Traversant tous les ciels à bord de son traîneau -

La barbe blanche au vent - le papi de légende

En une seule nuit de folle sarabande -

Dans chaque cheminée va porter ses cadeaux.

Malgré le manteau rouge il passe incognito

Que ce soit à Paris ou tout au bout des Andes -

Transpirant dans le sud - glacé au Groenland -

Il est toujours ponctuel à Londres ou à Quito.

Il entend bien souvent des bouchons de champagne

Sauter en son honneur sans qu'il puisse trinquer -

On lui laisse partout des biscuits à croquer

Ca creuse l'appétit le grand air des campagnes !

Dans les maisons huppées où l'on chante et l'on danse

Il voit dans de grands fours les dindes rissoler.

Dans de pauvres hameaux - tristes et désolés -

Les malheureux n'ont rien - pour eux point de bombance.

Et ça le rend amer le rouge voyageur

Que certains en aient trop et d'autres pas assez.

Ici la pauvre soupe et là des crustacés -

C'est ça l'égalité ? n'être point partageurs ?

Contre cet égoïsme - il ne peut - le bonhomme -

Que se gratter la barbe en ronchonnant beaucoup.

Il songe même - alors - à se boire un bon coup

Et pour tout oublier aller faire un bon somme !

Denis Germain

2 décembre 2001

Merci beaucoup Denis pour ce cadeau

 

Le ciel est noir, la terre est blanche ;

- Cloches, carillonnez gaîment !

- Jésus est né ; - la Vierge penche

Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées

Pour préserver l'enfant du froid ;

Rien que les toiles d'araignées

Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,

Ce cher petit enfant Jésus,

Et pour l'échauffer dans sa crèche

L'âne et le boeuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,

Mais sur le toit s'ouvre le ciel

Et, tout en blanc, le choeur des anges

Chante aux bergers : " Noël ! Noël ! "

Théophile GAUTIER

(Recueil : Emaux et camées)

 

C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
A l'heure où tout est calme, même les souris.

On avait pendu nos bas devant la cheminée,
Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
Les enfants sages s'étaient déjà endormis.

Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
Venions à peine de souffler la bougie,

Quand au dehors, un bruit de clochettes,
Me fit sortir d'un coup de sous ma couette.

Filant comme une flèche vers la fenêtre,
Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

Au dessus de la neige, la lune étincelante,
Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

Dirigés par un petit personnage enjoué :
C'était le Père Noël je le savais.

Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.
Et lui chantait, afin de les encourager :
" Allez Tornade !,Allez Danseur !Allez , Furie et Fringuant !
En avant Comète et Cupidon !Allez Eclair et Tonnerre !
Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
Au galop au galop mes amis ! au triple galop !

 

" Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

Peu après j'entendis résonner sur le toit
Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
Etaient un peu salis par la cendre et la suie.

Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

Une petite bouche qui souriait tout le temps,
Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

Puis sans dire un mot, car il était pressé,
Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
Avant de disparaître dans la cheminée.

Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

Avant de disparaître le Père Noël cria :


" Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "

Clément Moore

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