J'ai à peine huit ans, quand un cousin de ma mère, Frère Antoine, nous rend visite ! Missionnaire dans le Grand Nord, le souvenir de son passage me laisse une empreinte indélébile.

Je me rappelle ses anecdotes dans lesquelles il mentionne que certain temps de l'année, la neige est tellement blanche qu'il faut porter des lunettes spéciales pour sortir à l'extérieur sinon on attrappe la maladie des yeux et pour soigner ce mal, il faut passer trois jours dans une chambre noire.

J'apprends aussi que pendant six mois, il fait nuit. Cela mimpressionne grandement! Par-dessus tout, il a des photos! Les images  de ces grands espaces blancs où scintillent plein d'étoiles me fascine tellement, qu'encore maintenant, je n'ai qu'à fermer les yeux et je les revois clairement.

Mon enjouement ne lui est pas indifférent puisqu'il s'en est suivi une correspondance, sporadique , mais constante à travers les années. Imaginez qu'à 15 ans, je veux fuguer pour aller le rejoindre …pour retrouver l'émotion éprouvée devant des images!

Ma mère, dans sa grande sagesse, subtilise la lettre qui me donne les directives et les moyens d'entrer au couvent qui oeuvrait dans cette région ! Mon rêve de visiter ces grandes contrées nordiques se dissipe avec le temps, mais les paysages d'hiver me séduisent toujours autant.

Jovie

 

Voici un petit poème inuit de Uvavnuk, un Inuit d'Igloolik, consigné pour la première fois par Knud Rasmussen au début du siècle, hante et inspire par sa beauté tous ceux qui l'ont entendu.

La vaste mer m'a emporté

Elle m'a entraîné à la dérive

Et je flotte comme une herbe sur la rivière.

La voûte du ciel et la majesté des tempêtes m'entourent,

et je reste là seul, tremblant de joie.*

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