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HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
![]()
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans
la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais
)
Le vendredi 16 décembre 2005.
Numéro 142
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction deVigile-Hebdo vous
conseille les articles suivants :
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Sortir de l'impasse. [...] C'est cette indécision et
cette timidité qui expliquent chez le
peuple québécois la banalisation de
l'oppression constante à laquelle il est soumis. On tente
de s'accomoder de la situation. On fait comme si
tout était normal, comme si les inconvénients
de notre situation d'infériorité finiraient par
s'effacer d'eux-mêmes. Bergson disait : l'esclave
est souvent le principal adversaire de sa
libération. On pourrait affirmer que le colonisé est souvent
le premier défenseur de son état de sujétion, parce qu'il y est
habitué, parce qu'il ne peut plus s'en passer parce qu'il serait
dans une grande insécurité s'il n'était plus porté par
le système qui l'exploite. C'est pourquoi le colonisé
québécois encaisse les insultes, le mépris, les vexations,
les injustices, avec une patience déconcertante. Ce n'est pas si grave !
Il ne faut pas exagérer ! Il ne faut pas tomber
dans le fanatisme ! Il ne faut pas écouter
les nationalistes durs ! À force de dépendre des autres,
d'être gouvernés par les autres, on ne veut
plus se prendre en main. [...] Un article très
intéressant et surtout très vrai de Paul-Émile Roy. Il a paru dans
L'Action nationale, numéro de mars-avril 2005. À
lire et à relire.
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Servons leur
l'audace. [...] Il faut dire aux
Québécois et aux Québécoises que cette élection doit être celle où le
Québec reprend l'initiative pour en finir une fois pour toutes avec
ce régime. Il faut dire que minoritaire ou pas, rouge ou bleu, le gouvernement
du Canada ne fonctionne plus désormais qu'en mode unitaire et
que l'État canadian ne reculera devant rien pour rendre inoffensive la
différence québécoise. Il faut le dire et démontrer que la politique
conduite contre nous ne vise qu'à briser notre cohésion nationale,
qu'elle « succursalise » notre gouverne-ment et réduit à
l'impuissance notre Assemblée nationale. Un éditorial de Robert Laplante,
directeur de L'Action nationale.
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DOMAINE
INTERNATIONAL.
L'art d'ignorer les
pauvres. Chaque catastrophe «
naturelle » révèle, s'il en était besoin, l'extrême fragilité des classes
populaires dont la vie comme la survie se trouvent dévaluées. Pis,
la compassion pour les pauvres, affichée au coup par coup,
masque mal que, de tout temps, des penseurs ont cherché
à justifier la misère - en culpabilisant au besoin les victimes - et
à rejeter toute politique sérieuse pour l'éradiquer. [...] Un texte de John
Kenneth Galbraith paru en octobre 2005 dans Le Monde
diplomatique.
Thaïlande : la vague islamiste. L'armée thaïlandaise s'apprête à lancer à
la fin du mois une vaste offensive dans les provinces
musulma-nes du Sud où les affrontements entre
islamistes et militaires ont fait 1500 morts
en moins de deux ans. Au risque de radicaliser les deux millions de
musulmans de ce pays de plus de soixante millions d'habitants. Un article signé
Cyril Paten paru dans Le Nouvel Observateur du
jeudi 15 décembre 2005.
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À l'occasion des Fêtes de fin
d'année, nous vous souhaitons un très joyeux Noël. Que l'année 2006 vous apporte
toute la joie possible. À partir
d'aujourd'hui, Vigile-Hebdo
suspend sa publication. Nous reviendrons au front le vendredi 13 janvier
2006. À bientôt...
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LA CITATION DE LA
SEMAINE. [...] Chez tous les peuples, il s'est toujours trouvé un jour
de l'An. Certes, les divers calendriers ne concordent pas,
mais tous se sont donné un nouvel an.
Selon l'historien du sacré Mircéa Éliade, l'homme,
pour se régénérer, a toujours éprouvé le besoin de
se fixer dans le temps un commencement du monde et de le revivre
périodiquement. En Europe, c'est depuis l'année 1564, soit 30
ans après la découverte du Canada par Jacques Cartier qu'on fête le jour de l'An
le 1er janvier. Et la coutume se
maintiendra.
Le jour du
nouvel An, c'est la fin d'un certain passé et le commencement d'une « vie
nouvelle. » Sous le Régime français, dès « la barre du jour », on tire
des coups de canon et on se livre à des décharges de fusils, ce qui alarme
les Autochtones qui se demandent pourquoi une telle pétarade. Après
l'échange d'étrennes et les souhaits d'usage, on se rend à l'église assister à
la grand-messe.
Au
XIXe siècle, la coutume de la salve se poursuit dans certaines
régions du Québec. En Gaspésie, par exemple, dans les
paroisses de colonisation, on brûle ainsi une quantité incalculable
de poudre à fusil. « Le 1er janvier, raconte un témoin de l'époque, dès la
première heure, des groupes se formaient et
allaient de maison en maison éveiller les gens à
coups de fusils. Plus la fusillade était vive, mieux
était réussi l'effet. Le maître de la maison
ouvrait alors la porte. On se souhaitait
la bonne année. On prenait un « petit
coup », on mangeait des « croquignoles » puis on se
rendait à une autre maison dont on réveillait le maître en tirant
80 ou 90 coups de fusils. Là se répétait la même
cérémonie. Le soir on avait fait le
tour de toutes les maisons du poste et même des
postes voisins. Pendant toute la journée, c'était une fusillade
ininterrompue.
Par ailleurs, dans l'île d'Orléans et sur la Côte-du-Sud, on élève des bûchers
de place en place plutôt que de tirer du fusil. « Un assez grand nombre
d'habitants de la rive sud de l'île, écrit Hubert Larue, sont unis à ceux
de la Côte-du-Sud par les liens de la parenté ou de l'amitié ; et cette
union a donné origine à une cérémonie bien touchante qui se renouvelle
régulièrement, au jour de l'An de chaque année, entre les deux rives
opposées. Ce jour-là, vers cinq heures et demie et six
heures du matin, vous voyez apparaître sur les
rives de Saint-Vallier, de Saint-Michel et de Beaumont, un
grand nombre de feux, auxquels correspondent également
d'autres feux allumés à Saint-Jean et à Saint-Laurent. Toutes les
communications entre les deux rives étant rompues durant la rude saison de
l'hiver, c'est par le moyen de ces feux que les parents et les amis font
l'échange des souhaits du jour de l'An.
Les
manifestations de la salve et du bûcher
tiennent du spectaculaire. Mais le jour de l'An est
surtout l' un de ces jours exceptionnels, uniques, où les
enfants du riche comme ceux du pauvre se couchent la veille en pensant aux
étrennes du lendemain. « La veille, raconte l'un d'eux, on
comptait les heures et les minutes, puis on
cherchait à connaître si les étrennes étaient
arrivées. Ces étrennes consistaient en
paquets remplis de raisins, d'amandes, de dragées...qu'on
apportait en secret de la ville et
qu'on préparait le soir après le coucher de
la « jeunesse » . Enfin, l'heure du réveil du jour de l'An arrivait.
Il n'était pas nécessaire, ce matin-là, de prononcer deux fois notre
nom pour nous éveiller. On se levait dans un demi-silence commandé par les
aînés qui aidaient à faire la toilette des plus petits. Mon père et ma mère se
tenaient dans leur cabinet, comme dans un sanctuaire, où l'on devait
entrer avec joie, mais en même temps avec respect. Quand
tout était prêt, la procession se mettait
en marche, les plus vieux en tête, pour aller demander la bénédiction.
Cette bénédiction étant donnée avec les souhaits généraux et
particuliers, venait la cérémonie des étrennes. Les paquets de
bonbons étaient placés dans une petite armoire de
ce cabinet. « Je ne sais pas, disait notre père, si le petit Enfant Jésus
vous a apporté des étrennes cette année, vous n'avez pas toujours
été bons, obéissants...voyons pourtant...riens, tiens...ça y est, en voilà
! » ...Ça ne manquait jamais d'y être!
»
Généralement, on répète aux enfants que l'Enfant Jésus est passé pendant
la nuit et qu'il a distribué les étrennes. Dans certaines paroisses, on leur
parle plutôt de saint Nicolas. Cependant, depuis le XVIe siècle,
l'Église déconseille aux parents d'entretenir
leurs enfants de saint Nicolas. Il s'agirait, selon elle,
d'un personnage relativement inconnu, tenant de la mythologie nordique, auquel
il ne faut pas croire. [...]
Dans la seconde moitié
du XIXe siècle, quand les journaux s'emparent de lui, le Père Noël conquiert
toute l'Amérique, la vallée du Saint-Laurent y compris. Les années passent
et, le commerce aidant, on parlera de moins en moins de l'Enfant Jésus et de
plus en plus du vieillard joufflu à la barbe blanche. D'ailleurs les étrennes
elles-mêmes changeront; plutôt que des bonbons, les enfants recevront des jouets
usinés ou faits maison, tels que des polichinelles, de petits instruments
de musique, des chevaux mécaniques ou à roulettes, des arches de Noé,
etc. [...]
Par
ailleurs, si Noël ne réunit souvent que les membres de la petite famille, le
jour de l'An, lui, rassemble toute la parenté pour les repas du midi et du soir.
Avec leur « trâlée » d'enfants, les frères et les soeurs se retrouvent chez les
« aïeux. » Il n'est pas rare que les oncles , les tantes, les cousins et
les cousines les y rejoignent. Dès leur arrivée, avant même de s'être dévêtus,
les enfants demandent à leur père sa bénédiction. À table, on
laisse une place vide, la « place du pauvre » ; si quelque étranger se présente,
il aura part aux réjouissances. Le patriarche y va du
Benedicite. ( 1 ) Le
repas est copieux ; les femmes ont beaucoup cuisiné. La conversation s'anime; il
faut bientôt élever la voix pour arriver à se faire entendre. L'heure est à la
joie ; la famille entière se retrouve réunie...à moins que l'un des fils ne soit
parti « bûcher ».
Au plus tard en soirée, on
commence à danser. Mais les enfants les plus jeunes se mettent à rechicher. Il
sera bientôt dix heures; il faut penser à rentrer. Le signal est donné quand les
hommes partent atteler les chevaux. Petit à petit, la maison se vide. Chaque
traîneau s'amène près de la porte. La mère et les enfants y prennent
place « abriés » d'une « couverte » ou d'une « robe de cariole ».
Un dernier bonsoir à la maisonnée, un coup de
fouet au cheval et voilà les traîneaux disparus dans la nuit. Un autre
jour de l'An s'achève. Grand-père « barre » la porte avec un «
coin » de bois, place une bûche dans le poële, souffle les bougies, éteint
la lampe et gagne enfin sa couche dans le silence
retrouvé.
Jean Provencher, Les quatre saisons
dans la vallée du Saint-Laurent, Boréal, Montréal, 1988, 605 pages, pp.463
à 470.
( 1 ) le Benedicite ( se prononce Bénédicité ) est
la prière traditionnelle que l'on faisait avant de manger pour
remercier Dieu du repas qu'Il nous donnait.
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