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Que la pluie à déluge au long des toits ruisselle! Que l'orme du chemin penche, craque et chancelle Au gré du tourbillon dont il reçoit le choc ! Que du haut des glaciers l'avalanche s'écroule ! Que le torrent aboie au fond du gouffre, et roule Avec ses flots fangeux de lourds quartiers de roc!
Qu'il gèle! et qu'à grand bruit, sans relâche, la grêle De grains rebondissants fouette la vitre frêle! Que la bise d'hiver se fatigue à gémir! Qu'importe? N'ai-je pas un feu clair dans mon âtre, Sur mes genoux un chat qui se joue et folâtre, Un livre pour veiller, un fauteuil pour dormir ? Théophile Gauthier
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Souffle,bise! tombe à flots,pluie! Dans mon palais tout noir de suie, Je ris de la pluie et du vent; En attendant que l'hiver fuie, Je reste au coin du feu, rêvant.
C'est moi qui suis l'esprit de l'âtre! Le gars, de sa flamme bleuâtre, Lèche plus doucement le bois ; La fumée, en filet d'albâtre, Monte et se contourne à ma voix.
La bouilloire rit et babille; la flamme aux pieds d'argent sautille en accompagnant ma chanson ; La buche, de duvet s'habille ; La sève bout dans le tison.
Du fond de ma cellule Quand Berthe vous conte une histoire, Le Chaperon ou l'Oiseau bleu C'est moi qui soutiens sa mémoire, C'est moi qui fais tire le feu.
J'étouffe le bruit monotone Du rouet qui grince et bourdonne ; J'impose silence au matou ; Les heures s'en vont , et personne N'entend le timbre du coucou.
Souffle, bise ! tombe à flots, pluie ! Dans mon palais tout noir de suie, Je ris de la pluie et du vent ; En attendant que l'hiver fuie, Je reste au coin du feu, rêvant.
Théophile Gauthier. Créations Jovie 2002 |