VIGILE - HEBDO
                                 BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
                               LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC  
 
                                                                                                          Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron )
                                                                                     Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais )
 
 
                                                                     Le vendredi 29 octobre 2004. Numéro 103
 
                      Bonjour !  Cette semaine la rédaction de VIGILE-HEBDO  a choisi pour vous les articles suivants:
 
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LA CHRONIQUE DE BRUNO DESHAIES.  [...] Le Québec libéré des entraves du fédéralisme. [...]  Le  Bloc québécois veut servir « les meilleurs intérêts du Québec » à la Chambre des Communes et cela, « enjeu après enjeu ». Il le fera aussi dans le sens de « préserver et d'augmenter l'autonomie du Québec dans tous les domaines ».  Cela dit, il continuera à se faire « le porteur des valeurs  et  des  intérêts du Québec dans les domaines de compétence fédérale ».  En définitive, les actions du BQ à Ottawa sont d'autant  plus  méritoires  que  prendre  position  sur  la  direction  que doit  emprunter  un pays  souverain est aussi un exercice emballant, qui génère l'enthousiasme. Surtout  lorsqu'on se prend à imaginer le Québec lorsqu'il sera souverain. Bruno Deshaies analyse ici pour vous, avec son sens critique habituel, le document du Bloc québécois intitulé  « Imaginer le Québec souverain ». À lire absolument. 
http://www.vigile.net/ds-deshaies/docs4/191.html
 
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L'ÉDITORIAL DE ROBERT LAPLANTE.  L'étapisme agonise. [...]  Il  faut  élire  un gouvernement souverainiste et non pas élire des souverainistes à la tête d'un gouvernement provincial. Il  faudra  un programme de gouvernement souverainiste. Entre son élection et la tenue d'un référendum, ce gouvernement devra agir et mobiliser. Le faire en lançant des projets fondateurs qui feront la démonstration  tangible  des  effets  d'une  politique vraiment nationale. Et surtout en plaçant le peuple du Québec en mode agir. Pour lui-même, en fonction de ce qu'il veut et des idéaux qu'il entend poursuivre. [...]
http://www.action-nationale.qc.ca/bulletin/196.htm
 
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Scrutin proportionnel : Paul Cliche et un sondage. [...]  Dans le cas du vote proportionnel, il est clair que le groupe de monsieur Cliche  recherche, par  ce  moyen,  ce  qu'il ne peut  obtenir  par  le  présent  mode  de  scrutin à un tour, soit  que son parti soit représenté à l'Assemblée nationale malgré les faibles appuis  dont  ce  parti jouit dans la population, en utilisant subtilement le prétexte de la démocratie. [...] Un texte de Jacques Bergeron.
http://www.vigile.net/ds-actu/docs4a/10-25.html#tljb3
 
Pas de proportionnelle au prochain scrutin. Du même auteur.
http://www.vigile.net/ds-actu/docs4a/10-25.html#tljb2
 
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Retour du folklore ou folklorisation ?  [...] L'histoire  n'est  pas  le  folklore.  Or, une  méconnaissance programmée de l'histoire nationale  découlant  de  son  peu  d'enseignement  au  niveau  scolaire  rend plus  facilement  possible au Québec une certaine confusion  entre  histoire  et  folklore. [...] Un  article de  Serge  Gauthier, président de la Société d'histoire de Charlevoix, paru dans le numéro d'octobre 2004 de L'Action nationale.  
http://www.action-nationale.qc.ca/04-10/gauthier.html
 
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DOMAINE INTERNATIONAL. États-Unis : le bilan d'un président. [...] Les  promesses  intérieures d'une éventuelle élection de  M.  John  Kerry  ( fiscalité, assurance-maladie, salaire minimum ) sont  modestes  et  largement  conditionnées  à  l'issue des scrutins législatifs qui interviendront eux aussi le 2 novembre. En revanche,une reconduction de M. George W. Bush à la Maison Blanche  ne  constituerait  une  bonne  nouvelle que pour ceux que la marche des quatre dernières années a déjà comblés. Et qui aimeraient  en  accélérer  la  cadence, en  offrant à l'actuel président le mandat populaire qu'il n'a pas obtenu en novembre 2000. Un article très intéressant de Serge Halimi paru dans Le Monde diplomatique d'octobre 2004.
http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/election2004/
 
Éloge du bon sens.  [...]  Les  cinq  plus  grands  fabricants  et  vendeurs d'armes  ( États-Unis,  Russie,  Chine, Royaume-Uni, France )  sont  les  États  qui  jouissent  du  droit  de  veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Que les garants de la paix mondiale  soient  également  les plus importants fournisseurs d'armes de la planète, n'est-ce pas une insulte au bon sens ?  [...]
À  ce  sujet, rappelons  le  mot  d'Albert  Einstein : « Deux  choses  sont  sans limites : l'univers et la bêtise humaine. En ce qui concerne  l'univers,  je  n'en  ai  pas encore acquis la certitude absolue ». Un article à lire pour s'en convaincre. Il a paru dans le numéro d'août  2004 du Monde diplomatique et il est signé Eduardo Galeano.
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/08/GALEANO/11491
 
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LA CITATION DE LA SEMAINE. [...]  Lors d'un discours à l'université de Gdansk le 21 septembre 1993, François Mitterand déclarait : « Une société qui abandonne à d'autres  ses moyens de représentation, c'est-à-dire de se rendre présente à elle-même, est  une  société  asservie. » Nos  soi-disant « élites » ne se rendent absolument pas compte que ceux qui possèdent les mots , la langue,  possèdent  aussi  la  pensée  et, si  l'on  possède  la  pensée  des  autres, on  possède  tout  le reste ! Cette ignorance est généralisée.  C'est ainsi que l'usage  généralisé  de  l'anglais comme outil de définition et de  représentation de la science donne naturellement une plus grande visibilité aux travaux scientifiques des peuples anglophones et, parallèlement, marginalise ceux des autres, et cela d'autant plus, bien sûr, que ces travaux sont justement rédigés en anglais et que, en conséquence, ils doivent se plier aux  exigences anglophones en matière de forme et de contenu.  Cela  entraîne  un  mimétisme qui a des conséquences désastreuses car il débouche sur des programmes  d'inspiration concurrentielle, mais qui ne peuvent s'inscrire dans une logique véritablement novatrice. Dans la mesure où ce sont effectivement les pays anglophones qui déterminent ainsi les bornes de « la bonne science », il est donc naturel que la science des pays anglophones apparaisse ainsi « supérieure » à celle des autres. Tant que  les  chercheurs  étrangers  accepteront  consciemment  ou  inconsciemment  cette  infériorité intrinsèque en ayant recours à l'anglais comme outil de description de leur travail, ils apparaîtront en  sous-traitants  de  la  recherche  anglo-américaine et ne pourront pas pleinement valoriser leur travail.
 
Dans  son  ouvrage  « Le syndrome de l'ortolan », Arnaud-Aaron Upinsky ( 1 ) explique  le  concept clé de « guerre de représenta-  tion ». Représenter, c'est  rendre  présent.  Le  manque de représentation rend absent à son propre environnement : à soi-même. La guerre de représentation est une guerre où la maîtrise et le trucage de l'information jouent le premier rôle. 
 
L'information est l'arme absolue des temps modernes. Comme  le  disait déjà  Gustave Le Bon à l'orée du XXe siècle, « ce n'est plus le réel qui produit l'information, c'est l'information qui produit le réel. La véritable réalité des choses, c'est l'idée qu'on s'en fait. » Dans  l'Histoire, l'apparence  a toujours joué un rôle beaucoup  plus  important que la réalité. L'irréel y prédomine sur le réel. Comme les missionnaires d'antan précédaient la colonisation en implantant leur religion, les mots-concepts étasuniens sont les meilleurs vecteurs de l'installation d'une  influence  étasunienne durable. Un  peuple  libre est un peuple qui a totale autorité sur ses systèmes d'information. S'il n'est plus capable de faire la différence entre les informations qu'il génère et celle des autres, il  se  retrouve  manipulé  par  les  leurres  de  son  prédateur  et  se retrouve à sa merci, d'autant plus que les moyens modernes multiplient, divisent ou annulent la représentation des faits à volonté.
 
[...] La France est la cible numéro un des États-Unis, le  seul  obstacle  fondamental  à leur domination mondiale sur les esprits. La France est le seul État-Nation en Occident dont l'autorité historique puisse contester radicalement le droit revendiqué par les États-Unis  pour  la  conduite  des  affaires  mondiales. La vision d'Arnaud-Aaron Upinsky  coïncide parfaitement avec la vision étasunienne mise en évidence par un très long article de Roger Cohen dans le prestigieux New York Times intitulé : « La France contre les États-Unis : conceptions  contradictoires  du  capitalisme ». Les  prémisses  de l'article reflétaient le nouveau leitmotiv des papiers du journaliste : « La France est ce qu'il y a de plus approchant d'un rival idéologique sérieux des États-Unis à la fin du XXe siècle.
 
Rome  dominait  matériellement. Wall  Street  domine  spirituellement. L'empire  américain  s'intéresse au conditionnement des esprits. Si un pays n'est plus capable de faire une différence entre ses propres informations et celles diffusées par l'ennemi, si ses citoyens  ont  peur  des mots et qu'il ne voient pas qu'ils sont positionnés dans une logique de guerre, ils ne pourront même pas esquisser une stratégie de défense. Comme le SIDA, on trompe le système immunitaire, on fait confondre le vrai et le faux, l'ami et l'ennemi, le soi et le non-soi, pour détruire la cible.  Maîtriser  le  système de représentation de l'ennemi, c'est lui faire voir et entendre  à  volonté  nos  propres signaux, c'est le rendre aveugle et sourd à lui-même. Si l'on maîtrise toutes les informations du cerveau, on peut conditionner l'individu à volonté.     
 
           Charles X. Durand, Le concept de guerre de représentation et son application, article paru dans L'Action nationale     
           de septembre 2004, pp.34 et 35.
           Monsieur Durand est directeur de l'Institut de la Francophonie pour l'informatique. 
 
                  ( 1 ) Éditions François-Xavier de Guibert, 1997.
 
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