PRÉAMBULE
DU
PREMIER
CONTRAT
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" Pardevant Guillaume Audouart secrétaire de
Conseil établi par le Roy à Québec, notaire en la Nouvelle-France, et témoins
soussignés fut présent en sa personne honorable homme Étienne de Lessart habitant de la
côte de Beaupré. Lequel touché d'un désir de l'honneur de Dieu et de contribuer
quelque chose selon son pouvoir à son service, voyant l'inclination et la dévotion que
les habitants de Beaupré ont depuis longtemps d'avoir une église ou chapelle, dans
laquelle ils puissent assister au service divin et participer aux Saints Sacrements de
notre mère la Sainte Église, a volontairement et librement cédé et donné, cède et
donne dès à présent pour toujours à l'avenir, par don perpétuel et irrévocable, aux
curés qui seront établis ou autres prêtres qui en feront la fonction, acceptant par
messire Gabriel de Queylus, Grand Vicaire en la Nouvelle-France, une part et portion de sa
concession en la côte de Beaupré, savoir deux arpents de fronts sur la Grande Rivière,
sur une lieue de profondeur dans les bois, autant que sa concession s'étend dans les
terres bornées du côté de l'est par la concession du dit donateur et du côté de
l'ouest par les terres appartenant à Elie Godin. "
N.A.: Monsieur de Queylus était arrivé à Québec, le 30 Juillet 1657, en compagnie
des premiers Sulpiciens venus de France. Il lui sera donné, quelques jours après la
signature du contrat d'Étienne de Lessard, de désigner Sainte Anne comme la titulaire de
la nouvelle église.
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LES
CONDITIONS
DE LA
DONATION
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Première condition:
Construction immédiate de l'église. Le dit don fait à condition que dans la
présente année mil six cent cinquante huit il sera commencé et continué incessamment
de bâtir une église ou chapelle par les habitants commençant par Robert Drouin et
finissant à Belle Fontaine demeurant au Cap Tourmente inclusivement, sur la dite terre au
lieu qui sera trouvé le plus commode suivant l'avis de Monsieur le Grand Vicaire. Que le
prêtre qui servira la dite église jouira de la terre et des fruits qui en seront perçus
à l'avenir. "
Une messe à la Saint-Étienne " Qu'au
jour et fête de Saint Étienne, le lendemain de Noël, la messe et le service qui se
fera, s'y dira chaque année, au dit jour, à l'intention du dit donateur et ses
descendants à perpétuité. Que les préséances et honneurs lui seront rendus et à ses
descendants en la dite église après les Seigneurs ou patrons, avec droit de sépulture
en la dite église au lieu qui lui semblera bon. "
Troisième condition:
Réserve de terrain pour le réduit " Que sur cette terre par lui donnée par le
présent acte, seront pris et réservés proche et aux environs de l'église quatre
arpents pour l'emplacement d'un village au cas que les habitants voisins voulussent
s'assembler et faire un réduit. "
Une place de banc dans l'église " En
considération de ce que dessus, a été accordé que le sieur donateur, lui et ses
successeurs et ayant cause, à l'avenir, auront une place dans la dite église pour faire
un banc de quatre pieds de front et six pieds de longueur, après que les Seigneurs auront
pris leur place, et même est permis au dit sieur de Lessart de faire bâtir une chapelle
quand il en aura la commodité, laquelle chapelle étant bâtie, il sera tenu de céder la
place de son banc au profit de la dite église. " Enfin viennent les signatures: E.
Lessart, le donateur l'abbé de Queylus, Vicaire Général J. Renouart, témoin Audouart,
notaire
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ACCEPTATION
DU
PREMIER
CONTRAT
par
Monseigneur
de Laval le 17
décembre
1666
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" Nous évêque de Pétrée, Vicaire apostolique en
la Nouvelle France, nommé par le Roi premier évêque de ce pays en cette qualité à
l'instance que nous aurait fait le sieur Lessart d'agrée et ratifier le présent, nous
l'agréons et approuvons à condition qu'au cas qu'il soit bâti une chapelle du côté de
la côte à l'église Sainte-Anne, ou qu'il fut nécessaire d'accroître la dite église
en quelque manière que ce soit, ou même d'y faire un chemain pour la procession et
dévotion des peuples, il sera pris sur la terre du dit sieur de Lessart autant de terre
qu'il sera jugé nécessaire pour cet effet. Comme aussi qu'il sera pris pareillement sur
la terre du dit sieur de Lessart, du côté de la côte, ce qui sera jugé nécessaire
pour l'accommodement du presbytère, qui est placé sur la concession du dit sieur de
Lessart. Comme aussi que l'article du présent acte qui dit qu'il aura le lieu de la
sépulture pour lui et ses descendants au lieu où il désirera doit s'étendre hors du
choeur de l'église dans lequel il ne pourra prétendre être enterré ni aucun des siens.
Ratifié et approuvé à Québec, ce dix-septième jour de Décembre mil six cent
soixante-six. Signé: François, évêque de Pétrée, nommé par le Roi premier évêque
de ce pays E. Lessart, avec paraphe. Collationné à l'original en papier par moi, Notaire
royal de la Nouvelle-France, soussigné à Québec, le sixième jour de Juillet mil six
cent soixante-neuf, l'original demeuré par devant moi pour avoir recours quand besoin
sera. Signé: Duquet, notaire royal, avec paraphe.
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Cette messe est-elle encore chantée
en l'honneur d'Étienne Lessart? Voilà la question que s'est posée le conseil
d'administration de l'Association des Familles Lessard à sa réunion du 4 mai 1997. M.
Charles-Eugène Lessard a rejoint les Pères Rédemptoristes de Saint-Anne qui l'ont
référé au curé Rodrigue Théberge, rédemptoriste, qui demeure à Beauport. Il affirme
connaître cette clause du contrat. Selon lui, cette condition ne s'applique plus. Le
père Théberge conseille à M. Lessard de s'adresser au père Samuel Baillargeon, auteur
d'un volume sur la littérature canadienne-française, ou à M. Paul Trépanier,
historien, responsable du Musée. Selon le père Baillargeon, la condition ne tenait plus
avec la construction de la 2e chapelle, comme celle du "banc des Lessard" avec
la construction de la 2e basilique, parce qu'on n'y vendait plus de bancs.
Sur recommandation du père Baillargeon, M. Lessard s'est adressé au père Claude
Lavergne pour en savoir plus sur la messe. Il confirme que cette condition n'est plus
valide depuis la construction de la 2e église, parce que la 1ère était constamment
envahie par la marée. On a dû la reconstruire sur un autre terrain plus élevé, rendant
caduque la condition du contrat de donation.
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