J'ATTENDS QUELQU'UN



Le temps de l'Avent qui nous sépare de Noël est un temps d'attente. En fait, nous sommes toujours en train d'attendre : attendre que les événements passent, attendre que les autres changent, attendre un enfant non attendu, non désiré, attendre un enfant attendu mais qui ne vient pas, attendre que la justice vienne, attendre que les hommes s'aiment vraiment, attendre à chaque année un Royaume des cieux qui se laisse prier et j'en passe.

Malgré tout, nous continuons d'attendre, d'espérer. Nous courons après ces moments d'espérance, après ces moments de rafraîchissement qui nous permettront d'affronter à nouveau les gestes quotidiens, les événements parfois brutaux.

Noël est un de ces jours d'espérance tant attendu par tous les hommes. Mais qu'est-ce que nous attendons au juste ou plutôt qui est-ce que nous attendons? Notre attente est-elle quelqu'un? Notre attente a-t-elle pour objet des choses, des cadeaux, des soirées, un échappatoire du réel? Notre attente peut-elle aussi être quelqu'un à rencontrer, quelqu'un de tellement familier que parfois je l'oublie presque?

Et Jésus au milieu de toutes ces attentes? Ça fait 2,000 ans qu'il attend les hommes. Il attend ces hommes et ces femmes pour qui seule la fête est importante. Il attend ces hommes et ces femmes qui ne voient en lui qu'un petit Jésus aux boucles d'or dans une crèche de ouate. Il attend le coeur de l'homme et de la femme pour l'ouvrir à une ferme espérance.

L'attente de Jésus est espérance. Il attend que l'homme devienne pour l'homme un véritable ferment d'espérance.

Il y aura toujours des pauvres, bien sûr. Il y aura toujours de la souffrance et de la solitude, bien sûr. Mais pourquoi faudrait-il que ce soit ce pauvre, ce malheureux, ce solitaire qui soit toujours pauvre et malheureux et seul? Et pourquoi faudrait-il que ce soit par moi que ces choses arrivent? Se pourrait-il que l'inverse soit vrai? Que les hommes soient moins pauvres, moins malheureux, moins solitaires à cause de moi?

Se pourrait-il surtout que le coeur de cet homme et de cette femme s'ouvre à une plus grande espérance à cause de moi, à cause de Jésus né pauvre, mis à l'écart par les hommes il y a 2,000 ans?

À Noël, quelqu'un m'attend. Et moi, est-ce que j'attends quelqu'un?



André Castonguay

acaston@sympatico.ca