VIGILE - HEBDO
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                               LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC  
                                                                                                        Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron )                                            
                                                                                  Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais )
 
                                                                     Le vendredi 4 novembre 2005. Numéro 136
 
                                       Bonjour ! Cette semaine, la rédaction deVigile-Hebdo vous conseille les articles suivants :
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Le grand mal des indépendantistes.  [...] La vraie question de l'indépendance consiste à savoir si les Québécois eux-mêmes veulent  renverser le processus de  l'annexion et du remplacement  qui nous tuent à petit feu,  par l'agir par soi  collectif  de  toute  la  société  québécoise soudée dans  sa  propre  unité  nationale. Cette  lutte  n'est  plus  une  lutte  DANS  le régime, mais  bien  une lutte  pour  l'indépendance  du  Québec CONTRE  le  régime. [...] Notre  collaborateur, Bruno  Deshaies,  aborde  ici  les  questions  capitales : celles de notre condition précaire et de notre  libération . Un article que  tous les vrais indépendantistes doivent lire et faire lire à leurs amis.   
http://www.vigile.net/ds-deshaies/docs5/229.html
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Déversement toxique.   [...]  Les défis environnementaux vont rester prisonniers du simulacre canadian. Les choix que  nous  pouvons  faire en cette matière restent et vont rester entièrement conditionnés par les priorités définies par la majorité qui nous nie et  Ottawa  restera le  maître pour ce qui est de fixer les modalités essentielles. Il aura toujours l'habileté de laisser l'accessoire en pâture aux politiciens locaux qui se feront accroire de conduire de grandes batailles. Un éditorial de Robert Laplante, directeur de L'Action nationale. 
http://www.action-nationale.qc.ca/bulletin/05octobre31.htm
 
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Course à la direction : le Parti québécois  élira-t-il  son fossoyeur  le 15 novembre ?  [...]   Comme  Mario  Dumont,  la  première  préoccupation déclarée du candidat Boisclair est la réduction de la dette. Il semble aussi plus proche de la vision  socio-politique de Lucien Bouchard que de celle de n'importe laquelle  personnalité  souverainiste actuelle ou  passée. Pas  étonnant  qu'il ait accueilli  favorablement  le  « manifeste  des parvenus »  dont Lucien Bouchard s'est fait récemment le propagandiste et dans lequel Jacques Parizeau  voit un épouvantail  pour faire  peur au monde. Une  fois  élu  à la tête d'un  gouvernement, André Boisclair  s'empresserait,  comme  Lucien Bouchard,  de satisfaire  les  grandes entreprises  en organisant  des « sommets » pour  jeter  de la poudre  aux yeux  des citoyens et des  citoyennes et  les  encourager  à  accepter des diminutions de salaires sous la menace de perdre leur emploi. Quant à l'engagement souverainiste du candidat Boisclair, aurait-il survécu à son séjour dans les milieux d'affaires de Toronto ? [...]  Nous présentons aujourd'hui à nos lecteurs un dossier  impressionnant sur la  course à  la  direction  du Parti  québécois.  Pas  question  d'élire  un  Lucien II,  nous  en  avons  déjà  eu  plus  qu'assez  de  Lucien Ier !  Cette  très  intéressante série d'articles est tiré de Sisyphe, l'excellent site de Micheline Carrier. À lire absolument pour ne pas voter idiot.   
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2060
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Une lucidité au-dessus de tout soupçon ?  [...]  L'économie  mondialisée a  besoin de « prédiacateurs médiatiques »  indigènes. Or,  quel  est le meilleur prédicateur, quel plus habile « manipulateur de symbole » eût-elle pu trouver ici que Lucien Bouchard dont la lucidité à coûté si  cher au Québec ? Celle  dont  il se réclame  aujourd'hui  avec  ses acolytes  risque de nous  coûter  beaucoup  plus cher  encore. [...] Un  article  de Serge Cantin, professeur de philosophie et chercheur au Centre interuniversitaire de l'université du Québec à Trois-Rivières.
http://www.vigile.net/05-10/TL-7.html#10
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Imposer son existence.  [...]  Le combat souverainiste entre  dans  une  phase cruciale. On  pourrait penser qu'avec  deux partis pour lancer la charge, nous serions en mesure de forcer la  conjoncture. Mais le discours  et la lecture de la  situation  sont  inadéquats, la  posture  politique, bancale. Le mouvement  souverainiste  pense  mal  le Canada, pense  mal  l'adversaire et  la dynamique de  l'affrontement. Les  candidats  au leadership  du  Parti  québécois  devraient  lire  ce  livre. ( ndlr Le référendum volé de Robin Philpot )  Et  surtout  en tirer  les  conclusions qui s'imposent. Un éditorial de Robert Laplante qui paraît dans L'Action nationale de novembre 2005. 
http://www.vigile.net/05-11/2.html#1                       
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DOMAINE INTERNATIONAL. 
 
Mémoire  de  feu  en Corée du Nord.  Quand les États-Unis détruisaient un pays pour le sauver.   Plutôt  que  d'une  guerre  « oubliée »  mieux vaudrait  parler, s'agissant  de  la  guerre  de  Corée ( 1950-1953 ),  d'une  guerre inconnue. L'effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes  américaines  contre la Corée du Nord - qui  allèrent  du  largage  continu et  à grande échelle de bombes  incendiaires  ( au napalm essentiellement ) aux  menaces  de  recourir  aux armes nucléaires ou chimiques  et à la destruction de  gigantesques  barrages  nord-coréens dans la phase finale de la guerre - est  indélébile. Ces faits sont  toutefois peu connus,  même des historiens. Et les analyses de la presse sur  le problème  nucléaire  nord-coréen, ces dix dernières années, n'en  font  jamais  état. Un  article  substantiel  de  Bruce  Cumings paru dans Le Monde diplomatique de décembre 2004. À lire absolument  pour prendre conscience que les errements  de  nos  inquiétants voisins ne datent pas d'hier.        
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/CUMINGS/11732?var_recherche=archives
 
Terrorisme: le retour des Talibans.    « Dans  la  province de  Zabol,  frontalière du Pakistan, où les anciens  étudiants  en religion contrôlent la quasi-totalité des villages, le choix est simple, explique un commerçant: être tué par le gouvernement parce que vous portez une barbe ou être tué par les talibans parce que vous avez l'air d'un espion...» [...] Un article de Sara Daniel et de Sami Yousafzay, envoyés  spéciaux du Nouvel Observateur  en  Afghanistan  et  au  Pakistan. Nos  lecteurs  constateront que  les  talibans se recyclent en  Irak  en apprenant les secrets du djihad  technologique. Ils auront aussi des nouvelles de deux célèbres introuvables: le mollah  Omar et, surtout, son grand ami Ben Laden.     
http://www.nouvelobs.com/articles/p2139/a285066.html
 
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LA CITATION DE LA SEMAINE. 
 
 [...]  Le 14  octobre  1886  est  une  date  historique  pour le Québec; pour  la  première  fois, un  premier ministre dont l'objectif  est  d'en  faire l'État national des Canadiens français ( ndlr. C'est  ainsi qu'on  appelait les  Québécois  à  l'époque )  est  porté  au  pouvoir. Honoré  Mercier est  un  patriote  dégoûté  de la  façon  dont  le  Canada  anglais  a assassiné Louis Riel,  l'année précédente,  par pure vengeance. Et il n'a pas pardonné  à  Chapleau  d'avoir  trahi  le Québec.  Mercier gagne ses élections à  la  tête  d'un nouveau parti, le Parti national, étrange coalition entre  ultramontains  et  libéraux, entre  rouges et  castors;  un  ancêtre  en  quelque  sorte  du Parti québécois.  Son  ambition  est  de prendre  en  main  la grosse municipalité qu'est le Québec  et  d'en faire  un  véritable  gouvernement. De  faire rééquilibrer  le pouvoir  entre Ottawa et les  provinces sur  la  base de la Constitution de 1867, déjà  bafouée par  les  fédéraux. Il  convoque  donc  la  première conférence des premiers ministres provinciaux, qui se tient à Québec du 20 au 28 octobre 1887. Cinq  provinces y assistent. Seules  la Colombie-Britannique et l'Île-du-Prince-Édouard,  dirigés  par  des  conservateurs,  n'y  participent  pas. Elles  ont  fait  l'objet  de  pressions de  la  part  des  conservateurs fé-déraux de Macdonald.
 
                 En plus d'affirmer vigoureusement le principe des droits des provinces, Mercier se lance dans  un programme de  modernisation  du Québec. Pour  réaliser ses  grands projets,  chemins de fer,  ponts,  développement de l'industrie laitière,  modernisation de l'agriculture et  de l'éducation, il a besoin d'effectuer des emprunts considérables. Il décide d'ignorer les milieux financiers  anglo-montréalais  et de s'adresser à l'étranger. Il  se  rend  à New York, où  il  n'obtient  rien. Il  part donc  pour Londres, où il est accueilli  avec  une  chaleur  feinte  par  le  haut-commisaire du Canada  ( ndlr. l'ambassadeur ), Charles Tupper. La City  refuse de  lui  prêter  le  moindre  sou. Déçu, il  passe  à  Paris, où  il obtient  finalement, du Crédit Lyonnais, une partie du  financement  recherché,  soit  quatre  millions  de  dollars au lieu de dix. Les conditions du marché n'expliquent pas entièrement les difficultés qu'il a rencontrées auprès des financiers étrangers...
 
                 [...] les agents du gouvernement fédéral s'employaient à l'échec de Mercier. Leurs moyens d'action quasi infaillibles en Angleterre, n'étaient pas négligeables                                    en France. « J'ai atteint mon objectif, écrivit un peu plus tard Sir Charles Tupper, Mercier ne peut se procurer d'argent. »  ( R. Rumilly, Histoire de la province                       de Québec, tome IV, Montréal, Éd. Bernard Valiquette.
 
 
Honoré  Mercier  est  reçu  en  chef  d'État  dans  la  capitale  française. À l'Élysée, le président  Sadi Carnot le fait  commandeur de la Légion d'honneur. Dans  ses  nombreuses  allocutions, le premier ministre se fait le champion  d'un rapprochement  avec la mère patrie.  À  Rome le pape lui confère le titre de Comte palatin. 
 
                 Son succès à l'étranger, où il gagnait en popularité et atteignait ses buts financiers et diplomatiques, renforça grandement  sa position au Québec qui se sentit
                      flatté des honneurs rendus à son premier ministre; mais l'activité de Mercier était beaucoup trop française et catholique pour le goùt canadien-anglais. Les    
                craintes vagues ainsi éveillées furent renforcées par la vigoureuse opposition de Mercier au fédéralisme impérial favorisé par le nouveau gouverneur général et                      l'Imperial Federation League dont le noyau canadien-anglais avait joué un rôle actif dans l'écrasement de la révolte et la persécution des Métis.                                       
                     ( M. Wade, Les Canadiens français de 1760 à nos jours, Montréal, Le cercle du livre de France 1963, vol II. )   
 
 
Le  Canada  anglais  s'indigne  d'entendre  un premier  ministre du  Québec  utiliser  le  mot « national » en  parlant  de  la  province  et  agir à l'étranger comme le leader d'un État indépendant. Mais ce sont ses propos anti-impérialistes qui choquent le plus. À Montréal, en 1888, dans un discours à l'hôtel Windsor, Mercier ose dire qu'on ne doit pas sacrifier un jeune Canadien français pour défendre l'Empire britannique:
                 
                      On ne peut nous imposer un régime politique qui, par la conscription, pourrait disperser nos fils depuis les glaces du Pôle jusqu'aux sables brûlants du Sahara ;
                      régime odieux qui nous condamnerait à l'impôt forcé du sang et de l'argent, et nous arracherait nos fils pour les jeter dans des guerres lointaines et sanglantes 
                      que nous ne pourrions ni empêcher ni arrêter.  ( M. Wade, op.cit. )
 
Pour la Canada anglais, imbu de l'esprit colonialiste, Mercier a prononcé là un discours de traître. 
                         
                     Normand Lester, Le livre noir du Canada anglais, Montréal, Les intouchables, 2001, 297 pp.
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