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Situé à quelques 600 kilomètres à l'est de la ville de Québec, Rivière-au-Tonnerre avec son église de style normand, ses kilomètres de plages et ses paysages d'arbres rachitiques et de tourbières, constitue l'un des plus beaux villages de la Côte-Nord. Il doit son nom au déversement puissant des chutes de la rivière du même nom. Ses premiers habitants, des pêcheurs de la Gaspésie, de Baie des Chaleurs et des îles de la Madeleine qui connaissaient l'endroit pour ses pêches abondantes et son havre reconnu pour sa sécurité, s'y installèrent au cours du XIXe siècle. Ils portaient des noms très variés: Vibert, Beaudin, Leblanc, Lebrun, Blaney, Cody, Boudreau, Duguay et Cormier. En 1850, trois familles résidaient à Rivière-au-Tonnerre. En 1871, on en comptait quatorze formées de 33 adultes et 32 enfants (dénombrées par R.P.J.O Perron, vicaire du petit village).

Quand M. Henri Menier devint propriétaire de l'île d'Anticosti, en 1895, il imposa aux résidants des conditions nouvelles d'existence. Il achetait les maisons et les terrains cultivés, il ne chassait personne, mais tous devenaient ses sujets soumis et devaient payer une rente annuelle au nouveau "roi". Quinze familles dont les Bezeau, Dignard et les Noël, préoccupés de jouir des libertés d'antan, immigrèrent à Rivière-au-Tonnerre.

Longtemps isolé du monde, le village vécut sans radio, ni télévision, ni route jusqu'en 1948, année où l'on achemina les lignes électriques à Rivière-au-Tonnerre. Pas étonnant qu'on y ait construit une des plus belles églises de la Côte-Nord à partir de 1908 et que ses décorations aient été patiemment sculptées au canif. En 1951, la population comptait 618 habitants.

Depuis ses origines, toute l'activité économique du village est liée à la pêche. De 1975 à 1985, Rivière-au-Tonnerre a été qualifiée de "capitale du crabe" mais des difficultés administratives ont amené l'usine de transformation du poisson à fermer ses portes en 1988. On continue tout de même à pêcher le crabe aujourd'hui dont les Japonais sont très friands. La population, actuellement au nombre de 350 habitants environ, continue de subir l'exode de ces enfants vers les villes. Mais il y a ce charme indescriptible qui, lui, demeure : une sorte de mélancolie, un sentiment d'infini et de beauté paisible qu'on ne retrouve nulle part ailleurs au Québec. Et, bien sûr, il y a la mer...

 

 


Source : Béatrice Henley, Manon Pagée, Petits coins isolés de la Côte-Nord, Rivière-au-Tonnerre/Sheldrake, 1990.

 

Conception et réalisation :