
Paris
c'est tout d'abord vingt arrondissements -
Un agrandissement de ce que fut Lutèce -
Ce village entouré de remparts et qui laisse
En ses sols abyssaux des tonnes d'ossements.


Le premier - d'abord - ce sont les Tuileries -
La rue de Rivoli et le Palais du Louvre -
Les pavillons Baltard qu'en flânant on découvre :
Ces Halles disparues - que Zola décrivit.

Le
Palais de Justice- immense bâtiment -
Et la conciergerie et la Sainte-Chapelle -
Et ce fleuve qui coule et sans cesse rappelle
Que son cours va ainsi - interminablement.

Le
second - son voisin - a le Palais Brongniart -
Cette salle de jeu où naquirent des ruines -
Où s'épanouissent vite et très vite déclinent
Des monceaux de valeurs dans un climat criard.

Le
trois c'est le Marais et le square du Temple -
C'est la rue Rambuteau et puis les Francs-Bourgeois -
Enfin - le Sébasto et ses filles de joie
Dans les petites rues - que le flâneur contemple.


Quatrième
ma foi - c'est le plateau Beaubourg
Le royaume du fer et des cracheurs de flamme
Qui fut pour Pompidou comme son oriflamme -
Horrible usine à gaz - asphyxiant le faubourg !

Mais
pas très loin de là : voici l'Hôtel-de-Ville -
Notre-Dame - Hôtel-Dieu et l'Ile-Saint-Louis -
Le cur de la Cité - oui - le cur de Paris
Dont les encombrements sont le talon d'Achille.


Cinquième
- voici boulevard Saint-Germain -
La Sorbonne - Henri Quatre et puis Polytechnique -
Enfin le Panthéon en nécropole unique
Abrite nos grands hommes - au génial destin.




Le
Luxembourg - voici au détour d'une allée
Les silhouettes de Marius et Cosette -
Javert à Jean Valjean au bout de sa lorgnette
" Les Misérables " assis sous les marronniers !

Les
pièces d'eau - cernées de chaises curieuses -
Ecoutent sagement le babil des enfants
Tout en éclaboussant sans cesse les passants.
Le soleil brille haut. Quelle journée heureuse !


Sortant
- les pas s'en vont vers le vieil Odéon
Où de célèbres voix déclamèrent Corneille
-
Et le reste du jour nous baillons aux corneilles
Avant de s'en aller par la rue de Tournon.

Tout
droit nous arrivons à Saint-Germain-des-Prés
Royaume incontesté des existentialistes -
Où Juju la Gréco faisait ses tours de piste
Entraînée par Béchet et Luter déchaînés.

Avant
de s'éclipser arrêtons - nous au Flore
Où Sartre et de Beauvoir s'installaient si souvent.
De quoi parlaient-ils donc ces curieux amants ?
Et lui - que confiait-t-il au fidèle Castor ?

Encore
quelques pas et voici l'Institut
Quai de Conti où sont - coiffés de leur bicorne -
Nos Immortels armés d'une épée - sans bigorne !
Mais ce look du passé ainsi se perpétue.

Le
septième arrive et le Palais-Bourbon -
Cur de la République - Assemblée Nationale
Où se votent les lois - Socle fondamental
De la démocratie et de notre Nation.


Le Champ de Mars où a grandi
la Tour Eiffel
Près de La Tour Maubourg - l'Hôtel des Invalides -
Et le dôme qui couvre et qui veille - impavide -
Sur l'Empereur qui dort du sommeil éternel.

Et Sèvres Babylone - et la gare
d'Orsay
Devenue un Musée aux mil et un tableaux -
Palais de la sculpture aussi - de bas en haut -
Mayol - Renoir - VanGogh - Pissaro et Manet.

Mais voici le huitième
et le triangle d'or -
Parc Monceau - Hoche - Haussmann - Faubourg Saint-Honoré
Et la Reine : Avenue de nos Champs-Elysées
D'où l'on voit l'Obélisque amené de Louksor

Dominant la Concorde et découvrant les
tours
Comme une ronde autour de cette si " Grande Arche "
Qui allonge la jambe et que l'on croit qui marche
Et qui pense jouer à l'Etoile un bon tour !


Car
enfin c'est sa sur qu'elle contemple ainsi -
Sa jumelle est là-bas et la lorgne - jalouse -
L'Arche est plus jeune - elle est plus grande et elle épouse
Cette modernité qui regarde Paris.
