LE CLONE DE JÉSUS

 

Vous désirez vivre éternellement? Rien de plus facile. Pour la modique somme de 200,000$ US, vous pourriez vous faire cloner dans un corps tout neuf. Foi de Raël, voilà une belle affaire! Même que, toujours d'après Raël, Jésus ressuscité serait le fruit d'un clonage dans un corps neuf. "Les chercheurs écossais qui ont réussi le clonage de la brebis 'Dolly' peuvent donc aller se rhabiller" (Journal La Tribune, Sherbrooke, Qc, 12 mars 1997).

 

Pourtant, le chemin proposé par le Christ, durant la semaine sainte qui commence, ne ressemble en rien à un clonage. Tout d'abord, le Christ n'est pas venu comme un clone pour souffrir à la place d'un Dieu bien assis confortablement dans son ciel. En Jésus, c'est vraiment Dieu qui vient prendre la route souffrante des hommes et des femmes de tous les temps. Il n'a pas fait semblant, il n'a pas voulu échapper au concret de la vie. Au contraire, il a emprunté les chemins de la souffrance humaine pour y opérer une brèche ouvrant sur la vie et sur l'amour.

 

Ce n'est pas une copie de moi qui s'échappe pour accéder à la vie éternelle. C'est moi, moi avec tout ce que je suis, qui suis aimé par Dieu. Dieu, déjà, m'aime tel que je suis. C'est moi qui suis appelé à être transformé par la force de l'amour de Dieu, jusqu'en vie éternelle. C'est moi, et non pas un clone, qui habiterai la maison de Dieu, ma maison. D'ailleurs, je ne me crois pas assez parfait pour prétendre me cloner tel quel pour l'éternité. Je préfère encore cheminer, habité et transformé par l'Esprit de Dieu.

 

D'un autre côté, est-ce vraiment de clones dont notre humanité a besoin? Les personnes qui vivent de grandes souffrances, les gens en guerre, les gens habitant des pays sous-développés ont-ils besoin de clones pareils à eux? Je crois qu'ils ont surtout besoin de personnes, habitées par l'Esprit du Christ et capables de s'engager avec eux à changer leurs conditions de vie. Cloner les pays en guerre et sous-développés ne les rendra pas plus heureux!

 

Quant à moi, Raël peut aller se rhabiller. Je préfère encore le patient chemin de la solidarité et de l'amour, vécu à la manière de Jésus. Je crois en moi, mais je crois surtout à la miséricorde de Dieu et à sa volonté d'achever en nous tous son oeuvre d'amour.

 

André Castonguay

Acaston@sympatico.ca