La sentence du juge Gelly
Napoléon Lessard met le banc d'Étienne Lessard en vente.J'ai relevé le texte avec les fautes. |
11 avril 31A Messieurs les Pères RédemptoristesMessieursEn vertue d'un acte de donation fait par vos prédécesseurs dont je suis l'héritier, étant le decendant direct des Sieurs De Lessard (dit Lessard)Je serais prêt moyennant un prix raisonnable a conceder pour votre benifice le revenue de mon banc pour l'avenirJe crois qu'un montant de $300 ne serait pas trop exiger car ceci ne represente que quelques années.J'ai une famille et ma position financière m'oblige à m'addresser a vous, en agréant a ma demande vous ferez en même temp acte de charité.Esperant entendre de vousCroyez en ma sincéritéNapoléon Lessard
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Le contrat de vente |
L'an mil neuf cent trente-un, le quatrième jour de Mai.Devant Jean-Baptiste Beauregard, notaire pour la Province de Québec, résidant et pratiquant à Beaupré, comté de Montmorency, district de Québec.Comparaît:Monsieur Joseph-Wilfrid-Napoléon Lessard, peintre, résidant en la Cité de Québec, 223 d'Aiguillon, fils majeur de feu Elzéard Lessard, et aîné de ses fils.Lequel vend, par ces présentes, avec garantie contre tous troubles, à la Congrégation du Très-Saint Rédempteur à Ste-Anne-de-Beaupré, corps politique dûment incorporé, ici représenté par le Rév. Père Émile Journault, prêtre de la dite Congrégation et Recteur d'icelle, résidant à Ste-Anne-de-Beaupré, dûment autorisé aux présentes, par une résolution du Bureau des Directeurs de la dite Congrégation, en date d'hier, dont copie est annexée à l'original, des présentes, présent et acceptant pour la dite Congrégation, acquéreuse, savoir:L'arrière grand'père, du comparant, feu Étienne Lessard ou de Lessard, dans une Donation consentie à Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec, le neuf février mil six cent quatre vingt-quatre, devant Genaple, notaire, et dans l'acte du vingt-quatre janvier mil six cent quatre vingt-huit, par Messire Louis-Ange Desmarets, archidiacre, devant le même Genaple, notaire.Tel que le comparant le possède par la succession interrompue de ses ancêtres.La présente vente est consentie en considération du prix de soixante-cinq piastres (65.00). Que le vendeur reconnaît avoir reçu comptant de la dite Congrégation, acquéreuse, dont Quittance générale et finale.Dont acte, à Ste-Anne-de-Beaupré, sous le numéro neuf mille huit cent quarante-trois de mes minutes.En foi de quoi, les comparants ont signé, avec moi notaire et en ma présence, lecture fait.Signé "Joseph-Wilfrid-Napoléon Lessard
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L'abbé Victor Tremblay ptr., professeur au Séminaire de Chicoutimi s'interroge sur le droit de Napoléon de vendre le banc |
Séminaire de ChicoutimiLe 12 mai 1931Mon cher Alphonse,Je suis confus d'avoir dérangé vos affaires par mes interventions et d'avoir encore retardé cette réponse.Si j'avais cru que le marché fût conclu déjà avec le prétendu propriétaire du banc des Lessard, je n'aurais pas osé en parler.Je t'écrivais parce que j'avais ici un ami, descendant du généreux Étienne Lessart, qui avait été fort intéressé par le détail du banc de famille, et voyant ce banc mis en vente, je voulais lui fournir l'occasion de l'acquérir. Malheureusement il se trouva en voyage, et ce n'est qu'hier soir que j'ai pu le voir.L'autre raison, c'est que mon Lessard me paraît appartenir à la branche aînée de la famille (Cette branche a émigré à l'Île d'Orléans, et de là vers nos régions; ceux de Ste Anne devaient jouir du banc plutôt à titre de résidents qu'à titre d'aînés); et il me semble que le banc fondé par Étienne était réservé à l'aîné de ses descendants. Mais je n'ai pas de quoi vérifier la lignée de mon ami, de sorte qu'il n'y a rien à faire.Je regretterais profondément d'avoir causé à Toi et au R. P. Recteur tant de dérangement, si je n'espérais que ces retards vous eussent permis de mieux éclairer la question de votre côté.La donation d'Étienne de Lessart et les conditions sont faites devant notaire vers 1658, Vous devez pouvoir vérifier les droits du prétendant de Québec. Vous êtes mieux placés que quiconque pour cela.Je t'écrirai dans quelques jours pour t'apprendre la sentence du juge Gelly, attendue d'un instant à l'autre.Avec l'espoir du pardon; mes respects et mes excuses au R. P. Recteur.De tout cur en N.-S.Victor(Note: M. l'abbé Victor Tremblay ptr, professeur au Séminaire de Chicoutimi) |
La sentence du juge Gelly |
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