UNE BONNE TRANSFUSION DE VIE

Comment vous sentez-vous? Une bonne transfusion de sang ou de vie ne ferait peut-être pas tort.

Tout le système de la santé connaît des heures bien difficiles. Les réformes dans les hôpitaux, l'engorgement dans les urgences et toutes les récentes batailles autour du budget Martin causent beaucoup de stress et d'insécurité. Je ne veux surtout pas ici être juge entre Québec et Ottawa. De toute façon, la situation est fort complexe et provoque beaucoup de souffrances. Et la personne humaine dans tout cela? Je pense autant au personnel soignant qu'aux malades. Tous sont-ils écrasés, engloutis par le système?

En parlant de sang, le 25 janvier dernier, j'ai accompagné ma mère de 91 ans au CUSE site Bowen à Sherbrooke pour une prise de sang. Le hasard a voulu que ce soit le jour même de son anniversaire de naissance, de ses 91 ans.

J'ai remis les papiers d'ordonnance à l'infirmier et je suis demeuré près de ma mère pendant la prise de sang. L'opération terminée, nous sommes sortis du bureau pour nous habiller et nous préparer à partir. Tout à coup, je vois l'infirmier tout souriant sortir de son bureau et venir à notre rencontre. En lisant les papiers, il venait de s'apercevoir que nous étions le jour anniversaire de ma mère. Il l'a félicité, embrassé puis, il est retourné à son ouvrage. Il aurait bien pu ne pas se déranger.

Ce geste simple m'a beaucoup touché ainsi que ma mère évidemment. Cela m'a fait réaliser que derrière le système médical très lourd, il y a des personnes avec un coeur, capables de vibrer aux autres. La personne a le dessus sur le système.

Dernièrement, je suis allé visiter un jeune paroissien accidenté. Il était aux soins intensifs de la pédiatrie au CUSE site Fleurimont.

Tout d'abord, cela m'a fait curieux en dedans d'entrer dans le département de pédiatrie. J'avais l'impression d'entrer dans un autre monde. L'environnement tient compte de la jeunesse de la clientèle. Les grands-parents m'ont venté le savoir-faire et la chaleur du personnel soignant. La grand-maman me disait : « je crois que les gens qui travaillent ici ont été tout spécialement choisis pour les enfants ».

Oui, derrière le système, il y a des personnes avec un coeur qui vibre. Certes, il faut améliorer le système. Mais ce qui me donne le plus d'espoir, c'est de sentir la présence de l'humain plus fort que le système.

Précédemment, je vous demandais : comment vous sentez-vous? Je dois vous dire qu'ayant vécu ces expériences toutes simples, je me sens mieux. J'ai l'impression d'avoir reçu une bonne transfusion de vie.

André Castonguay

acaston@sympatico.ca