QUESTION DU 13 AU 20 FÉVRIER
Wal-Mart a annoncé ces jours derniers la fermeture de sa succursale de Jonquière, dont les employés venaient de se syndiquer. Même si l'entreprise prétend que cette fermeture est le résultat d'un manque de rentabilité, la quasi-totalité des observateurs croit que c'est une réplique au mouvement de syndicalisation de ses succursales qui a cours présentement en Amérique du Nord. Selon vous, même si l'exercice du droit de fermer une de ses entreprises est légal de la part de Wal-Mart, est-ce moral ?
| 15 février 2005 Tout d'abord, j'aimerais vous exprimer ma position : je trouve très immorale la décision de la compagnie Wal-Mart de fermer sa succursale de l’arrondissement Jonquière. Dans la province de Québec, on retrouve des lois confirmant le droit à la syndicalisation et ce géant américain du commerce de détail ignore totalement ces lois et le respect de celles-ci. Wal-Mart enlève aux travailleurs de son magasin de Jonquière la possibilité d’exercer un droit fondamental, celui de s’associer. Cette fermeture démontre à quel point le capitalisme sauvage de la mondialisation est axé sur le profit au détriment de l’individu. La famille Walton n’en a rien à faire d’un simple magasin parmi tant d’autres. Cette famille veut seulement faire peur aux autres succursales qui veulent se syndicaliser. Rappelons que la masse salariale des « associés » des magasins Wal-Mart ne doit pas dépasser 8 % du chiffre d’affaires. On voit ici que les Walton vont manquer d’argent pour le gros derrière déjà milliardaire. Il est digne de mention que Wal-Mart ait décidé de répliquer à la polémique en se payant de pleines pages de publicité dans la plupart des grands journaux de la province, sauf celui de la région. Cette compagnie nous ridiculise et nous méprise totalement. Dans ces publicités, la compagnie louange ses 10 000 travailleurs et avertit ses « associés » de ne pas se laisser berner par les médias. Bref, on voit la pire hypocrisie de la multinationale qui en fin de compte considère ses travailleurs comme de simples unités de production. Il a été également prouvé que le magasin Wal-Mart d’Alma est moins rentable que celui de Jonquière, on refuse donc catégoriquement le droit à la syndicalisation. Je ne crois pas que Wal-Mart va garder son magasin de Jonquière ouvert, mais son image sera ternie pour longtemps au sein de la population. Nous sommes l’une des sociétés les plus syndicalisées de ce monde et ils (Wal-Mart) n’en tiennent aucunement compte. J’incite donc la population régionale ainsi que celle de l’ensemble de la province au boycottage du géant américain, car « l’union fait la force ». Charles Tremblay, groupe 3419 |
15 février 2005
Wal-Mart... Une autre entreprise venue écraser les petites
entreprises régionales... Mais bien sûr, je l'accorde, elle a créé de l'emploi au Saguenay-Lac-St-Jean. Mais un autre problème apparaît, les conditions de travail. Travailler à 8$ de l'heure dans un magasin à grande surface tous les jours ne doit pas être une tâche facile. Surtout chez Wal-Mart. Ces "associés"
(terme qui sert seulement à valoriser ces employés) à Jonquière et à Saint-Hyacinthe plus particulièrement ont tenté de se syndiquer pou travailler dans de meilleures conditions. Et voilà que le géant du commerce au détail décide de la fermer! Quel culot! |
| 19 février 2005 Selon moi, ,même si l’exercice du droit de fermer une de ses entreprises est légal de la part de Wal-Mart, il reste néanmoins controversé et il est difficile de déterminer les torts de chacun. J e suis de l'avis de ceux qui pensent que la fermeture du Wal-Mart est une réplique au mouvement de syndicalisation et par le fait même immorale puisque nous avons le droit d'établir un syndicat dans n'importe quelle entreprise au Canada. De plus, le fait qu'ils aient essayé de faire croire aux Québécois que la fermeture de la succursale de Jonquière était due à un manque de rendement est inacceptable. Cependant, je comprends l'entreprise d'avoir mis la clé sur la porte. Depuis plusieurs années, je crois que nous voyons un abus de la part des syndicats. Il est tout à fait humain de vouloir de syndiquer, mais de revendiquer autant de droits et d'avantages de la part d'une entreprise qui traite bien ses employés est tout aussi inacceptable que ce qu'ont fait les dirigeants de Wal-Mart en fermant la succursale. Les employés du Wal-Mart on un salaire décent pour leur niveau de scolarité et pour le travail qu’ils effectuent dans l’entreprise et leurs avantages sociaux sont les mêmes que dans la plupart des autres magasins à grande surface tels que Zellers, Sears ou La Baie. Nous assistons à un réel problème de société, celui de vouloir tout contrôler au nom de la soi-disant équité et justice sociale alors qu'il ne peut y avoir un salaire équitable entre un diplômé universitaire et une personne détenant un diplôme d'études secondaires. Il est important de souligner, selon moi, que l'entreprise a semblé faire des efforts afin de consolider le patronat et le syndicat alors que le syndicat s'est entêté à faire des demandes démesurées à l'entreprise en refusant tout accord et en voulant aller jusqu'en arbitrage. Je pense que l'entreprise a fait preuve de bonne foi tandis que le syndicat semblait mal intentionné. Un syndicat ne peut diriger une entreprise, le patronat demeure celui qui prend les décisions importantes et il semble que le syndicat de Wal-Mart ainsi que la plupart des syndicats d'aujourd'hui oublient ceci et tentent de prendre une place démesurée au sein des entreprises. Nous entendons parler régulièrement de mauvaise foi de la partie patronale lorsque les conventions collectives ne sont pas signées alors que parfois les syndicats sont ceux qui abusent de la situation de confiance qu'ils ont auprès des salariés et de la population en général. À mon avis, l’entreprise, en fermant ses portes, a fait preuve de manquement social en dissimulant la réalité et en se respectant pas la loi de la syndicalisation au Canada mais le syndicat abusif de l'entreprise a ses torts aussi dans cette fermeture. Wal-Mart n’est peut-être pas antisyndical comme on le prétend mais il désire tout simplement être maître chez lui, ce qui est tout à fait normal. Et puis pourquoi tous les syndicats semblent faire une lutte acharnée à ce géant alors que, plusieurs autres multinationales ne sont pas syndiquées non plus et n’offrent pas de meilleures conditions de travail à leurs employés? La syndicalisation nous a apporté beaucoup depuis son implantation mais je crois qu'il faut être capable de s'arrêter un moment et se demander si les conditions que nous avons présentement sont bonnes ou non et si réellement les requêtes faites auprès des entreprises ne sont pas démesurées et tout simplement des caprices. N'oublions pas que le syndicat est là pour s'assurer que les personnes ont de bonnes conditions de travail, ce qui est le cas chez Wal-Mart et la plupart des détaillants. Finalement, je pense que la fermeture du Wal-Mart est immorale mais l'abus du syndicat l’est tout aussi. Ne voyons donc pas l’entreprise comme la seule coupable de la situation et questionnons-nous sur nos pratiques en tant que société. Marie-Andrée Ménard, groupe 3409 |