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Texte argumentatif de votre amie en désordre

Extrait de Péloquin, Claude, Toussaint N. et al. Formation intellectuelle et enseignement de la philosophie au collégial, Tome II, Activités d'apprentissage, pp.121-123. Le titre est de nous, ainsi que les sections entre [...].  (Pour voir le texte en ordre, après avoir résolu le problème bien sûr, cliquez ici.)

Partie A

NOTRE SYSTÈME POLITIQUE, UNE VÉRITABLE DÉMOCRATIE ?

Les chartes des droits promulguées par le Québec et le Canada garantissent liberté, égalité et participation à tous les citoyens. Ce sont les trois valeurs sur lesquelles repose principalement toute démocratie.

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Partie B

Mais par ailleurs, l'examen des conditions socio-économiques (chômage des jeunes, inégalité des salaires entre les sexes, exploitation des immigrants, patronage et népotisme, inégalité des chances à l'école, etc.) peut laisser songeur et permet de nous demander si nous vivons dans une véritable démocratie.

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Partie C

Mais avant tout, qu'est-ce qu'une démocratie ? Pour le dire simplement, la démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple. Ou, autrement dit, c'est un régime politique dans lequel la souveraineté appartient à l'ensemble des citoyens, sans distinction d'aucune sorte, c'est-à-dire au peuple (L.-M. Morfaux). De là découlent certains droits, dont nous retiendrons celui d'égalité des citoyens et celui de participation réelle des citoyens à la vie politique.

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Partie D

Cette prise de position implique que le peuple, et chacun de ses membres, ne jouit pas de prérogatives rattachées à la démocratie. Si nous sommes égaux en démocratie (on n'y fait de distinction d'aucune sorte entre les citoyens), nous croyons que cette égalité n'est pas évidente dans notre régime politique. Et si la démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple, encore là, nous avons des raisons de penser que cette souveraineté des citoyens, ce droit de participer à la vie politique (par le vote, par exemple) ne jouit pas d'autant d'importance qu'il serait souhaitable de retrouver dans le contexte d'une véritable démocratie.

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Partie E

Ainsi, en comparant ce que doit être une démocratie et notre vécu politique, on peut conclure que nous ne vivons pas dans une véritable démocratie, car les conditions réelles de la vie socio-politique ne sont pas conformes à la définition de la démocratie. En effet, l'égalité n'est pas atteinte comme on le souhaiterait entre les individus, et la participation des citoyens à la vie politique n'est pas assurée avec l'autonomie désirable. Nous vivons sans doute dans un système qui respecte mieux que d'autres les idéaux démocratiques, cela n'implique pas pour autant que nous les ayons atteints. On ne peut transiger avec son idéal.

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Partie F

Nous pensons pouvoir affirmer, à la suite de cette définition, que nous ne vivons pas dans une véritable démocratie, malgré les garanties écrites et promulguées par les divers paliers de gouvernement.

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Partie G

[Pour répondre à cette question, nous allons nous interroger sur l'équité dans la distribution de la richesse ainsi que sur la possibilité pour les citoyens de faire un choix réfléchi lors de l'exercice de leur droit de vote.]

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Partie H

Notre système politique (la démocratie) est couplé à un système économique qui ne vise pas les mêmes objectifs (le capitalisme). Ce dernier ne permet pas à l'individu d'exercer véritablement son droit à l'égalité, car il ne s'en soucie pas.

En effet, le système capitaliste est un système économique et social dans lequel les capitaux, source de revenus et de profits, n'appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en valeur par leur travail. Ce n'est pas l'homme qui est au centre des préoccupations, mais le profit. Cherchant avant tout à assurer la rentabilité de l'entreprise ou de l'État, on n'hésitera pas à sacrifier, par exemple, les emplois de certains au profit d'autres, à payer moins les femmes que les hommes pour les mêmes travaux, à payer les immigrants au salaire minimum, à donner moins en prestations de bien-être social aux moins de 25 ans, etc. On crée ainsi des inégalités de fait qui institueront à leur tour un véritable climat de lutte pour la survie où les valeurs et les pratiques démocratiques seront remplacées par la loi de la jungle. C'est le règne de la concurrence et de l'exploitation des plus faibles par les plus forts. Donc, le système capitaliste, en créant des inégalités réelles entre les individus, empêche l'exercice d'une véritable démocratie, laquelle implique la reconnaissance du droit à l'égalité.

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Partie I

[On pourrait nous opposer que contrairement aux régimes dictatoriaux, dont les dirigeants s'imposent à la population, il est possible dans notre société d'élire librement nos représentants : l'exercice du droit de vote n'est-il pas la base de toute démocratie ?]

[A ceci nous répondons qu']une véritable participation consisterait pour un citoyen à voter en toute connaissance de cause, d'une part, et d'autre part, à faire son choix en étant guidé par la rationalité. Or, si le citoyen choisit son futur gouvernement en comparant les programmes électoraux, il faut dire que la masse financière dont dispose chaque parti n'est pas indifférente au succès de son programme. Le matraquage publicitaire, les flashes télévisés et le marketing des candidats finissent, qu'on le veuille ou non, par marquer le citoyen pour qui la politique et les choses de l'État ne sont pas affaires de tous les jours. On peut alors se demander ce que représente le vote : est-ce le résultat de la libre réflexion, de la raison, de l'autonomie d'un être humain ou l'acte conditionné et programmé d'une marionnette qui obéit à des émotions et à des peurs exaltées par des médias commandités par des puissances financières qui sauront par la suite se faire remercier par ceux qu'elles ont portés au pouvoir ?

Donc, l'intervention de certains facteurs comme les médias et les masses financières dans le processus politique du vote altère l'exercice d'une véritable démocratie, parce qu'elle influence indûment la démarche de participation des citoyens.

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© Jean-Noël Ringuet et Sophie Ringuet