Étape 2ESPAÑOLLundi 17 (Jaca - Artieda) Journée fascinante: car, oui, j'ai fait le détour pour visiter San Juan de la Peña. Je n'ai fait que laisser mes sacoches à l'hôtel Aragon, au carrefour, ce qui m'a permis d'affronter ces 12 km. À mi-chemin, d'abord, il y a l'église de Santa Cruz de
la Serós (de " sorores ", surs), mystérieuse
avec son escalier dérobé, ses combles, sa haute tour. Comme
plusieurs églises romanes, elle semble construite autant pour la
défense que pour le culte.
Les six kilomètres restants sont très durs: la pente est
escarpée mais, surtout, le vent souffle fort! J'en marche au moins
le tiers. Sur
le chemin de San Juan de la Peña
Ce jour-là, je me rends à Artieda, village de 70 habitants, faisant un détour de 4 ou 5 km en espérant que mon guide est bien à jour, qu'il y a bel et bien une auberge en haut de cette côte interminable, qu'elle est bel et bien ouverte, que l'hospitalier est bel et bien là, qu'il y aura quelque chose à manger, qu'il y aura aussi d'autres pèlerins avec qui partager mes déboires et mes enchantements
Ce sont deux Basques de San Sebastián, Juan et Javier. Retraités malgré eux, alpinistes toute leur vie, la soixantaine alerte et les jambes solides, ils ont fait au moins 45 km aujourd'hui. Très différents, malgré l'amitié qui les lie: Juan plus sérieux et ombrageux, nationaliste et amoureux de sa langue, l'euskera, bien au fait de la réalité québécoise (quelles conversations on s'est payées); Javier jovial, bon vivant, toujours prêt pour la prochaine bière. On a bien rigolé au souper. À petit village, petite auberge. Deux chambres de quatre lits
chacune. La première est occupée par un pèlerin plutôt
sauvage, alors nous optons pour la deuxième. Je m'installe dans
un des lits du haut. C'est un peu curieux de partager chambre et salle
de bain avec deux hommes qui nous étaient inconnus il y a quatre
heures à peine
Village
aragonais abandonné
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