À LA RECHERCHE DU DIAPASON
Vous connaissez le diapason. Ce n'est pas un gros instrument. Il a une
toute petite voix. Par contre, l'appuyer sur une simple planche de bois
peut donner de la puissance à sa voix. Le diapason a une seule note :
un la 440. Nous sommes loins de la symphonie. Une seule note bien
humble, couverte par une multitude d'autres notes. Malgré tout, ce
diapason peut être à la source d'une symphonie tout à fait fantastique.
La condition : que tous les instruments acceptent de l'écouter,
d'harmoniser leurs voix à la sienne et ainsi de s'harmoniser les uns aux
autres.
Ce diapason me fait penser aux chrétiens et chrétiennes aujourd'hui. Il me fait aussi penser au Christ Jésus lui-même. J'ai l'impression que la voix du Christ est perdue dans la multitude des voix de notre monde. Lorsqu'il est question de valeurs à vivre et à partager, du sens à la vie, nous nous retrouvons bombardés par une foule de voix les plus contradictoires.
Le Christ et son Évangile, seul point de référence il n'y a pas si longtemps, est maintenant étouffé par les multiples voix qui se font entendre. Le respect des personnes est l'une des valeurs qui me semblent le plus bafouées aujourd'hui. Cela nous conduit plus du côté de la cacophonie que de la symphonie. On se surprend par exemple que des jeunes manquent de respect et de sens civique et du fait qu'ils règlent leurs différents par la violence et le saccage. Est-ce que nous pouvons le leur reprocher lorsque l'exemple vient de haut. La réaction de certains parents face aux professeurs d'école, la façon de négocier de certains cols bleus et de certains pompiers ne sont pas de nature à promouvoir le respect et de nature à bâtir une société harmonieuse.
Dans cette mouvance, où sont les chrétiens et les chrétiennes? Ils ont cette petite voix simple et humble du diapason. Pour moi, le Christ Jésus est le véritable diapason capable d'harmoniser toutes les voix. Mais pour être entendu, il a besoin des chrétiens et des chrétiennes qui acceptent d'abord eux-mêmes de vibrer au Christ et à son Évangile et d'être dans le monde comme cette caisse de résonnance qui permet au diapason de se faire entendre.
Sans les chrétiens et les chrétiennes, le Christ ne pourra faire vibrer sa voix dans les oreilles et surtout le coeur de nos contemporains. En vibrant moi-même aux valeurs de l'Évangile, sans me prendre pour une grosse caisse, je peux mêler ma voix à celles des autres pour ensemble, dans le respect mutuel et l'acceptation des différences, apprendre à harmoniser nos voix en une symphonie fantastique.
C'est mon rêve, c'est ce qui me fait vibrer dans la vie, c'est ma foi dans le Christ Jésus.
André Castonguay