CYBERCAFÉ PHILOSOPHIQUE

QUESTION DU  1er MAI AU 10 MAI

Parmi les conceptions politiques étudiées, en voyez-vous une qui, selon vous, est susceptible de nous permettre de vivre dans un monde meilleur ?

Réponses reçues :

3 mai 2004
Selon moi, bien qu'inapplicable dans une société aussi grande que la nôtre pour des raisons énumérées plus bas, l'anarchisme autogestionnaire serait la meilleure façon d'en arriver à un monde infiniment plus juste et équitable.
En effet, celui-ci permettrait, dans un premier temps, d'éviter une multitude de guerres qui sévissent dans plusieurs pays et qui  scindent même ceux-ci en plusieurs parties opposées en raison des cultures, des langues et des philosophies différentes. Je parle ici aussi bien du conflit qui nous oppose aux Amérindiens que de celui qui nous oppose au Canada anglais, ainsi que de celui qui oppose Israéliens et Palestiniens. Si chaque communauté détenait assez de pouvoir pour elle-même, les Amérindiens, dans la perspective de l'Approche Commune (très bien vulgarisée et expliquée dans un texte récent d'un chercheur de l'UQAC, paru dans Le Quotidien), seraient en mesure d'établir leurs priorités quant à leur réseau de santé, leur culture, leurs problèmes différents des nôtres (le taux d'alcoolisme, par exemple) ou de leur taux de chômage. C'est ainsi que chaque société, chaque petit groupe, où qu'il soit, pourrait s'autogérer à différents niveaux et éviter bien des conflits relatifs à l'annexion de pays à d'autres (Palestiniens-Israéliens), d'unifications (Allemagne) de conflits intérieurs (Flamands versus Wallons, Belgique), etc. L'anarchisme autogestionnaire est donc le meilleur moyen, à ce niveau, d'éradiquer des milliers de conflits qui enveloppent la Planète.

Il y a cependant une échelle à escalader (ou à descendre ? Ça dépend des points de vue) afin d'en arriver à un anarchisme autogestionnaire total. On ne pourrait pas, du jour au lendemain, abolir l'État et, du coup, tous les conflits mondiaux que sont la faim, le sous-développement, les guerres, etc. Si l'on revient à l'échelle du Québec, il faudrait commencer par voir les minorités culturelles qui ont un manque à gagner dans la société, comme les Amérindiens, exclus, jalousés à cause de leurs avantages et répudiés à cause de leur si grande différence. Petit à petit, on pourrait aussi étendre le processus aux régions-ressources, aux villages et villes éloignés, etc. Mais ici, après tout ça, se pose un problème: que faire des grandes agglomérations, comme Québec ou Montréal ?

C'est là que l'utopie commence à apparaître. Comment une ville peuplée de centaines de minorités (qui forment la majorité), pourrait-elles répondre d'elle-même de leurs propres problèmes? Isoler toutes les cultures et redessiner une carte du monde dans une ville-même ? Et puis qui est géré par qui ? Qui gère quoi ? Devrait-il y avoir des frontières ? Démembrer la ville ? (pour employer un mot des libéraux) Voilà de multiples questions qui se posent quant à savoir de quelle manière il serait possible d'implanter un système de ce genre au milieu de villes cosmopolites aussi grandes que Los Angeles !
Pourtant, paraît-il que Porto Alegre, ville d'accueil de deux Forum sociaux mondiaux, fonctionne de cette manière et réussit assez bien. C'est une avenue qu'il vaudrait la peine d'explorer afin d'adapter l'idéologie anarchiste aux sociétés complexes que nous avons bâties et d'où il est difficile de sortir...

Myriam Larouche-Tremblay, groupe 3413

3 mai 2004
Selon moi, le meilleur système politique est un système qui concède un maximum de liberté et d’égalité à tous les êtres humains.  Pour avoir un monde meilleur, les classes sociales, telles que nous les connaissons, doivent être abolies.  Le pouvoir ne doit pas être concentré dans les mains de quelques riches qui n’ont absolument aucune idée de ce dont le peuple a besoin.  Le pouvoir doit appartenir aux gens directement concernés.  Un dirigeant d’une corporation qui n’a jamais visité l’usine qu’il dirige dans un pays lointain n’a aucune idée des besoins de la population pauvre et opprimée sur laquelle il a un pouvoir certain, car travailler est la seule façon, pour les travailleurs pauvres de son usine, d’amasser quelques dollars  par année pour nourrir leurs enfants.  L’entreprise d’un tel homme devrait être gérée par les gens concernés : travailleurs de la dite usine, dans la bonne foi, le souci de bien faire les choses, et non dans le but de s’enrichir au dépens des moins forts.  Un monde meilleur ne peut se réaliser que si tout le monde accepte de vivre dans l’égalité et la solidarité.  On doit laisser tomber le capitalisme et se tourner vers un système économique égalitaire où les revenus sont répartis équitablement  dans la population.

            En ce sens, la théorie politique que je trouve la meilleure est l’anarchisme autogestionnaire.  En effet, cette forme d’anarchisme prône l’abolition de l’État et une réforme du système amenant les classes opprimées à prendre leur place et à créer un monde libre, mais surtout juste.  En pratiquant l’autogestion, on crée un monde à l’image de ceux qui y vivent  et qui répond pleinement à leurs besoins.   Bref, un monde mieux adapté aux gens.  On doit cesser de n’accorder la liberté et le pouvoir uniquement qu'aux riches.

            Cette théorie politique peut sembler utopique.  Effectivement, pour qu’une telle société fonctionne, les gens doivent abandonner leurs conceptions capitalistes, leurs ambitions égoïstes et leur admiration face au pouvoir.  Comme Jean-Jacques Rousseau, je crois fermement que l’homme est naturellement bon, mais que des facteurs liés à notre milieu ou notre éducation peuvent nous faire dévier de notre vraie nature.  Inutile de dire que je ne crois pas du tout en la théorie de Platon, dans le mythe de Gygès, qui dit que l’homme n’est bon qu’uniquement parce qu’il n’a pas le pouvoir de faire le mal.  En ce sens, pour arriver à un monde où tous les êtres sont égaux, nous devons commencer à éduquer les jeunes très tôt et les impliquer dans la politique.  On doit cesser de montrer à nos enfants que la réussite et le bonheur passent inévitablement par la réussite financière.  Il y a des choses beaucoup plus satisfaisantes pour un homme que le seul succès financier, comme la fierté de soi, le sentiment de faire quelque chose de bien pour notre planète  et c’est vers cela que nous devons orienter notre définition de la réussite.  Le problème que l’anarchisme autogestionnaire pose n’est pas facile à régler.  En effet, il faut rallier tous les humains à la même cause.  Il n’est pas évident de faire comprendre à un riche PDG de société qu’il doit cesser de poursuivre le but qu’il a poursuivi toute sa vie, amasser le plus d’argent possible, même si c’est aux dépens des plus faibles, au profit de la poursuite d’un but beaucoup plus humanitaire : un monde meilleur POUR TOUS. 

Il faut cependant faire très attention à ce que la recherche d’un monde autogéré ne passe pas par la dictature, comme le communisme le proposait.  La dictature est beaucoup trop stricte, brime énormément les gens et ouvre la porte à bien du dérapage.  En effet, quand on a trop de pouvoir entre les mains, il est facile d’oublier la raison de tout ce pouvoir et ce que nous devons en faire.  Le passage par la dictature serait contraire aux idées défendues par l’anarchisme autogestionnaire : la justice et l’égalité.  Le projet de société doit passer par la discussion, la compréhension et le ferme désir de voir notre monde devenir un monde meilleur.   D’ici à un éveil populaire massif, la démocratie me semble la meilleure théorie politique, mais il est à espérer qu’un jour, nous adopterons l’anarchisme autogestionnaire.

Jo-Annie St-Gelais dit Lapointe, groupe 3411

 
3 mai 2004
Je dirai que c'est la démocratie qui pourrait mener à un monde meilleur. Un gouvernement du peuple, par et pour le peuple dont l'ensemble des citoyens a le pouvoir. Il est important qu'un citoyen donne son opinion, affirme sa position en toute liberté. Notre pays n'est pas parfait, mais il fonctionne assez bien. Vous savez que l'on adopte une conception ou une autre, le monde parfait n'existe pas ! Un monde meilleur « oui » et pour cela nous avons besoin d'un bon système de gestion, d'organisation ; le Canada est un pays démocrate « non-parfait » mais bien organisé. Vous savez , pour mener à un monde meilleur, nous avons également besoin de l'implication des citoyens, de leur participation, de leur volonté pour contribuer à ce monde meilleur! Nous avons un bon système, mais encore faut-il se demander si les richesses sont bien distribuées ou enrichissent les riches ?

Annie Munger groupe 3411 
6 mai 2004
Je ne crois pas qu'il existe un régime politique nous permettant de vivre dans le meilleur des monde. Mais s'il faut en choisir un, je crois que le meilleur serait le communisme, mais sans les tares et les excès qu'on lui a connus durant le régime de Staline en URSS qui ressemblait plutôt à un règne de dictature et de tyrannie. Je crois qu'il s'agit du meilleur, car je suis pour le partage équitable de la richesse et du travail. Le communisme préconise les services sociaux, l'éducation et la santé en de plus de viser la gratuité de ses services les rendant accessibles à tous. Le communisme améliorait sans doute l'IDH de différents pays comme le Nigeria où la fortune est partagée par quelques individus oeuvrant dans le domaine de l'extraction pétrolière. Cet exemple illustre bien aussi l'unification des classes. Un partage équitable des ressources, des richesses et du travail réduirait le fossé qui sépare les riches des pauvres, contrairement au capitalisme qui ne fait que creuser celui-ci davantage. Finalement, si tous les pays adoptaient ce régime, le PIB par habitants de tous les pays du monde augmenterait et se stabiliserait, éliminant les puissances mondiales telles que les États-Unis et par le fait même l'exploitation des "pays du sud". Donc même le continent africain pourrait sortir gagnant du régime communiste. 

Annie Gagné, groupe 3415
8 mai 2004
Personnellement, je crois que la conception politique la plus favorable pour mener à un monde meilleur est la démocratie car ce système tient compte autant de la liberté individuelle que de l'égalité. Cette forme de gouvernement serait l'idéal car c'est au peuple d'exercer son pouvoir . De plus, la prise de décision par les citoyens est la façon parfaite, car ce sont eux qui savent ce qu'ils veulent, car ils vivent dans cette réalité. Aussi, cette doctrine tient compte de l'égalité entre l'homme et la femme en leur laissant le droit d'exercer leur vote. Cependant, dans ce principe, la société est soumise à la loi car celle-ci est souveraine donc, tout le monde sans exception doit s'y soumettre. Pour toutes ces raisons mentionnées ci-haut je suis certaine que ce système serait beaucoup plus approprié à notre mode de vie d'aujourd'hui. En effet, nous prônons tous l'égalité la plus grande possible et la liberté de chaque individu peu importe son statut social, sa race, son sexe, sa profession etc. Pour conclure je pense que cette conception de gouvernement est la plus compatible avec la morale.

Catherine Lamontagne, groupe 3411
10 mai 2004
Selon moi, le régime politique le plus susceptible de nous permettre de vivre dans un monde meilleur est la démocratie. En effet, dans ce régime, toute personne est libre de donner son opinion et a le droit de vote quel que soit son sexe, son origine et son statut social, sa race ou son ethnie.  

L’État est géré par le peuple et pour le peuple, ce qui tend à mieux  répondre aux besoins des citoyens. La séparation des pouvoirs entre ceux qui font les lois, ceux qui les exécutent et ceux qui en assurent le respect permet justement que l’État continue d’être géré par le peuple. Le pouvoir ne se retrouve pas uniquement dans les mains d’une instance, ce qui nous  mènerait à l’autoritarisme. De plus, la suprématie de la loi empêche que certaines personnes ne s’y soumettent pas. Je pense que le fait que chaque citoyen donne un peu de sa liberté à l’État afin que celui-ci lui assure la sécurité en retour est bien. Cela permet de maintenir l’ordre social. 

Donc, la démocratie prône la liberté individuelle ainsi que la justice sociale, deux valeurs qui me semblent fondamentales. Dans un régime démocratique, j’opterais pour une idéologie socialiste, qui a à cœur de réduire les conséquences des inégalités sociales contrairement au libéralisme, qui encourage la concurrence et le profit par la loi du marché.

Christine Bouchard, groupe 3411
10 mai 2004
La politique est un sujet qui alimente les conversations familiales depuis des milliers de générations. Je suis certain que tout le monde ici serait capable de me pointer lors de son prochain souper de famille des gens de toutes les mentalités politiques. Il est difficile de se faire une opinion personnelle en les écoutant jacasser car ils ont tous tellement raison. C’est pour cette raison que je vous propose de faire un peu le tour des idéologies politiques qui parviendront à nous conduire à ce que les gens pessimistes appellent une utopie.

Tout d’abord, nous devons nous brancher sur ce qu’est un gouvernement. Il est certain que idéalement, il devrait financer toutes les activités de tous les domaines afin que les gens aient des soins de santé, l’éducation, l’électricité, etc. gratuits. Cette mentalité, habituellement associée au socialisme ou au communisme, est vraiment correcte. Quelqu’un qui a le moindrement de cœur lui est favorable. Cependant, ce que les gens ne semblent pas comprendre, c’est que le pays ne possède pas des ressources à l’infini. Le gouvernement, ce n’est pas une œuvre de charité mais plutôt une business qui ne peut pas se permettre de perdre trop d’argent. C’est pour cette raison que l’extrême-gauche n’est pas intéressante.
Contrairement, tout à l’opposé, il y a les régimes dictatoriaux, le fascisme et l’intégrisme religieux. On n'a pas besoin de fouiller beaucoup pour s’apercevoir que les écrits des penseurs qui ont imaginé ces systèmes devraient être utilisé uniquement à titre de papier de toilette (je ne parle pas des livre religieux ici).
Un peu moins loin à l’est, il y a le conservatisme. Ces idées sont de véritables cultes pour les requins de la finance. Malheureusement, comme ce n’est pas tout le monde qui est béni des dieux, la pauvreté est très difficile à vivre dans ce type de pays. On sent tout de même qu’on approche tranquillement pas vite du but ultime. Pour faire une sorte de compromis, il y a le libéralisme. Maintenant nous pouvons dire que nous sommes en voiture vers notre idéal. Malheureusement, ce n’est qu’une vieille bagnole car les problèmes sociaux continuent de faire rage.
Ainsi, pour faire un bon compromis, il faut regarder à l’endroit qui représente le meilleur compromis selon moi, c’est-à-dire la social-démocratie. Nous pouvons grâce à elle satisfaire le plus de gens possible (ou ne pas satisfaire, dépendant du point de vue). Comme nous sommes entre les deux, personne ne va rouspéter mais en même temps,  personne ne sera satisfait chez les gens de gauche ou de droite. Cependant, c’est ce qu’il y a de mieux donc c’est ce qu’il faut appliquer. Un point c’est tout. Le monde sera meilleur après...

Joël Truchon, groupe 3413 
10 mai 2004
A mon avis, il n'y a pas de monde parfait, mais si j'avais un choix de parti à faire, ce serait sans aucun doute la social-démocratie que je choisirais. Premièrement, ce parti est un parti de gauche qui favorise l'intervention de l'État que ce soit sur le point économique, politique ou social. Celui-ci veut contrôler les inégalités dont l'économie est responsable tout en nationalisant certains secteurs entraînant ainsi une bien moins grande différence entre les riches et les pauvres. Ce ne sont pas des révolutionnaires mais plutôt un gouvernement qui est géré par le peuple et pour le peuple : l'écoute des besoins de tous et chacun est ainsi bien plus performante. Il n'y aurait plus de privatisation ou du moins, elle serait considérablement diminuée, si on la compare à ce qu'elle est en ce moment. Présentement, la démocratie rencontre quelques difficultés car le néolibéralisme monte toujours en flèche dans sa popularité. La démocratie vise à investir dans les système de santé et d'éducation et ne fait surtout pas la remise en cause de l'universalité des programmes sociaux. En fin de compte, le meilleur pour tous est sans aucun doute la liberté de pensée et d'agir et ce, sans s'occuper du sexe ,de l'âge ou de la race... 

Eva Tremblay, groupe 3413


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