QUESTION DU 6 AU 13 MAI
En quoi la grève étudiante a-t-elle favorisé le développement de votre conscience politique ?
Réponses reçues :
| 10 mai 2005 La grève étudiante m’a pour ma part conscientisée sur le pouvoir politique que nous détenons en tant qu’étudiants. Ainsi, dans notre mobilisation massive contre la dépréciation du soutien aux études (coupures des prêts et bourses), il a été clairement démontré que nous n’étions pas insensibles et qu’une telle situation nous était totalement inacceptable. Dans ce débat d’ordre politique et de société, les étudiants ont fait preuve de courage, de détachement personnel (face à leur propre réussite scolaire et sans égard vis-à-vis leur situation économique) et d’une grande solidarité, qui je crois a pris par surprise nos représentants politiques. Car pour la plupart d’entre nous, les débats gouvernementaux nous étaient encore indifférents mais ces événements auront su ouvrir les yeux de tous et chacun. Je sais maintenant pertinemment la place qui me revient, c’est-à-dire celle de me tenir informée et d’exprimer haut et fort mon opinion. Gardons à l’esprit que le gouvernement est là par le peuple et pour le peuple. Toutefois, notre premier ministre, Jean Charest, aura su du moins nous éduquer sur une chose essentielle : les droits et devoirs que nous possédons et que nous devons faire respecter. Pour finir, je tiens à souligner que cette lutte à l’injustice est loin d’être terminée ; car pour les professeurs et professionnels le débat ne fait que commencer et les moyens de pression seront, tout comme les coupures, en voie de multiplications. Plus rien ne doit être perdu, il n’appartient qu’à nous de triompher ! Mirka Noël, groupe 3409 |
12 mai 2005 La grève étudiante qui s'est déroulée dernièrement, m'a conscientisé sur le fait que les étudiants détiennent un pouvoir de négociation énorme. Étudiants ? En fait pas seulement les étudiants, mais aussi tous les groupes de personnes qui sont dirigés par des individus. Je crois que la mobilisation étudiante a démontré que le moyen de grève apporte des résultats. Dans le passée, tous les mouvements se sont terminés précipitamment car les investigateurs perdaient leur salaire et ils se résolvaient à arrêter. Au début, je croyais que la grève étudiante ne nous apporterait rien, mais maintenant, je me rends compte que ce moyen fonctionne et qu'il s'agit d'être persévérant pour arriver à une fin. Je crois que nous n'avons pas gagné beaucoup dans cette cause, puisqu'il n'y a pas eu de réinvestissements, seulement des détournements de fonds pour combler les 103 millions. Toutefois, je suis certain que les dirigeants du Québec ont eu peur de voir tous ces étudiants manifester. Je pense qu'ils y repenseront avant de couper dans l'éducation à l'avenir. Mais ceci m'amène à penser que nous avons élu ces hommes pour qu'ils gèrent la province et ses finances. Puisque nous sommes dans un pays démocratique, pourquoi ne pas donnér au peuple ce qu'il réclame ? Étant donné qu'une très grande partie de la population appuyait notre cause, pourquoi ne pas faire ce que la population demande ? Refuser ne ressemble-t-il pas à une forme de dictature ? Pierre-Marc Deschênes, groupe 3409 |
| 13 mai 2005 Ce que je constate suite à cette grève, c’est que la peur nous a été fatale. Nous avons reculé avant d’avoir livré bataille. Comme chaque gouvernement, le nôtre a utilisé un vieux truc, mais très efficace: la peur. En effet, nous avons eu peur. Peur de perdre notre session je crois. La cause n’étant pas moins noble, nous l’avons tout de même perdue. C’est ce que je vais retenir le plus de la politique : « pouvoir ». Ces gens-là ne travaillent pas tous pour nous. Il existe pour eux une réalité bien plus lucrative que ce qu'un simple mandat leur promettait : c’est la guerre du pouvoir de l’argent. Il faut que chacun ait engraissé assez de contacts pour pouvoir prendre une retraite très douillette. L’éducation..?? – Ça ne rapporte pas grand chose pour leur retraite, peut-être même plus de problèmes qu’autres choses : je veux dire par là qu’une société instruite est plus difficile à duper. Pour finir, ce que cette grève m’a fait comprendre ? Elle m’a fait comprendre que je devrais aller en politique pour changer les choses. Ben non…chu pas assez naïf pour croire que les choses change aussi facilement que ça. J’aimerais juste continuer de croire que notre « moi individualiste » si caractéristique de notre société actuelle est sur le point de devenir un « nous souverain », un pays juste et équitable ou les gens n’ont pas besoin de faire la grève pour conserver le droit de s’éduquer. Frédéric Gagnon , groupe: 3419 |
13 mai 2005 Je crois que le conflit de grève a alerté pratiquement tous les étudiants de la province de Québec. Il s’agissait d’une concordance entre les promesses qui ont été faites par notre gouvernement et l’application d’une tout autre spéculation. Dorénavant, les étudiants savent qu’étant donné qu’ils font partie du cœur même de la société, ils ont droit à la même justice que toutes les autres classes sociales. Les assemblées générales qui ont eu lieu dans tous les cégeps et toutes les universités nous ont permis, avec «civisme», de prendre position sur un sujet qui nous touchait tous directement (les bénéficiaires des prêts et bourses) ou indirectement (ceux qui appuyaient la cause ou qui se prononçaient tout simplement contre pour des raisons personnelles). Dans les deux camps, les arguments étaient à l’affût de nous faire réfléchir individuellement et collectivement afin que nous puissions développer notre propre opinion sur le sujet. C’est en méditant ainsi que nous sommes devenus une génération conscientisée en ce qui concerne le domaine politique. Avec une telle expérience, nous sommes conscients que même nous, les étudiants, sommes un groupe qui a énormément de poids et que nous avons considérablement ébranlé l’État en agissant sous forme de grève générale illimitée. C’est tout simplement la grève elle-même qui a formé le caractère des universitaires et des collégiens et qui nous a permis d’acquérir des compétences de jugement dépassant largement la génération établie avant nous. Un enjeu politique au sein même de nos vies, des débats touchant chacun de nous, des arguments fermes et extrêmement controversés, voilà un assaut difficile, mais qui nous a permis d’apprendre et de développer notre conscience politique. Daniel Thibeault, groupe 3409 |
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14 mai 2005
Cette grève
a, en quelque sorte, forcé chacun et chacune à s’impliquer
politiquement et ce dans le but de défendre les intérêts de tous. Les
étudiants ont fait preuve de persévérance et de soutien entre eux. Ils
ont démontré leur solidarité face à cette situation. Mais ma
conscience ne s’est pas éveillée pour autant et mon opinion sur la vie
politique n’a pas changé. Auparavant, je ne m’intéressais pas à la
politique parce que je savais que ça ne servait à rien car se sont
toujours les autres qui décident à notre place, alors à quoi bon ?
Une fois de plus, ma théorie s’est avérée vraie. Bien que je me sois
intéressée un tant soit peu à la politique lors de la grève, ma
conscience ne c’est pas développée pour autant car, pour un si grand débat,
un si grand nombre d’actions et une si grande mobilisation, les étudiants
n’ont récolté qu’une arnaque et une perte de salaire dû au
prolongement des cours. Encore une fois, quelqu’un d’autre met la main
dans notre poche sans que nous ne puissions rien dire. J’ai finalement réalisé
ou plutôt conservé ma vision que la vie politique n’est qu’une
simple loi du plus fort et que je ne trouve toujours pas de raison de
m’y intéresser. La seule chose sur laquelle la grève m’a conscientisée,
c’est que se conscientiser ne sert à rien. Lorsque l’on regarde la situation, les étudiants ne se sont pas rendu jusqu’au bout, là où se tenait l’objectif à atteindre, car grand nombre ne sont pas satisfaits. Les têtes dirigeantes ont une fois de plus réussi à obtenir ce qu’elles voulaient : faire taire le peuple. Je suis, aujourd’hui, plus consciente du ‘’pouvoir’’ politique qu’une masse peut prendre, et ce que ces actions peuvent donner, pas grand chose. Évidemment, cette lutte n’est pas terminée et loin de l’être, je demeure consciente que le jour viendra où ces gens qui nous regardent de haut se verront au pied du mur. Peut-être alors, à ce moment là, je serais intéressée à la politique et je me conscientiserai, mais pour l’instant, ce n’est que du temps perdu. Catherine
Boivin, |
23 mai 2005 Ma conscience politique n’avait jamais été vraiment développée depuis la grève étudiante qui a eu lieu au cours des mois de mars et avril. Je ne me suis jamais profondément préoccupé des négociations gouvernementales et des décisions prises antérieurement par le gouvernement. La grève étudiante m’a fait réaliser a quel point ces décisions sont importantes pour la population. Nous sommes directement touchés par les effets négatifs provoqués par les coupures budgétaires ainsi que par tous les problèmes d’ordre public. Je ne pensais pas qu’autant de jeunes s’intéressaient à la cause et seraient prêts à le crier haut et fort pour se faire entendre. Je pense que les mouvement sociaux peuvent provoquer des réactions auprès des gouvernement concernés mais que ce n’est pas un mouvement de masse qui les fera changer d’idée complètement. Je pense malgré moi qu’ils ne prennent pas ces décisions inutilement mais est-ce toujours la solution gagnante ?! Je ne crois pas et c’est pour cette raison que les étudiants se sont levés au cours des derniers mois pour leur démontrer leur mécontentement face à la coupure budgétaire importante de 103 millions de dollars dans le domaine de l’éducation. Pour répondre, finalement, à la question du cybercafé, je dois admettre que la grève étudiante a favorisé le développement de ma conscience politique. Le fait d’être directement concerné par la problématique m’a fait réaliser l’ampleur des dégâts que peut provoquer une mauvaise décision sur la population et que nous sommes la population…moi, toi et tout le monde. Les problèmes sociaux nous sont adressés…c’est à nous de les résoudre en provoquant des événements comme par exemple, une grève étudiante. Anthony Landry, groupe 3419 |
| 23 mai 2005 La grève étudiante m'a en effet conscientisée à la politique, mais pas dans le sens où je ne l'étais pas avant elle. Le fait que j'y ai participé activement m'a plutôt fait réaliser des difficultés qui s'offrent à ceux qui veulent se lever contre les injustices. En effet, on a toute la liberté du monde lorsqu'il est question d'émettre nos opinions verbalement, mais dès que cela n'est pas suffisant et qu'on veut entreprendre des démarches pour renverser les choses concrètement, ça se complique. On tente de faire croire aux exploités récalcitrants qu'ils se plaignent pour rien, que leurs revendications sont irraisonnables, etc. C'est ainsi que j'ai réalisé plus que jamais que la masse est plus forte que l'individu dans le domaine politique, puisque le volume des manifestations ainsi que le support et l'appui de la population non étudiante, population que se déchiraient les étudiants et les politiciens. C'est en effet elle qui jouait sur la balance, puisque son accord avec le mouvement faisait redoubler d'ardeur les étudiants, tandis que son adhésion aux promesses et compromis du Ministre rendait la cause presque non crédible. Somme toute, j'ai réalisé qu'il existe une sorte de rivalité entre nous et ceux qui sont censés être là pour nous et par nous... Justine Desjardins, groupe 3419 |