VIVE LE SYNODE!
Le diocèse de Sherbrooke a vécu un synode. La promulgation officielle des propositions
issues de la réflexion des diocésains et diocésaines a été faite le vingt-neuf avril dernier au
cours d'une célébration à la cathédrale. Devons-nous dire "Vive le synode!" à la manière que
l'on dit "Le roi est mort, vive le roi!" Certes non, car cela voudrait dire que l'on oublie le
synode et que l'on passe à autre chose.
Pour que le synode ne passe pas, mais porte vraiment ses fruits, il faudra l'engagement concret
et immédiat des diocésains et diocésaines. En cela, je reste sur mon appétit. La célébration de
la promulgation des déclarations synodales ne semble pas avoir suscité un grand enthousiasme
et un dynamisme nous engageant tous dans l'avenir de notre Église. Certains éléments du
Cahier des déclarations synodales m'ont aussi laissé songeur. Nous y retrouvons les cent
vingt propositions adoptées par l'assemblée synodale. Les propositions sont regroupées sous
treize chapitres : les réalités socio-économiques, les jeunes, les femmes, l'évangélisation, etc.
Suite à chaque groupe de propositions nous retrouvons quatre items : 1- message de l'évêque :
bref commentaire sur l'une ou l'autre proposition; 2- promulgation : l'officialisation des
propositions; 3- recommandation : des souhaits, des invitations ou des recommandations aux
diocésains et diocésaines; 4- engagement épiscopal : ce à quoi s'engage l'évêque pour donner
suite à l'une ou l'autre proposition. Tout cela est bien et sans doute nécessaire. Que l'évêque
s'engage, soit! Mais où se trouve l'engagement des diocésains et diocésaines?
Le synode n'aura pas d'avenir sans un engagement concret de tous. Ce n'est pas à l'évêque de
réaliser les propositions du synode, mais à ceux-là et celles-là mêmes qui les ont formulées.
Autrement ce sera un pelletage dans la cour du voisin, comme le fait le gouvernement fédéral
dans le provincial et le provincial dans le municipal. En paroisse, par exemple, les gens
peuvent souhaiter et proposer bien des choses, mais s'ils comptent sur le seul curé pour les
réaliser, cela n'ira pas loin. Il faut, il me semble, être capable de s'engager soi-même dans ce
que l'on propose.
Dans le Cahier des déclarations synodales, il y a une foule de bonnes propositions. Qui
s'engagera à les réaliser? L'évêque seul? Le synode est terminé. Pour l'avenir de notre Église,
le synode se doit d'être plus qu'une prise de parole de monsieur et madame tout le monde.
C'est aujourd'hui que commence la vraie synodalité. N'ayons pas peur d'aller chercher des
personnes compétentes pour nous aider à aller plus loin. Mais aussi, n'ayons pas peur de nous
engager nous-mêmes dans la réalisation de ce que nous proposons pour notre Église. L'avenir
en dépend.
André Castonguay
acaston@sympatico.ca