Tu réveilles en moi des souvenirs
confus
.Je t'ai vu, n'est-ce pas, moins triste
et moins modeste :
Ta tête sous l'orage avait un noble geste.
Et l'amour se cachait dans tes rameaux touffus.
D'autres,
autour de toi, comme de riches fûts,
Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste :
Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste
;
Et toi-même, aujourd'hui, sait-on ce que
tu fus ?
O vieil arbre tremblant dans
ton écorce grise,
Sens-tu couler encore une sève qui grise ?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés
?
Moi, je suis un vieil arbre oublié
dans la plaine,
Et, pour tromper l'ennui dont ma pauvre âme est
pleine,
J'aime à me souvenir des nids que j'ai
bercés.
Pamphile Lemay
Poète québécois (1837-1918)
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