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VIGILE -
HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans
la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais
)
Le vendredi 21 octobre 2005. Numéro 134
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction de
VIGILE-HEBDO vous conseille les articles suivants
:
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La pensée de Maurice
Séguin serait-elle ésotérique ? Le colloque organisé
par la Chaire Hector-Fabre d'histoire du Québec les 13 et 14 octobre
dernier autour de la pensée de Maurice Séguin a permis à de nombreux
chercheurs de faire connaître leur point de vue sur son ouvrage
fondamental Les Normes et son incontournable
synthèse explicative que constitue l'Histoire de deux
nationalismes au Canada. Deux oeuvres
capitales, s'il en fut. [...] Cependant, il est
malheureux que la 11e subdivision du chapitre III des
Normes consacrée à l'assimilation ait
passé complètement inaperçue. À notre
avis, il serait urgent que les Québécois
réfléchissent sur cette norme de Maurice Séguin :
« La cause de l'assimilation est l'annexion prolongée. » Une chronique de
Bruno Deshaies, historien et fondataur de l'Académie de l'indépendance. À lire
absolument.
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Ramper entre les
nids-de-poule. Cela a eu l'effet
d'un véritable séisme, toute la colline parlementaire
d'Ottawa en a vibré, le Parlement lui-même en a
chambranlé, tout le cabinet de Paul Martin en a tremblé : Jean
Charest ne veut pas qu'Ottawa s'ingère dans les
affaires mumicipales [...] Un éditorial de Robert Laplante, directeur
de L'Action nationale.
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De l'inutilité de la
démarche référendaire pour que le Québec devienne enfin un pays. Nulle part au sein du corps
juridique dessiné par le droit international il n'est fait mention pour un
peuple de procéder par référendum à son autodétermination.
[...]
Selon les plus
récents sondages, le goût de la souveraineté est partagé par plus de
52% des Québécois, alors que la stratégie référendaire n'obtient qu'à
peine 15% de la faveur populaire. Il faut en finir une fois pour toutes
avec la stratégie de l'étapisme suicidaire. Un texte très
intéressant d'Éric Tremblay, avocat.
L'élection décisionnelle
de Claude Bariteau. René Marcel Sauvé réagit très
favorablement à l'article de Claude Bariteau qu'a publié www.Vigile.net et qui s'intitule Quitter le monde de l'imaginaire pour fonder le Québec. Monsieur Sauvé
est géographe et auteur de l'essai Géopolitique et avenir du Québec. À
lire absolument ( et son livre et son article !
)
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Cinq réactions au
Manifeste pour un Québec lucide. Ce fameux coup d'éclat, qui risque
fort d'apparaître comme un coup d'épée dans l'eau, a suscité
chez nos lecteurs diverses réactions. Nous vous en proposons un choix
:
1- Sauver les
meubles en les détruisant ou comment tourner en rond sans s'en rendre compte.
Un texte de Jean-Olivier Noreau. http://www.vigile.net/05-10/TL-4.html#2
2- Québec lucide ?
Plutôt dogme néoconservateur. Une opinion d'Éric
Tremblay.
3- Le pays lucide de Lucien Ier. Un article signé Jacques Bergeron.
4- Mea culpa ! de Robert Laplante
5- Que
les baby-boomers la payent, leur dette ! Un
texte du Normand Perry, philosophe.
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DOMAINE
INTERNATIONAL. Saddam Hussein : un procès sans conviction. La comparution du dictateur irakien devant
ses juges aurait dû faire avancer le pays sur la voie de la démocratie et
de l'État de droit. Mais parce qu'il embarrasse tout le
monde - Américains, Européens, Irakiens - ce procès risque d'être un rituel vide
de sens. En d'autres termes, les crimes les plus graves n'y seront pas
jugés. Un article de Jean-Paul Mari du Nouvel
Observateur.
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LA CITATION DE LA
SEMAINE. [...] Depuis 1982,
en passant par Meech et Charlottetown, et encore
davantage depuis 1995, le Québec est en marge du réel. En 2005, sa
signature manquante au bas de la Constitution rapatriée, n'est plus chargée de
la signification neuve, explosive et révoltante qu'elle avait en 1982.
Elle s'est vidée de son sens, témoignage accablant de
notre lâche accomodement à ne plus être
l'auteur d'une histoire qui oriente pourtant notre
destin. Dautres décident pour nous, cependant que, depuis plus
de 20 ans, nous ne somme ni du côté du Canada, ni de celui de
l'indépendance.
Cette usure, cette fatigue que nous ressentons
par rapport à nous-mêmes mine nos facultés vitales ; elle
détache la pensée de l'action et la volonté de la
lucidité. Ainsi, des écrivains indépendantistes,
pourtant intelligents, se font violence ( la douce violence de
l'argent ! NDLR ) et vont à Rideau Hall recevoir un prix des
mains de la gardienne d'une constitution qui insulte leur peuple. La
duplicité s'inscrit naturellement dans leur conscience, moins comme une
tare que comme habileté, nécessaire pour voir en fiction une
reconnaissance là où le réel dit la confirmation insolente de leur
échec.
On lit la réalité à travers une lunette salie
par deux décennies d'impasse constitutionnelle, écran de fumée
qui a acquis, avec le temps, semble-t-il, des propriétés
hallucinogènes. Par exemple, de défaite et de victoire morale,
le référendum de 1995 est devenu aux yeux d'une majorité de
souverainistes et contre toute logique, un progrès
historique. Quantitativement, certes : le vote est passé de 40 à 49%. Mais
sur le plan politique, le Québec est plus isolé et plus démuni que jamais :
nous sommes acculés au mur de l'histoire, si nous ne sommes pas déjà passés au
travers. On ne joue pas impunément ses joker sans
affaiblir son jeu.
La vérité qu'on ne veut pas voir en face, c'est que le
PQ s'apprête à porter à sa tête un chef faible qui, poursuivant la stratégie
étapiste traditionnelle, ne prendra pas acte de
la position et de la force véritables du Québec. Pressé d'en
finir ( plus avec le Québec qu'avec le Canada ), il
voudra jouer dans la précipitation un
troisième joker qui n'existe pas, sinon
dans son imagination.
Une bonne façon de
jauger chez un groupe la tangibilité de son rapport au
réel est d'étudier le regard qu'il pose sur
son propre passé. Le Bloc québécois annonçait récemment la
tenue d'une fête pour souligner l'anniversaire du référendum de 1995. Sous
le titre « Allons fêter ! », on nous invite à rejoindre
chanteurs, musiciens et autres amuseurs pour célébrer,
je suppose, la victoire morale d'il y a dix ans.
Il ne s'agit pas ici
de dénigrer les bonnes intentions de compatriotes, mais plutôt de comprendre
en quoi cette fête participe d'une mentalité
aliénante, malheureusement consensuelle chez les
souverainistes, et qu'il faut combattre avec
la dernière énergie.
L'affiche
révèle tout : « Faisons un voeu : un
nouveau pays pour le monde ». est-il écrit
par-dessus l'image d'un gâteau d'anniversaire à dix
bougies. De fait, on comprend que le rêve
est encore la part motrice de ce mouvement,
et c'est ce qui devrait nous inquiéter le plus.
L'appel au sort divinatoire ( le voeu ) jumelé à une imagerie
infantile ( le gâteau, les bougies ), trahit un manque total d'autorité et
d'assurance que ne sont pas sans ressentir viscéralement les fédéralistes qui
refusent de faire du Québec la référence souveraine de leur vie
collective.
Si nous
ne vivions pas dans le refus
acharné du réel, ce n'est pas à la fête et au
bruit qu'on s'adonnerait en ce dixième anniversaire, mais au deuil et au
silence. ( 1 ) Non le deuil
démissionnaire devant la fatalité, mais le deuil méditatif, qui
rumine les causes de l'échec et ravive l'honneur et l'orgueil
blessés. Celui qui pousse au calcul furieux,
à l'offensive, plutôt qu'à la complaisance.
[...]
Or le Québec s'est
bien promis, depuis que le curé est mort avec Duplessis, de ne plus
jamais avoir honte. C'est une réaction compensatoire qui, au mépris
de tout contact avec la chair rugueuse de la réalité, nous condamne
à un idéal débile de fierté perpétuelle,
troublante manifestation de ce qui n'est
peut-être que l'excroissance laïque d'un vieux fond provincial
inchangé. C'est bien ce qui nous permet de ne pas voir nos
défaites pour ce qu'elles sont : des défaites ; et le jeu
politique avec Ottawa pour ce qu'il est : une guerre
sans merci qui ne pourra pas être rejouée et
dans laquelle on porte une immense responsabilité historique.
[...]
Carl Bergeron, L'échec comme fiction, article paru dans Le
Devoir, le 15 octobre 2005, p. B 5. Monsieur Bergeron est
étudiant en littérature à l'université de Montréal.
( 1 ) C'est nous qui
soulignons.
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