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VIGILE -
HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT
POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans la liberté de blâmer, il n'est point
d'éloge flatteur. ( Beaumarchais )
Le vendredi 10 décembre 2004.
Numéro 109
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction de
VIGILE-HEBDO vous conseille les articles suivants
:
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LA CHRONIQUE DE BRUNO
DESHAIES. Armand Vaillancourt, un promoteur de l'indépendance du
Québec. « Honnête, les deux
pieds bien enracinés et homme de tête ». Voilà les trois
expressions qui le décrivent. Armand Vaillancourt a toujours refusé les
compromis. « Je serais un homme très riche, dit-il, si j'avais accepté tous les
compromis. Mon passé est garant de mon présent. Ce n'est pas à 75 ans que je
vais changer mon fusil d'épaule. » Notre chroniqueur nous parle aujourd'hui
du plus grand de nos sculpteurs contemporains et
de ses profondes convictions indépendantistes. Une
révélation ! À lire absolument.
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LA CHRONIQUE DE ROBERT
LAPLANTE. Une vache de réforme. [...] Le
dossier de la vache folle, quant à lui, reste au point
mort. La célébration des valeurs communes et le spectacle du rapprochement qui
nous ont été offerts par le tandem Bush- Martin n'ont rien changé au
fond des choses. Pour les producteurs québécois, le premier et le
remède le plus complet aurait été et reste encore le plus simple à comprendre :
ce qu'il aurait fallu et ce qu'il faut d'abord, c'est une frontière. Le
Québec souverain n'aurait pas eu à subir des mesures visant l'Alberta.
[...] Voilà qui est évident, sauf pour
les adeptes indécrottables de la secte fédéraliste du Québec qui
s'en met plein les poches ! On l'a vu avec le scandale des
commandites. Et ce n'est pas fini...
( 1 ) C'est nous qui
soulignons.
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Enfin de l'air frais dans
notre désert idéologique ! La Ligue
pour l'indépendance du Québec est née il y a un an à Gatineau,
d'un besoin de regrouper les indépendantistes authentiques en un mouvement
articulé. Selon son président, Hugo Saint-Hilaire, beaucoup
d'entre eux ne se reconnaissent que
difficilement au sein des deux formations politiques
institutionnelles, le Parti québécois et son émanation à
Ottawa, le Bloc québécois. Inutile de parler de l'ADQ, c'est du bois
mort, du temps perdu. [...]
Une entrevue de Raymond Savard. À
lire avec attention.
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Cinéma : Nouvelle
France, ( sic ! ) nouvelle commandite ! ( 1 ) [...]
Dans ce film, nous sommes
constamment accusés de manquer de
gratitude envers « nos si bons maîtres. » L'arrivée des
Anglais à Québec aurait été pour
nous une véritable bénédiction. Fin de l'histoire. Fermez le
rideau. La Nouvelle-France n'est plus. Tel est le message d'une
nouvelle commandite dont la production aurait coûté plus de trente millions de
dollars canadiens. [...] Cette critique est signée Robert Marcel Sauvé.
Ajoutons qu'après nous avoir donné, en 1976,
J. A. Martin photographe, film
remarquable, que nous n'hésitons pas à
considérer comme un chef-d'oeuvre du cinéma québécois et du cinéma tout
court, Jean Beaudin nous sert maintenant l'un des navets
les plus coûteux et les plus mièvres
de l'histoire du cinéma, comme si notre culture pouvait
se permettre semblable extravagance ! Un film de colonisé à
ne voir à aucun prix, même à rabais, question de dignité
nationale...du moins ce qui en reste
!
( 1 ) Rappelons à monsieur Beaudin que
le mot Nouvelle-France s'écrit avec un trait d'union. Il n'apparaît pas sur les
affiches de son film.
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DOMAINE INTERNATIONAL.
Boucliers antimissiles : la politique américaine ne mène nulle part. [...] La guerre contre le « communisme » n'était
qu'un prétexte. Le véritable enjeu, comme dans toutes
les guerres du monde, c'était le marché des matières premières et du
commerce international. C'est donc une guerre oligarchique et non une guerre
idéologique comme on l'a prétendu. On voit comment les
troupes américaines ont effrontément pénétré en Europe de l'Est et au Caucase
dès que la situation diplomatique a été à l'avantage des États-Unis. [...]
Un article très intéressant de René Marcel Sauvé,
géographe et auteur de l'essai Géopolitique et avenir du
Québec.
Le face-à-face des deux
Ukraine. Dans les rues
glaciales de Kiev, la « révolution orange » triomphe en chantant, en
dansant. Mais se méfie des lendemains qui déchantent. Après douze jours de
manifestations monstres et ininterrompues dans la capitale, des centaines
de milliers de partisans de l'opposition, appuyés par l'Union européenne
et les États-Unis, ont fini par obtenir de la Cour suprême l'invalidation d'un
second tour de l'élection présidentielle entaché de fraudes massives. Et
l'organisation d'un nouveau scrutin le 26 décembre prochain.
[...] Un reportage de Jean-Baptiste Naudet paru dans
Le Nouvel Observateur du jeudi 9
décembre 2004.
Le courage
ukrainien. Il faut lire aussi cet article
intéressant de notre ami Patrice Boileau.
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LA CITATION DE LA
SEMAINE. [...] Dans le
contexte colonial, le bilinguisme est nécessaire. Il est
condition de toute communication, de toute culture et de tout progrès.
Mais le bilinguisme colonial n'est sauvé de l'emmurement que pour subir
une catastrophe culturelle, jamais complètement
surmontée.
La
non-coïncidence entre la langue maternelle
et la langue culturelle n'est pas propre au colonisé.
Mais le bilinguisme colonial ne peut être assimilé à n'importe quel
dualisme linguistique. La possession de deux langues n'est pas
seulement celle de deux outils, c'est la participation à deux
royaumes psychiques et culturels. Or ici, les deux univers
symboliques portés par les deux langues sont en conflit : ce sont
ceux du colonisateur et du colonisé.
En outre, la
langue maternelle du colonisé, celle qui est nourrie de ses sensations, ses
passions et ses rêves, celle dans laquelle se libèrent sa tendresse
et ses étonnements, celle enfin qui recèle la plus grande
charge affective, celle-là est la moins valorisée. Elle n'a aucune
dignité dans le pays ou dans le concert des peuples. S'ils veut obtenir un
métier, construire sa place, exister dans la cité et
dans le monde, il doit d'abord se plier à la
langue des autres, celle des colonisateurs, ses maîtres. Dans le
conflit linguistique qui habite le colonisé, sa langue maternelle est
l'humiliée, l'écrasée. Et ce mépris, objectivement fondé, il finit par le faire
sien. De lui-même, il se met à écarter cette
langue infirme, à la cacher aux yeux des étrangers, à ne paraître à l'aise que
dans la langue du colonisateur. En bref, le bilinguisme colonial n'est ni une
diglossie, où coexistent un idiome populaire et une langue de
puriste, appartenant tous les deux au même univers
affectif, ni une simple richesse polyglotte, qui bénéficie d'un clavier
supplémentaire mais relativement neutre ; c'est un drame linguistique.
[...]
La première
tentative du colonisé est de changer de condition en changeant de
peau. Un modèle tentateur et tout proche s'offre et s'impose à lui :
précisément celui du colonisateur. Celui-ci ne souffre d'aucune de ses carences,
il a tous les droits, jouit de tous les biens et bénéficie de tous les
prestiges ; il dispose des richesses et des honneurs, de la technique et de
l'autorité. Il est enfin l'autre terme de la comparaison, qui écrase
le colonisé et le maintient dans la servitude. L'ambition première du colonisé
sera d'égaler ce modèle prestigieux, de lui ressembler jusqu'à disparaître en
lui.
De cette
démarche, qui suppose en effet l'admiration du colonisateur, on a
conclu à l'approbation de la colonisation. Mais par une dialectique
évidente, au moment où le colonisé compose le plus avec
son sort, il se refuse lui-même avec le plus de ténacité. C'est dire qu'il
refuse, d'une autre manière, la situation coloniale. Le refus de soi et l'amour
de l'autre sont communs à tout candidat à
l'assimilation. Et les deux composantes de
cette tentative de libération sont étroitement liées : l'amour du
colonisateur est sous-tendu d'un complexe de sentiments qui vont de la honte à
la haine de soi. [...]
Albert Memmi, Portrait du colonisé ( précédé du portrait du
colonisateur ) Jean-Jacques Pauvert, collection Libertés, Paris, 1966, pp.
143 à 145 et pp.156-157.
À lire aussi, sur le même
sujet, un article de Simon Girard intitulé : Petite histoire d'une
colonisée.
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