Toute femme se trouve un jour ou l’autre dans une
situation embarrassante provoquée par une blague
sexiste, jugée inoffensive par celui ou celle (mais ce
sont en général des hommes) qui la raconte. C’est votre
choix d’en rire ou pas! Mais lorsque ces blagues
s’adressent à vous et que vous êtes exposée à des
moqueries répétées, le malaise grandit, et avec raison.
Mine de rien, vous vous retrouvez coincée; vous ne
pouvez parler à personne de ce qui se passe, puisque
vous avez honte d’en être arrivée là. Prise au piège,
vous devenez tranquillement la marionnette de celui qui
vous tourmente, et le harcèlement a déjà commencé.
Harcèlement = viol
Dans le cas du harcèlement sexuel, l’agresseur n’utilise
pas la force physique, mais la violence psychologique.
Les conséquences sont toutefois les mêmes. À la limite,
on pourrait même parler d’un viol incestueux, car la
supériorité hiérarchique est comparable à l’autorité
parentale. La victime de harcèlement sexuel se trouve
dans une situation où elle pense qu’elle n’a pas le
choix. Le harceleur la transforme en complice d’un jeu
pervers auquel elle ne veut pas jouer et qu’elle ne mène
pas. L’individu arrive à la bouleverser au point qu’elle
ne peut plus avoir confiance en son propre jugement, et
qu’elle remet en question son estime de soi et sa
confiance. Les conséquences psychologiques sont
difficiles à mesurer puisque chaque personne réagit
différemment. De façon générale, le syndrome
post-traumatique se caractérise par une tendance
dépressive, des troubles alimentaires, etc. Il ne faut
donc pas banaliser la chose; une plaisanterie répétée
sur une longue période peut avoir des conséquences
psychologiques graves dans la mesure où la victime perd
tous ses moyens.
Le sujet vous intéresse? Vous voulez en
discuter? Vous voulez nous faire part de vos
expériences, vos émotions et vos réflexions?
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Il y a généralement trois types de harceleurs sexuelle.
l’impuissant, le désaxé et le narcissique souffrant
d’insécurité. L’impuissant est un homme qui n’osera pas
aborder une femme dans le cadre d’une relation saine
puisqu’il en est psychologiquement incapable (il est
immature, perturbé émotivement...), ou encore, il
profite de sa position hiérarchique pour se donner de la
puissance. C’est le type de harceleur qu’on rencontre le
plus souvent. Le désaxé, lui, utilise l’humiliation.
Très troublé, ce genre d’individu est pervers, et
méchant verbalement, moralement et physiquement. Le
narcissique souffrant d’insécurité n’a pas d’estime de
soi, il ne peut résister à ses pulsions sexuelles (grand
signe d’immaturité) et il ressent continuellement le
besoin de rabaisser les autres pour redorer son image.
C’est celui qu’on rencontre le moins souvent.
Le harceleur type utilise la manipulation et se sert de
la sexualité pour humilier les femmes et se venger de
celles qu’il craint — car c’est là le véritable
problème: il veut se donner une puissance sexuelle qu’il
n’a pas. Certains exigent des faveurs sexuelles
incomplètes (mais non moins graves): fellations,
attouchements, mais tous ont en commun le plaisir de
l’humiliation. Si vous vous croyez victime de
harcèlement sexuel, ne restez pas silencieuse. On
n’insistera jamais assez sur la nécessité de dénoncer
tout acte qui vous prive de votre dignité et de votre
liberté. Pour porter plainte, vous devez vous adresser
au bureau de la Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse (CDPDJ) le plus près de chez
vous, par téléphone ou par écrit. Siège social: 514
873-5146 ou sans frais: 1 800 361-6477; www.cdpdj.qc.ca
Soyons solidaires: ne rions plus des blagues sexistes
(qu’elles soient dirigées contre des femmes ou contre
des hommes), dénonçons ouvertement les comportements
indésirables et crions que c’est interdit par la loi!