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VIGILE -
HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE
COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans la liberté de blâmer, il n'est point
d'éloge flatteur. ( Beaumarchais )
Le vendredi 22 octobre 2004.
Numéro 102
Bonjour ! Cette semaine la rédaction de VIGILE-HEBDO a
choisi pour vous les articles suivants:
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LA CHRONIQUE DE BRUNO
DESHAIES. Monsieur Tout le Monde et le PQ [...] Le mot référendum me
donne des boutons, et pour cause ! Ce n'est qu'une fois que le
travail de persuasion est accompli et qu'une majorité veut
l'indépendance, qu'on regarde quel est le meilleur moyen de
récolter les fruits de ce travail et le meilleur moyen de le faire.
[...] Le monsieur Tout le Monde qu'a côtoyé Bruno
Deshaies se sent bien désemparé après
les déclarations casse-cou du chef de
la loyale opposition de Sa Majesté. Un article qui
va au fond des choses. À lire
absolument.
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L'ÉDITORIAL DE ROBERT LAPLANTE.
L'effet dépresseur.
Ils étaient nombreux, observateurs et participants,
à déplorer le bilan sombre présenté par
Jean Charest à l'occasion du Forum
des générations. Le Québec des libéraux, c'est celui du ratatinement,
ses problèmes, ceux d'une société qui n'a
plus les moyens d'être elle-même. Les bilans présentés à l'occasion
de cette rencontre n'ont servi qu'à nourrir la résignation. Ce texte
paraît sur le site de L'Action
nationale.
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SONDAGE : Le scrutin
proportionnel obtient l'appui de 60% des Québécois. Selon les résultats, le
scrutin proportionnel a obtenu l'appui de
60% des Québécois, tandis que le
scrutin majoritaire actuel ne rencontre la faveur que de 15% des 520
répondants. 15% sont indécis. Ce sondage de la firme Ad hoc
Recherche, c'est le journal Les Affaires
qui l'a commandé. Paul Cliche signe notre
article.
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HISTOIRE NATIONALE-
Nationalisme, fascisme et antisémitisme au
Québec dans les années 30 et 40. Périodiquement, l'accusation refait surface : le nationalisme au Québec aurait été porteur,
dans son sillage, du fascisme. Des personnalités d'ici, et non
des moindres, auraient été marquées par le sceau
du racisme dont l'une des expressions les plus explicites aurait été
l'antisémitisme. [...] Voici donc un dossier substantiel de Joceline Chabot et de
Louis Lafrenière, tous deux de l'Association des professeurs d'histoire des
collèges du Québec. Passionnant. À lire
absolument.
Sur le même sujet, un
article de Luc Chartrand paru dans L'Actualité de mars
1997 et qui s'intitule : Dis-moi la vérité ! 1930-1945, le mythe
du Québec
fasciste.
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DOMAINE INTERNATIONAL. Y a-t-il des États
voyous ? La raison du plus fort. Partant de la
question de la souveraineté, du rôle actuel des
États-Unis et des bouleversements produits par la
mondialisation, Jacques Derrida se demande ce que deviennent
les concepts de « raison » et de « démocratie », mais
aussi ceux de « politique », de « guerre » et de « terrorisme »,
quand le vieux fantôme de la
souveraineté étatique perd de sa crédibilité. Vous pourrez lire ici un
extrait significatif de sa dernière oeuvre, paru
dans Le Monde
diplomatique. Jacques Derrida est en effet
décédé le 8 octobre dernier. Cette sélection d'articles se veut un
hommage au grand philosophe français
disparu.
À lire aussi, du même auteur
:
La langue
de l'étranger. http://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/DERRIDA/16038
Qu'est-ce que le
terrorisme ? http://www.monde-diplomatique.fr/2004/02/DERRIDA/11005
Ces deux textes ont aussi paru dans
Le Monde diplomatique.
Bush, le candidat de Dieu
? Soutenus par
la droite vaticane, qui considère l'administration ( sic
)( 1 ) républicaine comme une alliée décisive
contre l'avortement et l'euthanasie, les prélats conservateurs
n'hésitent pas à appeler leurs fidèles à voter contre John Kerry. Il
y a 65 millions de catholiques pratiquants aux États-Unis. Un article de
Philippe Boulet-Gercourt paru dans le Nouvel Observateur du jeudi 21
octobre 2004. Très édifiant !
( 1 ) En français, on ne peut parler
d'administration pour désigner le gouvernement des États-Unis . Il s'agit
là d'un américanisme, mais les Français sont atteints du
même travers linguistique que nous, ce qui n'est pas une excuse, comme de
bien entendu ! R.S.
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LA CITATION DE LA
SEMAINE. Guy Debord écrit : « Pour la première fois,
les mêmes sont les maîtres de tout ce que l'on fait et de tout
ce que l'on en dit. » ( 1 ) Les maîtres
règnent sur l'univers autant par leurs
énoncés idéologiques que par la contrainte économique ou la
domination militaire qu'ils exercent. La figure idéologique qui guide leur
pratique porte un nom anodin : « consensus de Washington. » Il s'agit d'un ensemble
d'accords informels, de gentleman agreements, conclus tout au
long des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix entre
les principales sociétés transcontinentales, banques de
Wall Street, Federal Reserve Bank américaine et organismes
financiers internationaux ( Banque mondiale, Fonds monétaire
international, etc. ).
En 1989, John Williamson, économiste en
chef et vice-président de la Banque mondiale, formalisa le « consensus ». Ses
principes fondateurs sont applicables à n'importe quelle période de
l'histoire, à n'importe quelle économie, sur n'importe quel
continent.
Ils visent à obtenir, le plus rapidement
possible, la liquidation de toute instance régulatrice, étatique ou non, la
libéralisation la plus totale et la plus rapide
possible de tous les marchés ( des
biens, des capitaux, des services, des
brevets, etc. ) et l'instauration à terme d'une stateless global
governance, d'un marché mondial unifié et totalement autorégulé. ( 2 ) Le consensus de Washington vise à la
privatisation du monde. ( 3 ) Voici
les principes sur lesquels il repose.
1. Dans chaque
pays débiteur, il est nécessaire d'engager
une réforme de la fiscalité selon deux critères : abaissement de la
charge fiscale des revenus les plus élevés afin d'inciter les riches à
effectuer des investissements productifs , élargissement de la base des
contribuables ; en clair, suppression des exceptions fiscales pour les plus
pauvres afin d'accroître le volume de
l'impôt.
2. Libéralisation aussi
rapide et aussi complète que possible des marchés
financiers.
3. Garantie de
l'égalité de traitement entre investissements autochtones et
investissements étrangers afin d'accroître la sécurité et, donc, le volume de
ces derniers.
4. Démantèlement,
autant que faire se peut, du secteur
public ; on privatisera notamment toutes les
entreprises dont le propriétaire est l'État ou une entité
para-étatique.
5. Dérégulation
maximale de l'économie du pays afin de
garantir le libre jeu de la concurrence entre les différentes forces
économiques en présence.
6. Protection renforcée de
la propriété privée.
7. Promotion de la
libéralisation des échanges au rythme le plus soutenu possible, l'objectif étant
la baisse des tarifs douanier de 10% par an.
8. Le libre
commerce progressant par les exportations, il faut, en
priorité, favoriser le développement de ceux
des secteurs économiques qui sont capables d'exporter leurs
biens.
9. Limitation du déficit
budgétaire.
10. Création de
la transparence du marché : les subsides d'État aux opérateurs privés doivent
partout être supprimés. Les États du tiers-monde qui subventionnent, afin
de les maintenir à bas niveau, les prix des aliments courants,
doivent renoncer à cette politique. En ce qui concerne les dépenses de l'État,
celles qui sont affectées au renforcement des infrastructures doivent avoir la
priorité sur les
autres.
La revue britannique
The Economist n'est pas exactement un
brûlot révolutionnaire. Pourtant, son commentaire
sur le Consensus de Washington est plein d'ironie : « Anti-globalists
see the Washington Consensus as a conspiracy to enrich bankers. They are not
entirely wrong. » ( « Les antimondialistes tiennent le Consensus de
Washington pour un complot destiné à enrichir les banquiers. Ils n'ont pas tout
à fait tort. » ( 4
)
Forme singulière de
la raison discursive aux racines historiques
lointaines, le néo-libéralisme prétend traduire en
termes symboliques les « lois naturelles » gouvernant
l'événementialité économique. Pierre Bourdieu le
définit ainsi: « Le néo-libéralisme est une arme de conquête. Il
annonce un fatalisme économique contre lequel toute résistance paraît vaine. Le
néo-libéralisme est pareil au sida : il détruit le système immunitaire de
ses victimes. » ( 5 )
Jean Ziegler, Les nouveaux maîtres du monde et ceux
qui leur résistent, Paris Fayard, 2002,
pp. 63 à
66.
( 1 ) Guy
Debord, Panégyrique, Paris, Éditions Gérard
Lebovici, 1989.
( 2 ) Le
concept de stateless global governance a été conçu par les théoriciens
de la société de l'information, tels Alvin Toffler et Nicholas Negroponte. Il a
ensuite été repris
par les auteurs de l'école monétariste de Chicago.
( 3 ) Sur
la gemèse du Consensus de Washington, cf. Michel Beaud, Mondialisation,
les mots et les choses, Paris Éditions Karthala,
1999.
( 4 ) « A plague of finance »,
The Economist, Londres, 29 septembre 2001, p
27.
( 5
) Pierre Bourdieu, « Politik ist entpolitisiert, entretien in Der
Spiegel, Hambourg, no 29, 2001.
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