Au plus profond des mots

Où les mots ne sont plus

Que leurs propres fantômes

Et les mots terre et pluie

Ne nomment qu'eux-mêmes,

Éperdument rivés à la tâche

De fouiller, jusqu'à en être cois.

Il fait trop clair et trop léger

Dans de creux d'inconnu

Et je ne sais plus

Si l'ombre et le bonheur

Et la pomme sur la table

M'appartiennent encore,

Ni quel autre langage

Au-delà pourrait naître

Pour dire combien j'étais seul

Et proche de disparaître

En prononçant ces mots.

Pierre Nepveu

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