LA FEMME PRÊTRE...

Êtes-vous pour ou contre l'ordination des femmes à la prêtrise? Ou peut-être ne savez-vous pas trop de quel côté pencher? Cette question se pose souvent. Les échos récents en provenance de Rome semblent fermer la porte à tout jamais sur cette question. L'exclusion de la femme comme prêtre est vue comme une volonté expresse de Jésus.

Personnellement, je conçois très bien qu'un jour des femmes puissent devenir prêtres et même évêques. Pour moi, le refus de l'ordination des femmes est plus un jugement pratique pour aujourd'hui qu'un jugement théologique pour toujours. Je comprends aussi qu'il nous faille cheminer encore un temps avant que cela ne soit accepté par une majorité autant laïque que presbytérale. Mais je suis convaincu qu'un jour cela viendra.

Plusieurs études bibliques récentes affirment que Jésus, en choisissant des hommes comme apôtres aurait tenu compte de son temps. Selon ces études, il n'aurait pas voulu en faire une règle pour toujours. Je partage personnellement cette interprétation de l'Évangile. L'homme et la femme ont une dignité égale pour représenter Dieu et agir en son nom. Ce n'est pas une question de sexe mais de vocation.

Lorsque l'on dit que le prêtre représente Jésus, masculin, j'ai grand peine à voir en quoi la masculinité fait mieux annoncer le salut en Jésus Christ. Je ne peux non plus retrouver dans le Jésus des Évangiles ce qui relevait de sa masculinité comme telle dans le salut réalisé. Lorsque l'on dit que le prêtre représente Jésus l'époux, donc masculin, en relation avec l'Église épouse, je me sens mal à l'aise si l'on insiste pour attribuer toute la matérialité de cette image Jésus époux - Église épouse au prêtre. Celui-ci ne se sent pas du tout époux en face des hommes pour qui il exerce son ministère! Et que penser de l'image pasteur brebis? Combien de prêtres ont déjà touché une brebis dans leur vie! Comment peuvent-ils se sentir pasteur? Vous vous voyez comme brebis? Il faut dépasser la matérialité de l'image, du symbole pour découvrir ce qui y est signifié!

Lorsque l'on parle de la dignité de la personne humaine, que l'on parle de la diversité des vocations, (tous et toutes ne monopolisent pas toutes les vocations), je crois qu'autant les femmes que les hommes sont objets des appels de Dieu. Dieu, qui a créé l'humanité homme et femme à sa ressemblance, ne s'offusquera certainement pas d'appeler au service sacerdotal les femmes comme les hommes. Lorsque ce ministère sera reconnu pour les femmes dans l'Église, celle-ci, il me semble, aura fait un pas de plus dans la mission que Dieu lui confie pour le monde d'aujourd'hui.

André Castonguay

acaston@sympatico.ca