Mais nous nous égarons - revenons au huitième
-
Palais de l'Elysée et son vaste jardin
Convoité par beaucoup : être numéro un
C'est la page d'Histoire et comme un " Grand Chelem ".

Et puis Saint-Honoré - Malesherbes
et Haussmann -
Rue de Miromesnil - Avenue de Messine -
Alors que de Monceau le grand parc se dessine
Avec ses frondaisons d'où la beauté émane.
Buissonnons cependant jusqu'à Saint
Augustin -
Architecte Baltard - mais le fer sous la pierre -
Et l'on voit à côté le Cercle Militaire.
Cependant que vers nous accourt un sacristain

De la célèbre église appelée
Madeleine -
Erigée en l'honneur - et par Napoléon -
De cette " Grande Armée " et fut son Panthéon -
Face à cette Assemblée - là-bas - après la Seine.

Voici les boulevards - que l'on surnomma Grands -
Se dirigeant d'un trait - et par les Capucines
Vers Richelieu-Drouot et ses belles voisines
Courtisées en chemin par ce Faubourg charmant
De Montmartre qui va traverser Châteaudun
Et d'un saut par-dessus la Dame de Lorette -
Au cur de ce neuvième et sans faire causette
Aller vers le village où l'on faisait son vin :
Montmartre et duquel on reparlera bientôt
Au chapitre dix-huit de ce Paris-sur-Seine.
Mais pour l'instant le dix va apparaître en scène
Boulevard de Strasbourg station de Château-d-Eau.

Gare de l'Est Verdun - voici tout un programme
De l'horreur car d'ici partaient tous les poilus
Pour la tranchée boueuse où attendait l'obus.
Et la pauvre famille aurait un télégramme :
" Votre garçon hélas
est mort pour la Patrie "
" Qui n'oubliera jamais son noble sacrifice. "
Reste la croix de bois - ce modeste édifice
Au pauvre gars tombé à coup sûr dans l'oubli.

Gare du Nord et là
on va vers les corons
Comme dit la chanson de Pierre Bachelet.
Quel hommage au mineur poussant les wagonnets -
Blanc matin - noir le soir d'étreindre le charbon.

Et tout ça traversé par le grand Magenta
-
Ville de l'Italie où l'armée - tout de go -
Après Montebello - Palestro - Turbigo
Battit les Autrichiens avant Villafranca

Prétraité que par peur signa " Napoléon
"
" Le Petit " qui pourtant gagna Solférino.
Mais je m'arrête là - de guerre il en est trop
Et de sang répandu sur nos pauvres sillons.
L'avenue Parmentier - vive la pomme de terre -
Et puis la République et puis Richard Lenoir -
Mais il nous faut citer de cet endroit la Star :
Il s'agit - forcément - du boulevard Voltaire.

Nous quittons le onzième et partons vers Nation
Où se tient chaque année la plus célèbre Foire.
Elle en a eu des heures et des heures de gloire
Nation tu dois ton nom à la Révolution.

Et puis il faut passer au Palais de Bercy
Omnisports - où se jouent même des Opéras -
Des sportifs - des chanteurs et aussi des divas
L'Art est venu chasser les gros fûts de Pouilly !

En dernier Aïda de Giuseppe Verdi
Est venue à l'affiche éclater les arias -
Peu de monde appréciait ce genre de sabbat
La grande mise en scène a gagné le pari.
Ne quittons point le douze avant que de passer
Par la gare de Lyon qui s'en va vers le Sud -
Où monsieur tégévé - en toute quiétude -
Vous emmène au " Vieux Port " le temps de vous moucher !

Nous pouvons par Nation aller Cours de Vincennes -
Traverser Saint-Mandé - apercevoir le bois -
Pousser jusqu'au Chalet danser une Rumba
De la même façon que l'on fait " Chez Gègène
".

Car au " Chalet du Lac " il n'est pas de manières
Et les fils de bourgeois ont lâché la cravate -
Allant à la sortie jusqu'aux coups de savate
Si quelque olibrius ennuie les cavalières.

Ca sent son bord de Marne et le petit vin blanc
Qu'on dégustait jadis enfoui sous les tonnelles
En serrant au plus près les belles demoiselles
Venues là pour guincher avec quelque galant.
Revenons à Paris et gagnons le Treizième
:
Arago et Blanqui - Maréchal Kellermann -
Des noms prestigieux dont une force émane
Et nous font admirer ces héros que l'on aime
Pour tout ce qu'ils ont fait de brillant et de brave -
Leçons non retenues - plus jamais appliquées
Sauf dans le mauvais sens - pour surtout se friquer -
Peu importe le reste - et la vie se déprave.
Mais foin des théories- nul ne s'y intéresse
-
Allons voir le voisin - Quatorzième de nom -
Tour Maine-Montparnasse et de loin nous voyons
Cette énorme vigie qui sous le ciel se dresse.

Cinquante-six étages et l'on voit tout Paris
Dont la Seine est le sang qui traverse la ville.
Les tout petits piétons paraissent malhabiles -
Et le Bois de Boulogne encercle tout Neuilly.

Tout en suivant le fleuve on arrive à Suresnes
Et là-haut tout là-haut c'est le Mont-Valérien
Dominant de son poids les horizons lointains
Et ce filet d'argent - qu'elle est belle la Seine !

Tandis que là - tout près - les tours de
la Défense -
Droitement élancées flirtent avec les nuages.
La Grande Arche ponctue cet ensemble d'ouvrages
Et fixant le lointain : les Tuileries s'avancent !

Toujours sur le sommet de cette pyramide
Du vingtième siècle - observons l'horizon -
Il y a deux cents ans on eut vu les moissons
Dans la plaine Monceau - jardin des Hespérides.
Alentours nous voyons - comme en cinémascope
Les trésors de Paris défiler sous nos yeux
Revêtus des habits d'un géant camaïeu
Que lui aurait tissé la belle Pénélope.
Et les ponts qui relient les deux rives du fleuve
Jouent à saute-mouton de leurs immenses pieds.
Sous le Pont Mirabeau un poète a parlé :
Bien que passe le temps l'émotion reste neuve.

Pont d'Arcole et Pont-Neuf - Pont Garigliano -
Pont des Arts - Carrousel et Alexandre Trois -
Et Pont de la Concorde - Invalides - Iéna :
Pour tes doigts - O Paris - pas de plus beaux anneaux !


Au sud on aperçoit la Porte-d'Orléans -
L'église d'Alésia - le monument Leclerc -
Puis rebroussant chemin nous sommes à Denfert
Et saluant le Lion nous allons plus avant.

D'un bond quai Louis Blériot - nous sommes à
la Seine
Puis nous apercevons l'Héliport de Paris
Et en se dirigeant à l'ouest - vers Passy -
Les frondaisons du Bois où nos yeux se promènent.

En passant - admirons le Palais de Chaillot
Qui semble en tête à tête avec la Tour Eiffel -
Ne bougeant - il est là - colossal et fidèle
Retenu aux jardins du Roi Trocadéro.

Mes jumelles de marine en main j'aperçois
L'Arc-de-Triomphe où dort le soldat inconnu -
On distingue l'étoile au fil des avenues.
Que Paris est donc beau sous ses milliers de toits.
Et le grand Parc-Monceau nous tend ses frondaisons
Son parcours si intime aux heures vespérales.
On y voit très souvent des photos nuptiales
Où les groupes sourient au milieu des gazons.

C'est un endroit charmant où l'on aime rêver
Et l'on se croit très loin de la vie trépidante
Qui pourtant - à deux pas - de ses mains de géante
Nous étreints sourdement jusqu'à nous angoisser.
Le boulevard Péreire et ses nouveaux jardins
Nous emmènent tout droit jusques aux Batignolles.
Dans le square une escouade de pigeons s'envole -
Virevolte - revient - et s'égaye soudain.

D'un élan nous voici devant le Sacré-Coeur
Sur la Butte Montmartre où a chanté Bruant -
Notamment " Rose Blanche " et " A Ménilmontant "
Et tant d'autres refrains que l'on connaît par cur.

Et l'on voit les piétons à l'assaut des
ruelles
Sur la place du Tertre aller se rassembler.
Les rapins en légions - d'un pinceau inspiré -
Sont une Galerie de tableaux éternelle.

En bas - les autocars - attendent en plein Pigalle
Le touriste parti visiter le Moulin.
Le jet d'eau est bien là et au tabac du coin
C'est l'accent parigot qui est la Capitale.

On voit sur le trottoir de très hauts escarpins
Porter des baladeuses à l'illade assassine -
Les messieurs - l'air de rien - reluquent les frangines
Et d'un air innocent poursuivent leur chemin.
Dans les boîtes le soir on danse et on strip-tease
Et devant les seins nus les hommes s'extasient.
Quand l'ultime rempart s'envole - ils sont saisis
D'un long frisson qui fait grimper leur convoitise.


Ca c'est Paris ! Il n'a nulle part son égal
Et là dans le sex-shop voisin ou au peep-show
On se presse - on s'éponge - il fait chaud :
Ces croupes rebondies c'est aussi ça Pigalle !
Au nord-est brumeux sont les Buttes Chaumont
Et leur immense parc au profil vallonné -
Cascades - lac - et puis un îlot de rochers
Accrochent le regard - force l'admiration.


La Cité des Sciences au Bassin de la Villette
Où la grande Géode attire bien du monde -
On dirait un ballon ou une mappemonde.
Jadis sur ces terrains on abattait les bêtes.
Combien de meuglements - de bêlements de peur
Ont retentis ici - nappés d'indifférence -
Serrés l'un contre l'autre et en désespérance
La tête vers le ciel s'élevaient les clameurs.

C'est le vingtième enfin et le Père-Lachaise
-
Qui confessait Grand Louis - accueille les défunts.
D'illustres noms sont là - aux détours du jardin -
Où Chopin endormi rêve à sa Polonaise.


La tournée de Paris s'achève
à Montparnasse
Et quittant le building - nous mêlant à la foule -
Poussés par le ressac qui va - qui vient - refoule -
Nous songeons aux grandeurs qui peuplent les espaces !

Merci infiniment Denis pour ce portrait poétique de Paris
Illustrations Suzanne St-Amant
Les photos que j'ai utilisées ont été
prises sur le Net
Pour les voir en pleine grandeur et avec leur qualité réelle,
visitez les liens suivants
Merci à tous ces artistes !
Arnaud présente des photos panoramiques d'une rare qualité !
http://www.arnaudfrichphoto.com/index.html
http://www.phan-ngoc.com/fred/paris/index.html
http://www.tesenca.info/Peregrinations/
http://www.paris-on-line.com/fra/turisme/benvinguda.htm
Un site exeptionnel Paris by net
Continuons dans le parc Monceau avec ce poème
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