30.1.02

Les gens se plaignent de ne pas avoir de temps. Pourtant, le temps, il est là. Il est toujours là. Juste à se servir.

9:35 PM

J'aimerais juste dire que je trouve le terme «joueb» franchement hideux. On aurait pas pu trouver mieux?

9:33 PM

Voilà ce qui arrive quand on se prend au sérieux. Je reçois des e-mails où on me vouvoie et on m'appelle monsieur. Arrêtez ça! Je ne suis qu'un p'tit cul avec un Goldorak en plastique sur son écran!

1:04 PM

29.1.02

Avant, j'adorais les chansons épiques. Les chansons à progression, qui semblent se rendre quelque part, qui changent en cours de route, les compositions complexes. Pourtant ces jours-ci je suis fasciné par la musique répétitive : comme si un fragment musical bref, répété en succession, nous permattait de l'observer comme s'il était statique. La musique n'existe que dans le temps mais pourtant le temps semble se figer. J'ai l'impression de voir un morceau d'architecture sonore et de l'examiner avec mon esprit. Quelque chose d'intangible et d'indescriptible mais pourtant fixe. C'est assez spécial.

Bref écouter Autechre me fait travailler le ciboulot peut-être un peu trop.

11:04 PM

Le problème avec les philosophes, c'est qu'ils ne sont pas écrivains.

Il y a une exception majeure, et c'est Nietzsche. Je commence enfin (il était temps dirons certains!) à le lire grâce à mon cours, en commençant avec «Par delà bien et mal», et c'est extraordinaire. Je n'étais pas près pour l'esotérisme de «Ainsi parlait Zarathoustra», mais «Par delà bien et mal» est d'une clarté et d'une beauté qui m'emporte complètement. Je veux méditer ça tranquillement, doucement. Je n'ai pas de montagnes à portée de la main, ni beaucoup de temps, mais je vais faire mon possible.

7:48 PM

27.1.02

Je viens de réhabiliter le premier véritable texte d’anomalie, qui s’appelait au départ «La tour chancelante des mensonges», ou quelque chose du genre. Je l’avais retiré de la page parce que je n’étais plus exactement d’accord avec ce que je disais là-dedans – ça parle d’amour, de sexe, etc.

Maintenant, ce que je constate, c’est que je n’avais pas nécessairement tort. C’était seulement un texte un peu superficiel et incomplet. Mais la rage au centre, je la ressens toujours. Depuis cette inspiration soudaine, je n'ai pas cessé d'écrire, alors ce texte demeure un peu spécial. Je pense qu’il méritait de figurer sur la page avec les autres, c’est l’aîné après tout.

4:18 PM

26.1.02

Anomalie strikes back. Je suis vraiment prolifique ces jours-ci, j'sais pas trop pourquoi. C'est comme si des morceaux de casse-tête se mettaient en place tranquillement. Ce que j'écris ce mois-ci me semble d'un optimisme surprenant, c'est bon signe. Il y a une progression là-dedans.

6:06 PM

Miouzique.

Je souffre de mimétisme artistique, autrement dit, dès que j'aime quelque chose, je voudrais en faire aussi. Je suis tellement absorbé par Autechre que j'ai fait une tentative de musique électronique : j'ai passé la nuit à déconstruire des effets sonores issus de Megaman 2 au NES pour en faire «Gravol4x», l'équivalent électro des premières chansons de Northwood lorsque je ne savais même pas jouer de la guitare. Autrement dit ça sonne ridiculement amateur. Mais je m'amuse.

Parlant d'Autechre, j'achève de tout vampiriser ce que je peux trouver sur le net (je n'ai pas le budget d'acheter des EPs à 40$!). Jusqu'à maintenant, les seuls albums qui demeurent impénétrables sont «Chiastic Slide» et «Confield», j'ai trouvé le moyen d'apprécier tout le reste. Cette musique est tellement nouvelle pour moi : je ne reconnais rien, ni les structures, ni les rythmes, ni même les sons eux-mêmes, qui ne viennent pas d'instruments. Je suis complètement perdu et désorienté, ce que j'aime bien. Je prends mon temps pour explorer.

Je viens aussi de tomber sur un immense et excellent site, Epitronic, rempli d'hyper-lien et de mp3 de toute sortes, à propos de musique post-rock, indie, ambient, electronique, etc. Juste en me promenant vite-vite, comme ça, j'ai fait deux découvertes : Tarentel (GYBE! en plus symphonique?) et Labradford (Mogwai au ralenti sans batterie?). J'aurai l'occasion d'en reparler, certain!

Ah, et parlant de site à hyperlien, un de mes favoris est Art and Culture - une vraie mine d'or. C'est la vraie force du net : la possibilité de passer d'un chose à l'autre et ainsi de faire de nouvelles découvertes exponentiellement. On en sort plus, pas étonnant que je passe tant de temps devant cette machine.

2:19 PM

25.1.02

Autre lecture : «Carnets de naufrage» de Guillaume Vigneault. Plus simple et linéaire que son deuxième «Chercher le vent», néanmoins bon, et très bien écrit, de cette écriture à la fois élégante et sans lourdeur, ce qui est difficile à atteindre. Je pense que je deviens dangereusement... mature, à aimer ce genre de lecture. Troublant.

12:52 AM

24.1.02

Encore un autre texte sur Anomalie! Celui-là inspiré de mon dernier cours de philo. Je l'ai écris pour me résumer le cours à moi-même, pour me montrer que j'ai bien compris, pour y greffer mes propres réflexions et les connecter avec les précédentes. Comme je fais souvent après avoir lu un livre, finalement. Sauf que dans ce cas, j'ai seulement mélangé mes idées avec les idées énoncées par le prof, avant même de lire le texte discuté - je risque donc de revenir sur ces questions. Nous verrons.

7:29 PM

22.1.02

Je viens de récupérer toutes les entrées de mon ancien weblog, entre juillet et novembre 2000. Les liens ne fonctionnent pas nécessairement, mais le contenu est quand même intéressant. Je parlais plus ou moins des mêmes choses que maintenant : lectures, musique, cinéma. Si vous êtes attentif vous trouverez même un lien vers l'ancien forum d'anomalie. J'avais perdu l'adresse moi-même : tout les messages sont intacts! C'est un petit retour dans le passé, qui me rappelle pourquoi je l'avais fermé...

11:27 PM

Ghislain Taschereau devrait consulter un psychanalyste. Peut-être qu'il pourrait lui dire d'où lui vient cette obsession phallique - ses aventures de l'inspecteur Specteur sont vraiment vulgaires. On s'entends, je suis loin d'être prude, je n'ai rien contre l'érotisme (ou même le p0rn). Mais il y a toujours des limites - un homme qui se transforme en queue géante et qui propulse une armée de spermatozoïdes géants, ce n'est ni excitant, ni intéressant, ni drôle. Je ne sais pas, je n'ai pas trouvé ce livre divertissant mais malsain : d'où viennent ces obsessions pour la religion catholique, le satanisme et la pornographie? Le mélange est plus agaçant que dérangeant - c'est plutôt juvénile.

La seule idée intéressante de ce livre est la suivante : les suppots de satan tuent pour des raisons précises, haine, jalousie, vengeance. Par contre lorsque quelqu'un meurt d'une catastrophe naturelle ou un accident, on dit que c'est la volonté de Dieu, Dieu a jugé bon de le ramener à ses côtés. Alors Dieu tue pour aucune raison, comme ça, par caprice. Dieu est donc pire que Satan.

Le reste, on pourrait s'en passer.

11:00 PM

De la triche sur le blogtop francophone. Je m'en doutais. De toute façon, ce palmarès commence à me peser, je retire le lien pour voter, c'est inutile. Boycott! (via Alvin)

10:38 AM

21.1.02

Cette session, j'ai pris un cours de philosophie, histoire de tester si c'est vraiment ma branche. J'ai pris «Introduction à l'éthique» parce que c'est un sujet qui m'intrigue depuis toujours : comment justifier qu'une conduite est «bien» et une autre «mal»? Et quel est le résultat du test? Je n'ai jamais autant trippé de ma vie dans un cours, c'est tout juste si je suis capable de me retenir de frétiller sur mon siège. C'est passionnant!

C'est peut-être une réaction un peu excessive parce que je n'avais jamais eu ce genre de cours avant (des débats d'idées pratiquement socratiques), mais fuck... 3 heures totalement concentré à prendre des notes, et pas parce que c'est ce qu'il faut faire, mais parce que les sujets discutés déclenchaient des réactions en chaîne dans mon cerveau, un feu d'artifice de neurones. Tout cela m'inspire au plus haut point. Je pense que j'ai vraiment trouvé ma voie, enfin. Alleluia.

11:04 PM

Encore un autre texte d'Anomalie. Celui-là contient toutes mes réflexions au cours de mon grand trip de nouvelle littérature québécoise des deux derniers mois, qui s'achève - je n'en trouves plus, c'est la pénurie!

En ce moment je lis «L'inspecteur specteur et le Curé Ré» de Ghislain Taschereau et honnêtement je ne trouve pas ça terrible. Quand même pas aussi mauvais que «Diane la foudre», mais tout de même, rien d'extraordinaire. Enfin, je vais essayer de ne pas bouder mon plaisir, mais après ce que j'ai lu ce mois-ci, ça me semble plutôt faible.

4:01 PM

20.1.02

Je commençais à m'inquiéter, je n'avais rien écrit pour Anomalie depuis un moment. Puis une très intéressante conversation hier soir m'a permis de relier toutes sortes d'idées qui me flottaient dans la tête depuis environ un mois. Ce qui a donné finalement un texte presque aggressivement positif, qui montre où j'en suis en ce moment : à un moment de transition dans ma vie. Vers un nouveau Mr.Darnziak amélioré, plus performant! Et surtout, sans excuses!

10:49 AM

19.1.02


Ça y est! C'est officiel! Je vais réaliser un des rêves de ma vie! Je pars pour le japon le 7 mai et je reviens le 10 juin! Les billets sont achetés, tout! Je suis heureux à m'exploser la tête... yatta!!! J'ai hâte!

6:12 PM

18.1.02

Horaire chargé = beaucoup de voyagements = beaucoup de temps pour lire. Je viens de terminer encore un autre bouquin de l'effet pourpre. Je les ai presques tous lus, j'achève! Cette fois-ci c'est «Que jeunesse trépasse» de Patrick Brisebois. Encore une fois, j'ai beaucoup aimé.

Le style de Brisebois est particulier, il aime les jeux de mots, le cabotinage verbal... ça oscille entre l'écriture très directe et documentaire et les envollées plus poétique destroy. J'aime bien le mélange, c'est plutôt décapant. Il n'y a pas vraiment d'histoire comme tel, seulement une sucession de scènes qui racontent la vie d'une bande de jeunes montréalais dans la vingtaine, tous aussi nihilistes, fuckés, sans avenir, déprimés, alcooliques, fêtards... bref, ça déménage et c'est pas mal représentatif de notre génération. Enfin, d'une certaine partie, pas exactement mes amis ou moi - je ne suis pas exactement «no future». Même si je ne me reconnais pas totalement dans ces personnages, j'ai appris à les aimer. J'ai bien hâte de lire son deuxième roman, si je pouvais le trouver...

11:25 PM

16.1.02

Je suis plutôt déçu ce soir : j'ai appris hier que Godspeed you black emperor donnait quatre spectacles à Montréal. Ce que j'attendais depuis un an. Mais ces spectacles étaient : dimanche, lundi, mardi et mercredi (ce soir). Je me suis précipité en ville hier pour trouver des billets : rien à faire. Je suis allé au spectacle ce soir dans l'espoir d'en avoir : rien à faire non plus. J'ai raté Godspeed encore une fois! L'attitude anti-commerciale, c'est pas mal, mais c'est chiant quand les shows ne sont aucunement annoncés. En tout cas, moi je n'avais rien vu du tout. Personne ne m'a prévenu, un si grand fan comme moi qui leur fait de la pub gratuite sur le net depuis un an. C'est triste.

(Insérer ici que GYBE! est un de mes groupes préférés parmis tout les groupes de la terre et réitérer que leur musique est géniale et bouleversante et sublime et allez donc tout acheter leur disques malgré tout).

Cet après-midi en attendant de manquer le show, je suis allé voir Un Crabe dans la tête d'André Turpin (qui était aussi directeur photo sur Maelstrom), sympathique film québécois. Je l'ai bien aimé : c'est drôle et l'idée de départ me plaît beaucoup. C'est l'histoire d'un gars qui ne sait pas dire non, qui est toujours trop gentil avec tout le monde, qui est une sorte de caméléon en fait : comme s'il n'avait pas de personnalité à lui, il s'adapte à la personne avec qui il parle, change jusqu'à devenir comme elle. J'ai des petits côtés comme ça, moi aussi - que je tente d'éradiquer. Il veut que tout le monde l'aime, mais il est complètement incapable de confronter la réalité. Ce qui lui cause finalement toutes sortes de problèmes. C'était marrant de suivre ses aventures, surtout que David La Haye est très bon là-dedans. Et visuellement, André Turpin oblige, et bien c'était beau. Par contre, comme dirait les deux charmantes demoiselles à côté de moi durant la projection, «La fin nous laisse sur notre faim». Ça s'écrase un peu sans trop de résolution, ce qui fait qu'on sort en haussant les épaules plutôt qu'en étant époustouflé. J'ai vu des critique mitigées, mais moi je trouve que c'était bien.

Et j'ai aussi longuement marché pour essayer de comprendre Tri Repetae++ de Autechre. Je me demande quelle réponse physique est supposée produire cette musique. Je suis habitué au airguitar, headbang, grimper sur une chaise, chanter à tue-tête ou avoir les larmes aux yeux : Autechre ne m'inspire rien de ça, et ne m'inspire à danser non plus, non... plûtôt j'ai remarqué que je regarde toujours vers le bas en écoutant, comme quand je cherche une idée, comme quand je réfléchit à un problème abstrait difficile. De la musique qui fait réfléchir? Bref, «Clipper» est vraiment écoeurante, je l'ai eu dans la tête toute la journée. Expansion élastique de mon faciès vers le haut.

(Quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi Autechre est dans la section drum & bass du HMV?)

Ah oui, et puis hier j'ai terminé «Gode Blesse» d'Alain Turgeon dont je parlais l'autre jour, et vous pouvez multiplier le bien que je disais de son deuxième livre, le premier est encore meilleur. J'adore totalement son style dépouillé, tout croche, naïf mais hyper lucide. Parfois on dirait que c'est écrit par un enfant, mais c'est rempli de scènes tellements vraies (souvent pleines de cul, avis aux intéressés) et des réflections d'une désarmante franchise, je peux pas rester indifférent à ça... c'est tellement non-pompeux, non-grandiloquent, non-arrogant. Franc et vrai. La fin m'a un peu viré à l'envers. On peut bien chialer que l'autofiction est un manque d'imagination de la part de l'auteur, reste que quand c'est bien écrit, c'est fort.

Ça parait que je suis super occupé à part ça?

9:35 PM

14.1.02

Je viens d'uploader quelques-uns de mes tentatives d'écritures récentes. Des petits essais, si on veut. Pas mal plus personnels que ce à quoi je suis habitué. Commentaires appréciés.

11:08 AM

Je viens de découvrir un site méga-génial! C'est Les idées bigarrées de Mandaline, particulièrement la section Écrits/Journal.

C'est la première fois qu'un site web me donne l'impression que ma propre Anomalie à dû donner à d'autres : celle de voir mes idées non-verbalisées prendre forme. Je me dis «j'aurais aimé écrire ça!». Et je sens même l'inutilité de réécrire sur les mêmes sujets qu'elle, puisque ce ne serait que de la répétition. À chacun de ses textes je me suis senti plutôt dérangé, et pour moi c'est une bonne chose. J'aime être dérangé comme j'aime être dérangeant. Voilà quelqu'un qui réfléchit fort, c'est évident.

10:16 AM

13.1.02

C'est la première fois que je fouille systématiquement une maison d'édition et je tombe sans arrêt sur de grandes découvertes, c'est vraiment super. Je viens de lire un autre bouquin de l'effet pourpre, «Préambule à une déclaration mondiale de guerre à l'ordre» d'Alain Turgeon, et encore une fois j'adore. (On dirait que j'adore tout, maudit enthousiaste qui aime la vie que je suis, désolé de vous écoeurer avec ça).

Malgré le grand titre ce n'est pas un essai, c'est plutôt un espèce de receuil de nouvelles. Je dis espèce parce que ce n'est pas toujours des nouvelles, c'est souvent une sorte d'hybride avec l'essai. C'est assez étrange. Je peux donner des titres en exemple : «Le baseball expliqué à ceux qui ne le connaissent pas», «Ceux qui disent que la tour Eiffel est pas belle sont des imbéciles», «Alain Turgeon à moitié fou», «La trilogie de l'amour», «La trilogie du sperme», «Petit documentaire animalier sur les français», «En réalité, Dieu est un sujet tabou», etc.

Le style est le plus bizarre. C'est comment dire... volontairement déficient? Faussement naïf? Ça semble mal écrit à première vue, la syntaxe est boiteuse mais ça donne un rythme totalement personnel au texte, à force le lire je me mettrais presque à écrire comme lui, c'est contagieux. Juste le style m'a fait sourire souvent.

Ce genre de livre m'encourage à écrire. Peut-être que je finirai par devenir aussi direct et franc que lui, à trouver ma voie/voix (même si la mienne sera sûrement bien différente) C'est rempli d'observations justes et vraiment franches, là-dedans.

À part ça, ça me tente de le dire, voilà : je vais drôlement bien ces jours-ci. Grand poids tombé de mes épaules. Bonne humeur et tout. Même avec la session de malade qui se profile.

8:58 PM

Excellente blague de Joram :

eille-la
ma résolution pour 2002 cé:
1024 x 768

12:35 PM

12.1.02

Il m'est déjà venue une drôle d'idée. Celle que je n'écoute pas nécessairement de la «bonne» ou de la «belle» musique, mais plutôt la musique qui colle au moment, peu importe sa qualité intrinsèque.

Il m'arrive d'écouter certaines musiques et intellectuellement perçevoir que c'est «bon» ou «beau». Mais pourtant, malgré cela, la musique me dérange au plus haut point parce qu'elle ne correspond pas à ce que je suis. Ça m'arrive parfois en écoutant du punk rock joyeux, ou du dance, ou du classique, ou de la musique de fiesta mexicaine. Comme si je savais que c'était de la «bonne musique entrainante» et pourtant, j'ai envie de vomir, de me boucher les oreilles, de m'enfuir à toutes jambes.

Et l'inverse, j'écoute parfois (mais moins maintenant) de la musique totalement déguelasse, horrible, le black metal le plus bruyant et vomitif qu'on puisse trouver, et ça fait parfaitement du sens.

Partager des goûts musicaux est donc impossible et de toute façon inutile. On ne peut pas partager le même cerveau. Malheureusement.

On pourrait appeller tout ça la subjectivité.

9:41 PM

J'ai downloadé à peu près tout ce que je pouvais d'Autechre. Verdict : j'aime presque tout! Pas mal non? J'enfonce les portes d'un nouveau monde d'un grand coup de pied.

Mon préjugé que la musique électronique est surtout «cérébrale», et pas tellement émotive, est presque confirmé sauf en rares exceptions, mais cette musique est loin d'être froide ou stérile. Elle est inhumaine, oui, mais tout de même organique - je connais des groupes de metal technique qui sonnent plus robotique que ça. Autechre semble souvent analogue à mes oreilles - des sons étranges, oui, mais qui ne proviennent pas nécessairement de machines. C'est difficile à décrire, mais je ressens quelque chose. Parfois mes yeux s'ouvrent grands, je me recroqueville en position foetale sur ma chaise, et je laisse les sons me découper l'esprit en petit cubes tous bien égaux. C'est une drôle de sensation.

On est loin des mitraillements de rage ou des lentes plaintes mélancolique auxquels je suis habitué. C'est tellement plus... abstrait. J'apprécie beaucoup.

9:38 PM

Je suis de retour.

Je n'ai pas tellement lu durant mon voyage, préférant redécouvrir le plaisir de ne rien faire activement des heures durant. Mais j'ai quand même lu un peu. J'ai poursuivi mon exploration de l'effet pourpre.

Un Petit Bleu Bourgogne de Sylvain Houde

Si c'est ça la nouvelle littérature québécoise, je suis preneur! J'ai adoré ce livre, peut-être encore plus que ceux de M-O.Moutier. C'est cinq «romans brefs», autrement dit de longues nouvelles - un format très agréable, ma foi. J'ai parfois un peu de difficulté avec les nouvelles : je mets du temps à accrocher à une histoire, et lorsque j'accroche, la nouvelle se termine, me laissant souvent sur ma faim. Point de ça ici, c'est juste assez long.

La première histoire est sympa : une histoire de meutres dans un bar underground rappellant vaguement les Foufounes électriques, en plus... grand. Mais c'est surtout les quatres autres qui m'ont frappées. Ma préférée est le roman-titre, «Un petit bleu bourgogne», qui raconte l'histoire d'un homme qui ramène chez lui une jeune itinérante. Celle-ci écrit toute sorte de chose sur des bouts de papier qu'elle trouve, qu'elle transporte dans des sacs de plastiques : je ne sais pas pourquoi mais j'ai trouvé ça carrément hallucinant. J'ai eu un frisson monstre à la fin, même si j'étais sous un soleil de plomb allongé dans le sable. Je pense m'acheter ce livre juste pour pouvoir relire cette histoire. C'est si bon que ça.

La «Petite histoire du malin» est géniale aussi : une histoire en 666 lignes, chacune numérotée. C'est une histoire "morale", pourrait-on dire, une discussion sur le bien et le mal, sur le fait que le bien est l'inverse du bon, et que le mal est leur ligne de démarcation. Pourquoi être bon ne rend pas heureux? Parce que le Malin est en nous, nous dirige, se nourri de notre souffrance...

Bref, ce livre là, je l'ai vraiment aimé. Une taloche de plus pour que je me réveille, pour que je réalise que la littérature est pas mal la chose la plus trippante qu'on puisse trouver dans cette petite vie. Je le sais, je le sais, j'ai compris.

Et aussi...
Les aventures hallucinantes de Gusse Oualzerre I : L'Œil privé de Daniel Da

C'est difficile à décrire : un roman policier érudit, absurde, drôle, au ton est plutôt léger, malgré les références savantes, les descriptions denses, le vocabulaire obscur et l'intrigue tarabiscotée. Mais j'ai tout de même bien aimé - c'est souvent très marrant, pas d'un humour à s'esclaffer bruyamment, mais subtil et totalement absurde. Par exemple, ma phrase préférée est «Les murs respiraient d'une émouvante verticalité», ce qui donne une idée du ton - ça ne veut strictement rien dire. Ah oui, et les noms des personnages sont souvent à consonnance anglaise mais écrits à la française, par exemple «Djime Smitte», ce qui m'a souvent fait rigoler. C'est spécial. Et au design original - parait-il qu'il vient emballé dans un sac de plastique étiqueté, comme une pièce à conviction.

C'est cela. À part ça, je suis presque bronzé.

6:00 PM

2.1.02

Je prends le large. Je pars pour une semaine au Mexique. See ya.

2:07 PM