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La reconnaissance du Christ, don du Père
Une deuxième vérité très importante se dégageant de la profession de foi de saint Pierre, vue au chapitre précédent, peut s'énoncer comme suit : La reconnaissance de Jésus Christ comme Christ et Fils unique de Dieu est un effet de la grâce (secours) de Dieu, un don du Père, et non pas un effet de la « chair et du sang », c'est-à-dire d'une connaissance naturelle de l'intelligence laissée à ses propres forces. L'intelligence humaine, qu'elle procède par voie de raisonnement ou par intuition, ne peut et ne pourra jamais acquérir la connaissance de la véritable nature de Dieu, de sa véritable identité. Jamais l'humain, en s'appuyant sur ses propres forces, ne pourra reconnaître qu'en Dieu il y a trois personnes: le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Le penser témoigne d'un profond orgueil, le plus grand obstacle à la connaissance de Dieu. Remarquons qu'en christianisme, par opposition à l'hindouisme qui définit Dieu : l'impersonnel, on ne définit pas Dieu par ce qu'il n'est pas. La Sainte Écriture, au contraire nous parle constamment de Dieu en termes positifs : il est Père, Fils, Esprit Saint, la voie, la vérité, la vie, pasteur, berger, la porte, le Véritable, et on pourrait remplir des pages et des pages des noms utilisés par les auteurs sacrés des Saintes Écritures pour décrire Dieu. Le Christ, un jour, priait avec ses apôtres en disant: « Je te bénis, Père du ciel et de la terre, d'avoir caché cela (l'identité de Dieu) aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n'est le Père, ni qui est le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. »1 Les sages et les intelligents ici sont ceux qui, parmi les sages et les intelligents, sont trop orgueilleux pour accepter la parole de Dieu et son enseignement. Les petits sont ceux qui, avec humilité, acceptent le message de Jésus et sa parole. Saint Jean proclame le même enseignement que celui de Luc quand il dit: «Nous savons que le Fils de Dieu est venu et qu'il nous a donné l'intelligence [surnaturelle] afin que nous connaissions le Véritable.»2 On retrouve le même enseignement chez les Pères de l'Église et dans toute la Tradition. Ainsi saint Irénée, qui fut successivement évêque de Lyon et de Vienne dans les années allant de cent trente-cinq à deux cent deux, donc au tout début de l'Église, enseignait dans son traité contre les hérésies que : « Personne ne peut connaître le Père sans le Verbe de Dieu, c'est-à-dire si le Fils ne le révèle, ni connaître le Fils sans le bon plaisir du Père. » |
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