CYBERCAFÉ PHILOSOPHIQUE


QUESTION DU 26 JANVIER AU 5 FÉVRIER

Marielle Houle, une infirmière retraitée, a plaidé coupable lundi dernier pour l'assistance au suicide de son fils atteint de la sclérose en plaques (voir article) : elle est passible de 14 ans de prison. Ce fait divers rappelle que la loi canadienne traite le suicide assisté comme un meurtre. Selon vous, le gouvernement canadien devrait-il revoir la loi sur  l'assistance au suicide?

Réponses reçues :

29 janvier 2006 

Il est grandement temps que le gouvernement canadien revoie cette loi car avec l’amélioration des soins, on peut maintenant garder quelqu’un en vie très longtemps. Selon moi, ça doit changer. A la base, j’aimerais pouvoir empêcher que la personne qui aime le plus le malade soit obligée d’aider celui-ci à obtenir cette délivrance qui est, dans ce cas-ci, la mort. Or, la notion de suicide assisté ne me plaît guère, moi, je crois davantage en l’euthanasie, mais pas uniquement à la demande.
Il devrait y avoir un comité qui analyserait les demandes d’euthanasie et qui accorderait celle-ci seulement aux personnes qui ont une souffrance physique extrême sans aucune chance de rémission. Je crois que ce compromis empêcherait beaucoup de gens malades de souffrir physiquement ainsi, que les personnes qui effectuent le suicide assisté de souffrir psychologiquement.

Marc Trottier, groupe 3427

1er février 2006 
 
La mort est une étape de la vie à laquelle nous ne pouvons pas échapper.  La vie humaine a un prix de plus en plus élevé et nos lois ne pardonnent pas le meurtre.  Mais le suicide est une autre chose, c’est enlever une vie, mais pour empêcher la souffrance.  Quand la situation le requière, pourquoi ne pas faire appel au suicide assisté ?  Il faudrait cependant passer par plusieurs examens physiques et psychologiques pour reconnaître que la personne souffre et qu’il serait mieux pour elle de quitter notre monde.  Mais cette loi n’est pas encore en vigueur dans notre pays, elle est juste en discussion.  Cette dame a mis fin a la vie de son fils d’une façon humaine et bien faite. 

Je souhaiterais que la loi sur le suicide assisté soit revue pour que, de façon très sécuritaire, nos mourants puissent mettre la fin à leurs jours légalement.  La vie a son prix, mais la souffrance peut être pire que la vie, quelques fois il est bon de voir partir une personne en phase terminale pour qu’elle puisse enfin se reposer.  Certains disent que si cette loi est adoptée, il y aura abus et suicide pour des raisons non valables.  Si le suicide assisté est bien encadré comme dans certains autres pays, aucun problème ne sera créé, au contraire nous vivrons mieux parce que nous saurons que c’était pour le mieux de la personne.  En fait, c’est une question de pitié et de compréhension, que de mettre  fin aux souffrances d’une personne.  D’ailleurs, c’est ce que nous faisons avec les animaux, et c’est juste normal… c’est un peu exagéré du côté des animaux parce que leur vie ne vaut pas grand-chose à nos yeux.  Le seul point difficile à accepter c’est qu’une personne chère à nos yeux décide de s’enlever la vie… Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à voir partir une personne aimée.

Jimmy Genest, groupe 3427

 
1 février 2006
 
Lorsqu'une personne souffre d'une maladie qui se détériore, tout ce que le système de santé trouve à faire, c'est de donner une multitude de médicaments. Ces médicaments permettent de prolonger la vie mais également les souffrances. Bien sûr, il existe des médicaments pour réduire la douleur reliée à la maladie,  par contre, la qualité de vie n'est vraiment plus la même. Quel intérêt de vivre couché dans un lit à longueur de journées, de semaines, de mois ou bien même d'années selon les cas. Imaginez-vous qu'un jours on vous apprenait que vous avez une maladie incurable et que vous devrez passer le peu de temps qui vous reste à vivre à faire des traitements de chimiothérapie, de radio, etc... Ce n'est pas tout, après avoir consenti à de nombreux efforts soit physiques que psychologiques pour soigner votre maladie, le temps arrive où vous n'êtes plus capable de rien, cloué dans un lit d'hôpital avec le personnel médical qui ne cesse de vous faire passer des examens qui, en bout de ligne ne résulteront qu'à votre décès.
 
D'après le gouvernement, le suicide assisté équivaut à un meurtre. Mais oublie-t-il que la loi interdit de faire souffrir une personne tant sur le plan physique que sur le plan moral ? Le fait  d'obliger une personne à vivre avec une douleur physique et psychologique gigantesque ne pourrait pas donner raison de dire que cela revient à être dans un sens en contradiction avec certaines lois?
 
Bref, le gouvernement devrait revoir la loi sur l'assistance au suicide ainsi que celle sur l'euthanasie. Je crois, que l'assistance au suicide devrait être autorisée en fonction de l'euthanasie seulement pour les personnes souffrant de maladies sans aucune chance de rémission. Par contre, contrairement à l'article montré et autres cas déjà vécus, l'assistance au suicide devrait être autorisée seulement par le personnel médical pour but d'euthanasier la personne souffrante. Bien sûr, le fait de pouvoir mettre fin à son existence par ces moyens comporte de nombreux éléments importants. Il ne s'agit pas d'autoriser n'importe qui à mettre fin à ses jours, mais seulement ceux atteints de maladies incurables.
 
Véronique Perron, groupe 3413

 

2 février 2005

Selon moi, le gouvernement devrait revoir la loi sur l'assistance au suicide. L’histoire de Marielle Houle est la meilleure preuve que je puisse vous donner. Cette infirmière a assisté le suicide de son fils qui était atteint d'une maladie dégénérative, souffrante et qui détruisait toute la qualité de vie de ce jeune homme. Pour moi, une bonne qualité de vie est la chose que je souhaite le plus. Elle contribue au bonheur et vivre une vie sans bonheur, ce n'est pas une vie. Comme nous l'avons vu dans le cadre de votre cours, les êtres humains ont besoin de trouver un sens à la vie. Pour cet homme, le sens de sa vie était la maladie, la souffrance, l'incapacité de prendre soin de lui-même et pour finir la mort.

Le gouvernement devrait très certainement revoir sa loi pour des cas comme Marielle Houle et son fils, pour des cas où il n'y a pas d’alternative qui pourrait améliorer la qualité de vie d'une personne, à part la mort. Présentement, le gouvernement contribue au malheur des gens qui sont dans la même situation que le fils de Marielle Houle. Parfois des choses horribles arrivent à des gens et pour moi, le gouvernement est inhumain  de les obliger à continuer de vivre dans une aussi pénible situation. Si je le pouvais, je changerais la vie des personnes qui appliquent cette loi pour celle d’une personne atteinte d’une maladie dégénérative, comme la  sclérose en plaques ou encore je la changerais pour une personne qui doit vivre et regarder quelqu’un qu’elle aime avec plus aucune qualité de vie. Je crois que demain matin, cette loi serait changée. Par contre, il y a toujours deux côtés à la médaille. Si le gouvernement change sa loi, il pourrait y avoir très  certainement des abus. Si on change les choses, il serait très important d'étudier cas par cas. Par exemple, il est essentiel de voir la santé mentale du client, l'influence de son entourage et les facteurs qui pourraient agir sur sa décision.

Josianne Gauthier, groupe 3417

 

 

6 février 2006

Dans le fond, les personnes qui les aident à mourir veulent seulement le bien de ces personnes. Les gens qui les aident sont seulement des instruments servant à l’accomplissement  de la tâche macabre. Ces personnes qui veulent mourir ont tout à fait le droit  de se tuer, cela les regarde. Si elles étaient capables de le faire elles-mêmes, elles le feraient probablement. Habituellement, les gens qui en tuent d’autres le font pour se venger ou pour d’autres mauvais prétextes. Cela est un meurtre ; mais le suicide assisté tue des gens  pour leur bien. Ainsi, je ne crois pas que cela soit un attentat à la vie.

Quant à moi, une personne qui est dans un lit, qui ne bouge pas, qui est branchée sur un machine et dont la qualité de vie est définitivement inacceptable, devrait avoir le droit de vouloir vivre ou mourir. Cela est sûr que si l’on accepte les suicides assistés, il y aurait peut-être des abus de pouvoir ; mais la solution à cela serait peut-être de faire signer le patient pour avoir une preuve à savoir s’il veut vraiment se tuer. C’est donc pourquoi  les personnes en charge de ce dossier devraient créer une loi spéciale pour le suicide assisté.


Judith Nantais, groupe 3427

 

19 mars 2006

 
Nous sommes au 21ième siècle, pouvons simplement aller de l’avant direz-vous. Moi aussi j’aimerais bien. Être face à face avec ce choix, je serais quelque peu…confus. Je n’aime pas voir les gens souffrir. Je me dis alors que si quelqu’un que j’aime vraiment a besoin de moi, je ferais tout en mon pouvoir pour l’aider, et si cela implique de mettre fin à ses souffrances, eh bien oui, j’exécuterais sa demande. Même si je dois me battre en justice par la suite. Alors qu’on se dépêche à faire passer une loi qui permettrait cette aide pour ceux qui le désirent. Mais attention! Cette loi devra bien entendu être des plus strictes afin d’éviter tout abus quel qu’il soit.

Tout le monde a le droit de gérer sa destinée comme bon lui semble. Si certaines personnes décident de consommer de l’alcool ou de la drogue de façon abusive, allant  jusqu’à se détruire à petit feu (un genre de suicide à long terme), pourquoi les personnes qui sont dans un état de souffrance perpétuelle ne pourraient pas choisir d’en finir ? Et si le seul moyen d’y arriver est d’avoir de l’aide, eh bien, qu’on leur donne. Je pense sincèrement que ce geste pourrait même avoir lieu autour d’un rituel quelconque choisi par la personne. Toutes les civilisations ont leur propre rituel entourant la mort, alors pourquoi ne pas montrer nos marques de respect avant.

Bien entendu, si cette loi inclut l’euthanasie des personnes qui sont dans un état végétatif, ou dans un état qui les rend incapables de choisir elles-mêmes, il faudrait alors s’assurer et ce, hors de tout doute, que rien ne pourrait améliorer leur situation.

 Stéphane Beaudoin, groupe 3427

 

 


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