqué dans cette arnaque, malgré le fait que ses arguments semblent flous. Lorsque les coupables seront trouvés, on saura enfin toute l’ampleur qu’a pris cette histoire au niveau humain.

Depuis toujours, des gens ont tiré parti de leur situation de pouvoir. Cela est tout à fait normal puisque les gens qui se lancent en politique sans avoir en tête la vision d’être puissant sont «très très très» rares. Je crois qu’il est normal de rêver de devenir chef d’un État pour satisfaire son envie de diriger et d’être écouté par beaucoup de personnes. Or, ce pouvoir peut devenir très dangereux à long terme puisque la routine s’installant, ce sentiment disparaît et on n’a plus l’impression que nos efforts sont récompensés. C’est à ce moment qu’on commence à devenir plus égoïste et qu’on veut se faire justice soi-même. On regarde alors d’un œil très attentif les possibilités d’acquérir certains biens sur le dos de l’État sans qu’il s’en aperçoive. Ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous faire de mal. La malhonnêteté nous attire comme un aimant attire un métal et il est très difficile de s’en éloigner.

Cette expérience devrait logiquement nous amener à nous questionner sur la manière qu’a notre pays de former ses gouvernements. Ce scandale n'est certainement pas la seule escroquerie à se produire au Parlement et depuis que le Canada existe que cela se produit. Sans vouloir excuser ce qu’ils ont fait, il ne faut pas dire que les politiciens sont malhonnêtes. Les politiciens sont des gens bien intentionnés car il faut être saint pour aller loin en politique. Il n’en demeure pas moins que des œufs laissés trop longtemps dans le réfrigérateur finissent par pourrir et c’est ça qui sent mauvais. Des politiciens qui commencent leur carrière à l’âge de 25 ans et qui prennent leur retraite à 70 ans ne peuvent pas être totalement irréprochables. Une solution réaliste selon moi serait de refaire les règles du jeu. Le mode de scrutin qui ne permet qu' un député par comté est mauvais puisqu’il favorise toujours le même petit groupe de personnes et fait taire les quelques nouveaux visages qui pourraient ramener les dirigeants sur le droit chemin. Aussi, la notion de politicien de carrière est mauvaise car après un certain temps, ceux-ci connaissent exactement comment fonctionne le système et savent comment en tirer parti.

Dans un premier temps, le moyen d’appliquer ces deux résolutions serait d’imposer un temps maximal où un homme a le droit d’être député et aussi d’instaurer un mode de vote semi proportionnel. Malheureusement, nous ferons comme d’habitude et nous nous contenterons d’accepter la démission des coupables plutôt que de prendre de vraies mesures qui empêcheront ce type de scandale.

Joël Truchon, groupe 3413 
   


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