CYBERCAFÉ PHILOSOPHIQUE
 

QUESTION DU 12 AU 19 FÉVRIER

L'affaire des caricatures de Mahomet publiées par un journal danois et les réactions des pays et communautés musulmanes soulève un important débat de valeurs : au nom du respect des croyances religieuses, devrait-on imposer des limites à la liberté d'expression ?

Pour nourrir la discussion, voir ces articles du Devoir, l'un  critique à l'égard de ces caricatures, l'autre  partisan de la liberté d'expression .

 

13 février 2006

La liberté d’expression est le droit de chaque être humain d’exprimer son opinion sur un sujet donné. Mais la vraie question qu’il faut vraiment se poser est : jusqu’où ce droit est- il légitime ? Il fût une époque où juste le droit de pouvoir exprimer son opinion et ce, de façon polie, était une chance que peu de gens avaient. Encore aujourd’hui, dans plusieurs régions de la planète, beaucoup de personnes n’ont pas ce droit. Pour nous, peuple super modernisé, ce droit est devenu normal et est considéré comme acquis. A mon avis, c’est à cause de cela que la situation a tellement dégénéré.

Maintenant avec les Chapleau, Fillion, Arthur, tout est désormais permis ; chacun dit ce qu’il veut et de n’importe quelle façon, aucune politesse, aucune décence. Je crois que dans le cas  des caricatures de Mahomet, les musulmans amplifient le sérieux de ces dessins. En fait, les répercussions sont beaucoup exagérées. Mais nous pouvons tout de même considérer ceci comme un avertissement sérieux. Quand stopperons-nous ces gens qui à cause de la chance qu’ils ont d’avoir une tribune disent n’importe quoi à n’importe qui ? L’avenir nous le dira. Mais en attendant, il faudra vivre avec les conséquences provoquées par ces personnages imbus d’eux-mêmes et qui croient que le droit de parole leurs confère tout les droits.

Marc Trottier, groupe 3427

 

15 février 2006

En lisant cette question, je dois avouer que  mon opinion penchait du côté de  la liberté d’expression et je trouvais ridicules les réactions des pays et communautés musulmanes. Après plusieurs réflexions et lectures, ma position a changé considérablement. J’ai vu l’autre côté de la médaille et celui-ci représente mieux mes valeurs.  Premièrement, on doit comprendre que la religion est beaucoup plus présente et importante chez les musulmans que pour la majorité d’entre nous.  Ils défendent cette religion parce qu’elle prend toute la place dans leur vie et qu’elle est  une priorité pour eux. Personnellement, la religion n’a pas vraiment de place dans ma vie et c’est pour cela que j’étais en faveur de la liberté d’expression parce qu’on parlait d’une chose qui n’avait pas la même valeur  pour moi. Alors, si je prenais une chose très  importante à mes yeux, par exemple la famille et que je regardais des caricatures qui la ridiculiseraient, tout prend un autre sens.  Maintenant, après cette réflexion, je crois qu’on devrait imposer des limites à la liberté d’expression.

D’autre part,  la liberté d’expression est un droit important, mais quand celle-ci fait preuve d’un manque de respect, pour moi, elle devient sans importance. La caricature de Mahomet est cruelle. La plupart des musulmans ont beaucoup de misère et vivent des injustices terribles. Dans plusieurs cas, la religion leur donne de l’espoir. En comprenant cela, il est difficile d’envisager de ridiculiser leur religion. Il faut imposer des limites à la liberté d’expression parce que si on accepte de caricaturer Mahomet, on se dirige dans une voie dangereuse car la prochaine caricature sera peut-être quelque chose d’encore plus controversant.

 Josianne Gauthier, groupe 3417

 
16 février 2006

Oui, la liberté d'expression est allée trop loin. En premier lieu, il faut comprendre la situation du Moyen-Orient. Là-bas, la religion est plus qu'importante, ces pays insèrent une dimension mythique à leur politique par le biais de celle-ci. Alors, autant au niveau social que politique, c'est la religion qui a le dernier mot. Tandis qu'ici en Occident, dans notre démocratie laïque, la religion n'a peu ou presque pas d'importance, puisque nous sommes plutôt désacralisés. Donc, vu leur contexte social et politique, oui les caricatures de Mahomet étaient irrespectueuses envers les Musulmans. La liberté d'expression doit d'elle-même fixer les limites morales de l'opinion, par des balises inhérentes justifiant l'efficacité de son utilité, et elle doit promulguer une connaissance générale et universelle.

 Pierre-Olivier Simard, groupe 3413
29 février 2006

Je crois qu’il n’y a aucune raison pour qu’on impose une limite à notre liberté d’expression, tant que nous ne sommes pas ailleurs où la liberté d’expression n’est pas la bienvenue. Moi, par exemple, si je vais à Téhéran et retire le voile d’une femme dans la rue ou si je vais en Inde traiter les vaches de la même manière que nous les traitons au Québec, les religions de ces pays ne se donneraient pas la peine de m’écouter moi et mon droit à ma liberté d’expression (québécoise). Prenons maintenant comme exemple la tradition sikh, (religion de l'Inde) dont les adeptes viennent demeurer au Québec et ne se soucient pas de notre loi., celle qui stipule qu’il est défendu d’apporter une arme blanche dans un établissement scolaire. Parce qu’il s’agit d’un symbole religieux, on fait basculer « la balance de nos règles » de leur côté. (Je crois que maintenant les sikh n'ont plus le droit), mais le fait est qu’il purent temporairement jouir de ce droit religieux interdit sur le dos de nos bonnes et timides règles d’ici. Je n’ai exprimé ici que mon opinion, à mon avis je crois qu’elle est valable. Je sais respecter les droits des autres malgré que je finirai comme suit : « Si on a accepté de vivre dans un pays qui respecte la liberté d’expression, on doit donc se conformer à ces règles, ces droits, mœurs, etc. » (tout en sachant la définition du mot caricature.).

Alexandre Déry-Gagné, groupe 3427
 

13 février 2006

La liberté d’expression est le droit de chaque être humain d’exprimer son opinion sur un sujet donné. Mais la vraie question qu’il faut vraiment se poser est : jusqu’où ce droit est- il légitime ? Il fut une époque où juste le droit de pouvoir exprimer son opinion et ce, de façon polie, était une chance que peu de gens avaient. Encore aujourd’hui, dans plusieurs régions de la planète, beaucoup de personnes n’ont pas ce droit. Pour nous, peuple super modernisé, ce droit est devenu normal et est considéré comme acquis. A mon avis, c’est à cause de cela que la situation a tellement dégénéré.

Maintenant avec les Chapleau, Fillion, Arthur, tout est désormais permis ; chacun dit ce qu’il veut et de n’importe quelle façon, aucune politesse, aucune décence. Je crois que dans le cas  des caricatures de Mahomet, les musulmans amplifient le sérieux de ces dessins. En fait, les répercussions sont beaucoup exagérées. Mais nous pouvons tout de même considérer ceci comme un avertissement sérieux. Quand stopperons-nous ces gens qui à cause de la chance qu’ils ont d’avoir une tribune disent n’importe quoi à n’importe qui. L’avenir nous le dira. Mais en attendant, il faudra vivre avec les conséquences provoquées par ces personnages imbus d’eux même et qui croient que le droit de parole leurs confère tout les droits.

Marc Trottier, groupe 3427

 

 

19 mars 2006

Je n’ai malheureusement pas vu les caricatures en question, mais je ne crois pas que cela influencerait mon opinion.

Je crois en partie à la liberté de presse ou d’expression. Oui, dans le monde où l’on vit, on devrait pouvoir dire ce que l’on veut, mais il y a une façon de le faire. Tout le monde a un jour fait rire de lui, que ce soit à cause de l’habillement, de la taille ou même juste à cause d’un accent ou d’une expression. Certains propos peuvent être blessants, c’est vrai. Mais avec la maturité, l’être humain devrait pouvoir faire la part des choses et accepter que «si on vaut pas une risée, on vaut pas grand-chose». Lorsqu’on s’attaque à une icône, il faut s’attendre à une réaction de quelqu’un.

 Par contre, en aucun cas cela ne devrait déclencher une vague de violence comme celle-là. Imaginez quelques secondes si nous étions partis en guerre contre le journaliste qui a publieé la photo de notre «très…cher ex premier ministre» Jean Chrétien alors qu’il portait un casque de l’armé canadienne du mauvais côté! Sans aucun doute que cette photo a fait le tour de la planète. Avons-nous fait sauter des bombes ou proclamer des représailles? NON!!! Bien sûr, il ne faut pas comparer Jean Chrétien à un Dieu, mais lui au moins il n’est pas mythique. Alors, pourquoi une simple demande d’excuse n’était pas suffisante ? Pourquoi la violence? J’ai vu sur le réseau «canoë»,(le 5 mars 06) une nouvelle qui disait que le #2 d’Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri appelait « le mouvement radical palestinien Hamas à poursuivre la lutte armée ».

Alors ici, est-ce vraiment la liberté de presse qui est en cause ??? Ce n’étaient que des caricatures…

Stéphane Beaudoin, groupe 3427

 


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