AIMEZ, AIMEZ,

IL EN RESTERA TOUJOUR QUELQUE CHOSE!

Aimez, aimez, il en restera toujours quelque chose! Nous rencontrons souvent des personnes toutes imprégnées d'humanité. Elles savent compatir, être à l'écoute, aimer et donner d'elles-mêmes. Le partage d'amour de ces personnes ne les rend jamais plus pauvres. Au contraire, il les enrichit davantage. Et l'amour reçu par l'entourage n'est jamais perdu. Il en reste toujours quelque chose dans leur coeur et leur vie.

Pour moi, Marie-Soleil Tougas est l'une de ces personnes dont nous pouvons dire : aimez, aimez, il en restera toujours quelque chose! Vous avez remarqué les témoignages qui ont suivi son tragique accident. Tous s'entendent pour souligner sa générosité, sa joie, son engagement pour les plus démunis, allant jusqu'à donner son numéro personnel de téléphone aux enfants malades rejoints par l'Opération enfant-soleil. Certes, nous le constatons, son don de vie et d'amour restera pour toujours dans le coeur et la vie de ceux et celles qui se sont nourris de sa présence.

Ce départ tragique fait remonter à ma mémoire le souvenir d'une autre personne qui m'a marqué : Mme Hélène Codère Poirier, fondatrice de la fraternité des malades de Sherbrooke. Elle aussi a péri dans le feu. Non dans l'incendie d'un avion, mais dans l'incendie de sa maison dont elle est demeurée prisonnière à cause de sa maladie. Cette femme était toute imprégnée d'humanité. Elle savait être à l'écoute et partager beaucoup d'amour. Un jour, elle me disait dans une entrevue pour la télévision : donnez de votre amour... donnez-en comme du bon pain... prenez, mangez de ce pain, il y en aura toujours. Après bien des années, le témoignage de son amour continue de me faire vivre et de m'inviter à aimer sans avoir peur. Oui vraiment, l'amour donné ne s'envole pas en fumée. De cet amour, il restera toujours quelque chose dans ma propre vie et dans celle des personnes que je rencontrerai.

J'écoute, ces semaines-ci, Jésus me dire : celui qui mange ma chair et boit mon sang vivra pour toujours... vous vivrez par moi. Parler du corps et du sang de Jésus dont se nourrir, c'est parler de son humanité. Cette humanité se traduit en ouverture aux autres, en générosité, en accueil, en tendresse, en amour donné, en vie offerte pour nous tous. Comme du bon pain, nous nous nourrissons toujours de son amour et nous apprenons à aimer comme lui.

Oui vraiment je le crois, et il m'est donné de le constater encore dans les témoignages autour du départ de Marie-Soleil Tougas : aimez, aimez, il en restera toujours quelque chose!

André Castonguay

acaston@sympatico.ca